Deux doses pour les 12-17 ans

Pendant que le Québec se pince encore pour croire au tapis rouge qu’on lui déroule en vue de l’été, le gouvernement de François Legault a précisé cette semaine les termes de la vaccination pour les jeunes de 12 à 17 ans. Indéniablement, la meilleure nouvelle de la semaine tient au fait que si les projections sont bonnes, les trois quarts des Québécois seront vaccinés d’ici à la fin du mois d’août. C’est spectaculaire.

Au rayon de l’émerveillement, les élus de la CAQ ont raison aussi de se féliciter d’avoir réussi à maintenir l’école primaire ouverte presque tout au long de la pandémie. Hormis quelques hiatus ici et là, et des hoquets insupportables pour tous les parents du Québec qui ont dû répondre à l’alerte COVID au moindre nez qui coule, le pari de départ qui fut de résister aux fermetures tous azimuts a été réussi.

Les jeunes du secondaire furent moins chanceux, et ont joué l’école sur un rythme d’un jour sur deux, les semaines de chance. En enseignement supérieur, le scénario retenu fut assurément le plus triste, ce qui a fait dire à nombre d’observateurs, parents et étudiants, que cette classe de cégépiens et d’universitaires avait été une des plus éprouvées. Les effets de long terme qu’aura causés l’absence de contacts avec les pairs et la lourdeur du téléenseignement seront sans doute perceptibles pendant encore longtemps. Les taux de décrochage ou d’inscription seront à ausculter, en plus de la réussite et des conséquences sur la santé mentale.

Il est heureux que le plan de vaccination des 12-17 ans ne repose pas entièrement sur l’école, et qu’on ait offert aussi deux pistes additionnelles, dont la prise de rendez-vous dans les centres de vaccination de masse et les sites de vaccination à l’auto. L’orchestration décevante de plusieurs promesses venues du ministère de l’Éducation — difficultés et retards dans l’implantation des plateformes virtuelles, des outils technologiques, du soutien des mentors, sans compter la déconvenue du ministre Jean-François Roberge sur les méthodes employées pour échantillonner la qualité de l’air dans les classes — a malheureusement laissé des stigmates. C’est pourquoi la présence du ministre de la Santé, Christian Dubé, dont l’efficacité à la Santé est indéniable, teinte l’opération d’une certaine fiabilité.

Avec cette promesse vaccinale, la rentrée scolaire 2021 devrait être beaucoup plus détendue que la précédente. Et permettre de retourner doucement à la « normale », ce qui voudra dire d’abord d’effectuer un état des lieux, de redoubler d’ardeur pour le rattrapage là où il sera nécessaire de le faire, tout en pansant les plaies de plus d’une année entière de scolarité passée à marier l’école avec des bouffées d’anxiété causées par le chaos social.

Les cégeps et les universités, dont les clientèles répondront — espérons-le — à l’appel du vaccin, sont invités de manière officielle à ouvrir portes et classes de manière complète dès septembre prochain. Les appels précédents à allier enseignement en présence et en virtuel avaient causé tout un émoi logistique, mais espérons que les campus pourront retrouver dès l’automne leur pulsation habituelle. Si la couverture vaccinale et la situation épidémiologique sont satisfaisantes, il ne sera plus possible de repousser les échéances.

  

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