Lettres: Vais-je y laisser ma peau ?

Encore une fois ce matin, j'ai dû risquer ma vie pour traverser la rue Hochelaga à l'endroit même où se trouve une traverse pour piétons. Ça roule vite sur la rue Hochelaga, 60 km/h, voire 70 km/h. Ma tactique: quand ça fait un petit moment que j'attends et que personne ne s'arrête pour me permettre de traverser, je m'avance dans la rue en faisant stop avec ma main et j'indique de l'autre qu'il y a des bandes jaunes au sol. Les voitures continuent comme si les conducteurs feignaient de ne pas me voir, mais certains autres finissent par s'immobiliser à la dernière minute, à seulement quelques mètres de moi. Malgré que je sois en droit d'exiger qu'on me laisse traverser, je me fais engueuler presque à tout coup.

Y a-t-il des policiers là où il y a des traverses pour piétons? Moi, en tout cas, je n'en vois jamais. Depuis 2004 au moins, une loi stipule que tout automobiliste doit s'arrêter aux traverses pour piétons marquées de bandes jaunes. Personne ne s'y arrête alors que les amendes sont plutôt salées. Qu'en est-il alors des nouveaux policiers qu'on vient de mettre en service à Montréal? Sont-ils seulement là pour distribuer une taxe déguisée afin de renflouer les coffres de la Ville ou pour sensibiliser la population et améliorer la cohabitation entre piétons et automobilistes afin de prévenir les accidents?

J'offre donc aux policiers de Montréal mes services pour servir d'appât aux traverses pour piétons afin qu'ils puissent venir constater l'ampleur du problème. Je suis convaincu qu'il vont faire pas mal plus de cash, et ce, juste à se planter là où se trouvent les traverses. En retour, j'exige une redevance sur chaque contravention qui sera émise aux contrevenants.

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