Une calamité de plus

Le président américain, Donald Trump, et la première dame,Melania Trump, ont contracté la COVID-19, ce qui ressemble à la revanche du karma. Depuis le début de la pandémie, le président en déroute n’a eu de cesse de banaliser et de minimiser l’importance de la contagion, osant même propager des fausses nouvelles et faire la promotion de théories fumistes et de cures farfelues.

Selon une étude publiée cette semaine par l’Université Cornell, Trump est très probablement, à lui seul, « le plus grand facteur de désinformation » sur la COVID-19. L’homme qui refusait obstinément de porter un masque et qui encourageait les rassemblements — y compris lors de son couronnement à l’investiture du Parti républicain — se retrouve maintenant en quarantaine. Son âge, 74 ans, le place dans une catégorie à risque de la population. Aux États-Unis, les 65 ans et plus comptent pour 80 % des victimes de la COVID-19. Trump est en bonne santé. Il bénéficiera aussi des meilleurs soins disponibles, un luxe que des millions de ses concitoyens ne peuvent se permettre. Souhaitons-lui, par humanisme, un prompt rétablissement.

Quel revirement de situation ! Quelques heures à peine avant de recevoir son diagnostic, Trump fanfaronnait en déclarant que la fin de la pandémie était imminente. Les États-Unis trônent en tête du palmarès peu enviable des pays comptant le plus grand nombre d’infections (7,3 millions de personnes) et de morts (208 000). Et ce, dans l’une des nations les plus riches et les plus avancées de l’histoire de la civilisation.

N’attendons aucun changement d’attitude de la part de Trump. Et prévoyons qu’il se positionnera en homme Teflon, mélange de surhomme et de génie stable, s’il surmonte cette nouvelle épreuve.

Outre les dangers imminents sur sa santé, la contamination ajoute une couche d’incertitude à l’élection présidentielle. Trump doit se placer en quarantaine jusqu’au 15 octobre, date de son deuxième duel avec Joe Biden. Le premier face-à-face nous a confirmé qu’il ne reculerait devant rien, pas même à faire appel à des groupes d’extrême droite afin de perturber le scrutin du 3 novembre, à effrayer les électeurs démocrates et à contester le résultat s’il n’est pas réélu. Un diagnostic de COVID-19 pourrait bien devenir, entre les mains de l’usurpateur de la Maison-Blanche, un argument de plus pour pervertir la démocratie.

La Constitution des États-Unis est claire, et Trump n’a pas encore réussi à la déchirer. Le processus électoral est en marche et il ne peut pas être arrêté. Deux millions de personnes ont déjà voté par anticipation. Si Trump devient inapte à exercer ses fonctions, l’article 25 de la Constitution prévoit son remplacement provisoire ou jusqu’à la fin de son mandat actuel par le vice-président. S’il est forcé de quitter la course, son parti devra lui trouver un successeur.

Des commentateurs se demandent d’ailleurs si son nom devrait encore figurer sur les bulletins de vote. C’est une question que les républicains auraient dû se poser à de nombreuses reprises dans les quatre dernières années, mais ils n’en avaient pas le courage.

COVID-19 ou pas, Donald Trump ne pourra éviter le jugement des urnes. Il est plus que temps que les électeurs montrent la sortie à cet homme qui n’a jamais su être à la hauteur de la fonction de président.

8 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 3 octobre 2020 10 h 51

    Ils prennent encore leurs souhaits pour des réalités

    Bon, on n’aime pas Donald Trump. Enfin, rien de nouveau sous le soleil pour les multiculturalistes.

    Ceci dit, s’il y a plus de 208 000 morts aux États-Unis dus à la COVID-19, eh bien, en proportion de la population et si le Québec comptait plus de 331 millions d’habitants, nous en aurions plus de 230 000, et ceci, avait un système de santé public et une densité de population près de 10 fois moins que celle des Américains. Ah! Les chiffres ne mentent pas. Mais on aime se péter les brettelles au Québec avec nos 693 décès par million de population à l'heure de ce commentaire, le 3e plus haut total après le Pérou et la Belgique selon le site « worldmeters ». Oui, maudit qu'on est bon.

    Désolé pour tous ceux qui expriment leur haine pour « le Donald », mais celui-ci sera prêt pour le débat du 15 octobre. En plus, il aura le vote de sympathie d’une élection qu’il a déjà gagné. Disons que ça plus mal à la shop démocrate qu’ils le pensent. SVP, ne soyez pas surpris le 3 novembre.

    Enfin, personne n’a encore compris le phénomène qui dépasse largement Donald Trump. C’est le ras-le-bol des populations occidentales envers la mondialisation, les accords de libre-échange, les élites, le 1% et surtout les GAFAM. Il y a un certain pourcentage de la population qui vit dans une bulle et n’entend seulement ce qu'il veut entendre. En fait, ils prennent leurs souhaits pour des réalités. « Le Donald » ne respecte pas les règles de la rectitude politique et donc, il doit être bannis tout comme pour ceux qui votent pour lui. Cela me fait penser toujours à ces vedettes d’Hollywood ou d’ailleurs qui viennent prêcher en public et en privé, ils sont les pires récalcitrants. Il n’y pas si longtemps de cela, la chanteur Bono, nous demandait de donner aux diverses charités alors que lui utilisait les paradis fiscaux, notamment à l’île de Malte, pour ne payer aucun impôt, lui qui amassé une fortune de plus de 700 millions américains, qui en ferait un milliardaire au Québec.

    Oui, misère.

    • Marc Therrien - Abonné 3 octobre 2020 16 h 49


      Et vous, M. Dionne, aimez-vous Donald Trump? Est-ce que vous, qui semblez saisir l’âme étatsunienne, êtes bien d’accord en général avec ce qui se passe chez nos voisins d’en bas voire même enthousiasmé? Je ne saurais dire par ailleurs si vous appréciez tout cela à titre de simple spectateur détaché qui se sent peu engagé par le sort de ce pays ou si vous êtes même prêt à ce qu’un personnage semblable vienne un jour sévir au Québec pour le sortir de sa torpeur multiculturaliste.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 4 octobre 2020 08 h 05

      M. Therrien, quel est l'alternative? Il faut le dire qu’une grande partie de l’opposition à Trump est une fausse opposition car sur le militarisme, les guerres d’empire, la mondialisation, les accords de libre-échange, la délocalisation des emplois vers des pays du tiers monde, la fin de la classe moyenne américaine et le consumérisme, les démocrates ont dérivé vers la droite et soutiennent l’augmentation du budget de la défense, Wall Street, les GAFAM, le 1%, la surveillance généralisée ainsi que l’organisation socio-économique génératrice d’injustice et d’inégalités. Joe Biden fait partie de cet establishment démocrate peuplé de milliardaires et cet élitisme aux souliers cirés tout comme Hillary Clinton. Son mari, Bill, lui il était et est plus occupé à socialiser avec les Jeffrey Epstein de ce monde.

      J’ai toujours préféré ceux qui sont authentiques et qui s’assument à ceux qui se disent citoyens du monde et de nulle part. Qu’on l’aime, qu’on le déteste, Donald Trump est authentique et ne laisse personne indifférent. C’est le lance-grenades que la classe moyenne veut utiliser pour faire un ménage politique aux États-Unis.

  • Bernard Bujold - Inscrit 3 octobre 2020 13 h 10

    Les débats d’estrade...

    Il est très heureux de constater que le Président américains Donald J. Trump se rétablit d'une façon exceptionnelle et très rapide (rapport de l'équipe médicale samedi 3 septembre 11h. 30 am).
    Dommage pour ceux qui espérait le contraire...
    Pour ce qui est des politiques du Président, le débat est impossible à régler car la population est polarisée en plein centre. Le Devoir fait partie de ceux contre ses politiques et c'est ainsi. Lise Bissonnette a déjà déclaré que la société devrait être menée par l'élite des universitaires, gens de culture, etc. et que le peuple devrait suivre l'inspiration...
    Je suis plus populiste, même si j'aimais bien Lise Bisonnette, lorsque j'étais chez Quebecor.
    On verra le 3 novembre la suite, et il faudra accepter le résultat.
    Nous ne sommes en bout de ligne que des gérants d'estrades...
    Après le 3 novembre, pour certains, ce sera Noël en novembre tandis que pour d'autres, ce sera le commencement d'une période pire que la crise du coronavirus... Et le débat qui suivra ne sera rien d'autre qu'un débat d'estrade, sans qu'on puisse rien changer au résultat!
    À suivre, et vive les débats d'estrade!

  • Daniel Gagnon - Abonné 3 octobre 2020 20 h 04

    Un choc émotionnel

    Le Président Trump supporte de moins en moins l’idée de se voir faiblir. Il est en perte d’énergie personnelle.

    Il semble faire un choc émotionnel et de l'anxiété dans une situation qu'il ne contrôle pas, un choc qui peut avoir des conséquences tragiques sur sa santé dans le contexte de la pandémie.

    On a peine à l’imaginer, mais dans son esprit, il n’a pas réussi à écraser Joe Biden mardi soir. En pleine crise paranoïaque, le Président a appelé en renfort des milices pour surveiller les élections, des élections qui lui échappent.

    Le débat de mardi soir a été très difficile pour lui, car il espérait remonter beaucoup dans les sondages, mais il a déçu par ses grossières esbroufes.

    Résultat : se retirer stratégiquement dans un hôpital militaire, pour reprendre des forces.

    • Marc Therrien - Abonné 4 octobre 2020 09 h 39

      Il a fait le fanfaron et défié la Covid-19 qui ne pouvait le frapper à un meilleur moment. S’il s’en sort sans trop de mal, il pourra revenir en héro qui pourra prétendre pouvoir surpasser tous les malheurs, ce qui , pense-t-il sûrement, améliorera ses chances d’être réélu.

      Marc Therrien

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 4 octobre 2020 17 h 34

    … l’électorat américain !

    « COVID-19 ou pas, Donald Trump ne pourra éviter le jugement des urnes. » (Brian Myles, Le Devoir)

    Effectivement, mais les unes peuvent également le libérer de ces-ses adversaires, sauf de …

    … l’électorat américain ! - 4 oct 2020 -

  • Christian Roy - Abonné 4 octobre 2020 18 h 17

    Covid vs Trumpy

    "N’attendons aucun changement d’attitude de la part de Trump. Et prévoyons qu’il se positionnera en homme Teflon, mélange de surhomme et de génie stable, s’il surmonte cette nouvelle épreuve." -B. Myles

    Ben d'accord.

    Mais Trumpy est en train de rendre la chose surréaliste.

    Tous les trumpistes voudront bientôt suivre les traces de leur idôle: être infecté par la Covid...et passez quelques jours à l'hôpital.

    Trumpy vient d'envoyer via Twitter le message que c'est une expérience très intéressante à vivre. On peut apprendre à ce moment-là tellement de choses fascinantes au sujet de cette maladie. C'est meilleur que dans les livres, c'est le pied ! Vous recevez des cocktails de médicaments vraiment "bozzants". Wow ! Continuez de ne pas suivre les consignes sanitaires de le CDC... Ne boudez pas votre plaisir, faites comme moi, pognez-là !

    Y en a pas deux comme Trumpy.