Pierre Elliott Trudeau: le perfide

Dans un télégramme jadis secret, l’ambassadeur américain Thomas Enders, après la victoire du Parti québécois en 1976, a informé Washington que le premier ministre Pierre Elliott Trudeau avait l’intention de « rendre les choses aussi difficiles que possible » sur le plan économique pour le nouveau gouvernement. Il aurait demandé au président de Power Corporation, Paul Desmarais, de transférer des emplois et des investissements dans le reste du Canada de façon à faire grimper le taux de chômage au Québec. C’est odieux, mais ce n’est guère surprenant.

Il semble bien que cette tactique de l’émule de Machiavel que fut Trudeau père n’eut pas de suite. Mais qu’il y ait pensé donne la mesure du personnage.

Mardi, Power Corporation a indiqué que le conglomérat, qui employait 48 000 Québécois à la fin des années 70, n’avait pas procédé à des suppressions d’emplois à cette époque. Paul Desmarais était peut-être un fédéraliste acharné, mais il faut croire que ce n’était pas dans la nature de cet homme au jugement sûr de prêter son concours à des manœuvres aussi abjectes contre son propre peuple.

Pour Pierre Elliott Trudeau, c’est une autre paire de manches. Son parcours est parsemé de mensonges, de mystifications et de coups fourrés. Sa perfidie était à la mesure de sa profonde aversion pour les nationalistes québécois, qu’ils soient souverainistes ou fédéralistes et mangeurs de hot-dogs. Ce premier ministre a dépêché l’armée au Québec durant la crise d’Octobre sous le prétexte fallacieux d’une insurrection appréhendée, des agents de la Gendarmerie royale du Canada ont posé des bombes en les signant du FLQ, ils ont volé la liste des membres d’un parti démocratique, le Parti québécois, et ils ont soudoyé un ministre du gouvernement Lévesque. Durant la campagne référendaire de 1980, Pierre Elliott Trudeau a probablement proféré le plus grand mensonge de sa carrière politique en promettant des « changements » aux Québécois s’ils votaient non. L’année suivante, lors de la négociation sur le rapatriement de la Constitution, il a brandi un simulacre d’entente avec René Lévesque pour forcer la main aux autres premiers ministres qui ont finalement signé l’accord sans le Québec. Du grand art.

Le Canada nouveau, celui de 1982, porte sa marque, indélébile, ce pays bâti sur la duperie, la trahison des fédéralistes québécois qui réclamaient une véritable réforme et le rejet obstiné de la volonté démocratique d’un peuple qui en voulait autant et même davantage.

64 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 25 février 2021 02 h 23

    Qualis pater, talis filius!

    Je viens de me «descendre» votre «papier» cinq fois. Pourquoi me «titiller» l'agmydale»? «[...] pays bâti sur la duperie, la trahison des fédéralistes québécois qui réclamaient une véritable réforme...». Duperie, je veux bien, mais les «fédéralistes «québécois» n'ont jamais réclamé de réforme puisque cette «espèce» n'existe pas. Quant à «oncle Paul» tant «franco» que «bi-langue» canadien fédéraliste», il n'a jamais appartenu à notre peuple «peuple». Tonton Paul était «Canadien» et «Grand-croix de la Légion d'honneur» Point d'orgue. Pour le reste... Misère.

    JHS Baril

    • Louise Collette - Abonnée 25 février 2021 07 h 39

      Je dirais plutôt que tonton Paul était <<Canadian>> ;-)

    • Cyril Dionne - Abonné 25 février 2021 08 h 35

      Bien d’accord avec vous M. Baril. Quelle imposture ce soi-disant pays. Tout comme le père, le fils aussi. lol

      Comme Franco-Ontarien, j’ai toujours eu honte d’être « canadian ». Se dire « Canadian », c’était de reléguer ma culture et ma langue française à la sauce louisianaise hors Québec où l’assimilation faisait des ravages. Maintenant, à la lecture de cet éditorial, le tout devient limpide comme le cour d’eau d’une rivière cristalline.

      Il faut le dire, Paul Desmarais était un Franco-Ontarien issu de Sudbury. Curieusement, ce dernier s’est acharné contre les indépendantistes québécois en épousant la ligne dure du Canada anglais. S’il n’a pas transféré les emplois comme Pierre Elliott Trudeau lui demandait, ceci n’avait rien à voir avec ses croyances politiques, mais découlait plutôt de raisons économiques. Perdre de l’argent volontairement n’a jamais fait parti de son mantra.

      Bon revenons à notre Machiavel « canadian ». Ce dernier a imposé la loi martiale au Québec lors du mois d’octobre 1970, outillé la GRC pour commettre des actes terroristes et voler la liste des membres du Parti québécois, avait promis des changements radicaux lors du référendum de 1980 et nous revenant avec une constitution importée du Royaume-Uni qu'il nous a enfoncé dans la gorge et que le Québec n’a jamais entériné ou signé tout en travaillant d’arrache-pieds contre le référendum de 1995 et l’Accord du Lac Meech. Oui, comme francophone, on se sent bien « canadian » dans cette imposture de pays aux accents néocolonialistes d’un ancien empire où le soleil ne se couchait jamais.

      Maintenant, nous avons Justin Trudeau. Plus rien à dire à part de « misère » à la puissance du gogol (le chiffre 1 suivi de 100 zéros)

    • Gilles Théberge - Abonné 25 février 2021 09 h 53

      PET a été la version française de sir John A. McDonald. Il haïssait et les Indiens et les Canadiens français !

      Peut-on descendre plus bas... ?

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 25 février 2021 09 h 59

      @ M. Dionne, C'est fou, mais en ces temps où certains montent aux barricades en criant au racisme, moi la discrimination systémique (je n'emploie pas le mot racisme, parce que des races, ça n'existe pas au sein de l'espèce humaine, ce concept étant un pur construit culturel), je la trouve dans la constitution canadienne adoptée par les neuf provinces de langue et culture anglophone ainsi que leur "National Government", alors que le seul autre État de langue et de culture différente, formant une nation, n'y a jamais souscrit et se fait donc dicter leur vision, leurs règles et leurs lois érigées en système. Mais personne ne trouve rien à en redire, comme s'il était normal que la Loi fondamentale d'un pays puisse être imposée à une partie de sa population qui de surcroît constitue un autre peuple ! Bref, le même genre de traitement que les colonialistes britanniques imposèrent aux Premières Nations, puis à la Nation Métisse, leurs descendants l'imposent depuis 1982 malgré le rejet de ce carcan par les Québécois représentés par leurs élus à l'Assemblée nationale.

  • Serge Trudel - Inscrit 25 février 2021 03 h 43

    La poire ne tombe jamais loin du poirier

    À la lumière très éclairante de l'article de M. Dutrisac, il ne fait maintenant plus aucun doute quant au fait que Pierre Elliott Trudeau était littéralement un ripou de la politique.

    Et si son rejeton ne possède pas globalement, et de loin, son envergure machiavélique, force est d'admettre que Justin est encore meilleur que son paternel lorsque vient le temps d'endetter le pays dont il est le premier ministre. N'oublions surtout pas que ce fut PET qui fut le premier PM canadien à enregistrer des déficits au niveau fédéral. Avec le résultat catastrophique que nous connaissons aujourd'hui au niveau astronomique de la dette accumulée.

    Présentement, vu la valeur extrêmement basse et quasi nulle des taux d'intérêt, il n'y a pas de conséquences ou alors très faibles sur le service de la dette. Il reste à espérer que l'inflation ne pointera pas le bout de son nez hideux, car dès que les 2 % sont dépassés, la Banque du Canada a pour politique quasi automatique d'intervenir aussitôt en augmentant le taux de référence. Et dans ce cas de figure hypothétique, les Canadiens vont payer cher cette dette aussi gigantesque que gargantuesque.

    Les deux Trudeau se seront révélés en définitive des fléaux pour le Canada et le Québec. Ils représentent une bien sombre dynastie politique et il faut souhaiter ardemment que le proverbe « Jamais deux sans trois » ne se concrétise jamais dans leur cas!

    • Louise Collette - Abonnée 25 février 2021 07 h 53

      Excusez-moi Monsieur Trudel, j'ai cliqué sur <<signaler>> par inadvertance. Je suis entièrement d'accord avec votre commentaire, surtout le très pertinent dernier paragraphe.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 25 février 2021 08 h 49

      il a fait passer les prêts aux provinices par la Banque Centrale sans intérêts à ces prêts avec intérêts, via les lbanques privées. Zut!

  • Serge Lamarche - Inscrit 25 février 2021 04 h 03

    Perfide et perfide et demi

    Ben faut pas mentir non plus dans la chronique, hein? C'est Bourassa qui avait demandé à Trudeau pour les mesures de guerre. Quant à la GRC, ils font dans les coups bas sans aide politique.
    Ceci dit, suposons que le oui avait gagné. Ben le Canada et les États-Unis auraient eu beau jeu de fourrer le Québec, pris avec le dollars canadien. Comme quoi le ridicule n'arrête pas les politiciens.

    • Richard Lupien - Abonné 25 février 2021 07 h 52

      Monsieur Lamarche,
      Je propose votre candidature au poste d’éditorialiste au Devoir. Vous comprenez ce que je veux dire?

    • Jean-François Trottier - Abonné 25 février 2021 08 h 00

      Euh.... Ceci a été commenté par Pelletier il y a longtemps déjà. Il a nettement dit que la GRC a fait de l'intox auprès de tous les politiciens y compris Bourassa, et que le document qui a été signé par Bourassa a été rédigé par Lalonde, le même qui jure ses grands dieux qu jamais Trudeau n'aurait fait.... ce qu'il a fait.
      Bourassa a subi une pression de tous les diables par les salauds d'Ottawa. Son inexpérience a fait le reste. Il est plus qu.'éviudent que le BOurassa "deuxième manière", celui qui est revenu au pouvoir, n'aurait jamais signé un tel torchon.
      Pelletier est le seul à avoir exprimé des regrets pour cetteinvasion armée, c,est ainsi que ça se nomme, né des préjugés absolument grossiers de tout l'appareil d'Ottawa envers les Québécois, au point qu'on peut parler de racisme.

      Parlant de préjugés, votre remarque au sujet d'un Québec indépendant et du dollar canadien est carrément stupide. Le Canada aurait réagi, évidemment, mais les USA se seraient dépêchés de s'assurer que ce serait Business as usual. Et toute l'Europe aurait sauté sur l'occasion pour entrouvrir le marché américain via le Québec. Vous ne savez pas que la nature a horreur du vide?
      Tant qu'à faire dans la fiction, pensez un peu : les pires ennemis d'un Québec indépendant étaient, dans l'ordre, la GRC pour cause de "patriotisme" anti-québécois, et la bande de salauds francopĥones d'Ottawa, qui tous auraient perdu leur job dès que le Canada aurait dû reconnaître l'existence de l'État Québécois, soit quelques heures après le vote pour ne pas subir l'opprobre de la communauté internationale. Quand je pense que 15 ans plus tôt le très raciste Trudeau avit "mis son siège en jeu"!
      Méchante balloune qui se dégonfle, non?

      En fait, vous vos basez vous-même sur des préjugés nés d'un sentiment de colonisé provoqué par l'Empire très Britannique qu'est le Canada, pays de racisme envers tout ce qui a précédé les conquérants encore aujourd'hui.

    • Hélène Paulette - Abonnée 25 février 2021 08 h 07

      Les mesures de guerre ont été fomentées par Marc Lalonde et PET. Le maire Drapeau a été le premier à les demander et Bourassa a fini par accepter alors qu'il était contre. C'est de notoriété publique...

    • Claude Gélinas - Abonné 25 février 2021 08 h 59

      Il serait intéressant de connaître les conversations entre Marc Lalonde, l'homme de main de PET, et le PM Bourassa ayant précédé la mise en vigueur de la Loi des mesures de guerre. Des échanges probablement musclés faites de menaces et d'intimidation alors que rien ne plaisait plus au PM de pouvoir enfin enfin mettre le Québec à sa place en emprisonnant 500 personnes pour le seul tort de souhaiter l'indépendance du Québec.

      Traiter comme des terroristes par les policiers, puis après cette période de terreur et d'injustice, les relâcher sans accusation.

      Bien évidemment il ne faudrait pas compter sur le fils de ce fourbe, hypocrite et surnois PM pour s'excuser du comportement du paternel.

    • Patrick Boulanger - Abonné 25 février 2021 11 h 15

      Je ne comprends pas. Comment le Canada et les États-Unis auraient eu le beau jeu de fourrer le Québec avec son dollard canadien?

    • France Marcotte - Abonnée 25 février 2021 11 h 42

      À première vue, j'ai cru que le titre de votre commentaire était: «À perfide, perfide et demi», et je me réjouissais d'un sursaut de riposte, même posthume..

    • France Marcotte - Abonnée 25 février 2021 11 h 42

      À première vue, j'ai cru que le titre de votre commentaire était: «À perfide, perfide et demi», et je me réjouissais d'un sursaut de riposte, même posthume..

    • Patrick Boulanger - Abonné 25 février 2021 11 h 43

      Voilà ce que l'éditorialiste a écrit par rapport à l'histoire de l'armée au Québec : Ce premier ministre a dépêché l’armée au Québec durant la crise d’Octobre sous le prétexte fallacieux d’une insurrection appréhendée.

  • Benoit Simoneau - Abonné 25 février 2021 04 h 34

    Sursaut de dignité

    Il est bon de lire, de temps à autre, ce genre de rappel. Nous avons la mémoire tellement courte.

    • Louise Collette - Abonnée 25 février 2021 08 h 02

      Je dirais même pas de mémoire du tout dans le cas qui nous occupe...On essaie plutôt d'oublier et surtout ne pas trop en parler. Il ne faut surtout pas faire de vagues.
      Comptez sur moi pour ne pas oublier.

    • Hermel Cyr - Abonné 25 février 2021 15 h 18

      Au Québec, la devise devrait être : "Je m"oublie".

      Mais gageons que suite à ces « révélations », son prestige va encore gravir quelques échelons à l’ouest de la rivière des Outaouais et à l’est des Appalaches !

  • Michel Lebel - Abonné 25 février 2021 06 h 58

    Excessif!

    À lire ce texte, Trudeau serait le diable en personne! La charge est excessive. Et comme disait Talleyrand, que Parizeau aimait citer: ''Tout ce qui est excessif est insignifiant''. Passons.

    M.L.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 février 2021 09 h 48

      "Charge excessive!" Franchement!

      Octobre 1970.Promesse bafouée de 1980. L'infâmie de 1982.Avoir fait couler Meech.

      Nous fabriquons nos propres bourreaux.Pis parler de tout cela, c'est excessif! VOus en redemandez?

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 25 février 2021 09 h 57

      En effet, Monsieur Lebel. Point n'est besoin d'en rajouter: la cour est déjà pleine et, des deux côtés, les idées sont déjà faites depuis longtemps à ce sujet.:

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 25 février 2021 10 h 04

      Comme ce commentaire...

    • Cyril Dionne - Abonné 25 février 2021 10 h 20

      L'enfer est sur Terre M. Lebel, pas dans les rêves chimériques et cauchemardesques des amis imaginaires. Sur cela, laissez Talleyrand, le Machiavel français, ruminer en paix dans son enfer personnel qu'il s'est créé, lui qui a coup sur coup, supporté la monarchie des rois français, la Révolution française et la dictature napoléonienne pour garder sa place tout comme pour les fédéralistes francophones de l'époque du Machiavel "canadian", Pierre Eliott Trudeau.

      Les endroits les plus chauds de l’enfer sont toujours consacrés à ceux qui jouent le beau rôle sur la clôture agnostique.

    • Claude Gélinas - Abonné 25 février 2021 12 h 22

      Trudeau fourbe, cynique, hypocritre et sournois ce qui l'empêchait pas d'avoir des qualités intellectuelles comme en avaient avant lui le Prince de Machiavel. Par contre Monsieur Lebel en fier fédéraliste qui souffre d'aveuglement volontaire ne peut reconnaître comme une évidence la détestation du Québec par le PM Trudeau. Pour Monsieur Lebel il faudrait fermer les yeux sur l'emprisonnement des 500 personnes lors des mesures de guerre de même que sur les expropriations à Mirabel sans oublier les coups fourrés du PM.

      Avec le télégramme rendu public c'est la coupe qui fait déborder le vase.

    • Michel Lebel - Abonné 25 février 2021 12 h 29

      @ Claude Gélinas,

      Tout homme ou femme politique fait de bons et moins bons coups. Pierre Trudeau n'échappe pas à la règle. C'est ainsi depuis toujours. Ainsi va la vie, pour les politiques comme pour les communs des mortels.

      M.L.

    • Richard Lupien - Abonné 25 février 2021 13 h 24

      Pour la commun des mortels, cela s'appelle un coup de couteau dans le dos. Comme dans "la nuit des longs couteaux".
      J'en profiterais pour demander à un chansonnier, si cela se trouve encore, de composer une belle parodie sur le sujet.
      Ou à Ward, qui aime, faute d’imagination, s'attaquer et faire souffrir son prochain handicapé, de nous composer la farce du siècle sur Trudeau père. L’humoriste ferait pour une fois œuvre utile.

    • Clermont Domingue - Abonné 25 février 2021 15 h 15

      J'apprécie vos interventions réfléchies et modérées. Dans les commentaires, je vois souvent plus d'émotion que de raison. C'est ce qui faisait dire à mon beau-père:° Je pense qu'on est aussi ben de se laisser runner par les Anglais.»
      Présentement, il y a plus important que les errements de feu Trudeau.

    • Serge Lamarche - Inscrit 25 février 2021 16 h 01

      Je suis avec Michel Lebel là dessus. Trudeau était excellent et bottait le cul des anglais aussi.

    • Jean Lacoursière - Abonné 25 février 2021 16 h 31

      « Tout homme ou femme politique fait de bons et moins bons coups. » (Michel Lebel)

      C'est un peu court, compte tenu de vos jugements partagés depuis belle lurette sur cette tribune.

      Quand il s'agit des moins bons coups de Trudeau ou de Couillard, on leur pardonne en disant « qu'il est en train d'apprendre, de s'ajuster, qu'il faut lui laisser du temps ». On fait le philosophe.

      Quand il s'agit des moins bons coups de Marois ou de Legault, on les dit de peu d'envergure, inaptes à la fonction.