L’omerta protège les vrais coupables

Une aide de service employée par le CHSLD de Saint-Laurent, Marie-Anne Labelle, a été congédiée après avoir dénoncé publiquement les conditions de vie inhumaines que la direction du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal imposait à des résidents particulièrement vulnérables. Malgré les dires du ministre Christian Dubé, l’omerta persiste dans le réseau de la santé et protège des gestionnaires qui se distinguent par leur froide amoralité et leur manque de jugement.

Munie de photos et de vidéos prises en février, Marie-Anne Labelle a révélé au Devoir qu’on avait enfermé pendant plusieurs mois dans leur chambre des résidents de l’unité spécifique liée à des diagnostics de santé mentale du CHSLD de Saint-Laurent derrière des demi-portes. Elle avait également révélé qu’on les avait privés de douche pendant des semaines au printemps. Ces mesures avaient été instaurées en raison de la pandémie, l’établissement ayant connu des éclosions importantes. Mais ce que la lanceuse d’alerte trouvait odieux, c’est que ce régime digne d’un isolement carcéral fut maintenu bien au-delà des éclosions, jusqu’à la toute fin de février. Bien avant de livrer son témoignage au Devoir, Marie-Anne Labelle s’était adressée à la fin de l’été à ses supérieurs pour déplorer le traitement infligé à ces personnes démunies. En vain. Elle n’est pas la seule à avoir signalé la situation à l’administration : deux de ses collègues ou ex-collèges l’ont également fait et l’une d’entre elles a déposé une plainte au commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS.

Ce n’est qu’après que notre journaliste eut communiqué avec la direction de l’établissement pour obtenir une entrevue que les demi-portes, comme par enchantement, ont été déverrouillées et les résidents, libérés. Il ne faut pas se laisser berner par les affirmations cousues de fil blanc de la direction du CIUSSS ; c’est la divulgation publique de la lanceuse d’alerte qui l’a forcée à s’amender.

Un mois après la publication de notre enquête au début de mars, Marie-Anne Labelle a reçu sa lettre de congédiement pour avoir « outrepassé [son] rôle ». Issue de la cohorte des « Je contribue », l’aide de service n’était pas syndiquée : son contrat n’a tout simplement pas été renouvelé. Heureusement qu’elle a outrepassé son rôle, peut-on ajouter.

La lanceuse d’alerte a subi le sort souvent réservé à ceux qui ont le courage de dénoncer des manquements graves au sein des administrations publiques. Les gestionnaires peuvent maintenir impunément l’omerta qui a cours dans le réseau de la santé en s’appuyant sur l’obligation de loyauté prévue au Code civil. Or, si les entreprises privées ont des informations de nature commerciale à protéger, ce n’est pas le cas des administrations publiques. Le réseau de la santé fournit des services publics et il appartient à la population. En principe, ses gestionnaires doivent rendre des comptes et se montrer « transparents », ce qui est incompatible avec la lutte qu’ils livrent aux lanceurs d’alerte légitimes et au silence qu’ils imposent à leurs employés. Il faut que ça change.

Dans cette affaire, il est curieux que Marie-Anne Labelle n’ait pas été informée par ses supérieurs ou par la direction du CIUSSS des dispositions de la Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles. Cette loi se veut un régime de protection contre le type de représailles auxquelles s’est exposée Marie-Anne Labelle en divulguant, comme l’énonce la loi, « le fait, par un acte ou une omission, de porter gravement atteinte ou de risquer de porter gravement atteinte à la santé ou à la sécurité d’une personne ». Les gestionnaires se devaient de préserver son anonymat et lui signifier qu’elle pouvait aussi s’adresser au Protecteur du citoyen. Manifestement, ils n’ont eu cure de respecter la loi.

Tout comme l’obligation liberticide de loyauté contenue dans le Code civil, cette loi doit être revue. Dans le cas d’une divulgation publique, le lanceur d’alerte n’est à l’abri des représailles que s’il y a un risque grave pour la santé et la sécurité d’une personne et s’il y a urgence. Dans ce cas d’espèce, le risque grave existe précisément parce que la situation s’éternise.

La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, devrait enquêter sur le comportement des gestionnaires du CIUSSS dans cette affaire. Marie-Anne Labelle n’a peut-être pas respecté toutes les dispositions d’une loi qu’elle ne connaissait pas et dont on ne l’a pas informée, mais sans son intervention, des résidents, à la merci de gestionnaires indignes, seraient toujours « incarcérés ». La lanceuse d’alerte mérite notre reconnaissance et réparation pour les représailles que des gestionnaires sans scrupule lui ont fait subir.

30 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 28 avril 2021 01 h 58

    Très exact que cette chronique.

    Malheureusement cela n'est pas près de changer. Au mieux nous aurons droit à un vaudeville du GV-Q... Et de coupables désignés d'avance (volontaires ou pas). La solution est portant simple: abroger l'article du Code civil, et de stécifier dans l'abrogation que les décisions antérieures par les tribunaux civils sont nulles, non avenues, et deviennent conséquement non jurisprudencielles.

    Le milieu hospitalier, ou celui de l'enseignement, n'est qu'une infime partie des gens tenus dans cette obligation de "silence". En fait, tous les milieux de travail sont dans cette obligation, et plus le travailleur est en bas de la hiérarchie, plus il en est contraint... En fait, le principe est simple "t'es pas payer pour penser, fac obéissance immédiate et la ferme...".

    • Nadia Alexan - Abonnée 28 avril 2021 10 h 25

      Effectivement. Le gouvernement doit avoir honte de protéger les dirigeants sans scrupules, au lieu de protéger les patients et les lanceurs d'alerte.
      Il faut absolument se débarrasser des lois qui protègent les malfaiteurs au lieu de veiller sur la santé des patients.
      Il faudrait aussi que les infirmières et les travailleurs partagent les décisions avec les administrateurs comme le font d'ailleurs les pays scandinaves où la loi exige le partage des travailleurs dans le conseil d'administration de chaque entreprise et de chaque service public. Ça va sans dire que les travailleurs sur place connaissent les problèmes et leurs solutions. Au lieu de les écarter, il faudrait les inclure dans le processus décisionnel. Le bon sens doit s'imposer.
      J'aimerais ajouter, aussi, que les citoyens/citoyennes ont le devoir de s'impliquer dans les affaires publiques. Pourquoi ne pas envoyer un mot à votre député pour dénoncer ce qui ne marche pas ? Cela est très efficace pour changer les choses. Hier, j'ai envoyé un mot à madame Marguerite Blais, ministre responsable des ainés, en déplorant le congédiement de la lanceuse d'alerte. Cela prendra deux minutes de votre temps.

    • Serge Pelletier - Abonné 28 avril 2021 13 h 02

      Malheureusement pour la Mme Blais, cela est une perte de temps. C'est elle la minstre pour "les vieux"... Fac, ce n'est pas de ses troubles à elle, car elle est là uniquement pour les gandes choses et la photo devant "la pépine". D'ailleurs l'a confirmé en pleine TV : "s'pas de mes troubles"...

      Combien de députés et de ministres sont dans cette ligne de pensée. La réponse est simple: tous. Hé oui. au mieux ils vont dire comme les futurs hauts fonctionnaires apprennent à dire à l'ÉNAP; "mais c'est terrible terrible que cela, j'en prend note, et je te reviens sur cela"... 6 mois, 12 mois, 18 mois passent... et la situation demeure excactement comme décrée... Mais, il en a pris note... Puis si vous insistez, aucun problème pour lui... Les excuses sont apprises par coeur... C'est sa carrière qui compte le plus, et peut-être pour le simple député devenir ministre, ou sièger une une multitude de comités qui accroissent son salaire, donc sa prestation de retraite..

      Quand au ti-cul salarié sur les conseils d'administration... Il est mieux de dire comme le boss aime entendre... Sans cela il va être injecté rapidement de là. Les preuves en se domaine sont multiples. Mais encore faut-il lire les procès verbaux...Procès verbaux qui camoufle à la perfection les prises d'oppositions d'opposition - s'il y en a.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 28 avril 2021 15 h 19

      Pour tenter d'y voir un peu plus clair, je me suis tapé le Code d'éthique du CIUSSS du Nord-de-l'île-de-Montréal,adopté son conseil d'administration le 23 mai 2018. Voir: https://cdn.ciusssnordmtl.ca/documents/Menu/Votre_CIUSSS/Documentation/Code-d-ethique/Cadre-ethique_-2018-11-16.pdf?1570042507

      Une chatte y perdrait ses petits et le petit poucet son chemin. Un parcours à obstacles semés d'embûches à multiples dimensions dont certaines menant à des cul-de sacs! À titre d'exemple, voyons ensemble celui détaillant les politiques et procédures du CIUSSS concernant "l'éthique en tant que processus et d'aide à la prise de décision"qui se lit ainsi.

      « Les politiques et procédures orientent tant les intervenants que l’établissement et clarifient les attentes de toutes les parties prenantes pour bâtir de saines relations. Plusieurs politiques et procédures touchent directement plusieurs secteurs de l’éthique par exemple celles qui portent sur l’éthique de la recherche, les niveaux de soins, les soins de fin de vie, la promotion de la civilité et prévention du harcèlement et de la violence en milieu de travail, les mesures de contrôles, la primauté et la personne. Il est du devoir de chacun de se familiariser avec ces cadres selon ses fonctions.

      Pour plus d’information, voir la liste non-exhaustive des politiques et procédures
      disponibles sur l’intranet : http://cnmtl.intra.mtl.rtss.qc.ca/index.php?id=226 »

      Mais voilà que cet URL mène à ceci: "Désolé, impossible d’accéder à cette page."

      Et ce n'est qu'un exemple. Quand on veut s'éviter des dénonciations ou des plaintes, rien de mieux que le charabia bureaucratique pour miner un tel parcours!

  • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2021 07 h 49

    Ô omerta quand tu nous tiens

    Si on parle d’omerta, on pourrait commencer par le gouvernement qui par ses politiques, plus des 6 700 personnes décédés durant la pandémie étaient des morts évitables selon l’Institut économique de Montréal (IEDM). Mais chut! Il ne faut pas en parler tout comme pour une commission d’enquête pour comprendre le rôle du gouvernement Legault et de la santé publique d’Horacio Arruda dans toute cette affaire. Alors, on se concentre sur des hors-d’œuvre d’histoires pour alimenter les médias. Oui, c’est vraiment un cas où l’arbre cache la forêt.

    Il ne faudrait jamais oublier que presque la moitié des décès de la COVID-19 au Canada ont eu lieu au Québec. Ceux qui se réjouissent de voir l’Ontario, l’Alberta ou même l’Inde en arracher avec ce virus, il faut dire que la situation a été plus affreuse au Québec avec ses 1 271 morts par million à l'heure de ce commentaire.

    • Fréchette Gilles - Abonné 28 avril 2021 11 h 14

      D'entrée de jeux, je dois vous dire que je suis indépendantiste et péquiste depuis toujours.
      Cependant, je trouve votre attaque, à l'égard de M. Legault et son gouvernement., quelque peu excessive. Ce gouvernement a pris le pouvoir un an avant la pandémie. Croyez-vous qu'il pouvait corriger en si peu de temps les 15 ans d'incurie libérale, non seulement en santé, mais dans tous les autres domaines touchant le Québec ( langue, culture, éducation, agriculture, etc...)?
      Loin de moi l'idée de le dédouaner de toute responsabilité. Mais il faut garder en mémoire la décision de libérer le plus de lits dans les hôpitaux, décision prise à la lumière de ce qui se passait dans les hôpitaux en Italie et en France. Bien sûr, c'était une erreur. Mais à l'époque, personne n'a soulevé d'objections ( pas même Mme la ministre des aînés ni l'opposition officielle) .
      Aussi, je n'ai pas vu personne se réjouir de la situation catastrophique dans les autres provinces ou ailleurs dans le monde. Nous partageons une importante frontière avec l'Ontario et Gatineau est à côté d'Ottawa. La mort n'a rien de réjouissant.

    • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2021 12 h 25

      Moi aussi je suis indépendantiste et péquiste M. Fréchette, mais je n'ai pas des oeillières sur les yeux non plus. D'accord avec vous que les gouvernements libéraux ont été et sont les plus incompétents en ce qui concerne la santé et l'éducation. Nous en avons un à Ottawa qui est aussi débile avec l’argent et la santé des gens, lui qui a laissé les frontières internationales très grandes ouvertes en pleine pandémie.

      Ceci dit, Andrew Cuomo, le gouverneur de New York a fait la même chose que la CAQ, mais pour des raisons très différentes. Le premier l’a fait parce que les hôpitaux new-yorkais débordaient. La CAQ l’a fait pour des raisons politiques et non pas pour la science au début de la pandémie alors qu’il n’avait pas urgence en la demeure. Transférer des personnes infectées à la COVID-19 des hôpitaux pour les mettre dans les CHSLD mal équipés et avec un personnel mal formé et où plusieurs manquaient à l’appel, c’était loin d’être l’idée du siècle. Et aucun acte de contrition de leur part et surtout, une enquête publique afin de ne pas refaire les même erreurs du passé parce qu’on sait qui sera pointé du doigt. N’est-ce pas le premier ministre qui a affirmé qui c’est lui qui prenait les décisions finales?

    • Bernard Plante - Abonné 28 avril 2021 13 h 10

      On pourrait également ajouter que les études de l'IEDM ne valent pas grand chose lorsqu'on sait que cet organisme camouflé derrière une apparence d'Institut n'est en fait qu'un "think tank" libéral utilisé pour diffuser leur propagande.

      Un "think tank" dont les chiffres gonflés à l'hélium nous ont d'ailleurs couté des millions dans le supposé Klondike pétrolier de l'ile Anticosti.

    • Bernard LEIFFET - Abonné 28 avril 2021 13 h 25

      Moi aussi comme péquiste et indépendantiste et non, François Legault se traîne les pieds partout! Zéro pour la Santé, zéro pour l'Éducation, zéro pour l'Emvironnement! On peut développer sans difficulté, quand on le veut chacune des affirmations! Monsieur Dionne a raison à moins d'être aveuglé par les points de presse dont la CAQ profite pour faire avancer son agenda, signe que tout tient à un fil! Sans moyen de communication la CAQ deviendra aussi muette qu'une carpe! Quant à la langue, comme indépendantiste, ne rêvez pas la CAQ fera du sur place, comme il en est partout depuis le début! Bref, la CAQ rumine au lieu d'agir!

    • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2021 14 h 53

      Cher M. Plante,

      On pourrait aussi rajouter que les études de gauche supposément indépendantes « de l’IRIS, qui publie le nom des organismes qui financent ses recherches, mais ces derniers ont droit de regard sur les études commandées, et peuvent aller – dans de rares cas – jusqu’à en bloquer la publication s’ils sont insatisfaits des résultats » selon Isabelle Hachey ne valent pas grand chose. Elle rajoute : « Ainsi, l’IRIS soumet ses études à l’avance à ses clients afin d’obtenir leurs commentaires et, au besoin, procéder à des modifications avant de les publier ». C’est beau tout cela. Pourquoi ne pas demander aux syndicats, les groupes communautaires et les associations étudiantes qui subventionnent cet organisme d’écrire les articles et de se passer du « middle men » qu’est l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS)?

      Pour l’Institut économique de Montréal (IEDM), elle s’est dotée d'une muraille de Chine pour éviter de subir l’influence de ses donateurs qui sont toujours anonymes mais on peut en deviner l’origine. Un secret de polichinelle quoi. Pour l’IEDM : « Les entreprises qui subventionnent les études n’ont accès aux résultats que 24 heures avant la publication, lorsqu’il n’est plus possible d’y apporter le moindre changement » selon encore une fois Mme Hachey. Dans le cas de l’étude présente sur les morts inutiles, les faits scientifiques et mathématiques sont tonitruants.

      De toute façon, ce combat de coqs des « think thanks » de gauche ou de droite et leur ascension au sein de la société n’augurent rien de bon pour les états démocratiques. On se fie aux jugements des experts qui ne le sont pas souvent pour prendre des décisions qui affectent une majorité. Les travaux de la théorie des champs d’action stratégique nous rappellent plutôt l’autocastration des savoirs d’une classe d’expert confinée, spécialisée et isolée de la réalité ambiante de la vie. Comme le disait si bien John Ralston Saul, les bâtards de Voltaire.

  • Raynald Rouette - Abonné 28 avril 2021 08 h 42

    « Nous ne faisons plus société »


    La vérité est que depuis de nombreuses années, notre aveuglement et notre laxisme collectif sont les principaux responsables de l'hétacombe dans les CHSLD. Les médias sont depuis les débuts de cette pandémie à la recherche de faits croustillants. Dénoncer de toutes parts le (notre) système est devenu au quotidien un rituel tant par les médias, les proches des usagers, que les représentants syndicaux, dans le seul but évident de se donner bonne conscience...

    Comment expliquer qu'une jeune personne sans expérience, sans filet et non syndiquée (sans protection) a pris l'initiative de dénoncer une situation déjà connue dans un contexte de chaos et d'anarchie en raison de la pandémie dans un système qui craquait de toutes parts. Était-ce vraiment la bonne chose à faire dans un contexte déjà bien documenté? Le syndicat (normalement seul autorisé) de l'établissement était-il déjà en contact avec les médias? Entre malheureuse initiative ou la recherche d'un moment de gloire, parfois la ligne est mince.

    Désolé, mais comparer la présente situation aux lanceurs d'alertes que sont les Julian Assange, Edward Snowden ou encore l'agronome Caron est un peu fort en café...

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 avril 2021 09 h 03

    Quichotte

    Qu'une personne nouvellement arrivée dans un milieu de soin estime que les mesures déployées par les responsables ne sont pas optimales ne signifie pas d'emblée qu'elle a raison. Et même, s'il se trouvait qu'elle ait vu juste, cela ne signifie pas d'emblée que ces responsables soient «coupables». Mais surtout, comme la pratique de l'alerte est un procédé plein d'embuches et de dangers pour toutes les personnes en cause, on s'attendrait à ce que toute cette affaire soit traitée avec plus de circonspection, sans préjudice pour la nécessité à laquelle tous soient contraints de rendre des comptes. Notre journal cherche-t-il à faire concurrence à l'autre en matière de sensationnalisme?

    • Serge Pelletier - Abonné 28 avril 2021 09 h 08

      Vous êtes où, ou plutôt dans quel monde êtes-vous M. Maltais Desjardins?

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 28 avril 2021 09 h 49

      Le Devoir fait son devoir, débusquer le cancer généralisé de l'omerta dans le réseau de la santé, aider à protéger les personnes les plus vulnérables du public et donner raison, après une enquête, à une personne injustement congédiée: il a droit à son opinion et nous aussi à la nôtre.L'intérêt public et le respect des lois sont en jeu. Le gouvernement doit lui aussi faire enquête et prendre les sanctions voulues: les vrais coupables doivent être démasqués et santionnés publiquement et fortement. Personne n'est au-dessus des lois. Le sensationnalisme = cacher la vérité, mais au profit de qui et de quoi, au détriment de qui et de quoi?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 avril 2021 11 h 32

      Dans le monde que j'habite, je n'ai pas la prescience de la justesse des alarmes sonnées par cettte employée ni la capacité d'apprécier dans quelle mesure elle les a formulées selon les règles ni si la direction du CISSS les a traitées à leur mérite. Dans mon monde à moi, c'est aux tribunaux qu'il appartient de prononcer les jugements, pas aux éditorialistes en mal de lectorat. Parlant du devoir de ceux-ci, il consiste à soulever les questions et les problèmes, pas à prétendre que sans eux ils n'auraient pas de solution. Le PM et le ministre se sont engagés à examiner toute cette histoire. On peut sans doute remercier notre journal de l'avoir soulevée. Libre à vous de penser que la suitre relève de l'opinion. On ne s'en étonnera pas.

    • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2021 12 h 27

      M. Pelletier, ce dernier nous parvient du monde parallèle des tours d'ivoire de l'enseignement supérieur cogitant aux sciences sociales. Que dire de plus?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 avril 2021 13 h 14

      Que dire de moins, monsieur Dionne, qu'un plat ad hominem, quand on a rien de mieux à objecter?

    • Bernard Plante - Abonné 28 avril 2021 13 h 14

      "Le PM et le ministre se sont engagés à examiner toute cette histoire."

      Et pourquoi donc le PM et le ministre se sont-ils engagés à examiner toute cette histoire? Parce que la nouvelle fait la une!

      Encore hier, la ministre Blais refusait cette option. Alors, les médias outrepassent-ils leur mandat ou font-ils simplement leur travail?

    • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2021 13 h 37

      Oh! Croyez-moi M. Desjardins, j'aurais beaucoup d'arguments à avancer comme je l'ai déjà fait avec vous récemment. Enfin, il faut savoir s'arrêter tout comme un peintre devant devant un tableau. Trop n'est pas meilleur.

    • Pierre Rousseau - Abonné 28 avril 2021 13 h 57

      Don Quichotte? Ça commence bien! Mme Labelle se plaint aux autorités pour une situation qui est objectivement hautement préjudiciable aux résidents et rien ne se passe. Elle aurait dû se taire au vu d'une telle situation? Je ne crois pas et plusieurs d'entre nous aurions laissé couler l'information aux médias pour tenter d'améliorer la qualité de vie de ces résidents, sans nous identifier, anonymement. Mme Labelle a le mérite de l'avoir fait à visière découverte et ce ne sont pas des moulins à vent qu'elle a dénoncé mais bien une atteinte aux droits, à la dignité et à la santé des résidents. Bravo à Doña Quichotte!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 avril 2021 17 h 00

      Monsieur Dionne, je devrai donc me contenter de votre part du témoignage de l'immense satisfaction que vous tirez à vos petites rebuffades. Je vous accorde volontiers que vous êtes en cela à votre meilleur, bien que le tableau n'ait rien de si édifiant.

      Parlant de tableau, il me semble que celui de la situation de cette aile du CHSLD est connu depuis plusieurs semaines et le coordonnateur a déjà fourni une explication détaillée des motifs justifiant le recours aux demi-portes dans l'unité de soins psychiatriques, lesquels sont encore plus contraignants dans le contexte de la pandémie. Au lieu de chercher des coupables, qu'on se donne la peine d'examiner le processus de décision appliqué. S'il se trouve qu'il est mal conçu, qu'on demande qu'il soit corrigé. S'il a été mal appliqué qu'on en fasse un reproche aussi sévère qu'on voudra mais pertinent, au lieu de jouer les matamores.

  • Serge Pelletier - Abonné 28 avril 2021 09 h 32

    M. Dutisac...

    M. Dutrisic même la Loi protégeant les travailleurs se prévalent du droit de refus pour un danger immédiat au travail ne les protège pas, ou si peu que cela en est risible. Un inspecteur de la CNSST peut intervenir et statuer que le travailleur a parfaitement raison. La protection contee les mesures de représailles ne s'étend pas à plus d'un mois... et même là, ne vous inquitez pas trop fort pour les employeurs (et leurs gestionnaires), car le système se mettra en mode recherche de "picottements". Tout y passera: l'employé prend-t-il une minute de plus dans ses pauses café, l'employé a-t-il sacré, l'employé -t-il... En fait tout y passera... et même si l'employé fait exactement comme tout le monde... seul lui sera blâmé... Même un employé accomplisant sa tâche ou son travail d'une manière impeccble sera blâmé pour des vétilles. Cela se nomme du harcèlement, qui lui aussi est interdit, mais tout aussi difficle à prouvé. Et dites-vous M. Dutrisac qu'il y a toujours des collègues de travail pour "appuyer" l'employeur et même en remettre, au mieux être indifférents.

    Dans ce cas ci, exactement comme il s'est produit avec sa collègue qui s'est plaint qu'elle l'avait avisé de respecter les distances... Vitement au bureau du petit boss pour de plaindre... Vitement petit boss tout heureux de pouvoir porter un blême contre la la lanceuse d'alerte... Supérieurs encore plus heureux... avec la réflexion courante :"on va lui en mettre tellement sur le dos, que même ce qui est faux, on sait bien que ce n'est pas cette personne, mais elle ne pourra se défendre adéquatement sur toutes les accusations". C'est exactement ce qui se produit dans le présent cas.