Silence sur de grands enjeux

En nommant Ian Lafrenière comme ministre responsable des Affaires autochtones, François Legault a voulu donner un nouvel élan aux relations que son gouvernement entretient avec les Premières Nations. Il faut « rebâtir la confiance », a dit le premier ministre.

La nomination de cet ex-policier et ancien porte-paroledu Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’a pas fait l’unanimité, suscitant même la surprise et l’indignation de représentantes de femmes autochtones. Il peut apparaître incongru qu’on désigne un ex-policier pour donner suite au rapport de la Commission Viens, dont le mandat était d’enquêter, notamment, sur des abus commis à Val-d’Or par des policiers de la Sûreté du Québec à l’endroit de femmes autochtones. D’autres lui reprochent d’avoir minimisé le phénomène du profilage racial qui avait cours au SPVM quand il en était le porte-parole.

Des leaders autochtones, comme Ghislain Picard, de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), ont choisi de laisser la chance au coureur, bien qu’ils déplorent qu’à l’instar de son patron, Ian Lafrenière ne veut pas parler de racisme systémique.

L’homme possède un grand talent de communicateur, une qualité que François Legault privilégie chez ses ministres. Il n’a pas de connaissance particulière de la question autochtone, en dehors de quelques expériences sommaires, mais Sylvie D’Amours qu’il remplace en était aussi dépourvue quand elle a été nommée. La ministre déchue, qui ne manquait pas de bonne volonté, est probablement victime du peu d’intérêt que son chef manifestait pour la question autochtone au début de son mandat. La réalité a toutefois rattrapé le chef caquiste.

Ian Lafrenière reprend le mandat de mettre en œuvre des recommandations du rapport de la Commission Viens qui en comptait 142. Une seule d’entre elles a été remplie et elle est symbolique : présenter des excuses officielles aux membres des Premières Nations pour les préjudices que leur a causés l’État québécois, ce que le premier ministre a fait à l’Assemblée nationale l’an dernier.

On ne peut oublier que Ian Lafrenière a été nommé à la suite de la mort indigne de Joyce Echaquan aux mains d’infirmières racistes. Que l’hôpital de Joliette, qui avait reçu maintes plaintes de la part d’Attikameks en raison de mauvais traitements, ait pu tolérer en son sein du personnel carrément raciste en dit long sur le caractère systémique de la discrimination que subissent les Autochtones, quand bien même Ian Lafrenière voudrait effacer ce qualificatif qui émaille le rapport Viens.

Le mandat du nouveau ministre est fort limité. Les relations entre le gouvernement québécois et les Autochtones dépassent largement leur droit d’obtenir des services publics sans faire l’objet de discrimination et d’insultes racistes. L’enjeu véritable, ce sont les droits politiques et économiques des nations autochtones, du moins celles qui ne font pas partie des trois nations, dont les Cris, qui jouissent d’une autonomie gouvernementale et jouent un rôle dans la gestion de leurs services publics, et ce, grâce à la Convention de la Baie-James, la paix des braves et maintenant la Grande Alliance signée récemment par le Grand Conseil des Cris et François Legault,

En raison de l’indifférence systémique d’un gouvernement fédéral fort de sa Loi sur les Indiens — racisme érigé en système dont se sont inspirés les Afrikaners pour implanter l’apartheid —, des milliers d’Autochtones vivent encore dans la pauvreté, voire la misère, au Québec. L’État québécois a sa part de responsabilité puisqu’en dehors de la baie James, les nations autochtones, notamment les Innus, les Attikameks et les Anichinabés (jadis appelés Algonquins), n’ont rien touché, ou si peu, pour l’érection des grands barrages sur leurs territoires.

Une des recommandations de la Commission Viens porte sur l’adoption, par le gouvernement québécois, de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. François Legault s’y refuse. On ne peut toutefois pas soutenir, comme il affirme, qu’elle accorderait un droit de veto sur tout développement sur les territoires que les Québécois partagent avec les Premières Nations. Tout au plus, la déclaration impose l’obligation de consulter les nations et de chercher à obtenir leur consentement. Or, c’est l’état du droit canadien à l’heure actuelle.

Certes, son article 28 accorde aux peuples autochtones le droit d’obtenir réparation, ou une indemnisation, pour le développement passé sur leur territoire et pour les ressources que l’on en a tirées. Les sommes sont importantes, n’en doutons pas. Ce sont des milliards qui leur sont dus.

Mais un jour pas si lointain, il faudra y venir. C’est une question de justice, mais aussi de dignité : nous ne devons plus accepter l’existence au Québec de ce tiers-monde canadien.

30 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 14 octobre 2020 04 h 53

    La vision raciale du Devoir

    Le Devoir et Ghislain Picard partagent une même vision raciale. Autochtones et Blancs doivent demeurer enfermés à l’intérieur de leurs races respectives, ne jamais vraiment s’aimer les uns les autres, toujours maintenir entre eux une distance « de nation à nation » et, par-dessus tout, ne jamais avoir ensemble des enfants qui ne soient pas de race pure. Bref, l’apartheid canadien dans toute sa splendeur.

    Pour Le Devoir et Ghislain Picard, un être humain se caractérise avant tout par sa Race, son Sang, son Ethnie, son Histoire, sa Langue, ses Croyances. Disparu le concept de Société où de Nation qui rend tous les gens égaux malgré leurs différences. Au Devoir, le racisme de type anglo-saxon s’épanouit en français.

    Hélas, au grand chagrin des racistes, la nation québécoise est déjà largement métissée, notamment avec les autochtones. Selon l’Abénaki Guy O’Bomsawin : « Le Canada a radicalement réduit les populations dites aborigènes non pas par la force, mais par une comptabilité créative. C’est pourquoi il est logique d’affirmer que le Québec pullule à ce compte de centaines de milliers de citoyens d’origine autochtone officieusement hors réserves, comme en témoignent le fait de voir dans de nombreuses municipalités un nombre étonnant de gens qui ont franchement les traits et la couleur de peau qui caractérisent les Amérindiens... à tel point, d'ailleurs qu'on se croirait au coeur d'une collectivité autochtone ! Ces « oubliés » sont donc légions. » (Le Devoir, 9 janvier 2020)

    Guy O'Bomsawin constate un métissage Québécois soigneusement passé sous silence par Le Devoir, Ghislain Picard et consorts. Pour ces derniers, le Sang se transmet en valeur ultra-précieuse, vecteur liquide de droits génétiques. Là-dessus, les échanges intéressants qui ont pris place entre 1940 et 1945 ont déjà été oubliés.

    • Bernard Terreault - Abonné 14 octobre 2020 09 h 02

      M. Naud caricature un peu fort, mais je suis moi aussi agacé par cette insistence sur la race et l'ethnie, comme si cela expliquait toute notre personnalité. J'ai 25% de soi-disant 'sang irlandais' et certains de mes ancêtres mauriciens et beaucerons étaient-ils un peu métissés, mais qu'est-ce que ça change ? Je suis simplement québécois, j'y paye mes impôts, et je suis attaché à la culture (pas l'ethnie) française. C'est pour ça que je suis indépendantiste, mais sans détester le Canada qui est juste un peu fade. Et si ce n'avait été d'un coup de chance (un job intéressant dans un nouvel Institut au Québec), après dix ans de formation à l'étranger, j'aurais aussi bien pu faire carrière aux États-Unis ou en France et y devenir un bon citoyen d'un de ces pays. Et j'aimerais que les Sioui et les O'Bomsawin aient autant de chance, ni plus, ni moins, de devenir financier ou électricien que les Smith et les Tremblay.

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 14 octobre 2020 11 h 10

      Une nation a le droit de se définir comme elle le veut, de se donner les aspirations qui lui semblent les meilleures, le tout dans le respect d'autrui et des autres nations. Les nations autochtones ont le droit d'exister sur des territoires habités depuis des millénaires. Un principe juridique fondamental, celui du droit pour une nation d'être traitée comme telle, souveraine.
      Les individus aussi sont souverains et cette souveraineté, ils la négocient et l'habitent quotidiennement dans leurs rapports avec autrui.
      Un principe moral aussi, le respect d'autrui, comme individus et comme nation.
      Enfin, l'histoire humaine enseigne que le métissage n'a pas nécessairement freiné pas la discrimination raciale.

    • Jacques Patenaude - Abonné 14 octobre 2020 12 h 37

      Gérard Bouchard suite à une recherche avec le fichier Balzac conclut que le métissage entre autochtone et québécois d'origine canadienne française est un mythe. Voici la conclusion qu'il en tire lors d'une entrevue à https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/plus-on-est-de-fous-plus-on-lit/episodes/486067/rattrapage-du-lundi-12-octobre-2020 " non ce n'est pas vrai.... la Conclusion est que les québécois d'origine canadienne française portent environ 1% de gênes qui proviennent des populations autochtone"

      On pourra s'obstiner longtemps sur qui dit vrai. Mais pour moi ce qui est inquiétant dans votre commentaire est que vous présentez comme raciste tous ceux qui n'avalisent pas la conception d'un Québec uniformisé selon les archétypes des descendants de canadiens français. Ça semble être une façon pour les nationalistes-identitaire de combattre le multi-culturalisme. Je ne crois pas que ce soit la bonne façon de combattre cette vision canadienne. Je fais plus confiance à la démarche de René Lesvesque qui considérait essentiel de reconnaître la réalité autochtone ce qui nous permettait d'envisager des alliances avec eux plutôt qu'une confrontation où le fédéral pourrait utiliser l'un contre l'autre. Je vous invite à lire ce texte de J-Y Morin sur la question
      https://fondationrene-levesque.org/rene-levesque/ecrits-sur-rene-levesque/jacques-yvan-morin-rene-levesque-et-les-droits-fondamentaux-des-autochtones-du-quebec/

    • Léonce Naud - Abonné 14 octobre 2020 13 h 52

      M. Lusignan : alors, vous êtes pour ou contre la loi Fédérale d'apartheid, selon laquelle les droits d'une partie de la population reposent sur la nature "distincte" de leur ADN ? Ne soyez pas gêné...

    • Claude Bariteau - Abonné 14 octobre 2020 15 h 20

      M. Naud, la nouvelle loi sur les Indiens de 1951 remplace le concept de « sang indien » par celui de statut d’Indien qui s’acquiert par inscription.

      En 1977, la Loi canadienne sur les droits de la personne est adoptée. L’article 67 de cette loi ne s'applique pas aux dispositions de la Loi sur les Indiens.

      En 1996, la Commission royale signale que plusieurs dispositions de la Loi sur les Indiens sont oppressives et que les critères utilisés par le droit canadien pour déterminer si une personne est « indienne » n’ont rien à voir avec l’éventuelle ascendance indienne de la personne en question et révèle que le statut des femmes découle de celui de leur mari.

      En novembre 2017, le gouvernement fédéral s’engage à éliminer ce sexisme par un amendement rendant aux femmes des Premières Nations et à leurs enfants nés avant 1985 leur statut d’Indien et de le transmettre à leurs enfants.

      Par contre, la version contemporaine de la Loi sur les Indiens contient toujours des règles concernant les réserves, la tutelle financière des mineurs et des adultes inaptes, la gestion des ressources appartenant à la bande, les élections internes et d’autres aspects de la vie dans la réserve.

      Cette loi demeure principalement parce que les Premières Nations refusent des changements pour plusieurs motifs. Par contre, des ententes furent conclues sur la gestion des terres des Premières nations et ont permis aux gouvernements des Premières Nations d’acquérir un certain degré d’autonomie gouvernementale.​

      Le maintien du statut d'indien, plutôt que celui de race, et les règles qui le défissent sont devenus des prérogatives auxquelles tiennent les Premières Nations, car elles servent d'assises, en plus des traités, à leur recherche d'autonomie.

      Il ne faut pas négliger cette dimension, qui est un legs de la colonisation britannique assumé en 1950 par le Canada-Uni puis le Dominion of Canada.

    • Léonce Naud - Abonné 14 octobre 2020 16 h 19

      Cher M. Patenaude.
      Guy O’Bomsawin a raison et Gérard Bouchard est (encore) dans les patates. Vous évoquez «les archétypes des Canadiens-français». Moi aussi, je pensais tout comme vous avant mon expérience comme Research Officer au sein de la Northern Social Research Division, au Ministère des Affaires Indiennes et du Nord à Ottawa sous Jean Chrétien.

      C'est à cet endroit ainsi qu’en travaillant avec des équipes ministérielles ailleurs au Canada (Territoires du Nord-Ouest et Youkon), que j'ai appris à ne plus seulement voir des gens mais aussi à distinguer des races. Une fois revenu au Québec, j'ai réalisé qu'il y avait des tas de Québécois ordinaires qui étaient manifestement d'ascendance autochtone, sauf que personne ne les remarque.

      Plus tard, affecté à Québec au Conseil exécutif, j'ai vu tout de suite que notre sous-ministre était un Indien pur laine mais que personne ne l'avait remarqué, sauf moi. À ma connaissance, ce dernier est ensuite devenu président de la Bourse de Montréal.

      Enfin, je connais l’attitude de René Lévesque sur la question autochtone tout comme celle de Jacques-Yvan Morin. Ce dernier était mon patron avec Louis Bernard au Bureau de recherche du P.Q. à l’Assemblée nationale. Or, il est connu que nos façons de penser proviennent en gros de nos expériences de vie. En tout respect pour la très grande valeur de leur contribution à la nation québécoise, il est permis de remarquer que ni l'un ni l'autre n'ont jamais oeuvré en Recherche sociale nordique à Ottawa au sein du Ministère des Affaires Indiennes et du Nord.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 14 octobre 2020 16 h 19

      @M. Naud

      Le racisme est depuis longtemps passé de "biologique" à "culturel". Ce n'est pas une question de sang mais d'appartenance, généralement assignée par le groupe dominant, dans une volonté d'assujettissement. Certains réflexes identitaires peuvent venir "solidifier" cette appartenance, en réaction à sa dévalorisation, comme les mythes canado-français en témoignent. En somme, le dévalorisé exhibe souvent sa fierté blessée en réaction à cette dévalorisation, c'est un réflexe défensif.

      Le racisme est omniprésent (demandez à ceux qui le vivent, pas ceux qui le nient...), envers les autochtones mais aussi envers divers groupes "racialisés", auxquels en tant que groupe majoritaire les bons Québécois purs laines attachent des traits (paresseux, mal intégrés, misogynes, délinquants) qui relèvent du phantasme.

      Ce racisme vient servir à maintenir un groupe dans la pauvreté (la main-d'oeuvre bon marché que les Québécois associent avec leur passé) mais il sert aussi à créer des boucs émissaires, à concentrer la rage, l'amertume et l'envie des sousclassés. Le mouvement de la dernière décennie laisse croire que la génération montante est plus lucide et responsable que la précédente envers cette réalité malsaine.

    • Léonce Naud - Abonné 14 octobre 2020 17 h 33

      Cher M. Bariteau.
      Vous avancez que le concept de «sang indien» a été remplacé par celui de «statut Indien» qui s’acquiert par inscription (?). Fort bien. Mais voilà que vous faites état d’un amendement à la Loi fédérale «rendant aux femmes des Premières Nations et à leurs enfants nés avant 1985 leur statut d’Indien et de le transmettre à leurs enfants».

      J’aimerai savoir de quelle manière une femme peut transmettre à son enfant le Statut Légal Indien ainsi que le moment exact de cette transmission. Est-ce lors de la fécondation, à la naissance ou à l'occasion d'une cérémonie plus tard dans la vie ? Par ailleurs, si le Statut Autochtone n'apparaît pas lors de la fécondation, par quel miracle prend-il force légale lors de la naissance ?

    • Jacques Patenaude - Abonné 14 octobre 2020 19 h 15

      @ Alexis Lamy-Théberge

      Quand j'étais jeune il était courant de dire que le mouvement vers l'indépendance était irréversible car les jeunes appuyaient massivement cette idée. On la prévoyait quand les jeunes de notre époque auraient remplacés les vieux tous classés fédéralistes évidemment Bernard Landry le répétait il y a moins de vingt ans et pourtant ça ne semble plus si évident que ça aujourd'hui. Les analyses générationnelles ont ceci de particulier est qu'il est trop tard lorsqu'on peut constater leur faiblesse.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 octobre 2020 08 h 00

      M. Naud, le statut d'indien réservé à la lignée paternelle issue de mariages endogames (lorsque les conjoints ont un ou des ancêtres communs) a été reformulé pour causes de discrimination quant à l'accès aux avantages économiques du statut d'indien pour inclure les femmes d'origine indienne par leur mère et grand-mère mariées à un non-indien et leurs enfants.

      C'est ce qui a modifié le statut d'indien qui permit de les inscrire sur la liste du ministère, mais pas nécessairement en faire des membres des bandes, cette prérogative relevant des bandes qui dispose de terres limitées pour les accueillir.

      C'est du moins ce qui ressort dans le texte détaillé suivant : https://lop.parl.ca/sites/PublicWebsite/default/fr_CA/ResearchPublications/LegislativeSummaries/421S3E.

      Il y est écrit que son adoption est en cours à la suite de la décision en 2017 du gouvernement fédéral d'« éliminer le sexisme énoncé dans la Loi » en promettant « de rendre aux femmes des Premières Nations et à leurs enfants nés avant 1985 leur statut d’Indien et qui assurerait que ces femmes puissent transmettre leur statut à leurs enfants ».

      Il s'agit d'une modification de la règle d'accès à ce statut qui contre celle antérieure inscrite dans la Loi sur les Indiens, élargissant ce faisant le bassin des personnes considérées par le Canada comme des Indiens.

      En fait, il y eut modification de la règle de la patrilinéarité endogame.

      Il s'agit d'une modification qui élargit les critères d'appartenance indienne par mariage et naissance, modifiant la règle antérieure valorisant le statut du père.

      Dit autrement, une femme mariée à un non-indien et ses enfants ne pouvaient pas transmettre son statut d'indienne. Avec ces modifications, elle peut. En fait, le Canada a visé à extirper le sexisme dans sa loi.

    • Léonce Naud - Abonné 15 octobre 2020 12 h 06

      M. Bariteau, je m'amuse depuis longtemps à poser la même question à des "spécialistes" des affaires autochtones et nul n'est en mesure de me répondre clairement. Ma question est pourtant simple: à quel moment un être humain acquiert-il le Statut légal autochtone au Canada? Est-ce à l'instant de sa fécondation, lors de sa naissance ou bien plus tard dans la vie? Entre ces trois options, il est obligatoire de faire un choix: le Statut légal autochtone ne peut prendre force qu'entre la fécondation d'une personne et sa mort.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 octobre 2020 16 h 13

      M. Naud, vous savez comme plusieurs qu'il n'existe pas de citoyenneté au sens occidental chez les Premières Nations. Vous savez aussi aussi que le statut d'Indien est reconnu par la Loi sur les Indiens et se transmettait par la règle du père et référait au concept de race. La loi récente fait écho au statut d'indien défini par le Canada comme étant des personnes pouvant bénéficier des avantages qu'octroie ce statut.

      Être reconnu détenteur de ce statut, selon la Loi des Indiens, découle d'une appartenance reconnue par la loi, ce qui impliuqe les descendant/e/s né/e/s de personnes détenant ce statut. Les modifications à la loi visent seulement à contrer le sexisme qui découlait des pratiques d'exclusion de femmes et d'enfants.

      Cela étant, le statut d'indien reconnu vient avec la naissance, auquel les membres des Premières Nations ont donné leur aval. De tels statuts ne réfèrent pas à une citoyenneté d'individus libres, mais à une appartenance associée à l'hérédité biologique reconnue. Elle implique donc une reconnaissance de l'enfant né de parents indiens ou défini indien légalement s'il est né d'une mère indienne et d'un père non-indien.

      Il y a donc plus que la fécondation. Il y a aussi la reconnaissance, qui est n'est pas biologique.

      Comme il y a des avantages d'avoir le statut d'indien, il est des plus difficile d'arriver à un accord entre les Premières Nations et le gouvernement canadien, qui administre la loi, pour abolir cette dernière. Vous le savez aussi très bien.

      Le tandem Chrétien-Trudeau a tenté de le faire en 1969 et a vite retirer son projet. En 1982, le PM Trudeau a voulu faire des Inuits, des Métis et des Premières Nations des entités politiques. Les négociations entre leurs représentants, le Canada et les provinces ont achoppé dans la discorde.

  • Yvon Montoya - Inscrit 14 octobre 2020 06 h 15

    Les politiques surtout ceux de la CAQ mais pas que apprécient beaucoup le cosmétique. De l'incompétence vers plus d'incompétence. Ne soyons pas surpris ou alors on ne comprend rien de la politique.

  • Raynald Rouette - Abonné 14 octobre 2020 07 h 30

    Mettre fin à l’apartheid au Canada


    Mettre fin au harcèlement systémique envers le premier ministre du Québec alors que c'est le premier ministre du Canada le véritable responsable de la situation.

    Voilà ce que devrait être le premier objectif de cette campagne contre le racisme envers les autochtones à travers tout le pays et non seulement au Québec.

    Tout autres choses n'est que fumisterie et hypocrisie de la part des commentateurs de tous genres. Ce n'est pas un dossier que l'on doit traiter à la pièce. C'est tout ou rien...

    • Pierre Fortin - Abonné 14 octobre 2020 12 h 19

      Monsieur Rouette,

      Si Ottawa est bien responsable de l'ignoble Loi sur les Indiens, Québec est quant à lui le grand ordonnateur de l'administration publique, laquelle est formellement visée par le rapport de la Commission Viens : « Les peuples autochtones sont victimes de discrimination systémique dans leurs relations avec les services publics québécois. »

      Le sort réservé à Mme Joyce Echaquan fut bien le fait du personnel dont les prestaions ont fait l'objet de l'enquête menée par le juge Viens sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec. Et son mandat était très clair :

      « Le mandat de la Commission sera d'enquêter, de constater les faits et de procéder à des analyses afin de faire des recommandations quant aux actions correctives concrètes, efficaces et durables à mettre en place par le gouvernement du Québec et par les autorités autochtones en vue de prévenir ou d'éliminer, qu'elles qu'en soient l'origine et la cause, toute forme de violence, de pratiques discriminatoires, de traitements différents dans la prestation des services publics aux Autochtones du Québec : les services policiers, les services correctionnels, les services de justice, les services de santé et services sociaux ainsi que les services de protection de la jeunesse. »

      Monsieur Legault a été prompt à congédier une infirmière, mais il ne faudrait pas croire que cela suffise à régler les problèmes. Les recommandations du juge Viens lui ouvrent la voie pour la restauration des bonnes pratiques dans les services publics et il ne doit pas tarder à s'y mettre s'il veut faire la démonstration de sa bonne gouvernance. Il y a plus important que de seulement châtier les coupables.

  • Hélène Lecours - Abonnée 14 octobre 2020 07 h 57

    En effet

    Nous ne devons pas cesser d'expliquer ce qui s'est passé au sujet de ces "réserves" abandonnées à elles-mêmes. C'est avec elles et eux que nous devons évoluer. C'est fondamental. J'ai de la difficulté à croire que Ian Lafrenière sera la clé du succès, celui qui réussira un réel contact et une vraie compréhension.

  • Jacques Bordeleau - Abonné 14 octobre 2020 08 h 25

    Documenté

    Voici un éditorial documenté et équilibré, sans complaisance pourtant, qui ne tombe pas dans la hargne et le ressentiment, mais expose pourtant que des erreurs, des torts et des responsabilités nous incombent, réciproquement sans doute, sans omettre ceux du fédéral arrogant, prompt à responsabiliser les provinces, surtout le Québec, tout en maintenant sa honteuse Loi des Indiens qui date maintenant de John A McDonald.

    Jacques Bordeleau