Lettres: Djihad et modernité

On parle de choc de civilisations lorsqu'on parle de la rencontre entre l'Occident et l'Islam. Le torchon brûle entre les deux et la réaction occidentale n'est pas à la hauteur de la crise. Le plus grave n'est pas l'absence de volonté politique commune, européenne ou américaine, pour défendre la laïcité et la séparation entre l'Église et l'État mais l'appel à un respect des idéaux spirituels des pratiquants d'une religion sous le couvert d'un appel au calme.

Le saccage et le fanatisme dans les pays arabes à l'encontre d'institutions démocratiques devraient provoquer chez nous un véritable tollé. Au nom de la liberté de croyance et de religion, au nom d'un respect entre êtres humains dans un esprit de tolérance, il est primordial, pour accroître la compassion et la paix, de laisser les uns et les autres s'exprimer. La lecture littérale de la Torah, de la Bible ou du Coran est l'antithèse d'un humanisme prompt à établir une véritable terre des hommes. Aussi, s'il y avait eu des caricatures puissantes au temps de l'Inquisition, des croisades, des pogroms et des génocides, ceux-ci auraient peut-être été évités.

Les caricatures conservatrices danoises sont d'abord une critique du fanatisme. Les défendre consiste à défendre l'esprit critique. Les juger inappropriées, c'est cautionner le fanatisme. La modernité et l'Occident ont bien des torts, mais ils ont aussi des mérites, dont la liberté. Il est temps de la défendre. En ce sens, l'appel au calme du Vatican comme de l'exécutif de pays occidentaux est une réponse trop tiède et désengagée.

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.