Croire les victimes

Des centaines de victimes d’agressions sexuelles ont occupé l’espace généralement calme de l’été pour clamer leur besoin d’être entendues et surtout, d’être crues. La déferlante a envahi les réseaux sociaux, choquant au passage par ses allures de tribunal populaire. Quoi ? Une armée d’auto-justicières masquées pointant publiquement leurs agresseurs, toute infraction se valant sur l’échelle de l’indignation, de la blague « cochonne » en plein bureau jusqu’au viol commis dans la noirceur ? Si imparfaite fut-elle, la clameur des derniers temps n’est que le reflet d’un dysfonctionnement gravissime dans les relations humaines et la conséquence d’une justice inopérante dans le champ des agressions sexuelles. Dont acte.

On ne devrait pas s’étonner de l’ampleur du phénomène. Une femme sur trois aura été victime d’une forme d’agression sexuelle au cours de sa vie. Et à tous ceux qui s’indignent du modus operandi du tribunal populaire — victimes anonymes, agresseurs affichés sur une liste — et militent froidement et de manière simpliste pour le recours aux rouages traditionnels de l’enquête policière et du procès en justice, il faut rappeler que seules 5 % des victimes se tournent vers l’appareil officiel. Il n’en faut pas davantage pour comprendre qu’une réforme est nécessaire. Et pour ne pas s’étonner de la force du cri collectif.

La source n’est pas tarie. En barbouillant l’imaginaire collectif de leurs dénonciations, les victimes ont créé un mouvement de prise de parole dont l’une des caractéristiques est sa contagiosité. Si elles parlent, ce n’est pas seulement pour se libérer. C’est par souci de protection des autres, car plusieurs racontent avoir été hantées dans leur silence par cette obsession : et si mon agresseur continuait à s’en prendre à d’autres ? Malheureusement, ainsi que les récits des dernières semaines l’ont montré, très souvent les agresseurs ont plusieurs victimes à leur tableau.

Les brigades journalistiques ont pris le relais ; elles écoutent et vérifient ces cris du cœur. Certaines des dénonciations brutales sur les réseaux sociaux prennent les contours d’un récit tout aussi troublant que crédible dans les reportages des collègues. Dénoncer sur les réseaux sociaux est efficace, immédiat, libérateur. Mais l’anonymat, l’absence de validation, l’impression certaine de mettre tout délit dans le même panier, sans la moindre gradation de gravité, sont autant de critères avec lesquels ni la rigueur journalistique ni notre système de droit ne peuvent et ne doivent composer.

On récolte toutefois ce que l’on sème. L’une des caractéristiques premières de ce mouvement est le besoin irrépressible, vital qu’ont les victimes d’être écoutées, mais, surtout, crues. Plusieurs partent de loin. La banalisation de ces violences a été à ce point érigée en système dans notre société que, pour certaines, il a fallu des années avant qu’elles ne prennent conscience que ce qu’elles avaient subi portait bel et bien le sceau d’une agression sexuelle. On peut aisément comprendre ensuite tout ce qu’il faut de courage et de force intérieure pour oser aller relater cette part d’ombre, connaissant les risques énormes engendrés par une démarche officielle, à commencer par celui-ci : être d’emblée taxée de manque de crédibilité.

C’est pourquoi les réactions politiques de l’été nous semblent annonciatrices d’un véritable changement. On a vu le premier ministre François Legault « saluer le courage de dénoncer », si imparfait fut le modèle choisi pour le faire. C’est un puissant signal. Tous les yeux sont maintenant tournés vers le Comité d’experts sur l’accompagnement des personnes victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale, mis sur pied par l’ex-ministre de la Justice Sonia LeBel et composé d’élues de tous les partis. Son rapport est attendu pour l’automne, etles espoirs sont grands qu’il permette d’imaginer un système facilitant la réception et le traitement des plaintes, entre autres choses.

Il faudra peut-être aussi imaginer que la « solution » ne réside pas uniquement, pour les personnes victimes d’agressions sexuelles, dans l’atteinte d’un procès aboutissant à une condamnation. Du côté de la justice réparatrice, axée sur la guérison plutôt que la punition, les pistes sont prometteuses. Mais l’opération n’en est pas moins délicate, ainsi qu’on l’a vu cet été avec la diffusion d’excuses à ce point odieuses de la part de présumés agresseurs qu’elles n’ont servi qu’à ajouter une couche d’ignominie. Espérons qu’en sus d’un système de justice mieux outillé pour entendre les victimes, ce réveil collectif serve surtout à éliminer de la sphère des rapports humains ces dysfonctionnements aussi violents qu’intolérables.


 
47 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 10 août 2020 01 h 29

    « toute infraction se valant sur l’échelle de l’indignation, de la blague ''cochonne'' jusqu’au viol » (Marie-André Chouinard))

    ... de la « blague cochonne » ...

    Si vous me donnez une mauvaise note, je vais dire à la police que je vous ai entendu raconter une blague cochonne...

    Vous ne corrigerez pas des injustices en favorisant les injustes;

    Le viol est une chose, les propos licencieux en sont une autres…

    Ici, on ne lit plus un journal; on participe à une ligne ouverte de CKVL;

    J'ai l'impression d'entendre les sujets des tribunes téléphoniques de Roger Drolet;

    Ma mère écoutait ça le soir en vieillissant, quand elle s'emmerdait:

    -La question du jour: la femme est-elle la victime de l'homme, ou le contraire? Et si oui, depuis quand et pourquoi? Nous prenons un premier appel…


    ... de la « blague cochonne » ... En tout cas, la vôtre est plus divertissante que toutes celles que j'ai pu entendre de Claude Blanchard, que je commence à regretter;

    Pour ma part, je vais me mettre à regarder les films de Russ Meyer pour me purger de ces insignifiances; moi, je me méfie plutôt des refoulés.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 août 2020 09 h 23

      Ne soyez pas injuste envers la chez de brigade. Il y avait quand même un point d'interrogation dans la phrase. D'interrogatoire,peut-être... Cependant, que des justiciers auto-proclamés prétendent nous indiquer les voies de la vertu ne doit pas nous irriter -si justement que ce soit- au point de ne pas prêter l'oreille à l'émergence de nouvelles sensibilités, d'inclinations à mieux de bienveillance. Laissons braire les iMBCiles entre eux. Il y a mieux à faire que de prendre parti dans ces mises en scènes de WWF.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 10 août 2020 09 h 50

      @Mathieu Lacoste

      Vous savez à quoi votre commentaire me fait penser?

      Chaque fois que je me suis trouvé à lire les discours des pro-armes à la suite de possibles contrôles gouvernementaux, j'ai constaté qu'ils parlent presque exclusivement de l'injustice et de l'inutilité de ces contrôles (à leurs yeux). Des conséquences des tueries qui remettent ce débat à l'avant-plan, pratiquement rien de leur part, sinon parfois ceci: ''Ce ne sont pas les armes qui tuent, ce sont les tireurs; les tireurs des tueries sont des fous, il n'y a qu'à enfermer les fous.'' Et c'est tout. Sans doute que pour eux, cela justifie leur réclamation inconditionnelle de pouvoir continuer à s'amuser avec leurs joujoux en paix, tout en se donnant bonne conscience à bon compte pour le reste.

      On sent ce même étet d'esprit dans votre commentaire. Les violeurs caractérisés, que la police les attrapent et les juges les condamnent! Quant au reste, ce n'est que pudibonderie et malveillance envers les hommes d'une partie des femmes, et il n'y a pas à se préoccuper outre mesure de ces ''insignifiances'' (comme vous dites).

      Je répéterai donc ici ce que j'ai écrit ailleurs, puisque vous n'avez visiblement pas encore compris ceci. ''L'enjeu sous-jacent aux #moiaussi ne se limite pas seulement à la répression du crime, mais à faire RENONCER LES HOMMES À LEUR EXCLUSIVITÉ IMMÉMORIALE DE DÉCISION quant à ce qui est acceptable ou non en matière de relations interpersonnelles entre les hommes et les femmes.'' C'est une évolution (révolution!) de mentalité qui dépasse de loin tout ce qui peut être atteint par des lois, comme le démontre clairement votre réaction.

    • Jean Lacoursière - Abonné 10 août 2020 11 h 37

      Monsieur Thibaudeau,

      Pourquoi les personnes ne le disent pas immédiatement quand un geste (ou parole) est inaceptable ? Surtout quand ce geste est fait en public, plein de monde autour ?

      Pourquoi attendre 5 ans. Dix ans. Anonymement. Sans donner des détails.

      En mettant tout dans le même panier, du viol au commentaire déplacé ?

      Je préfère attendre les idées du comité transpartisan (Charest, Hivon, Labrie, David) pour améliorer les choses.

      Par ailleurs, je trouve que votre comparaison avec les pro-armes est boiteuse.

    • Jacques Patenaude - Abonné 10 août 2020 11 h 49

      Déja`deux chroniques et maintenant un éditorial qui nous parle de la justice réparatrice sans jamais dire ce que c'est. Au nom de son devoir d'information à mon sens le premier pour un média. Le Devoir doit maintenant nous présenter un dossier expliquant ce que serait dans une société moderne ce nouveau modèle de justice.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 10 août 2020 13 h 43

      @Jean Lacoursière

      Vous avez le droit de trouver ma comparaison boîteuse. Moi, je la trouve extrêmement pertinente, parce qu'elle illustre, dans les deux cas, les biais de perception et d'analyse de ceux qui ne sont obnubilés que par la défense de leurs propres intérêts.

      Je comprends par ailleurs qu'il est extrêmement difficile pour des profanes de comprendre pourquoi existent les délais auxquels vous faites allusion. C'est trop complexe pour pouvoir être expliqué dans des blogues. Mais sachez que cette tendance au silence est connue et archi-documentée depuis très longtemps de façon universelle chez toutes les victimes d'abus (ou presque). Les causes proviennent de ce qu'il y a de plus profond chez l'être humain.

      Vous ne pouvez légitimement présenter les témoignages ''anonymes et sans détails'' comme étant la norme chez les #moiaussi. J'ai également des réserves par rapport à ces cas, surtout parce que je ne considère pas que ces témoignages sont véritablement libérateurs pour celles qui les font.

      Comme vous, j'espère des résultats du comité transpartisan : l'avenir le dira. Mais, dans le meilleur des cas, il ne servira qu'à remédier aux immenses lacunes du système actuel de Justice criminelle par rapport aux abus sexuels. Si vous avez bien lu mon dernier paragraphe, l'enjeu réel dépasse de très loin cette seule dimension, et le comité transpartisan ne pourra y répondre dans son entièreté même avec la meilleure volonté au monde.

    • Jean Lacoursière - Abonné 10 août 2020 14 h 44

      Monsieur Thibaudeau,

      Vous dites que la comparaison entre les arguments de ceux disant s'inquiéter des dénonciations publiques anonymes et les arguments des pro-armes est « extrêmement pertinente ». Hé ben... .

      Ensuite, vous écrivez:

      « Les résultats du comité transpartisan ne serviront qu'à remédier aux immenses lacunes du système actuel de Justice criminelle par rapport aux abus sexuels. [Mais] l'enjeu réel dépasse de très loin cette seule dimension, et le comité transpartisan ne pourra y répondre dans son entièreté même avec la meilleure volonté au monde. »

      Quel est « l'enjeu réel » et comment fait-on pour y remédier ? Y remédier concrètement.

    • Marc Therrien - Abonné 10 août 2020 17 h 16

      M. Patenaude,

      Vous pouvez déjà imaginer ce à quoi ressemblerait un système de justice réparatrice à partir de la référence aux « Actes du colloque de l’École nationale de la magistrature, Édition Dalloz, Paris, 2005 » rapportée dans Wikipédia. Elle nous informe que la justice réparatrice, un modèle de justice qualifiée de modèle éclaté, où se retrouvent la « justice relationnelle, participative, transformatrice ou réformatrice voire restaurative » envisage que les actes criminels et leurs conséquences concernent davantage les personnes qui en sont auteures et victimes que l’État et ainsi, que la négociation de la réparation par l’auteur du crime soit négociée avec sa victime.

      Pour l’instant, les réseaux sociaux ne nous informent que de la mise en accusation par la victime. S’il y a processus de justice réparatrice suivant cette mise en accusation, il serait plus sain qu’il se tienne en privé considérant, « ainsi qu’on l’a vu cet été avec la diffusion d’excuses à ce point odieuses de la part de présumés agresseurs qu’elles n’ont servi qu’à ajouter une couche d’ignominie », l’intensification de l’arbitraire qui s’accentue à mesure que s’accroît le nombre d’arbitres.

      Marc Therrien

    • Jacques Patenaude - Abonné 10 août 2020 22 h 01

      @Marc Therrien
      Je peux bien imaginer plein de chose mais je crois qu'il est justifié que les auteurs d'article dans le Devoir nous précisent leur pensée sur ce sujet. Je suppose qu'il y a exemple dans le monde. On pourrait nous en donner, nous expliquer comment elle envisagent que ça fonctionnerait, quelles sont les ressources requises pour que ce système soit mis en place correctement etc.
      Ce mécanisme si on l'évoque comme solution à un problème aussi épineux mérite mieux qu'un petit article pris sur Wikipédia dont les les auteures n'ont même pas fait mention. Si on veut avoir un débat public sur ce sujet ça serait la moindre des chose.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 août 2020 22 h 19

      « la négociation de la réparation par l’auteur du crime soit négociée avec sa victime »

      Il me semble que c'est justement sous les apparences d'une telle « négociation » que ces crimes, une fois commis, ont bénéficié de l'immunité que confère le rapport de pouvoir entre le père et sa fille, le patron et l'employée, etc. La réparation n'est envisageable que pour autant que la faut est reconnue et si on peut bien sûr espérer qu'elle le soit, le jugement que la société peut et doit prononcer ne doit en aucune manière être suspendu au sentiment de leur perprétrateur. Il ne l'est pas non plus à celui des brigades journalistiques qui se portent au secours des dénonciateurs. Il tient tout entier dans le consensus social tel qu'il est incarnée dans le droit. Celui-ci, par ailleurs, a déjà la capacité de protéger contre la diffamation. On verra bien ce que monsieur Cloutier décidera, mais à première vue, il subit un préjudice qui résulte au pire de l'imprudence de son accusatrice. Cela suffirait déjà à justifier un recours civil.

    • Léonce Naud - Abonné 11 août 2020 10 h 50

      Jean Thibaudeau : Un peuple formé de citoyens armés vous inquiète ? Faites confiance aux connaisseurs : « La Suisse, dont tous les habitants sont soldats, vit parfaitement libre. » Nicolas Machiavel (1469-1527)

  • Serge Lamarche - Abonné 10 août 2020 03 h 32

    Les gâcheurs

    Ce qui fait que les systèmes de justice, incluant le moiaussi, ne fonctionnnent pas sont les fausses déclarations de viols. Le moiaussi est nouveau, alors les faux sont probablement plus rares pour le moment.

  • Françoise Labelle - Abonnée 10 août 2020 07 h 57

    Le courage de dénoncer tôt

    Dans son analyse détaillée des cas rapportés à la police, Cristine Rottenberg soulignait que «Les agressions sexuelles prennent plus de 10 fois plus de temps à être signalées à la police que les voies de fait»
    https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/85-002-x/2017001/article/54866-fra.htm
    [Section: Difficultés sur le plan de l’enquête pour les affaires d’agression sexuelle]

    Rottenberg mentionne «le déni, un sentiment de culpabilité, de honte, d’humiliation et d’impuissance, la peur et le fait de se sentir menacé par l’agresseur». Si ces peurs ne sont pas surmontées, la chaleur de l'accueil y changera peu de choses. Dans une enquête criminelle, le temps est un facteur déterminant.

    Dans une étude subséquente. elle note que le taux de dénonciation a augmenté et que #MoiAussi semble avoir eu un effet.
    «Le nombre d’affaires d’agression sexuelle signalées à la police en 2017 était le plus élevé depuis 1998.»
    «On a constaté qu’avant et après le mouvement #MoiAussi, environ les trois quarts des agressions sexuelles ont été signalées à la police au cours du mois où elles se sont produites (77 % avant le mouvement et 73 % après) et environ la moitié d’entre elles ont été signalées le jour même»
    https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/85-002-x/2018001/article/54979-fra.htm

    • Cyril Dionne - Abonné 10 août 2020 09 h 28

      Le courage de dénoncer de façon anonyme et hypocrite sur les médias sociaux? Si vous voulez assassiner quelqu'un de façon sociale, professionnelle et économique, il n'y pas de meilleur moyen. Pour tous les nouveaux puristes de la Sainte rectitude politique, il y a des gens qui pourraient faire de même avec vous et lancer des accusations non vérifiées et corroborées à votre sujet sur Internet. Rien de plus facile aujourd’hui. Tout simplement un clic de souris. Les hackers russes sont devenus très compétents en la matière et s’apprêtent à jouer un rôle important dans la campagne présidentielle qui s’en vient à grands pas aux États-Unis.

      Ceci dit, Robespierre avait fait de même durant le Révolution française et avait sa propre définition de la culture du bannissement. Tous ceux qui allaient à l’encontre de sa vision personnelle finissaient à la guillotine. Mais vous savez aussi que Robespierre a fini ses jours de la même façon sur l’échafaud la tête tranchée avec ses comparses, Saint-Just et les autres. Il y a beaucoup de Danton aujourd’hui qui passent au bûcher et qui clament haut et fort que les « Robespierre, tu me suis ! Ta maison sera rasée ! On y sèmera du sel ! »

    • Jean Lacoursière - Abonné 10 août 2020 10 h 37

      Et comment y est-on arrivés en 1998 ?

  • Frédéric Lavoie - Inscrit 10 août 2020 08 h 44

    Croire, oui, mais aussi punir le mensonge !

    Vraiment, nous avons un grand chemin à parcourir en ce qui a trait aux tribunaux sensibles aux particularités liées à la sant. mentale et aussi, aux agressions sexuelles. Oui, nous devons croire les victimes, les soutenir, les accompagner. Mais, cela soulève un autre phénomène important, celui des fausses accusations qui détruisent la vie de bien des gens, et nous devons du coup, améliorer aussi et punir sévèrement ces fausses accusations d'agressions sexuelles. Car bien des personnes et familles sont détruites par ces tactiques manipulatoires courantes et destructrices. Un doit aller avec l'autre. Sans ces deux messages en même temps, je crois qu'on court socialement vers un mur. Sans oublier aussi un autre sujet qui dort dans l'ombre: la victimisation masculine sous-estimé. À suivre...

    • Loraine King - Abonnée 10 août 2020 19 h 51

      J'ai lu plusieurs fois que les fausses accusations serait un phénomène important. Vous avez des chiffres?

  • Jean Lacoursière - Abonné 10 août 2020 08 h 52

    Prenons le cas du président de Juripop

    Extraits du Devoir:

    https://www.ledevoir.com/societe/583831/demission-precipitee-du-president-fondateur-de-juripop

    « Le 8 juillet dernier, une jeune femme, qui n’est ni employée ni liée à Juripop, a contacté une avocate de l’organisme pour témoigner d’une inconduite qui aurait eu lieu à l’issue d’une soirée privée, il y a quelques années. M. Cloutier aurait insisté, selon elle, pour avoir une relation sexuelle avec elle, ce qu’elle affirme avoir refusé. »

    Inconduite sexuelle, pas agression. Monsieur Cloutier aurait insisté, elle a refusé. Cette affaire mérite-t-elle d'être connue du public ?

    La jeune femme, anonyme, explique :

    « J’ai vu qu’il était encore au conseil d’administration de Juripop et je voulais les aviser que c’était quelqu’un qui a déjà eu un comportement déplacé avec moi, et que je m’en voudrais si d’autres [femmes] sortaient publiquement et que ça entachait la réputation de l’organisme. »

    La jeune femme n'aimerait pas que la réputation de Juripop soit entachée. Elle n'aimerait pas que d'autres femmes, le cas échéant, sortent publiquement contre monsieur Cloutier.

    Le Devoir poursuit:

    « Ce signalement a été pris au sérieux chez Juripop, assure sa directrice générale, Sophie Gagnon. [Le 27 juillet], le conseil d’administration acceptait la démission de M. Cloutier, effective toutefois à l’issue de son mandat, fin octobre.

    [...]

    « Informée par Juripop de ce dénouement, la victime alléguée s’est d’abord montrée satisfaite, puis déçue.

    [...]

    « Je me suis sentie comme si on me renvoyait chez moi avec une petite tape dans le dos, en me remerciant, mais en même temps me disant que ce n’était pas assez sérieux », dit la victime alléguée.

    [...]

    « Le départ précipité de M. Cloutier, vendredi, aurait été provoqué parce qu’il soupçonnait une sortie publique de la jeune femme. »

    Et dire qu'au départ, la jeune femme voulait protéger Juripoop. Une femme anonyme. Ayant supposément reçu des avances sexuelles insistantes (refusées).

    C'est du joli.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 10 août 2020 18 h 50

      D'un coté:
      "M. Cloutier aurait insisté, selon elle, pour avoir une relation sexuelle avec elle, ce qu’elle affirme avoir refusé. »

      Inconduite sexuelle, pas agression. Monsieur Cloutier aurait insisté, elle a refusé."

      De l'autre : " Si c'est pas oui c'est non "

      Hors pour avoir réponse de oui ou de non il faut que quelqu'un quelque part ai poser la question, comme dans la chanson "voulez vous coucher avec moi, ce soir"...

      Là poser cette question devient une inconduite sexuelle....

      Ça devient d'un ridicule total !