Libre opinion: Une lutte à continuer

Dans son article «Québec Solidaire sort la gauche de la marginalité», publié le 6 février 2006, le journaliste Antoine Robitaille cite quelques-unes de mes réponses à ses questions. Mais quelques erreurs se sont glissées dans le paragraphe suivant: «Certains, au sein du PQS, n'hésitent toutefois pas à se dire d'extrême gauche. "Je suis communiste, marxiste-léniniste, bref, je suis un dinosaure", ironisait Antonio Artuso, croisé dans un atelier sur la mondialisation. M. Artuso, traducteur d'origine brésilienne, était [sic] membre du Parti communiste Canada, section Québec [sic], un parti fusionné au sein de l'UFP, et maintenant intégré [sic] au Parti Québec Solidaire.»

Les erreurs sont les suivantes:
- Je continue d'être membre du PCQ. Le nom exact est «Parti communiste du Québec (section du Parti communiste du Canada)». Nos membres sont membres du PCQ et du PCC. Le statut du PCQ au sein du PCC est tout à fait spécial: la direction du Québec est autonome, tout en se concertant toujours avec la direction du Canada sur les questions communes.

Depuis sa fondation (1921), le PCC reconnaît le Québec en tant que nation et revendique le droit du Québec à l'autodétermination jusque et y compris la séparation. Le PCC reconnaît également les droits des peuples autochtones.
- Notre parti, le PCQ, ne s'est pas dissous au sein du PQS. Les membres du PCQ doivent adhérer au PQS de façon individuelle. La plupart comptent le faire dans les plus brefs délais.
- M. Robitaille a écrit: «Certains, au sein du PQS, n'hésitent toutefois pas à se dire d'extrême gauche.» En fait les communistes ne se disent pas d'extrême gauche, mais combattent au contraire le «gauchisme» infantile en même temps que l'opportunisme de droite.

Pourquoi suis-je communiste?

Le communisme est né de luttes extrêmes de millions de personnes de tous les pays contre des situations extrêmes: esclavage, exploitation brutale des travailleurs, oppressions de toutes sortes, pillage et dévastation de continents entiers, guerres de conquête, guerres civiles, guerres mondiales.

Les peuples ont vaincu des régimes extrêmement anti-démocratiques. Citons comme exemple les deux guerres mondiales impérialistes: la première a entraîné la Révolution d'Octobre, et la seconde, provoquée par les impérialismes allemand et japonais, a déclenché une série de révolutions socialistes.

Un autre exemple est celui du peuple vietnamien qui a dû combattre tour à tour les colonialistes français, les fascistes japonais et les impérialistes états-uniens au cours de guerres atroces. Il a finalement remporté la victoire, c'est-à-dire la souveraineté, le développement et la paix. Et après 1945, pour écraser le socialisme, le capitalisme a déclenché la «guerre froide», atroce, extrême, qui a fait des millions de morts.

Pourquoi, malgré la prétendue victoire du capitalisme et les immenses progrès technologiques et scientifiques actuels, l'humanité connaît-elle la misère, des guerres atroces toujours plus rapprochées et violentes, des écarts grandissants entre les classes sociales et entre pays dominants et les pays dominés? Pourquoi la situation mondiale est-elle toujours plus fragile, plus explosive, plus atroce?

Le danger du chômage mondial et d'une crise économique augmente comme en 1929. Les États-Unis étendent le fascisme et les guerres dans plusieurs continents comme les nazis. Brutale et insatiable, la compétition capitaliste fragilise les conditions de vie et de travail de tous les peuples, menace la paix, divise le monde en zones d'influence, augmente les dangers de guerre comme avant chacune des deux guerres mondiales, et cette fois détruit l'écologie, menaçant toute vie sur terre.

Par la violence de la «guerre froide», le capitalisme a sauvagement réprimé tous les peuples qui ont lutté pour le socialisme. Certains peuples ont temporairement cessé de lutter. La trahison de certains dirigeants socialistes, leur corruption face à l'économie souterraine a entraîné la chute du socialisme et le triomphe du néolibéralisme. La lutte cruciale contre le capitalisme doit être constante, mondiale, concertée pour porter ses fruits.

En Amérique latine, en Europe et maintenant au Québec, les forces citoyennes recommencent à s'unir et à travailler ensemble pour une société nouvelle. Le Parti Québec solidaire, en réunissant entre autres la gauche féministe, altermondialiste, écologiste, a franchi un grand pas pour l'avenir du Québec et de l'humanité.

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