Parer au plus pressé

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a présenté une mise à jour économique et budgétaire qui n’est que ça. Mais ce qui n’est pas un mini-budget ajoute tout de même quelque 61 milliards en nouvelles dépenses pour les cinq prochaines années, dont 28 milliards pour l’année en cours.

Le gouvernement Trudeau peut heureusement compter sur une performance économique meilleure que prévu. La ministre Freeland a indiqué que le Canada avait récupéré tous les emplois perdus durant la pandémie et qu’il s’en était même créé 6 % de plus. C’est beaucoup mieux qu’aux États-Unis, qui ne comptent que 83 % des emplois affichés en 2019. C’est donc dire que la stratégie tant sanitaire que financière déployée par Ottawa et les provinces fut la bonne.

Ainsi, grâce à cette performance économique, mais aussi à une poussée de l’inflation, le déficit est passé de 154,7 milliards, comme le prévoyait la ministre Freeland dans son dernier budget, à 116,2 milliards avant les nouvelles dépenses pour l’année en cours, une amélioration de 38,5 milliards. Or, 60 % de cette réduction de déficit passe à la dépense et finalement, le déficit remonte à 144,5 milliards.

On le sait : le gouvernement Trudeau ne vise pas à revenir à l’équilibre budgétaire, s’en tenant à voir réduire avec le temps le poids de la dette par rapport au Produit intérieur brut. Pour l’heure, c’est sans doute une approche sensée. Au bout de cinq ans, il s’attend à s’approcher de l’équilibre avec un déficit de 13 milliards.

Les nouvelles dépenses sont justifiées. Elles financent une lutte énergique contre la COVID-19, ce qui est le meilleur moyen de maintenir une activité économique vigoureuse et, de là, de préserver les rentrées fiscales. On ne peut s’opposer à l’achat de tests de dépistage rapide pour 1,5 milliard ni sourciller devant les 4,5 milliards réservés pour affronter le redoutable variant Omicron. En outre, 5 milliards iront en aide à la Colombie-Britannique inondée.

Lors du prochain budget, le gouvernement Trudeau devra cependant restreindre sa proverbiale prodigalité. En campagne électorale, les libéraux ont fait l’étalage de nouveaux engagements totalisant 78 milliards : il y a lieu de les revoir. En outre, plus d’une centaine de milliards sont prévus pour relancer l’économie, mais au moment où l’inflation se pointe, l’heure n’est sans doute pas à la stimulation de la croissance. On ne sait comment demain sera fait : la prudence sera donc de mise.

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