Arts de la scène: la relance

Le premier ministre François Legault a annoncé qu’à compter du 26 mars prochain, les théâtres et les salles de spectacle et de concert du Grand Montréal, même si la région demeure une zone rouge, pourront présenter leurs prestations sur scène devant public. Un public réduit, mais un vrai public, en chair et en os. La décision fut accueillie par le milieu avec soulagement. On a parlé d’une bouffée d’air frais, mais c’est plutôt l’air qu’aspire goulûment le nageur resté trop longtemps en apnée quand il parvient finalement à sortir la tête de l’eau.

L’enthousiasme du milieu est sans doute à la mesure de la vive déception ressentie en octobre quand les salles, après avoir pu ouvrir brièvement leurs portes ou encore amorcer les premières répétitions, ont dû cesser toute activité.

Après le budget Girard en mars, qui prévoyait des sommes records pour la culture, un investissement dont on n’a pu voir les effets, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, dégageait en juin 450 millions pour soutenir le secteur, les artistes et les artisans durant la pandémie, dont 250 millions d’argent frais. Grâce à cette aide, les institutions culturelles ont pu se maintenir à flot, mais on doute que les artistes et autres professionnels de la culture aient pu profiter de cette manne. Déjà faibles, les revenus des travailleurs de la culture ont cruellement chuté, souligne un rapport produit par sept associations québécoises du milieu culturel. Ainsi, 40 % de ces professionnels songeraient à abandonner le domaine et près des deux tiers d’entre eux seraient en détresse. L’annonce de cette semaine, d’un seul point psychologique, peut être salutaire.

Salutaire aussi pour le public, trop longtemps privé d’arts vivants. Si le sport peut être essentiel pour la santé mentale en ces temps de pandémie, comme le croit François Legault, il en est de même de l’art.

Aussi, il faut saluer l’initiative du gouvernement de consacrer 4 millions à la promotion afin d’attirer le public dans les salles, les musées et les librairies. Comme la taille des auditoires ne devra pas dépasser le tiers de la capacité des salles, et même un peu moins, il faudra aussi compenser les diffuseurs.

À cause de la présence de variants, la menace d’une recrudescence de l’épidémie plane toujours. La décision de François Legault est sensée et elle s’imposait, mais elle ne manque pas d’audace. Souhaitons qu’il ait visé juste et que perdure la relance tant souhaitée des arts de la scène.

Note de la rédaction

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La question du jour: le gouvernement du Québec devrait-il adopter une loi contre l’obsolescence programmée des produits électroniques?