Lettres: Triste assermentation

Hier, le 6 février, j'ai vécu une première dans ma vie: je me suis permis d'écouter à la télévision la prestation de serment d'un gouvernement, celui de Stephen Harper. J'étais un peu ému de voir cet homme sobre et volontaire accepter la très lourde responsabilité de diriger ce pays, le Canada. Quoi qu'on en dise, la tâche de premier ministre et des ministres dont il s'entoure constitue un défi énorme et comporte de grandes responsabilités.

Cependant, une chose m'a paru incongrue: ces personnes sérieuses et respectables ont, sans sourciller, prêté serment à Sa Majesté la reine Elizabeth d'Angleterre! Et Mme Jean, la représentante de Sa Majesté, a gentiment officialisé ces serments en apposant sa signature sur les documents.

Un peu loufoque, cette cérémonie. Un pays qui se prétend souverain accepte que son premier ministre prête serment à une reine étrangère... Pas surprenant que les États-Unis contestent la souveraineté du Canada sur les eaux arctiques et que le Danemark fasse de même pour un îlot du même espace.

Oui, loufoque et triste. Alors que les États-Unis ont rompu tous leurs liens avec l'Angleterre il y a 230 ans, le Canada est encore sous la férule de la Couronne britannique après 139 ans de Confédération, un acte politique qui devait en faire un pays indépendant et souverain.

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