François Legault et le mot en «s»

C’est au début de la semaine prochaine que François Legault, flanqué des ministres Nadine Girault, Lionel Carmant et Ian Lafrenière, dévoilera le rapport du Groupe d’action contre le racisme.

En entrevue avec Le Devoir vendredi, François Legault a soutenu que les personnes qui l’accusent d’être raciste parce qu’il ne veut pas accoler à ce terme l’adjectif systémique « vont ravaler leurs paroles » quand ils prendront connaissance de la vingtaine ou trentaine d’actions que le rapport contient. « C’est sans précédent. C’est historique », a lancé le premier ministre. Selon lui, aucun gouvernement québécois n’est allé aussi loin pour lutter contre le racisme.

Pour lui, le terme racisme systémique, « c’est comme une religion, c’est comme s’il y avait un test de sang ». François Legault croit qu’il pourrait y avoir des conséquences légales et juridictionnelles pour le gouvernement de reconnaître cette notion. « Sur nos lois, sur notre façon de traiter la minorité », a-t-il dit. Ça reste vague.

Selon lui, on pourrait taxer la loi 21 sur la laïcité de raciste, tout comme la loi 101 qui vise la protection de la langue française. L’argument selon lequel vouloir assurer la prédominance du français au Québec est discriminatoire envers les minorités anglophones et allophones, parmi lesquelles on compte des personnes dites « racisées », a d’ailleurs commencé à circuler. Évidemment, c’est un peu fort de café.

En fait, c’est plutôt le mot « racisme » dans l’expression qui pose problème. Selon la définition classique, le racisme, peut-on lire dans Le Robert, est « une théorie de la hiérarchie des races, qui conclut à la nécessité de préserver la race dite supérieure de tout croisement, et à son droit de dominer les autres ». Dans cette acception, ni l’État québécois ni même l’État canadien ne font preuve de racisme systémique aujourd’hui. Quelle administration publique au pays ferait la promotion, même indirectement, de ce concept de race supérieure ?

Ce que certains entendent aujourd’hui par racisme systémique découle de la notion de discrimination systémique, qui, elle, est bien définie. Pour eux, est raciste toute discrimination systémique qui touche une personne dite « racisée ».

S’appuyant sur son expérience de ministre l’Éducation et de ministre de la Santé et des Services sociaux, François Legault avance qu’il n’a jamais observé dans ces réseaux, dans ces systèmes, gérés d’en haut, de racisme systémique. À escient ou non, le premier ministre décrit plutôt un racisme qui serait érigé en système, ce qui n’est pas la même chose. Le racisme érigé en système, c’est l’apartheid ou ce sont les réserves autochtones constituées en vertu de la Loi sur les Indiens.

De fait, l’État québécois reconnaît depuis longtemps la notion de discrimination systémique. Promulguée en 1996, la Loi sur l’équité salariale édicte qu’elle « a pour objectif de corriger les écarts salariaux dus à la discrimination systémique ».

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse reprend la définition des tribunaux voulant que la discrimination systémique soit « la somme d’effets d’exclusion disproportionnés qui résultent de l’effet conjugué d’attitudes empreintes de préjugés et de stéréotypes, souvent inconscients, et de politiques et de pratiques généralement adoptées sans tenir compte des caractéristiques des membres de groupes visés par l’interdiction de la discrimination ». Contenue dans la Charte des droits et libertés de la personne, cette interdiction englobe la race et la couleur, mais aussi, le sexe, l’identité ou l’expression de genre, la religion, la langue, l’origine ethnique ou nationale, le handicap et même la condition sociale.

On peut s’attendre à ce que les actions dévoilées la semaine prochaine visent en premier lieu l’administration publique et les sociétés d’État. Il ne serait pas surprenant d’y voir des mesures de discrimination positive en faveur des minorités visibles. L’État québécois, comme employeur, n’est pas exemplaire, lui qui doit pourtant respecter la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans des organismes publics, adoptée il y a 20 ans. Depuis dix ans, aucune des cibles portant sur l’embauche d’Autochtones et de personnes issues de minorités n’a été atteinte.

De même, le gouvernement Legault s’est engagé à mettre en œuvre les recommandations de la Commission d’enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics. Dans son rapport, l’ancien juge Jacques Viens n’utilise pas le terme racisme systémique, mais bien celui de discrimination systémique. Décidément, François Legault a tort d’éviter le mot en « s ». Ce grand lecteur ne devrait pas hésiter à enrichir son vocabulaire ne serait-ce que d’une seule épithète.

73 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 12 décembre 2020 04 h 11

    Nécessaires arcs-boutants

    Appeler en renfort d'une vision sociétale la charte des droits et libertés ou bien la Commission des droits de la personne revient à invoquer des divinités sur lesquelles le soleil a passé son zénith. Selon Samuel de Champlain, fondateur de la Nouvelle-France et donc du Québec d’aujourd’hui, « les États reposent solidement sur quatre arcs-boutants : la force, la justice, la marchandise et le labourage. » (Marins bâtisseurs d’Empires)

    Quatre siècles plus tard s'agitent des sectes prosternées devant des commissions ou des chartes, créations humaines récentes qui sacralisent les droits individuels aux dépens des droits collectifs. Ces documents – dont la conception ne fut d'ailleurs pas sans arrière-pensées – minent les quatre arcs-boutants dont parlait Samuel de Champlain, socles millénaires des États. Elles conduiront à l’effondrement, voire à des conflits civils, les peuples qui en sont affligés en l’absence d’autres Chartes analogues mais concurrentes, ces dernières vouées aux devoirs et obligations de la vie en société.

    Les chartes, tout comme les dieux, sont œuvres humaines, donc mortelles. À l’instar des Dieux, elles sont nées, elles vivent et elles mourront. Entre leur naissance et leur mort, les dévots se précipitent. Rien n'est durable sous le soleil, sauf la bêtise.

    • Nadia Alexan - Abonnée 12 décembre 2020 10 h 50

      Je pense que les tenants du «racisme systémique» ont perdu la tête. Ce matin, j'entends à la chaine de Radio-Canada que le Directeur de l’université d'Ottawa, monsieur Frémont, n'a jamais rencontré madame Duval, pour avoir sa version des choses ou pour lui faire des excuses. Pire encore il a installé un comité contre le racisme, une police de la pensée qui terrorise les professeurs et installe la censure.
      La même chose s'est produite avec un professeur de McGill parce que les étudiants n'aiment pas ce qu'il a écrit.
      Nous sommes dans une ère d'inquisition impensable. Les tenants du racisme systémique se comportent avec un sens d'infaillibilité comme le Pape. Ils ont un sens de «selfrighteousness» dont ils pensent que tout leur est permis. C'est honteux.

    • Léonce Naud - Abonné 12 décembre 2020 14 h 00

      Chère madame Alexan: Il est dans la nature des moutons d'êtres tondus.

  • André Chevalier - Abonné 12 décembre 2020 05 h 22

    Discrimination systémique

    « Depuis dix ans, aucune des cibles portant sur l’embauche d’Autochtones et de personnes issues de minorités n’a été atteinte.»

    Est-ce vraiment parce qu'il y a dicrinination ou racisme?

    Est-ce que le taux d'embauche d'autochtones et de personnes issues des minorités est proportionnel au taux des candidatures de ces groupes pour ces emplois? Si la réponse est oui, il n'y a pas de discrimination.

    Ça ne veut pas dire que la sous-représentation de ces groupes dans les services publiques ne pose pas de problèmes et qu'on ne doive pas faire d'effort pour combler ce manque. À cet égard, les autorités devraient faire de vasstes campagnes de solicitations pour inviter les membres de ces minorités à faire application à ces postes.

    • Robert Bernier - Abonné 12 décembre 2020 09 h 17

      J'allais faire très exactement le même commentaire. Pour parler de discrimination systémique, il faudrait faire cette recherche et présenter ces chiffres qui manquent. Les populations autochtones et les minorités visibles se présentent-elles au portillon dans la même proportion que leur part démographique? Font-elles la démarche de se présenter aux concours pour les postes dans la fonction publique? Si oui, sont-elles acceptées, à compétence égale, dans la même proportion que pour les autres québécois? C'est ça qui manque à cette discussion. Je comprends cependant que, pour les populations autochtones, la chose est rendue plus difficile du fait qu'elles sont "parkées" dans les réserves fédérales.

      Vous écrivez: "À cet égard, les autorités devraient faire de vasstes campagnes de solicitations pour inviter les membres de ces minorités à faire application à ces postes." J'ai rappelé à quelques reprises, dans ces commentaires électroniques, que cet effort a été fait à différents moments, notamment sous Gérald Godin, mais apparemment sans grand succès.

      Hypothèse. Ces minorités visibles seraient-elles prisonnières du regard de convoitise jeté sur elles par nos anglo-canadiens de Montréal qui, depuis des décennies, font allègrement dans le "Quebec bashing" ?

    • Dominique Boucher - Abonné 12 décembre 2020 12 h 14

      «Est-ce que le taux d'embauche d'autochtones et de personnes issues des minorités est proportionnel au taux des candidatures de ces groupes pour ces emplois? Si la réponse est oui, il n'y a pas de discrimination.»

      Oui, et peut-être autre chose de plus profond encore. Voir «The Bias Fallacy — It’s the achievement gap, not systemic racism, that explains demographic disparities in education and employment».

      https://www.city-journal.org/achievement-gap-explains-demographic-disparities

      Sur le même sujet, dans la même revue (mais qui porte plus précisément sur une minorité), «The Bias Narrative v. the Development Narrative — On different views of African-American disadvantage» par Glenn C. Loury, professeur de la chaire Merton P. Stoltz en sciences sociales et en économie à lʼuniversité Brown (et Afro-américain).

      Il y est question de conditions sociales, dʼélèves défavorisés, d'éducation spécialisée, de problèmes de comportement en classe, de ressources disponibles à la maison, de désavantage économique, dʼinsécurité alimentaire. Cʼest à ça quʼil faut essayer de sʼattaquer plutôt que dʼinstaurer des quotas dʼembauche complètement déconnectés de la réalité sociale.

      https://www.city-journal.org/bias-narrative-v-development-narrative

      Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Christian Roy - Abonné 12 décembre 2020 13 h 54

      @ M. Gélineau,

      Vous écrivez: "Il y est question de conditions sociales, dʼélèves défavorisés, d'éducation spécialisée, de problèmes de comportement en classe, de ressources disponibles à la maison, de désavantage économique, dʼinsécurité alimentaire. Cʼest à ça quʼil faut essayer de sʼattaquer plutôt que dʼinstaurer des quotas dʼembauche complètement déconnectés de la réalité sociale."

      - Quel est ;e problème de s'occuper des deux en même temps ?
      - Instaurer des quotas d'embauche ne peut-il pas se faire tout en restant connectés à la réalité sociale ?

    • Cyril Dionne - Abonné 12 décembre 2020 22 h 05

      Cher M. Christian « King »,

      Bon, cela fait plus de plus que 150 ans que les orangistes ont « parké » les autochtones sur des réserves, vous savez, ces prisons à ciel ouvert en respectant à la lettre, la Loi sur les Indiens. Cela fait plus de 50 ans qu’on s’attaque aux conditions sociales des autochtones en y « garrochant » des milliards et rien ne change vraiment. Rien.

      Pour s’instruire et s’éduquer aux connaissances et compétences des soi-disant « blancs », il faut le vouloir et faire les sacrifices nécessaires comme tout le monde. Personne ne peut le faire pour eux. J’ai enseigné à des enfants autochtones des réserves et ils étaient aussi intelligents que n’importe qui. Ceci dit, là où ça bloquait, c’était au niveau culturel. En science, ils étaient très réticents à apprendre de nouvelles notions; ils aimaient mieux se baser sur leurs compétences ancestrales qui ne dépassent pas malheureusement l’âge de bronze.

      Pourquoi pensez-vous qu’ils ont des problèmes à recruter des policiers autochtones? La grande majorité n’ont même pas leur secondaire ou maîtrisé la matière à un niveau acceptable même s’ils ont le morceau de papier. Au Québec, vous décrochez votre diplôme du secondaire à la fin de votre secondaire 5 (11e année au Canada). Misère.

      Bon, vous voulez mettre des quotas d’embauche maintenant? Pour quels emplois et pour faire quoi? En utilisant la discrimination positive même si le candidat n’a pas les compétences requises pour l’emploi? Donc, on punit les autres qui sont compétents mais n’ont pas la bonne couleur d’épiderme ou bien la bonne ethnie parce qu’ils sont des soi-disant privilégiés blancs. La discrimination positive demeure toujours de la discrimination.

      Tout cela pour dire que le racisme systémique est un mythe au Québec et c’est l’éléphant blanc chéri des « wokes », de Québec solidaire, de ceux qui se disent « racisés », des bien-pensants et donneurs de leçons de toutes sortes qui sont les élus autoproclamés d’une vérité clair-obscur.

    • Dominique Boucher - Abonné 13 décembre 2020 07 h 40

      @ Monsieur Christian Roy

      Instaurer des quotas dʼembauche, cʼest nécessairement discriminer sur des critères qui ne sont pas des aptitudes ou des compétences reliées directement à lʼemploi (ou aux préalables exigés dans le cas des études supérieures). Cʼest commettre une injustice: «VOUS nʼavez pas été embauché parce que la sélection nʼa pas été faite à lʼaveugle et quʼon a donné la préférence à un autre candidat (de valeur égale ou légèrement moindre) sur la base de son ethnie, son sexe, la couleur de sa peau, etc.»

      La recherche dʼ«égalité» doit plutôt se faire par un travail en amont, en corrigeant, à lʼintérieur de certaines limites, évidemment (il y a certaines limites individuelles qui resteront toujours — ça peut même (phénomène purement statistique) se refléter sur tout un groupe), les inégalités au sein de la famille et de son environnement immédiat (école, culture (au sens large), mode de vie, etc).

      Et dans certains domaines, la vérité est quʼil nʼy a pas assez de candidats «minoritaires» qualifiés pour atteindre les «cibles dʼembauche» tant recherchées, souvent en raison dʼune question de culture (un banal manque dʼintérêt, entre autres). Par exemple, est-ce tous les corps de métier devraient être légalement tenus de compter, disons, 40% de femmes dans leurs effectifs? 40% des pompiers? des astrophysicien? des travailleurs des mines? des ingénieurs aéronautiques? des travailleurs de la construction? des neurochirurgiens? des plombiers? des mathématiciens? des électriciens? Il y a des métiers «traditionnellement» masculins qui ont cessé de lʼêtre quand on a permis aux femmes dʼy accéder. (Les femmes forment 50,1% des médecins et 50,4 des avocats au Québec,) Là où ça ne se produit pas, il faut faire attention avant de conclure que cʼest nécessairement à cause de la discrimination, en particulier «systémique».

      Jean-Marc Gélineau, Montréall

    • Céline Delorme - Abonnée 13 décembre 2020 09 h 36

      CItation de l'article:
      "L’État québécois, comme employeur, n’est pas exemplaire, lui qui doit pourtant respecter la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans des organismes publics"
      J'ai eu l'expérience d'obtenir un poste de professionnelle à la fonction publique, il y a quelques années. IL n'y avait pas d'autre candidat de la même profession (rare) à ce poste. Le directeur m'a expliqué que, comme Blanche, je devais attendre 6 mois pour obtenir un poste permanent. Selon la loi, il devait attendre de voir si un candidat "racisé" se présentait dans les 6 mois suivants, et lui donner le poste, si c'était le cas.
      Donc, l'Etat québécois prend les moyens d'appliquer sa discrimination postitive, mais comme il n'y a pas assez de candidats, il ne résussit pas à obtenir les résultats demandés. Ce serait la nouvelle définition du racisme: ne pas réussir à ce que toutes les catégories de personnes soient exactement le même pourcentage que la population? Pourtant, sur les bancs d'université en génie et en médecine, il y a beacoup plus de jeunes d'origine asiatique que des autres communautés, devrait-on les limiter pour refléter un pourcentage exact? (Je ne suis pas sérieuse, c'est de l'ironie)

    • Dominique Boucher - Abonné 13 décembre 2020 11 h 46

      @ Madame Céline Delorme

      «Pourtant, sur les bancs d'université en génie et en médecine, il y a beacoup plus de jeunes d'origine asiatique que des autres communautés, devrait-on les limiter pour refléter un pourcentage exact? (Je ne suis pas sérieuse, c'est de l'ironie).»

      Ah, cʼest que vous pourriez être sérieuse! Quʼest-ce ce quʼon fait, dans les universités américaines, quand il nʼy a pas assez de dʼétudiants noirs et latinos dans certains départements? On invente une patente appelée «personal rating», basée sur une série de «critères» non-académiques, dont on doit tenir compte lors de lʼadmission dʼun étudiant. Résultat? On en arrive à discriminer contre des étudiants asiatiques (dʼExtrême-Orient), trouvés, en un mot, pas assez «friendly»... Un groupe a dʼailleurs intenté une poursuite contre lʼuniversité Harvard pour discrimination. Ils se sont évidemment fait accuser dʼêtre «de droite»... Ils ont perdu en cour fédérale (la juge, Allison Burroughs, avait été nommée par Obama). Et comme écrivait un chroniqueur du Boston Herald, dire quʼil y en a qui «are celebrating the [...] ruling of a liberal District Court judge who upheld Harvard’s anti-Asian quota system in defense of the premise that racism, when practiced by progressives, is a good thing.»

      https://time.com/5546463/harvard-admissions-trial-asian-american-students/

      Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Christian Roy - Abonné 13 décembre 2020 14 h 36

      @ M. Gélineau,

      J'apprécie la qualité de vos réponses. Je conviens que les quotas à l'embauche ont leurs inconvénients. Ils ne sont pas une panacée.

      Je me pose la question suivante: Ces quotas pourraient-ils avoir un effet sur la motivation des individus faisant partie de groupes désavantagés structurellement ? L'expérience américaine ne compte-t-elle que des injustices défavorisant certains individus ? Y trouve-t-on des bénéfices pour d'autres ? Certaines "Succes Story", disons ?

      Peut-on imaginer des procédures qui pourraient balancer à la fois les avantages et les inconvénients ?

  • Carlo Boncy - Abonné 12 décembre 2020 06 h 38

    Notre système cérébral

    Quand le système cérébral engendre, suivant un processus fixé, mécanique, un comportement X, on dira que le comportement est systémique. Mais quand celui-ci est la dérivé d'une décision consciente, délibérée, que le raisonnement soit bon ou mauvais, il est plutôt réfléchi. (Dans le système cérébral, si émotion, il y a, elle pertube fort souvent).

    • Carlo Boncy - Abonné 12 décembre 2020 08 h 51

      Le dérivé

    • Claude Bernard - Abonné 13 décembre 2020 08 h 47

      M Boncy
      Votre énoncé, clair et court, est un baume pour l'esprit ouvert qui cherche en vain l'objectivbité dans les commentaires qui nous entourent.
      N'est-ce point le cas du profilage «systémique» des gens selon la couleur de leur peau, qui, en effet, se pratique sans réfléchir par une sorte d'atavisme culturel chez certains corps policiers?

    • Gilbert Turp - Abonné 13 décembre 2020 10 h 46

      Le cerveau n'est plus guère pensé aujourd'hui comme un système, mais plutôt comme un organisme, vivant donc, et dont la plasticité neuronale se modifie suivant notre histoire. Cette plasticité est admise par la communauté neuro-scientifique.
      Bref, rien n'est fixé ou mécanique dans le cerveau, encore moins dans l'esprit.
      On sait que le cerveau réagit au ressenti autant qu'à la raison, il auto-réalise ses représentations, ses conceptions.
      Si je rêve, par exemple, que je suis en train de m'envoler, mon cerveau s'envole pour vrai, même si moi je dors.
      Autrement dit, ce que je conçois devient réel dans mon espriti.
      Mais il est bon de se rappeller que notre conception du monde réel n'est que ça, notre conception.

    • Marc Therrien - Abonné 13 décembre 2020 13 h 33

      M. Turp,

      Il aurait été plus exact et précis que M. Boncy parle du système nerveux central. Le cerveau, comme organe ou organisme si vous voulez, est la centrale qui supervise ce système et est notamment le centre de la pensée consciente. L’influence du « systémisme » vient, entre autres, des travaux de Humberto Maturana et Francisco Varela sur l’autopoïèse dont Francisco Varela propose la définition suivante dans son livre "Autonomie et connaissance" :

      « Un système autopoïétique est organisé comme un réseau de processus de production de composants qui (a) régénèrent continuellement par leurs transformations et leurs interactions le réseau qui les a produits, et qui (b) constituent le système en tant qu’unité concrète dans l’espace où il existe, en spécifiant le domaine topologique où il se réalise comme réseau. Il s’ensuit qu’une machine autopoïétique engendre et spécifie continuellement sa propre organisation. Elle accomplit ce processus incessant de remplacement de ses composants, parce qu’elle est continuellement soumise à des perturbations externes, et constamment forcée de compenser ces perturbations. Ainsi, une machine autopoïétique est un système à relations stables dont l’invariant fondamental est sa propre organisation (le réseau de relations qui la définit) »

      Marc Therrien

  • Raynald Rouette - Abonné 12 décembre 2020 07 h 52

    Avant tout, la loi sur les indiens est de juridiction fédérale


    À lui de donner l"exemple, on ne construit pas une maison en commençant par le toiture. Cela prend des fondations solides.

    Le Devoir et autres médias fédéralistes omettent systématiquement ce fait historique, cette réalité, cette vérité envers Ottawa. Rare, sinon inexistantes les vraies critiques envers Ottawa. Pourquoi détourner le regard et les projecteurs. Pourquoi faire diversion dans ce cas tout particulièrement?

    Ensuite les provinces, sans exception, pourront travailler à améliorer le sort des autochtones du Canada tout entier qui vivent dans un état de tiers-monde depuis au moins l'établissement des réserves.

    Nous avons eu un bon exemple cette semaine du fait qu'Ottawa veut encore se laver les mains avec les besoins de financement des soins de la santé des provinces. Il agit de la même façon pour les autochtones, la loi sur les indiens et leurs réserves. Il y a une différence à ce que peuvent faire vraiment les provinces et Ottawa. Il faut refaire les fondations. Il faut en finir avec les silences et l'hypocrisie de part et d'autres...

    • Jacques Bordeleau - Abonné 12 décembre 2020 12 h 11

      Et que dire de la décision du fédéral de renoncer à sa promesse relative à l'eau potable dans plusieurs milieux de vie autochtone, tout juste après avoir sorti des centaines de milliards de son chapeau ?

      Jaques Bordeleau

    • André Labelle - Abonné 12 décembre 2020 12 h 57

      Si je continuais votre pensée, je pourrais affirmer que dans beaucoup de cas, le fédéral est un problème plutôt qu'une solution. La loi fédérale sur les Indiens engendre certainement un racisme et il pourrait bien être systémique.
      Mais à part ce fait, personne ne nous a présenté des exemples concrets de racisme systémique dans la société québécoise. Certains ont décidé d'utiliser ce terme, affirmant qu'il existe par le seul fait qu'ils en parlent. Mais jamais aucun exemple concret ne vient étayer cette notion hypothétique, à part la loi fédérale sur les Indiens.
      Le petit catéchisme nous embrigadait ( je trahis mon âge ) en nous faisant croire que « Dieu est partout !» Bonnet blanc, blanc bonnet !

    • Christian Roy - Abonné 12 décembre 2020 14 h 03

      @ M. Labelle,

      Vous écrivez: "Mais à part ce fait, personne ne nous a présenté des exemples concrets de racisme systémique dans la société québécoise."

      M. Robert Bernier dans un commentaire ci-haut écrit ceci: "Hypothèse. Ces minorités visibles seraient-elles prisonnières du regard de convoitise jeté sur elles par nos anglo-canadiens de Montréal qui, depuis des décennies, font allègrement dans le "Quebec bashing" ?"

      M. Bernier fait une hypothèse. Je ne sais si elle s'appuie sur des faits mais elle a les caractéristiques d'identifier une des formes du racisme systémique.

  • François Poitras - Abonné 12 décembre 2020 07 h 58

    Les réserves autochtones constituées en vertu de la Loi sur les Indiens sont de l'ordre du communautarisme d’État, une forme appliquée du multiculturalisme anglo-saxon. Alors que des centaines d'articles condamnent le non-usage d'une locution bancale par le Premier ministre, le communautarisme d’État ou néo-colonialisme canadien est ignoré.