Les poches sans fond d’Ottawa

Faute de présenter un budget en bonne et due forme, ce qui n’a pas été fait depuis l’hiver 2019, c’est à une mise à jour contenant encore quelques dizaines de milliards de nouvelles dépenses que la ministre fédérale des Finances, Christia Freeland, a convié les Canadiens cette semaine.

La première question à laquelle les observateurs s’attendaient à une réponse claire était évidemment celle du déficit qu’on évaluait à 343 milliards de dollars en juillet dernier. Si l’on se fie à Mme Freeland, il sera plutôt de 382 milliards… ou de 389 milliards, ou même de 400 milliards, selon l’évolution de la pandémie. Rappelons-nous que le déficit prévu avant la pandémie par le même gouvernement était de 20 milliards.

La seconde question souvent posée consistait à savoir si la mise à jour s’accompagnerait de balises pour revenir à l’équilibre budgétaire un jour. Or, si la ministre reconnaît maintenant la nécessité de « garde-fous », elle se contente de présenter des prévisions sur cinq ans aux contours encore plus flous que celles de la présente année.

On comprend que personne ne puisse faire de prévisions dans les conditions actuelles. De là à ne fixer aucune limite à la capacité de dépenser de l’État fédéral, voilà qui frise l’inconscience, l’insouciance, ou qui relève platement du calcul politique. Avec une dette publique qui sera passée de 31 % à 51 % du PIB en une seule année, que restera-t-il de la capacité d’intervention d’Ottawa advenant une autre récession dans trois ou cinq ans ?

  

À cause de la fermeture de secteurs entiers de l’économie dès le début de la pandémie, Ottawa devait faire ce qu’il a fait dans un premier temps. Tout comme il doit maintenant prendre l’initiative d’un plan de relance structurelle costaud. Le gouvernement Trudeau a d’ailleurs déjà prévu entre 70 et 100 milliards de dollars à cette fin, sans fournir les détails qui devraient venir avec le budget du printemps. Quelques semaines avant les élections.

Mais était-il donc nécessaire de profiter de la mise à jour d’automne pour annoncer plusieurs nouvelles mesures qui n’ont plus rien à voir avec la pandémie ?

On en parle encore peu, mais la perspective d’élections explique certainement quelques-unes de ces mesures. On pense à la bonification ponctuelle de 1200 $ (non imposables) de la prestation pour enfants de moins de six ans. Ou encore à la déduction de 400 $ sans formalités pour le télétravail et à la subvention pouvant atteindre 5000 $ pour des rénovations écoénergétiques. Autant de cadeaux inscrits dans ce minibudget de 275 pages plus détaillé qu’un vrai.

En fait, nous avons eu droit cette semaine au premier de deux budgets que ce gouvernement a choisi de présenter avant les élections. La pandémie a le dos large et Ottawa, les poches bien profondes.

  

Malheureusement, il y a aussi des absents dans cette mise à jour. Ainsi, il n’y a rien pour l’industrie aérospatiale, l’essentiel de l’aide annoncée étant réservé aux aéroports. Pour le tourisme et l’hôtellerie, on propose des garanties de prêts, mais qui peut encore s’endetter quand tout est fermé depuis si longtemps ?

Quant aux provinces, Ottawa leur a versé 24 milliards au cours des derniers mois, mais il n’est toujours pas question de hausse récurrente des transferts en santé pour affronter les coûts du vieillissement. Ce qui n’empêche pas le même gouvernement de faire preuve de paternalisme en menaçant d’imposer des normes nationales pour la gestion des centres de soins de longue durée, un secteur éprouvé par la pandémie, il est vrai, mais pour lequel il n’a aucune compétence.

Malgré des déficits records associés à l’ajout de dizaines de programmes très coûteux, le gouvernement Trudeau n’a rien prévu pour assumer sa juste part des coûts de la santé au pays ; rien non plus pour concrétiser sa promesse de créer un régime d’assurance médicaments. Quant au futur réseau de garderies, on n’a inscrit qu’une vingtaine de millions pour l’ouverture d’un « secrétariat fédéral » dont on se demande à quoi il servira sinon à rédiger d’autres normes nationales et à promouvoir la popularité du premier ministre dans les provinces où les frais de garde sont astronomiques.

Grâce à la rapidité d’exécution et à l’ampleur exceptionnelle des mesures d’aide mises en place au cours de cette pandémie, les libéraux ont réussi à maintenir une avance confortable sur leurs adversaires dans les sondages. Ils auraient cependant tort de croire que les Canadiens et les Québécois ont une confiance illimitée dans la capacité de leurs élus à toujours prendre les bonnes décisions. Ce qui semblait la seule chose à faire il y a quelques mois pourrait ne plus l’être le printemps prochain.

18 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 2 décembre 2020 01 h 13

    Inconscience?

    «De là à ne fixer aucune limite à la capacité de dépenser de l’État fédéral, voilà qui frise l’inconscience, l’insouciance, ou qui relève platement du calcul politique»

    Cet énoncé a bien des défauts, dont quelques-uns mentionnés par l'éditorialiste, mais pas celui de fixer des limites dans un contexte où on ne connaît pas encore les limites des besoins. Il est d'ailleurs étonnant de lire l'édtorialialiste reprocher ensuite au gouvernement de ne pas assez dépenser (industrie aérospatiale, tourisme, coûts de la santé, etc.). Cela viendra peut-être, mais, chose certaine, ne pourra venir que parce que le gouvernement n'a pas décrété trop tôt les limites que l'éditorialiste voudrait voir imposer!

    • Cyril Dionne - Abonné 2 décembre 2020 09 h 00

      Je suis toujours émerveillé par la gauche au sujet de l’économie parce qu’ils semblent vivre dans une faille spatio-temporelle. Bien oui, imprimer de l’argent et créer une supposée richesse venant du vide est la recette à suivre. Pour juste cette année et à l’heure de ce commentaire, nous nous sommes endettés plus de 50 000$ pour une famille de 5 personnes. C’est le montant de dettes qui s’accumulent et que les générations benjamines et celles qui ne sont pas encore nées devront payer. Lorsque vous perdez votre souveraineté économique, eh bien, vous perdez tout.

      On se base encore sur le ratio dette/PIB qui est faussé puisqu’on n’ajoute pas les dettes engrangées par les provinces et les municipalités. Cela fait longtemps qu’on a dépassé le cap des 100% dans ce domaine. Nous sommes plutôt à 115% et ça continue.

      On se base aussi sur des taux d’intérêt absolument ridiculement bas. Lorsque l’inflation se pointera le nez, et elle s’en vient à grand pas, le gouvernement fédéral ne pourra plus assumer les intérêts de sa dette sans augmenter les impôts et couper dans les services. C’est impossible. Un taux d’intérêt à seulement 5% représente plus de 80 milliards d’une dette 1 600 milliards (2023) pour le fédéral. 10%, 160 milliards. On se rappelle d’un temps en octobre 1981 où les taux d’intérêts pour une hypothèque s’élevaient à plus de 18,5%.

      Alors, on peut se demander de quelle relance économique parle-t-on. Elle sera impossible à soutenir lorsqu’on devra s’acquitter des dettes fédérales. Impossible en devenue français ou québécois.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 décembre 2020 10 h 27

      M. Jodoin,

      ce que M. Sansfaçon dit, c'est que le gouvernement dépense mal. Je dirais que le profil suivi par l'équipe Libérale suit des contours électioraux, et je ne reprocherais à cet éditorial que de ne pas assez insister sur ce point.

      Les Libéraux se foutent autant de l'économie générale que de celle des particuliers. Lancent des millions sans savoir seulement ce qu'ils atteindront tant pour l'économie que pour le retour qui normalement devrait suivre vers les caisses de l'État, si le sens commun prévalait ne serait-ce que l'espace d'un instant chez eux.

      L'un des pricinpes de Keynes, à la base du New Deal de Roosevelt, est que l'État pousse sur l'économie quand ça va mal, et encaise quand ça va mieux... mais l'État doit pousser sur les bons leviers.
      Or, rien n'est fait pour aider l'industrie, la vraie.
      À croire que Trudeau a décidé que dès la reprise le coût du pétrole va monter si haut que tous ses problèmes vont se régler.
      Alors il se consacre entièrement à se faire élire majoritairement.

      Tenant compte de la réalité des 50 dernières années, quand l'économie pétrolière va bien, celle du Québec croule et le Québec se retrouve en position de dépendance, en plein comme l'aime le "digne" Trudeau.
      Il ne comptabilise que des votes.

      J'aimerais bien maintenant que vous expliquiez quelles "limites [...] l'éditorialiste voudrait voir imposer", Vraiment! Surtout ce point d'exclamation à la fin, comme un défi.
      Si vous croyez que la capacité de dépenser d'un gouvernement est sans limite, dites-le, qu'on rie un bon coup.
      Dites que l'industrie n'est qu'un ramassis de profiteurs, je me roule déjà à terre.
      Nommez votre "sans limite" quoi.

      Dites que le gouvernement a vraiment tenu compte des besoins des gens en pitchant l'argent à tout vent sans la moindre vérification.
      Il est évident il s'en fout. Plus tard il va couper, toujours sans connaître le moindre besoin à la base.

      Mais il sera élu.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 décembre 2020 12 h 24

      M. Dionne, vous parlez comme si la dette devait être remise d'un coup dès demain.

      En effet, M Jodoin y va large avec les dépenses. Mais vous y allez étroit en ta!

      La dette d'un état n'est pas la dette d'une personne, apprenez-le, il serait temps!
      Des millions de compagnies fonctionnent sur une dette perpétuelle pour s'assurer d'avoir un flot d'argent suffisant. Ce n'est même pas considéré comme une dette mais comme une façon d'élargir la capitalisation : les immobilisations et leur dévalorisation s'en trouvent libérées, par exemple.

      Quant à votre inflation, vous tripez fort! Elle n'est pas là, elle ne sera pas là demain, et pas plus après-demain. L'inflation n'est pas le Grand Mal inventé par les obsédés du libéralisme pour vendre leur salade vieille de 200 ans. Débarquez un peu!

      Si vous tenez tant à trouver des trucs anormaux , regardez le profit de la BMO ce trimestre, et demandez-vous comment un service essentiel, parce que en effet les banques donnent un service essentiel, peut engranger autant sur le dos de tous y compris les plus démunis : c'est à coup de millions de transactions trop tarifées que la BMO est riche, bien plus que parce qu'elle prête de grosses sommes.
      Ce serait idiot de le lui reprocher. Elle ne fait que fonctionner normalement dans un monde qui refuse de penser collectivement, sauf quand vient le tenmps de faire payer ceux qui ne peuvent pas se défendre.
      Je ne suis certainement pas de ceux qui croient à une nationalisation de quelque banque que ce soit. Je ne suis pas con à ce point, y a des limites.

      Regardez du côté des des idiots de droite qui mettent la liberté de leur portefeuille au-dessus de tout. C'est eux qui ont causé le plus de mal à notre économie depuis 50 ans, et de très loin. Deux crises financières, sans parler du reste.
      Ça ne rend pas les marxistes plus brillants, d'accord, Mais faut prendre sa pilule quand on la mérite.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 décembre 2020 15 h 56

      Cher M. Trottier, une dette est une dette est une dette. Vous ne pouvez pas faire apparaître par magie des milliards de dollars comme Québec solidaire, sinon, ne pensez-vous pas que les pays du tiers monde y auraient pensé et fait de même il y a longtemps? La capitalisation et les immobilisations reposent sur le territoire (pays) et les richesses naturelles qui y décèlent. Enlevez le pétrole et le gaz naturel au Canada, il ne reste plus grand-chose à part des mines. Les compagnies fonctionnent sur une dette perpétuelle puisqu'elles vous repassent les coûts engendrés. Le prix à la pompe augmente, devinez qui va payer? Je ne crois pas que les multinationales ont une âme et sont encore moins une personne. Les banques font parties de celles-là et ne vont pas l’hôpital pour se faire soigner.

      Pour ce qui est de l'inflation, continuez à mettre la tête dans le sable. L'inflation est la dérivée naturelle lorsque les dettes dépassent largement les avoirs. Et tout ce descend, eh bien, monte aussi. Il y aura une crise lorsque nous sortirons de cette pandémie puisque l'argent qui a été distribué était virtuel et n'existait pas. Les gens des autres pays voudront être payé comptant selon la valeur du dollar américain. Nous sommes dans l’œil de l’ouragan économique et lorsque nous en sortirons, on verra toute son ampleur. Attachez votre tuque avec de la broche.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 décembre 2020 18 h 05

      M. Dionne,

      je sais pertinemment que la dette actuelle du gouvernement fédéral est exagérée mais la réalité est qu'une dette n'est qu'une dette.

      La valeur du pays dépasse de loin ladite dette, même si celle-ci en effet est beaucopu trop grosse.
      Ne vous servez pas de l'exemple de Trudeau pour déconner plein tube.

      Les pays du tiers monde y ont pensé, et onrt une dette.
      S'ils ne remboursent pas, c'est parce que leur système politique est corrompu à l'os dans la plupart des cas.
      L'l'argent se perd longtemps avant d'arriver aux coffres. Ne dites pas n'importe quoi.

      Ma tête est bien sortie du sable. Votre piège à cons de l'inflation ne fonctionne pas.

      Ce n'est pas la dette nationale qui pourra créer de l'inflation, et la maudite panacée de Reagan, qui consistait à augmenter les taux pour vaincre l'inflation, a surtout prouvé sa niaiserie profonde. C'est sa politique de dérèglementation qui y a mené parce qu'elle a causé un déséquilibre complet. Du coup les salaires ont cessé d'augmenter, sinon fondu. C'est suite à ça que des milliers d'américains sont obligés de cumuler 2, voire 3 jobs pour nourrir leurs enfants. Alors bravo!
      Il n'a pas "soigné" l'inflation, il l'a réservée aux financiers. À preuve, la crise de 2008. Bin quin!
      Pour couper l'inflation il aurait fallu aussi couper la liberté du marché. Tant mieux s'il ne l'a pas fait mais tant pis s'il n'est pas intervenu correctement, i.e. avec doigté.

      Essayez de me faire croire que la prochaine crise sera dûe à autre chose que la spéculation, pour voir. Allô!

      Que Trudeau soit un pur imbécile en économie, aucun doute. Mais vos prophéties de malheur relèvent des inventions des think tanks de Chicago et de leurs superstitions.
      En passant, l'argent est totalement virtuel depuis très, très longtemps, en fait depuis que Nixon a décidé d'en libérer le cours, sous l'influence des mêmes qui ont hurlé ensuite contre l'inflation.
      Allumez!

    • Cyril Dionne - Abonné 2 décembre 2020 19 h 11

      Encore une fois M. Trottier, lorsque vous dépensez de l'argent que vous n'aviez pas et qu'en plus, vous l'avez emprunté, vous êtes plus pauvre qu'hier. L'inflation n'est que la résultante de la dévaluation de la monnaie lorsqu'on augmente le nombre dollar en circulation. La crise de 2008 a été causée par un système de dérivés dans un schème de pyramide à la Ponzi. C'était le truc des chaises musicales et celui qui n'avait plus de chaise à la fin, payait la note. C'est pour cela que Lehman Brothers a disparu de la carte.

      Lâchez-nous SVP avec les « think tanks » de Chicago qui carburent au libertarisme. Les crise économiques ne sont pas causées par les marchés libres qui allouent le mieux les ressources dans une économie avec une intervention gouvernementale minimale, mais bien lorsqu’on vole littéralement l’argent à cause de la dérégulation des marchés sans garde-fou comme l’avait fait un certain Bill Clinton à la fin des années 90.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 décembre 2020 20 h 16

      M. Dionne!

      Crise de 20008 et Ponzi? Vous délirez ou vous mentez?

      Acceptation de crédit sans preuve, basée sur mauvaise évaluation de l'augmentation des revenus des possédants. C'est ÇA, la raison immédiate : la dérèglementation, De Nixon à Bush en droite ligne, par toutes les administrations.
      Et mettez donc Ponzi où vous pensez. Franchement!

      Tout notre système financier actuel, celui que Trump votre bien-aimé chérit tant, est basé sur la fausse représentation et le crédit bousoufflé. Le crédit, celui des particuliers, ben... c'est des dettes. Des dettes qui sont des dettes.

      Je n'ai jamais été partisan de Clinton. Mais Bush a réussi à faire bien pire encore en libérant complètement le crédit immobilier.

      La richesse de Trump, à part son héritage, ben... c'est des dettes. Il a fait aller le levier du "crédit", de la dette quoi, à tour de bras. C'est aussi comme ça qu'il a prétendûment aidé l'économie amricaine, et que vous l'avez tant vanté pendant des semaines sinon des mois, et à tour de bras!
      D'accord pour l'économie boursouflée au crédit, pas d'accord avec la dette? C'est fort de ketchup ça. Alignez-vous au moins avec vous-même.

      À ce sujet, où est sa victoire que vous avez tant assurée avant les élections?
      Comme quoi la prophétie n'est vraiment pas votre fort.
      "Votre" inflation, qui dépend avant tout d'une rareté réelle ou "patentée" selon les bonnes vieilles offre et demande, c'est pas pour demain.

      Lâchez-nous avec votre démonisation de la dette. Elle n'est pas la cause mais un résultat de l'inflation. Apprenez un minimum, je sais pas!

      Par contre, regardez bien la spéculation sur le pétrole dans quelques mois. Tout un show. Elle ne sera certainement pas dûe à la dette du Canada, ni aux niaiseries à Trudeau, mais ça va aller très mal pour l'économie québécoise, à cause du pétrole.
      C'est ça, la réalité.

  • Clermont Domingue - Abonné 2 décembre 2020 05 h 53

    Si notre dollar tient bon...

    Tant que les biens et services seront disponibles,il faut que les personnes aient l'argent pour se les procurer.Notre Ministre des Finances comprend cela et elle compte sur le consommateur pour relancer l'économie. Quand les restaurants rouvriront, les gens auront de l'argent pour y aller. Il en sera de même pour le reste.

    Dette et PIB, ce sont des notions abstraites. C'est moins important que le pain et le beurre.

    Considérant que l'humanité entière est dans la même galère, je ne m'inquiète pas. Notre dollar tiendra le coup.

  • Clermont Domingue - Abonné 2 décembre 2020 05 h 53

    Si notre dollar tient bon...

    Tant que les biens et services seront disponibles,il faut que les personnes aient l'argent pour se les procurer.Notre Ministre des Finances comprend cela et elle compte sur le consommateur pour relancer l'économie. Quand les restaurants rouvriront, les gens auront de l'argent pour y aller. Il en sera de même pour le reste.

    Dette et PIB, ce sont des notions abstraites. C'est moins important que le pain et le beurre.

    Considérant que l'humanité entière est dans la même galère, je ne m'inquiète pas. Notre dollar tiendra le coup.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 décembre 2020 10 h 38

      Et le père Noël existe.

      Le dollar, M. Domingue, ne tient que si l'industrie tient. Je ne parle pas de PIB, mais vous faites vraiment bon marché de la dette.
      Ceci dit, le dollar est tout autant un symbole que le PIB, en tout cas dans la tête de n'importe quel financier,

      Vous savez a qui appartient le Canada? À ceux qui prêtent, et surtout à ceux qui ont "signé" le prêt. Les banquiers. Qui ces temps-ci sont morts de rire parce qu'ils engrangent des profits records tout en ramassant un capital de pouvoir comme jamais.
      Les banquiers, je sais qu'ils sont nécessaires, mais je ne tiens pas à ce qu'ils décident de tout, allez savoir pourquoi...

      Il faut être bien riche pour ne pas s'inquiéter.
      Oubliez l'amélioration de l'éducation et de la santé pour un bon bout de temps, le gouvernement n'aura pas les moyens. Pas grave : le dollar va tenir!

  • Nadia Alexan - Abonnée 2 décembre 2020 07 h 20

    Le mythe de la dette publique.

    De tous les pays de l'OCDE, le Canada est bien placé pour subvenir aux besoins de ses citoyens pendant la pandémie. Le Canada devrait terminer l’année 2020 avec un ratio dette nette/PIB sous les 50 %, soit le meilleur rapport parmi les pays du G7.
    Contrairement à l’approche économique traditionnelle, l'économiste Stephanie Kelton, professeure d'économie à l'Université Stony Brook, propose des solutions alternatives, dans son livre intitulé, «Le mythe du déficit: théorie monétaire moderne et comment bâtir une meilleure économie,» elle dissipe la théorie que comme un bon père de famille, le gouvernement ne doit pas dépenser au-delà de ses moyens.
    Contrairement à un ménage, le gouvernement émet la monnaie qu'il dépense. Donc, les gouvernements qui émettent leur propre monnaie ne peuvent pas manquer d'argent et, par conséquent, les déficits budgétaires et la dette qui en résulte ne sont pas nécessairement un problème.
    L'exemple d'un pays développé le plus endetté est le Japon, avec une dette publique de 240% du PIB, par contre il n'y a pas d'inflation qui en résultat de cet dette.
    En fait, Kelton postule que l'on devrait être dans le rouge: les déficits fédéraux peuvent être bons et nécessaires pour l'économie. C'est parce que le déficit du gouvernement est le surplus du peuple. «Un surplus gouvernemental fonctionne comme un vide», dit Kelton. Les déficits budgétaires augmentent notre richesse et notre épargne collective.»
    Ce qui compte finalement, c'est la capacité à long terme de notre économie à produire les biens et services réels dont les gens auront besoin.

    • Clermont Domingue - Abonné 2 décembre 2020 09 h 36

      Bravo Nadia! C'est clair et net. Il y a 75 ans,Louis Evan, dans son livre (Sous le signe de l'abondance.) disait la même chose que madame Kelton. Pourtant, il n'a pas été entendu. Depuis des années, dans le Devoir, je répète que la dette publique est un moyen de redistribuer la richesse.

      Ni vous ni moi ne réussirons à éclairer les Sansfaçons de ce monde.

      Mon espérance, je la place en trois femmes: Christine Lagarde de la Banque centrale européenne, Janet Yellen, ancienne présidente de la FED et Christia Freeland, ministre des finances du Canada.

      Il y aura toujours des conservateurs pour nous ramener en arrière, mais à quelque chose malheur est bon! Quel dépotoir deviendrait la planète si tous pouvaient consommer autant que nous?

    • Cyril Dionne - Abonné 2 décembre 2020 19 h 32

      « Les déficits budgétaires augmentent notre richesse et notre épargne collective.»

      Ah! La gauche et l'argent. Bien oui, on peut dépenser plus d'argent qu'on a. Wow! Double Wow! C'est la multiplication des pains. Nul besoin de Jésus. Quel concept. Mais à y penser, pourquoi Haïti n'a-t-il pas découvert ce stratagème?

      L’argent qu’on dépense peut être une corde à notre cou; l’argent qu’on emprunte nous donne assurément des ailes pour aller plus rapidement en enfer. Et comme nous le disait si bien Ralph Waldo Emerson : « l’argent coûte souvent trop cher ». C’est ce que nous dirons les générations qui viendront après nous.

      Oui, misère.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 décembre 2020 22 h 15

      À monsieur Cyril Dionne: J'aimerais que pour une seule fois vous essayiez de faire une recherche et que vous fassiez l'effort de lire un livre par une économiste célèbre, son livre était sur la liste de meilleurs vendeurs du journal The New York Times, avant de lancer vos invectives habituelles à la gauche. Lancer des insultes en guise d'argumentation ne tient pas la route.
      En effet, c'est Einstein, lui-même, qui disait: “The measure of intelligence is the ability to change.” Traduction: «La mesure de l'intelligence est la capacité de changer.»

  • Yves Corbeil - Inscrit 2 décembre 2020 09 h 15

    Les transferts en santé???

    Le manque flagrant d'argent pour combler toutes les ressources manquantes dans le domaine de la santé. Je ne reviendrai pas sur la cause des dégâts des gouvernements passés ça n'apportera rien de constructif pour mener vers une solution.

    « Une analyse produite par la Banque CIBC montre que pour chaque dollar perdu sur le marché du travail ce printemps, le gouvernement fédéral a donné… 2,25 $ aux ménages canadiens. Résultat : en pleine crise, le revenu disponible des familles a bondi de 11 % – du jamais-vu, et de loin, même en période de boom économique. »

    « À la lumière de la mise à jour économique dévoilée lundi par la ministre des Finances Chrystia Freeland et le premier ministre Justin Trudeau, on peut même se demander si Ottawa n’est pas en train de profiter de la crise pour s’acheter la sympathie des électeurs… avec des moyens qu’il n’a pas. »

    Serge Coulombe, professeur d’économie à l’Université d’Ottawa, parle d’une « surdose » d’aide. Ils sont en train de sauver le derrière de compagnie qui sont en train de couler quand elle ne sont pas déjà couler.

    Les besoins en santé explosent partout au Canada et pendant ce temps-là le joker d'Ottawa avec son Ukrainienne de service font de la petite politique avec les transferts. J'espère que les québécois s'en souviendront quand il sera temps de voter, oui c'est bien beau l'aide quand ça va mal pour le peuple mais quand la facture se traduira par des coupures un peu partout et des augmentations de taxes et impôts, ce ne sera pas pour quelques mois, oh que non, ça va être pour longtemps avec un déficit accumuler dépassant le 1500 milliards et ne compter pas sur la banque du Canada pour garder les taux d'intérêts au plancher ad vitam aeternam.

    Irresponsable c'est deux-là, le mot est trop faible.