Lettres: Privé de vin ?

Le fonctionnement de la SAQ soulève ces derniers temps plusieurs insatisfactions. À n'en pas douter, son administration actuelle a des comptes à rendre et doit expliquer certaines manoeuvres comptables douteuses, comme la majoration artificielle du prix de certains vins. Plusieurs voudraient pourtant faire un lien entre cette situation et la «crédibilité» de la SAQ en tant qu'institution. Pour ceux-là, la «solution» finale, véritable remède d'arracheur de dents, est déjà toute prête sur le réchaud: la privatisation de la vente d'alcool au Québec. TVA en a même fait récemment l'objet de sa «question du jour». L'histoire est, comme on dit, «dans l'air».

Pourtant, rien ne justifie ce saut quantique entre mauvaise gestion et privatisation, si ce n'est l'agenda politique de ceux qui l'exécutent, sans égard aux conséquences néfastes que cela aurait sur les salaires des employés, sur la diversité de l'offre et le prix des produits. Le désastre albertain suffit pour nous en dissuader.

Si les dirigeants de la SAQ ont trahi la mission de l'organisme, il est grand temps de faire le ménage au sommet. Mais il n'est pas question d'instrumentaliser cette situation pour privatiser l'institution, ce qui n'empêcherait du reste aucune malversation. Le privé demeure le champion incontesté des manipulations comptables, après tout!