Les résultats du Bloc québécois aux élections fédérales - Au-delà des chiffres, il y a des gagnants

Depuis le 23 janvier dernier, les analystes de la scène politique étayent une théorie voulant que le Bloc québécois n'ait fait aucun gain significatif au sein des groupes ethnoculturels de Montréal.

Il ne faut pas céder à la tentation d'occulter, derrière l'analyse purement mathématique des résultats comme on l'a vu dans un article en une du Devoir du 27 janvier, les avancées importantes pour la démocratie qui ont été faites lors des élections qui viennent d'avoir lieu. Au-delà des chiffres, il y a des gens qui se considèrent québécois sans exception et qui se sont affichés publiquement en militant pour le Bloc québécois. Selon nous, aucune formule mathématique, qu'elle tienne compte ou non de la division du vote, ne peut faire abstraction du résultat net de ce scrutin et ne peut transformer cette victoire en défaite.

En effet, comment le Bloc québécois pourrait-il être perdant avec 51 sièges et plus de 42 % du vote populaire? Comment pourrions-nous être perdants en remportant, grâce à l'appui de nouveaux militants des différentes communautés, des circonscriptions comme Jeanne-Le Ber, Papineau, Ahuntsic ou Brossard-La Prairie?

Citons pour mémoire quelques-uns des organismes et membres des communautés qui nous ont donné leur appui pendant la campagne électorale, dont le Regroupement des jeunes entrepreneurs professionnels d'origine haïtienne, les coprésidents de l'organisme Palestiniens et Juifs unis (PAJU), Marjorie Villefranche, directrice des programmes à la Maison d'Haïti, et Walter Tom, le président du Comité de redressement des payeurs de la taxe d'entrée.

Le résultat net du 23 janvier, c'est que le Bloc québécois compte actuellement dans ses rangs la première députée sino-québécoise du Québec et le premier Québécois d'origine africaine élu à la Chambre des communes, auxquels il vient de joindre une députée d'origine libanaise et la première députée d'origine haïtienne. C'est un gain important, fruit des efforts déployés par le Bloc québécois et son chef, Gilles Duceppe, pour proposer un projet moderne qui rejoint la population dans toute sa diversité.

Plus jamais pour acquis

Depuis le 23 janvier, le vote des personnes issues de l'immigration ne pourra plus jamais être tenu pour acquis par les grands partis politiques fédéralistes. Il s'exprime désormais aussi en faveur d'une diversité de points de vue politiques. Et briser le monolithisme des idées est sain pour notre démocratie.

Ce sont d'abord les membres des communautés locales qui élisent les députés. Ceux-ci deviennent alors la voix de leurs électeurs. Dans la région montréalaise, où on retrouve 80 % des immigrants installés au Québec, il était plus que temps, pour la santé de notre espace démocratique, que des personnes d'origines diverses puissent aussi proposer à leurs concitoyens une autre vision du débat public.

L'enthousiasme que nous avons senti tout au long de la campagne, les appuis officiels que nous avons reçus et le désir d'un nombre grandissant de personnes de participer aussi à la scène politique constituent des acquis pour le Bloc québécois auprès des gens issus de l'immigration. J'entends consolider cet intérêt dans le cadre du mandat que m'a confié Gilles Duceppe, soit de rallier un nombre encore plus grand de Québécois de toutes origines.

En somme, au-delà des analyses mathématiques fines, ce que la campagne et les résultats du scrutin du 23 janvier dernier nous démontrent, c'est que par-delà l'origine ethnique, de plus en plus de personnes reconnaissent que les porte-parole du Bloc québécois sont les plus aptes à les représenter sur la scène fédérale.

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