Lettres: Respect et liberté d'expression

Ces jours-ci, le monde est secoué par de violentes réactions à la suite de la publication de caricatures du prophète Mahomet.

D'un côté, les musulmans se révoltent, parfois violemment, contre ce qu'ils estiment être un affront à leur religion. De l'autre, les Occidentaux appellent à la liberté d'expression et s'élèvent contre toute censure.

D'un côté comme de l'autre, nous assistons au combat de la bêtise.

Il est bien clair que cette histoire de caricatures, même si elles offensent les musulmans dans ce qu'ils ont de plus sacré, ne peut pas justifier de telles réactions de violence, qui plus est vis-à-vis, souvent, de personnes ou d'organismes totalement étrangers à cet événement.

Il est bien évident que ces caricatures sont devenues un argument fallacieux pour soulever toute une population contre l'«impie», contre celui qui véhicule des idées de liberté, de démocratie, etc., toutes des idées qui dérangent ceux qui détiennent le pouvoir car elles peuvent justement compromettre ce pouvoir.

Cependant, s'il est important de défendre la liberté d'expression, l'intelligence devrait nous faire comprendre qu'il n'est pas toujours bon ni utile d'exprimer n'importe quoi.

La liberté d'expression ne m'autorise pas à dire ce que je veux, quand je veux, à qui je veux. Ne dit-on pas que la liberté, la nôtre, s'arrête là où celle de l'autre commence? Cela s'appelle le respect.

Nous exigeons nous-mêmes des excuses de toute personne qui nous manque de respect. Souvenons-nous du premier ministre Jean Charest lorsqu'il avait été surpris par la caméra en train de marmonner des insultes à l'endroit de la députée de Laurier-Dorion. Il avait été obligé de s'excuser.

Aussi demandons-nous si la publication de cette caricature était pertinente. En quoi cela contribuait-il à une quelconque réflexion, fût-elle politique, sociale ou religieuse? Ce n'est certes pas en publiant ce genre d'images que nous améliorerons nos rapports avec la communauté musulmane, comme ce n'est pas, de son côté, en cassant tout et en menaçant le monde qu'elle se fera mieux comprendre et aimer.

Plutôt que d'essayer de comprendre l'autre, on a l'impression d'assister à une bataille de gamins dans une cour d'école. Malheureusement, la cour est beaucoup plus grande, les enjeux, plus graves, et les armes peuvent devenir plus dangereuses.

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