L’art de se tirer dans le pied

En comité spécial de la Chambre des communes étudie présentement les circonstances dans lesquelles le gouvernement Trudeau a invoqué la Loi sur les mesures d’urgence afin de mettre un terme aux manifestations du soi-disant « convoi de la liberté », l’hiver dernier. Jusqu’à présent, les libéraux sont incapables de justifier leurs actions, et vont même jusqu’à se contredire entre eux.

Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, paraît mal, très mal. Il a affirmé à maintes reprises que les forces policières avaient demandé l’imposition de la Loi sur les mesures d’urgence pour défaire les barricades au centre-ville d’Ottawa et sur les principales voies routières, afin de permettre la reprise du commerce transfrontalier entre le Canada et les États-Unis. La police d’Ottawa, qui a avoué son manque de préparation, de même que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont tour à tour déclaré que ce n’était pas le cas.

Le ministre de la Protection civile, Bill Blair, a corroboré le propos des organisations policières. « Je ne suis au courant d’aucune recommandation des forces de l’ordre, a-t-il dit. Très franchement, c’est une décision du gouvernement. » La vice-première ministre, Chrystia Freeland, a surtout cherché à éviter les questions lors de sa comparution, suscitant l’ire des députés de l’opposition.

En Chambre, le premier ministre, Justin Trudeau, a appuyé la version des faits du ministre de la Sécurité publique, dont la crédibilité est à zéro. Marco Mendicino n’a plus l’autorité nécessaire pour diriger la Sécurité publique. Il a induit le public en erreur en tentant de faire porter l’odieux des mesures d’urgence aux forces policières.

Il faut se remémorer le contexte. Alors que les députés votaient pour les mesures d’urgence (185 voix pour et 151 voix contre), le calme revenait graduellement dans les rues d’Ottawa. Ici et là à la frontière, les forces policières réussissaient à démanteler les barricades et à reprendre le contrôle de la situation. La Loi sur les mesures d’urgence était un remède de cheval pour remédier à une situation qui nécessitait une meilleure préparation, des renforts et une meilleure coordination du travail policier.

Le monde nous regarde, disait Justin Trudeau à l’époque. Maintenant que le convoi est passé, les Canadiens observent toujours la conduite de ce gouvernement légendaire pour son aptitude à se tirer dans le pied. Les méthodes du couple libéral-démocrate pour venir à bout du convoi des camionneurs témoignent de leur ahurissante légèreté.

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