Lettres: Le Bloc a fait une mauvaise campagne

Dans notre système électoral, 42 % des suffrages exprimés sont un résultat fort honorable. Alors, du calme: l'heure n'est pas venue d'annoncer la fin du Bloc québécois ou l'inéluctable déliquescence du projet souverainiste.

Cela étant, il y a eu un recul, et il faut en chercher les causes. Les analyses ne manquent pas, du mythique «fond bleu» au fédéralisme réanimé. Pour ma part, je pense que la cause première est simple: le Bloc n'a pas fait la bonne campagne. Il n'y a pour ainsi dire pas eu de bavures, soit, mais en mettant l'accent sur l'élimination des libéraux au Québec, Gilles Duceppe a frappé dans le vide car cette élimination (relative) allait se produire de toute façon.

Il serait mesquin de reprocher aux stratèges bloquistes de ne pas avoir vu venir la montée des conservateurs. Ils ne sont pas plus prophètes que les autres, et M. Harper lui-même, avant Noël, ne s'y attendait visiblement pas.

Ce que le Bloc n'a pas fait, c'est de donner des raisons concrètes de voter pour lui. La défense des intérêts du Québec est une notion trop générale pour qu'on l'associe à une formation politique particulière. Or, si le Bloc ne peut pas proposer de programme, il peut cependant proposer sa plate-forme, et il en a une. Les regroupements écologistes considèrent le Bloc aussi vert que les verts et, du point de vue social, il n'a rien à envier au NPD. Le Bloc aurait dû mettre en avant les propositions concrètes qu'il allait faire aux Communes et déjouer ses adversaires en menant une campagne positive.

La leçon est à retenir: on ne fera l'indépendance ni contre les libéraux ou les conservateurs ni contre le Canada mais pour le Québec.

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