Lettres: Vers une fonction publique indépendante

La lecture des recommandations du rapport Gomery met en lumière deux points importants de ces recommandations: plus d'autonomie au Comité des comptes publics, devant lequel les fonctionnaires et non les ministres auraient à comparaître, et plus d'autonomie aux sociétés de la Couronne, dont les administrateurs seraient nommés par cooptation.

L'essence de ces recommandations consiste à décharger le cabinet de responsabilités qu'il détient en ce moment pour les transférer à la fonction publique tout en respectant le rôle du Parlement ainsi qu'à surveiller non pas la pertinence mais la conformité des comptes publics aux politiques gouvernementales.

Ne nous y trompons pas: c'est à une véritable révolution que le rapport Gomery nous invite en diminuant le rôle du cabinet élu à une majorité de la population pour augmenter l'importance d'une fonction publique non élue, dont l'accès se fait essentiellement par cooptation, la fonction publique étant responsable des examens d'admission parmi ses cadres.

La pertinence de cette révolution ne peut s'examiner, selon les théoriciens du droit, que selon l'existence de moyens véritables (nul ne pouvant être juge et partie) de faire en sorte que l'appareil étatique ne devienne pas le refuge et l'instrument d'une bande de voleurs.

Le juge Gomery est silencieux sur ce point; peut-être vaudrait-il mieux alors oublier ses recommandations et chercher une réforme des institutions parlementaires et de la fonction publique qui ne soit plus calquée sur le système colonial britannique dont on s'est peut-être trop inspiré lorsqu'on a mis sur pied les fonctions publiques canadienne et québécoise modernes.

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