Libre opinion: La condescendance péquiste

Ainsi donc, un nouveau parti de gauche est né? Mais pourquoi donc? Quelle en est l'utilité? N'avons-nous pas le Parti québécois (PQ) à gauche qui s'occupe des différents enjeux avec une vision toute sociale-démocrate?

En fait, non, et ce, depuis des années.

Ça fait des années que le Parti québécois n'est plus à gauche du spectre politique, mais cela n'a rien de mal en soi. Si les membres de ce parti ont décidé d'être plus au centre ou au centre-droit, c'est leur choix et cela fait partie de la vie politique.

Par contre, je n'en peux plus de les entendre se réclamer des tenants de la vertu, du bon droit, et s'identifier comme les détenteurs choisis, comme par un appel divin, pour mettre en oeuvre le projet, le Saint-Graal des bons Québécois, j'ai nommé: la souveraineté.

Les dirigeants et de nombreux membres de ce parti affichent une telle condescendance envers ceux qui ne sont pas de même allégeance qu'eux que c'en est épeurant. Lorsque j'entends la présidente du Parti québécois dire des membres de ce nouveau parti de gauche qu'ils ne sont que des gérants d'estrade, qu'est-ce sinon du mépris? Eux qui n'ont cessé de se sentir insultés, à juste titre ceci dit, par les remarques méprisantes et condescendantes des Jean Lapierre et Pierre Pettigrew, ne font-ils pas exactement la même chose? Qui sont-ils pour regarder les gens de haut?

Nous n'avions pas le droit

En 2001, j'ai participé à la mise sur pied d'un parti politique provincial connu sous le nom de Parti vert du Québec. Or, dès le premier jour de notre existence, et pendant toute cette année où nous avons sillonné le Québec, nous nous sommes fait insulter, blâmer, accuser de nuire au Québec parce que nous avions mis sur pied un parti politique. Nous n'avions pas le droit de leur faire ça avant l'indépendance car nous diviserions le vote qui les ferait élire et qui nous mènerait au grand soir.

Je me suis fait dire par Daniel Turp que nous n'étions que le parti d'une seule idée, ce à quoi je lui ai demandé s'il avait lu notre programme et nos idées en santé, en économie, en culture. Évidemment, il m'a répondu que non. Mais il n'a pu s'empêcher de me dire que nous diviserions leur vote. Car ces votes leur appartiennent apparemment de bon droit. Je n'ai pu me retenir d'ajouter que s'il y avait bien un parti d'une seule idée, c'était le Parti québécois. Et cette idée aveugle tellement ces membres qu'ils ne semblent même plus se rendre compte que le Québec a changé.

Lorsque des journalistes ont demandé à Bernard Landry d'expliquer la perte du pouvoir du PQ en 2003, qu'a-t-il répondu? La raison, selon lui, résidait dans un problème de communication: le parti n'avait pas réussi à faire passer son message. Monsieur Landry, ce n'est pas un problème de communication qui vous a fait perdre cette élection, c'est tout simplement que les gens savent que votre parti n'a plus le bien commun à coeur et qu'il est devenu un parti d'intérêts particuliers, tout comme le Parti libéral. Voilà pourquoi ce parti de gauche est né et le Parti vert a été créé.

Je ne sais pas si les Verts ou le Parti Québec Solidaire auront du succès: peut-être bien, peut-être pas, mais là n'est pas la question. Lorsque j'entends les commentaires condescendants de Monique Richard, qui devrait saluer, en bonne démocrate, un parti qui veut le bien des citoyens avec tout le courage (et peut-être un peu d'inconscience... ) que cela demande de nos jours, que l'on soit d'accord ou non avec ses politiques, je me dis que l'introspection que les membres du PQ auraient dû faire n'a toujours pas été faite. [...]

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