Méprisant amalgame

L’heure n’aurait dû être qu’à la dénonciation, à la peine et au recueillement à la suite de l’acte immonde commis par un jeune Ontarien qui a foncé avec sa camionnette sur une famille musulmane à London, tuant quatre personnes et blessant grièvement le seul survivant, un enfant de neuf ans qui, on ne peut en douter, gardera toute sa vie des séquelles de l’horrible événement. Or on a eu droit à un absurde amalgame entre la loi 21 sur la laïcité, le masque sanitaire, les signes religieux et ce crime odieux que Justin Trudeau a qualifié de terroriste.

Au cours d’un point de presse mardi, le premier ministre s’est fait presser de questions par des journalistes torontois, des questions particulièrement chargées. Pour contrer les crimes haineux, le gouvernement Trudeau ne devrait-il pas « parler plus fortement contre la loi 21 ? » lui a-t-on lancé. On lui a aussi demandé s’il était d’accord « avec les experts et les militants de la communauté qui disent que la loi 21 encourage la haine et la discrimination ». Le premier ministre a eu le bon réflexe de répondre non à cette question. C’est peut-être le cas en Ontario, mais les experts de ce côté-ci de l’Outaouais ne sont pas unanimes en matière de laïcité, ni les Québécois issus de pays marqués par l’islam, d’ailleurs.

Mais Justin Trudeau a réussi à trébucher en affirmant que le port du masque sanitaire avait pu changer la perception des Québécois sur le port des signes religieux et sur la loi 21.

C’est pour le moins saugrenu comme idée. Il existe un fort consensus au Québec pour que les enseignantes, par exemple, ne se présentent pas dans une classe d’une école publique en portant un niqab ou une burqa et pour que, plus largement, les employés de l’État offrent les services publics à visage découvert. C’était même la position de Philippe Couillard, dont l’inclination communautariste était connue et qui estimait que l’intégrisme religieux était un choix personnel. Il faudrait rappeler à Justin Trudeau qu’avant la loi 21, la loi 62, adoptée sous le gouvernement Couillard, comportait cette obligation du visage découvert pour les employés de l’État. Se présenter à visage découvert est une « coutume sociale » que les Québécois, à raison, ne voulaient pas abandonner, reconnaissait le premier ministre libéral. Penser autrement défie le sens commun.

Quelle relation y a-t-il entre une abomination commise par un jeune Canadien islamophobe dans le sud de l’Ontario et le Québec ? Strictement aucune. Le Canada et le Québec ne partagent même pas la même approche quant au vivre ensemble et à la diversité. Face à un défi démographique et linguistique, le Québec mise sur la laïcité, l’interculturalisme et une meilleure intégration des nouveaux arrivants. Aux problèmes issus de la diversité, le Canada répond par encore plus de diversité, avec des seuils d’immigration records, et table sur le multiculturalisme — le Canada est le seul pays à avoir inscrit ce concept dans sa constitution — et le communautarisme, fait de tous ces individus de religions et d’origines diverses regroupés dans leur propre communauté. C’est une véritable expérimentation multiculturaliste menant à la création d’un État postnational, l’utopie libérale, dans le sens propre du terme, défendue par le père de Justin Trudeau.

Certes, cet acte horrible montre que la société canadienne n’est pas exempte d’islamophobie. Mais il ne signifie pas que les Ontariens sont foncièrement islamophobes, tout comme l’attentat commis par Alexandre Bissonnette à la mosquée de Québec en 2017 ne trahissait pas que pareille tare était répandue chez les Québécois.

À l’instar de représentants de musulmans canadiens, Justin Trudeau a signalé que, dans la dernière année, on avait assisté au Canada à « une montée très forte d’intolérance, de racisme, de discrimination ». Si on se fie aux données de Statistique Canada, le nombre de crimes haineux déclarés par la police pour un motif religieux avait pourtant diminué entre 2017 et 2019, de 842 à 608. Plus de la moitié ont eu lieu en Ontario et, toutes proportions gardées, il s’est commis 30 % plus de crimes haineux en Ontario qu’au Québec.

Aussi, accuser le Québec de nourrir l’islamophobie en Ontario n’est pas seulement une ineptie, cela procède aussi de cette tendance du Canada anglais, au nom d’une supériorité morale qui apparaît bien illusoire si on s’en tient aux faits, de mépriser la nation québécoise en se vautrant impunément dans un lâche mais prévisible Quebec bashing. Que l’on soit d’accord ou non avec la Loi sur la laïcité, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une tentative légitime, approuvée démocratiquement, de contribuer à un vivre ensemble plus harmonieux. Si le Canada anglais, de son côté, connaît une poussée d’intolérance et d’islamophobie, c’est à lui d’apporter des correctifs à son modèle multiculturel caractérisé par son laisser-faire.

74 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 10 juin 2021 05 h 38

    Il y a très peu de polititiens, c’est pourquoi ils sont en politique, de très intelligents et à la hauteur. La société occidentale ( je ne parle pas des autres, c’est pas mieux mais tout de même cela y ressemble) part à vau-l'eau. La bêtise au pouvoir, quelle sacrée mascarade.

    • Nadia Alexan - Abonnée 10 juin 2021 10 h 12

      L'amalgame entre le meurtre de quatre personnes en Ontario et la loi 21 est complètement déplacée et injustifiable.
      D’ailleurs, les statistiques nous révèlent que les actes antisémites sont plus répandus au Canada. En effet, les incidents antisémites continuent d'augmenter. Le maire de Toronto, John Tory, dénonce la montée de l'antisémitisme dans la ville à la suite de l'augmentation des rapports d'incidents ciblant les Juifs.
      Il y'a eu plusieurs rapports de harcèlement ciblant les Juifs dans la ville récemment, y compris un propriétaire de magasin juif à Kensington Market qui a récemment vu son entreprise vandalisée avec des graffitis antisémites faisant référence à l'Holocauste.
      Selon l'article de François Brousseau «Les nouveaux damnés» publié dans le Devoir du 29 mars 2021, «Le christianisme est aujourd’hui une cible d’autant plus facile que les attaques contre lui se déroulent souvent, à l’exception des plus extrêmes et des plus rapprochées, derrière un mur de silence et d’indifférence. D’autant que sur place, par exemple au Pakistan ou en Afghanistan, les chrétiens sont des minorités en voie d’extinction planifiée».
      «Selon le dernier rapport de l’organisation Portes ouvertes (associée à l’Église protestante de France), juste pour l’année 2020, le nombre de chrétiens tués en raison de leur foi s’est élevé à 4761 personnes, soit en moyenne 13 par jour. Et le nombre d’églises attaquées, détruites ou interdites… à 4488» ! https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/597811/chronique-les-nouveaux-damnes
      Le massacre généralisé des chrétiens ne suscite que l'indifférence.
      La solution au racisme au Canada doit commencer avec un service de psychiatrie abordable et disponible aux personnes qui souffrent de maladies mentales avant qu'ils procèdent aux massacres.

    • Bernard Dupuis - Abonné 10 juin 2021 10 h 45

      Évitez ce genre de généralisations populistes. Pour un Trudeau, il existe des dizaines de contre-exemples.

  • Christian Montmarquette - Abonné 10 juin 2021 05 h 39

    L'ambiance islamophobe

    Accuser le Québec de nourrir l’islamophobie est peut-être une ineptie en Ontario, mais pas au Québec et il faut être aveugle pour ne pas le voir.

    À ce sujet, je recommande le commentaire d'Yves Boisvert sur « l’ambiance islamophobe » diffusé hier à Midi info à Radio-Canada.

    « Le choc au sein de la communauté musulmane » :

    Grand angle sur l'actualité : Le regard de Lise Bissonnette et d'Yves Boisvert

    À partir de 5 minutes 30 secondes.

    https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/midi-info/episodes/538950/rattrapage-du-mercredi-9-juin-2021/9

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 juin 2021 07 h 41

      L.islamophobie est présente dans plusieurs pays occidentaux, notamment en France; où les policiers craignent de s'aventurer dans ceriains quartiers de banlieues. Elle est alimentée, tout simplement, par l'actualité quotidienne dans plusieurs pays. occidentaux et musulmans

      Islamophobie=peur de l'Islam radical.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 juin 2021 07 h 59

      « Hier, devant une église catholique à Makassar, en Indonésie, deux djihadistes se sont fait exploser, blessant au moins 20 fidèles, dont certains grièvement.
      Une semaine plus tôt, au soir du 20 mars, une église catholique de Nice était vandalisée, et plusieurs objets de culte détruits. Le même jour dans la même ville, un militant de l’islam avait interrompu bruyamment une messe à la cathédrale Notre-Dame, avant d’être arrêté, puis accusé d’« apologie du terrorisme ».C’est dans cette même cathédrale que, le 29 octobre dernier, sur fond d’« Allahu Akbar ! »… trois fidèles avaient été tués au couteau en pleine prière.

      Juste depuis deux mois, en Inde, au Pakistan, au Nigeria, mais aussi en France ou en Allemagne, on peut aligner toute une série d’agressions, d’attaques mortelles ou non, visant des églises, des officiels, des fidèles de confession chrétienne.
      Triste condition, devenue accablante, d’une religion jadis conquérante ou colonialiste, mais qui ne l’est plus depuis longtemps, ayant cédé ce titre à un autre monothéisme, celui-là en plein essor. Le christianisme est aujourd’hui une cible d’autant plus facile que les attaques contre lui se déroulent souvent, à l’exception des plus extrêmes et des plus rapprochées, derrière un mur de silence et d’indifférence. D’autant que sur place, par exemple au Pakistan ou en Afghanistan, les chrétiens sont des minorités en voie d’extinction planifiée » https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/597811/chronique-les-nouveaux-damnes

    • François Poitras - Abonné 10 juin 2021 08 h 14

      Si Yves Boisvert est une référence critique, alors on peut dire n’importe quoi et prétendre à la vérité.

      L’islamophobie alléguée envers les Québécois n’est que la reprise haineuse du dénigrement colonialiste canadien. Le comité décolonialiste de QS en a fait la preuve en applaudissant le racisme éhonté du prof Attaran.

      Avant de coller des étiquettes, il faut s’informer. Nous recommandons le dernier opus de Philippe d’Iribarne, sinon ses entrevues : L’islamophobie est une intoxication idéologique ou Islamophobie, anatomie d'une imposture.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 juin 2021 08 h 41

      On a écrit:"Il faut être aveugle pour ne pas le voir". Entendons-nous: islamophobie=peur de l'islam radical.

      "Si on se fie aux données de Statistique Canada, le nombre de crimes haineux déclarés par la police pour un motif religieux avait pourtant diminué entre 2017 et 2019, de 842 à 608. Plus de la moitié ont eu lieu en Ontario et, toutes proportions gardées, il s’est commis 30 % plus de crimes haineux en Ontario qu’au Québec."

    • Jean-François Trottier - Abonné 10 juin 2021 09 h 21

      L'islamophobie existe partout. Elle est moins présente au Québec que le racisme anti-québécois dans le ROC par exemple, mais en effet elle est présente et à chasser des esprits par la persuasion et le sens commun.
      Ici le racisme anti-québécois est mis en scène dans ce nouvel épisode d'une série continue.

      La question, M. Montmarquette, est de savoir si on peut dire que la loi 21 est de l'ordre de l'islamophobie, ce qui n'est pas le cas du tout malgré ceux qui ont développé cet amalgame à la limite de la haine.

      Il est clair que la loi 21 ne peut passer le test de tribunaux d'un état religieux, dont l'existence est de nature divine et la collusion avec les Églises, systématique.
      Il est cair aussi que, pour ceux qui prétendent que la loi 21 est discriminatoire, elle le serait pour toute religion même si l'occasion immédiate est l'Islam.
      Le Bible Belt est omni-présent du lac Huron aux Rocheuses.

      Le rejet de l'Église catholique dans les années '60 s'est fait sans violence physique ni insultes. La condamnation du pouvoir religieux fut raisonnée et sans appel.
      Le repli stratégique de l'Église catholique alors est la seule raison qui explique l'absence d'une loi claire, bien plus nette que la loi 21, qui aurait dû être écrite alors.

      Pour emplir la mission qu'il s'attribue de contrôler l'environnement de ses membres actuels et potentiels, tout monothéisme doit acquérir tout le pouvoir possible, quel qu'il soit, et nie les droits de tout ce qui est hors du monothéisme en question puisque la raison divine est la seule tolérée.
      L'histoire le démontre depuis 3000 ans et plus, et sans exception... sauf brefs reculs, comme celui auquel on a assisté ici.

      La loi arrive au moment où une autre religion s'étend ici, et utilise à plein tous les leviers possibles pour occuper tout l'espace disponible.
      Si ce n'était l'Islam, ce serait une autre.
      Il y aura toujours des idéologies totalitaires.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juin 2021 09 h 47

      Les Yves Boisvert et Lise Bissonnette n’ont jamais vécu dans la région de London Ontario et utilisent leur lorgnette « wokiste » pour critiquer les autres. Moi j’ai vécu dans cette région de l’Ontario et disons poliment que je pensait souvent habiter l'Alabama. Là-bas, en terre orangiste, ils ne s’excusent en rien lorsqu’ils discriminent les autres. Vivre en français dans cette région de l’Ontario s’apparente à l’enfer telle qu’imaginé par Dante. C’est cela le multiculturalisme; il n’est pas accepté nulle part à part de ceux qui en vivent dans les tours d’ivoire universitaires ou dans les médias à répandre des faussetés alors qu’ils n’en connaissent rien. Ils me mettent jamais mis les pieds dans ces endroits et encore moins, y vivent.

      Nul besoin de me croire. Jeff Bennett, qui était candidat du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario dans cette circonscription de London en 2014 a expliqué dans une publication sur les réseaux sociaux les choses qu'il dit avoir entendues et vécues pendant sa campagne. Cet ancien candidat provincial de London-West a dénoncé l'islamophobie qu'il a vécue lors de la campagne électorale dans le même quartier où la famille musulmane a été tuée, faisant quatre morts et un enfant blessé. Il faut être sur le plancher des vaches pour comprendre et non pas le vivre par procuration.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juin 2021 11 h 05

      Très bien dit M. Poitras. L’islamophobie est à la religion ce qu'est le charlatanisme à la médecine.

      « Toute instauration d’un délit d’islamophobie comme forme d’intolérance particulière est, de ce point de vue, à exclure. Si l’islam doit être toléré au titre de la liberté de conscience, il ne peut être protégé par principe de toute critique derrière le paravent d’un délit qui sera invoqué à la première remarque critique. Il ne s’agit pas de faire de l’islam un épouvantail et l’unique menace pour la démocratie, mais de reconnaître lucidement les points sur lesquels la loi religieuse entre frontalement en conflit avec les principes démocratiques et la nécessité absolue de séparer les croyances religieuses de ces principes. » Yves Michaud

    • Richard Lupien - Abonné 10 juin 2021 11 h 54

      ...prétendre que Lise Bissonnette utilise sa lorgnette Wok est d'une incompréhension et d'une accusation sans fondement.
      Toute la capacité de réflexion du commentateur ci-haut est évidente.

    • François Poitras - Abonné 10 juin 2021 12 h 47

      Le terme "islamophobie" est généralement utilisé pour dénigrer les citoyens qui refusent rationellement toute forme de pouvoir théocratique dans la conduite des affaires de l'état. Il s'agit d'une accusation non-fondée, d'une fraude conceptuelle qui prend source dans la "mystique" obscurantiste d'une gauche petite-bourgeoise en déroute.

    • Carmen Labelle - Abonnée 10 juin 2021 14 h 48

      Puisque vous vous sentez si coupable en notre nom M.Montmarquette, mettez-vous à genoux et demandez pardon. Moi je ne le ferai pas ni en mon nom ni au nom du peuple québécois, car je ne crois pas que le peuple québécois soit xénophobe; il est certes pour la laicité et nous avons sorti l'Église des affaires d'État pour garantir la neutralité, et on ne fera pas d'exception pour aucune autre relligion. Si vous appelez cela de la phobie,il vous faudra suggérer aux lexicographes de changer la définition dans les dictionnaires

    • Bernard LEIFFET - Abonné 10 juin 2021 15 h 22

      À Radio-Canada! Ah!Ah! Parole d'évangile vous pensez? Il y a mieux sur le Journal de Montréal, au moins la chaîne de P-K Péladeau n'est pas entretenue par la CAQ ni le gouvernement du Dominion! Grand angle, avec Yves Boisvert en particulier m'apparaît un titre bien stupide pour un contenu qui se cherche à l'entendre parler! Désormais, quand ils sont là, la radio est fermée, RLB des sornettes à la sauce canadienne, du bouche trou c'est tout! Dommage pour madame Bissonnette dont le discours est moins décousu et beaucoup plus direct!

    • Nadia Alexan - Abonnée 10 juin 2021 15 h 32

      À monsieur Jean-François Trottier: Exactement. On passe sous silence les atrocités commissent par les djihadistes, partout dans le monde, comme si la vie des chrétiens et d'autres religions ne comptent pas. Personne ne s'indigne, personne ne se scandalise.
      L'antidote à la haine et au racisme se trouve dans l'interdiction de l'intégrisme religieux totalitaire qui incite à la haine des autres croyances.

    • Nadia Alexan - Abonnée 10 juin 2021 17 h 47

      Pour votre information, Lise Bisonnette n'était pas d'accord avec Yves Boivert, pendant la discussion d'hier à Radio-Canada.
      D'ailleurs, Yves Boivert ne comprend pas que les signes ostentatoires relèvent d'une politique intégriste qui les utilise comme des panneaux publicitaires pour faire du prosélytisme religieux silencieux.
      La laïcité et la neutralité de l'État sont le meilleur rempart contre l'intégrisme religieux que les fanatiques veulent nous imposer dans la fonction publique.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 juin 2021 19 h 02

      M. Pooitras écrit:"Le terme "islamophobie" est généralement utilisé pour dénigrer les citoyens qui refusent rationellement toute forme de pouvoir théocratique dans la conduite des affaires de l'état. Il s'agit d'une accusation non-fondée,". Dans mon propre dictionnaire: peur de l'islam radical appuyée solidement par ce qui se passe en pays musulmans et dans certaines villes européennes où y règne la charia.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 juin 2021 20 h 12

      @François Poitras,

      "Si Yves Boisvert est une référence critique, alors on peut dire n’importe quoi et prétendre à la vérité." - François Poitras

      Personne ne vous demande de le croire sur parole.

      Appelé à commenter les messages racistes de ses candidats, le Bloc québécois n’a pas voulu dire si ces quatre personnes regrettaient leurs propos ou si elles seraient expulsées du parti.

      OTTAWA | Quatre candidats du Bloc québécois ont tenu ou partagé des propos anti-islam sur les médias sociaux, a appris notre Bureau d’enquête.

      Journla de Montréal, 10 octobre 2019

      Caroline Desbiens, de la circonscription de Beauport, Lizabel Nitoi, de Marc-Aurèle-Fortin, Valérie Tremblay, de Chicoutimi–Le Fjord, et Claude Forgues, de Sherbrooke, risquent de devoir s’expliquer au sujet de propos diffusés sur les réseaux sociaux entre 2013 et 2019.

      Les messages, articles ou vidéos ont tous une chose en commun : un message haineux ou dégradant envers l’islam

      Lizabel Nitoi, Lizabel Bloc Québécois Marc-Aurèle-Fortin

      Elle a partagé en 2016 sur Facebook un article de Boris Le Lay, un blogueur et militant de l’extrême droite française. Dans l’article, on peut notamment lire cette affirmation complètement non fondée : « La consanguinité massive dans la culture musulmane pourrait avoir causer des dommages virtuellement irréversibles au socle génétique musulman, notamment des dégâts majeurs sur leur intelligence, leur santé mentale, ou leur santé tout court. »

      Claude Forgues, président du Bloc dans Sherbrooke

      Il a partagé en avril dernier une vidéo avec la mention « L’Islam n’est pas malade !... l’islam est maladie ! » sur son compte Facebook personnel.

      Etc.

      https://www.journaldemontreal.com/2019/10/10/des-candidats-du-bloc-embarrassants

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 juin 2021 21 h 54

      "Il est clair que la loi 21 ne peut passer le test de tribunaux d'un état religieux." - Jean-François Trottier

      Il n'y a pas de référence à Dieu dans la Charte québécoise et la loi 21 ne passait pas le test quand même, puisque discriminatoire.

      D'ailleurs, le Canada non plus, n'est pas un État religieux malgré une formule obsolète dont à peu près personne ne tient compte.

      C'est un gouvernement élu démocratiquement et non une religion qui adopte les lois.

      Vous dites franchement n'importe quoi.

      http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showdoc/cs/c-12

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 10 juin 2021 23 h 25

      M. Montmarquette et M. Boisvert, ou « L'aveugle et le paralytique ».

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 10 juin 2021 06 h 23

    « L’heure n’aurait dû être qu’à la dénonciation, à la peine et au recueillement à la suite de l’acte immonde…» (Robert Dutrisac)


    … Mais le premier ministre canadien Justin Trudeau est demeuré silencieux onze jours après la mort du professeur Samuel Paty.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 10 juin 2021 08 h 48

      "...Mais le premier ministre canadien Justin Trudeau est demeuré silencieux onze jours après la mort du professeur Samuel Paty." Le silence de Justin Trudeau est tellement plus lourd de sens que ses paroles creuses et il ne faut pas oublier...un océan nous sépare...

    • Gilbert Troutet - Abonné 10 juin 2021 08 h 49

      Vous avez raison de le rappeler. On pourrait rappeler aussi que les imams de l'Ontario ont tenté de faire accepter la charia dans cette province. Il s'en est fallu de peu.

  • Jules Desrosiers - Abonné 10 juin 2021 06 h 43

    Excellent article

    Clair et bien dit.
    Remanque: on se base sur une affirmation du chef de police pour dire que les malheureuses victimes sont musulmanes plutôt que de dire qu'elles sont d'origine pakistanaise. Islamophobie plutôt que xénophobie?

    • Marc Therrien - Abonné 10 juin 2021 11 h 28

      C’est là qu’on peut prendre conscience de la force de l’amalgame quand on fusionne l’appartenance religieuse et l’origine ethnique pour que la première domine dans la représentation qu'on se fait.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juin 2021 11 h 52

      Bien oui, sur leur passeport, il n'est pas écrit qu'ils sont musulmans, mais bien qu’ils sont d'origine pakistanaise et étaient devenus canadiens. Oui, c'est plutôt la xénophobie dans ce cas triste. Les gens du Devoir n’ont aucune idée du racisme qui existe dans cette région du sud-ouest de l’Ontario. Aucune. Les orangistes sont bien vivants et opérationnels, ô Owen Sound, Parry Sound, London et Orangeville obligent.

  • Benoit Samson - Abonné 10 juin 2021 06 h 57

    Quel amalgame? Qui fait l'amalgame?

    Contrairement à ce que l’on crie sur tous les toits depuis deux jours et qu’on aimerait lui faire dire, Trudeau n’a pas dit que la loi 21 était la cause du quadruple meurtre haineux antimusulman de London ni des autres actes terroristes et haine anti musulmane au Canada.

    Il a certes osé rappeler très clairement, comme on devrait pouvoir le faire dans un pays démocratique sans s’attirer les foudres de ceux qui ne partagent pas notre opinion et qui voudraient nous faire taire, qu’il n’aimait pas la loi 21. C’est son droit, il peut avoir ou ne pas avoir raison. Mais, même si plusieurs en ont la frousse au Québec, tous les citoyens de notre pays devraient pouvoir différer d’opinion avec les intouchables Messieurs Legault et Jolin-Barette, et tous ceux qui aiment leur loi 21. C’est-à-dire, la grande majorité des Québécois, de très nombreux Canadiens du ROC et la totalité des islamophobes du pays dont aucun ne s’est jamais prononcé contre cette loi discriminatoire tant populaire.

    Ce bât semble tant blesser ceux qui le détestent car Justin Trudeau a le courage de leur rappeler qu’ils sont d’accord avec lui. Il le fait courageusement sans crainte des représailles que l’on voit depuis 24 heures et aux très grand risque de perdre des votes au Québec. Les concepteurs de la loi 21 sont tellement d’accord avec le Premier ministre de leur pays que cette loi chérie par la majorité est discriminatoire contre les minorités religieuses qu’ils ont dû se mettre à l’abris des tribunaux en invoquant les clauses dérogatoires des Chartes des droits et libertés canadienne et québécoise écrites justement pour protéger les minorités et les plus faibles contre les abus des majorités.

    Les majorités n’ont pas toujours raison. Ni les politiciens qui moussent leurs craintes et préjugés pour consolider leur pouvoir. Ce faisant ils risquent d'accentuer les haines contre les minorités vulnérables ciblées pour s’accaparer des votes. Et ce bât aussi semble les blesser.

    • Nadia Alexan - Abonnée 10 juin 2021 15 h 49

      La neutralité de l'état est le seul rempart contre le totalitarisme et la haine religieuse.
      La laïcité de l'État rassure à toutes les croyances qu'ils seront respectés dans les instances politiques et les services publics. Les signes ostentatoires ne font pas partie d'aucune religion. On utilise les signes religieux ostentatoires comme bannières de publicité silencieuse pour faire passer le prosélytisme religieux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 juin 2021 22 h 01

      "La neutralité de l'état est le seul rempart contre le totalitarisme et la haine religieuse."- Nadia Alexan

      Selon ce que je lis depuis des années, "la haine religieuse", c'est vous qui l'avez.

      Jamais vu autant d'aversion dénudée de toute neutralité que vos propres propos sur cette tribune.