Lettres: Mourir pour Shell!

Brigitte Serre, 17 ans, est morte pour avoir protégé la caisse enregistreuse d'une des compagnies pétrolières les plus lucratives et les plus polluantes. Elle a eu le courage de dénoncer un voleur et y laissé sa vie. Bien sûr, c'est un drame sans lien direct avec Shell, un meurtre comme il y en a malheureusement souvent lors de tentatives de vol dans des commerces ouverts la nuit. Lors des funérailles de cette honnête jeune femme, le président de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues du Québec (AFPAD), Pierre-Hugues Boisvenu, en a profité pour rappeler aux médias le peu de «considérations financières gouvernementales» que recevra la famille de Mme Serre. Et Shell, dans tout ça? II serait peut-être temps que les pouvoirs publics réagissent sérieusement devant autant de cupidité.

Qu'attend le trop silencieux ministre du Travail, Laurent Lessard, pour sommer la transnationale de faire montre de véritable compassion devant ce drame professionnel et humain? Comment se fait-il qu'une pétrolière de cette taille, qui engrange les profits jusqu'à plus soif, n'ait pas eu la décence de payer les funérailles de celle qui, au salaire minimum, toute seule la nuit, a «défendu» une caisse enregistreuse qui contenait moins de 100 $?

Je n'accuse pas Shell d'être responsable du meurtre. Je l'invite simplement à démontrer qu'elle respecte la vie de ses employées. Entre-temps, je souhaite que le ministre Lessard exige des commerces ouverts la nuit (notamment les stations-service et les dépanneurs, l'eldorado des pillards) qu'ils protègent sérieusement l'intégrité physique de leur personnel.

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