Lettres: Pas de division du vote

Cette fin de semaine, Québec Solidaire est né et je me suis déplacée pour y prendre part. J'ai envie de répondre aux arguments que nous entendons sans cesse sur la division des votes.

Ainsi, nous diviserions le vote souverainiste, je n'en suis pas certaine. Sûrement pas dans un référendum en tous cas! Je vous le dis sincèrement, je ne votais pas, jusqu'à présent, aux différentes élections car je préfèrais m'abstenir plutôt que faire des compromis sur mes valeurs. De plus, à quoi cela pouvait bien servir alors que la majorité des lois les plus importantes sont votées sous le bâillon, donc sans l'avis de ceux qui sont sensés nous représenter.

L'Union des forces progressistes (UFP) était un collectif de personnes qui font de la politique au quotidien. Tous les jours, nous faisons de la politique, car celle-ci naît de la simple relation entre les personnes. La politique n'est pas un métier. Elle est l'état naturel de tous ceux qui vivent en collectivité. La politique nous appartient! Et je revendique mon droit d'y participer même si je n'ai pas de formation spécifique, même si j'ai des enfants qui me réclament près d'eux, même si j'ai un horaire chargé. Nous ne voulons pas être consultés, nous voulons décider!

Nous ne divisons pas le vote, nous le multiplions! Alors que le taux de participation chute de manière dramatique lors des scrutins et particulièrement chez les jeunes, nous observons au quotidien une soif de démocratie participative justement. Tous ces groupes dans lesquels de nombreux jeunes et moins jeunes s'impliquent avec vigueur (défense de l'environnement, coopération internationale, etc.), toutes ces manifestations et ces événements de plus en plus populaires auxquels de nombreux Québécois participent (Forum social mondial, manifestation contre la guerre, etc.) ont besoin d'un relais fort au plan politique.

Nous sommes de tous les horizons et nous voulons un pays en commun, mais surtout nous voulons un pays qui reflètent de réelles valeurs de solidarité, d'entraide, de partage des richesses, de développement durable. Je veux un pays dont je serai fière. Je ne veux pas du déficit zéro, des baisses d'impôts au péril de nos services sociaux, des compressions en éducation, de la privatisation tous azimuts, des accords de libre-échange néolibéraux...

Si le Parti québécois revenait à des valeurs comme celles-là, alors je n'hésiterais pas à voter pour lui, mais au cours des dernières années, il n'a cessé de me démontrer le contraire. Alors j'ai décidé d'arrêter de regarder le train passer et d'embarquer. Je serai fière de voter maintenant, et peut-être même que je songerai à me présenter aux élections. Cela me semble maintenant possible.

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