Il était temps!

Au terme d’une longue valse-hésitation, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a finalement entendu l’appel du Québec et de l’Ontario en annonçant le dépistage obligatoire et la mise en quarantaine des voyageurs de retour de l’étranger pour une période de trois jours à l’hôtel, à leurs frais (et 11 jours à la maison). De plus, les transporteurs aériens ont accepté de suspendre les vols vers les destinations soleil jusqu’au 30 avril.

Ces mesures n’arrivent pas trop tôt. Elles donnent l’espoir de contrôler la recrudescence des infections que la Santé publique et le gouvernement Legault anticipent au retour de la semaine de relâche, en mars prochain. Même si les voyages internationaux représentent environ 1,5 % des cas d’infection, ces restrictions étaient souhaitables, ne serait-ce que pour instiller une impression d’équité dans les sacrifices exigés de la population.

Le premier ministre Trudeau s’est défendu d’avoir agi trop lentement, en décochant une flèche à ses vis-à-vis des provinces qui manifestaient leur impatience. « Les gens ne veulent pas voir de chicanes politiques sur le dos de la pandémie », a-t-il dit.

Fort bien. Encore faudrait-il que M. Trudeau lui-même cesse de faire la leçon aux provinces et d’empiéter sur leurs champs de compétence sous le prétexte de l’urgence sanitaire. Encore faudrait-il qu’il se dépêche de livrer les doses de vaccins attendues au lieu de dire aux provinces comment l’administrer.

De son côté, Québec n’aura plus de raison pour ne pas resserrer la surveillance des quarantaines. La Sûreté du Québec peut et doit le faire car, jusqu’à présent, les efforts de la GRC à ce chapitre ont été anémiques.

Enfin, ces mesures seront de faible utilité si les citoyens ne font pas preuve d’un sens de la solidarité plus nécessaire que jamais pour freiner la progression de la COVID-19 et son variant britannique au potentiel explosif. Il n’y aura jamais assez d’agents pour garantir une application parfaite de la Loi sur la mise en quarantaine, et ce ne serait pas souhaitable de poursuivre cet objectif utopique.

Les libertés individuelles priment dans notre société. Elles ne doivent pas être érodées par un glissement encore plus prononcé vers la surveillance des comportements à risque. En revanche, ces droits précieux et fragiles ne nous exemptent pas de nos responsabilités collectives. Alors que les Québécois sont à bout de souffle et qu’ils commencent à banaliser les risques associés à la COVID-19, il ne faudrait pas que les excès de la culture du « je, me, moi » viennent miner davantage les efforts pour aplatir la courbe des infections et déconfiner le Québec pour de bon.



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