Espoirs pour la rentrée

La présence colorée de longues files de bambins cet été dans les camps de jour a fait du bien à l’âme. Du bien aux témoins de ce spectacle de « normalité ». Du bien aux parents, qui, après de longs mois de mariage forcé travail-école-famille, rêvaient d’une demeure redevenue silencieuse. Mais du bien surtout aux enfants, sur qui les effets tristounets d’un manque de contact avec les pairs, ces copains si précieux pour le développement social, ont été peut-être plus importants qu’on ne le soupçonne.

Cette expérience estivale rappelle que tout doit être mis en œuvre pour que les élèves du Québec connaissent une rentrée scolaire le plus près de la normalité qui soit. Et qu’ils demeurent en classe, autant que faire se peut. Une année scolaire en dents de scie, échevelée et mal planifiée pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur la réussite et le parcours scolaire de milliers de jeunes Québécois, sans compter leur développement personnel.

Le plan de match du ministère de l’Éducation duQuébec est attendu la semaine prochaine dans une forme plus précise que celle dévoilée au cœur du mois de juin. Il sera bon de revoir le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qu’on espère cet automne un acteur plus présent sur la scène politico-publique. Les ratés du printemps ne laissent plus d’espace pour l’incertitude et la confusion. Même si le spectre d’une seconde vague de COVID-19 plane sur le Québec, les règles du retour en classe doivent être claires, et prévoir l’imprévisible, même si c’est beaucoup demander. Écoles, centres de services et ministère n’ont plus le refuge du manque de temps pour expliquer l’improvisation, le manque de ressources, et les aléas sanitaires.

Toutes les provinces du Canada, ou presque, ont fait connaître leur plan de retour en classe. Différentes variations sur le thème du port du masque, sur le caractère obligatoire ou non de la fréquentation scolaire, sur le nombre d’élèves par groupe, sur les jours de présence en classe, sur le « présentiel » et l’enseignement virtuel se retrouvent dans ces planifications dessinées en fonction des réalités distinctes des provinces. Nous formulons quelques souhaits pour une rentrée placée sous le signe de la limpidité et de la bienveillance.

École obligatoire. Le Québec a décidé que la fréquentation scolaire selon le mode décrété par le ministère serait obligatoire. Il est compréhensible que cette rentrée COVID-19 provoque quelques bouffées d’anxiété chez les parents, mais ce n’est pas un prétexte suffisant pour que l’école à la maison devienne un refuge pour les inquiets. Que ce repli des parents nerveux soit interprété par le ministère comme une réaction d’inquiétude provoquée par le grand bazar scolaire du printemps. Si le plan est clair et rassurant, les parents seront confiants.

Port du masque.Nos voisins ontariens ont provoqué la surprise en annonçant que les élèves de la 4e à la 12e année devraient obligatoirement porter le masque à l’école, de même que le personnel. Si cette mesure peut favoriser le maintien des élèves à l’école, pourquoi ne pas l’envisager au Québec, au moins lors des déplacements d’élèves, en dispensant les plus petits du port du couvre-visage. Cette mesure serait cohérente avec les recommandations de la santé publique dans les transports en commun et les espaces publics fermés. Les Québécois chamboulés par la valse-hésitation récente et quelques incongruités — l’ouverture des bars, par exemple — ont soif de cohérence.

Élèves du secondaire. Trop d’élèves du secondaire ont vécu un abyssal passage à vide lorsque la pandémie a sonné la fermeture des écoles. Là où certains — au privé, souvent — ont démontré l’agilité nécessaire pour rendre l’enseignement à distance dynamique et utile, ailleurs, une trop grande quantité d’élèves ont été laissés à eux-mêmes, à un âge où l’encadrement, la régularité dans les apprentissages et la disponibilité des ressources sont cruciaux. Espérons que les centres de services aient réussi à intégrer au retour en classe le plus grand nombre d’élèves du secondaire, sinon, les taux de réussite, malheureusement, risquent d’en pâtir gravement.

Protocoles concis. Partout où un retour à la normale s’opère, de nouveaux protocoles sont en place, où les brigades de nettoyage côtoient les intervenants chargés du respect des mesures de distanciation sociale. Mais il faudra annoncer aussi les règles à suivre si un cas de COVID-19 se déclare : l’enquête épidémiologique sera plus facile à mener dans un contexte de groupe ou de « bulle », mais qui retournera-t-on à la maison, hormis l’enfant affecté ? Sa bulle en entier, son groupe-classe, l’enseignant ? Les parents auront raison d’exiger qu’à ce chapitre, le plan soit des plus balisés.


 
30 commentaires
  • Jérôme Guenette - Abonné 7 août 2020 01 h 56

    L'école à la maison est une option reconnue par le ministère.
    Il existait déjà avant la pandémie des ressources en ligne pour pouvoir finir son sec.5 et aller au cégep.
    Offrir des cours en lignes de qualité et donner plus de ressources pédagogiques pour faire l'école à la maison pourrait être une option à envisager pour ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas retourner en classe.

    Vous dites: "Que ce repli des parents nerveux soit interprété par le ministère comme une réaction d’inquiétude provoquée par le grand bazar scolaire du printemps. Si le plan est clair et rassurant, les parents seront confiants." L'inquiétude est causée par la mauvaise organisation (comme de ne pas vraiment savoir à quoi s'attendre à cette date-ci) et le mauvais leadership. Même si jamais le plan est clair et rassurant pour les parents, le monde de l'éducation publique manque cruellement de ressources et a perdu confiance envers le ministre qui est déconnecté de la situation dans les écoles. Par exemple, il manque d'enseignants en temps normal et des groupes se sont retrouvés sans adulte devant eux à la rentrée dans les dernières années. Ça sera pire cette année parce que bien des enseignants ne pourront pas rentrer au travail pour des raisons médicales et que d'autres partiront en quarantaine pour deux semaines. Pour que les parents soient confiants, il faudrait être certain qu'il y ait un enseignant en classe, et qu'il ait eu le temps de s'organiser. Les CHSLD et le monde de la santé avaient un plan, mais pas les ressources en personnel. On a vu le résultat.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 août 2020 07 h 53

      "Les CHSLD et le monde de la santé avaient un plan, mais pas les ressources en personnel."

      En tout respect, je ne suis pas d'accord.

      Si tout ce beau monde avait eu un plan, il n'y aurait pas eu obligation de former à la vitesse grand V 10 000 préposés aux bénéficiaires.S'ils avaient eu un plan, ils auraient fonctionné sur le même mode qu'en Colombie britannique.La ministre des Aînés le savait bien avant mars 2020 qu'il manquait de personnel dans les CHSLD.

      Ils n' avaient tellement pas de plan qu'ils ont été obligés de changer de ministre pis de sous-ministre en cours de route.

      Pas trop rassurant: c'est le même mode de gestion au scolaire chez les francophones.

    • Jérôme Guenette - Abonné 7 août 2020 09 h 25

      @ M. Grandchamp

      Ils avaient un plan, mais pas de personnel ni la capacité de le mettre en oeuvre. Et je suis d'accord avec vous, c'est le même mode de gestion au scolaire et dans la santé. Le fait que le ministre Roberge soit encore en poste montre que l'éducation n'est pas une priorité et/ou qu'on ménage les militants de la première heure.

      Des solutions existent: le privé les applique. En ce moment, le gouvernement crée plus de confusion et d'insécurité que de plan.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 août 2020 11 h 29

      @ M. Guenette

      L'origine du problème: la lourdeur et le manque de transparence des CISSS et les CIUSSS.

      Ils avaient un plan mal adapté. Il aurait fallu: 1- que la question du manque de PAB soit réglée auparavant 2-avoir du matériel de protection( masques...etc) en banque. La Colombie britannique compte environ 5,1 personnes: tout récemment, ils avaient seulement 195 décès. Eux, ils l'avaient le plan.

      Et puis, cela a tellement mal fonctionné qu'Ils ont été obligés de changer de ministre.

      Moi, ce qui m'inquiète: nous avons maintenant le même mode de gestion des écoles chez les francophones.Imaginez que dans votre municipalité, il n'y a plus ce citoyens élus démocratiquement pour y sièger et que le DG est la seule personne pour aller sur la place publique. Regardez en santé: savez-vous ce qui se passe actuellement dans votre région?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 8 août 2020 07 h 30

      @ M. Guenette

      Il faut faire attention quand on parle d'établir une politique pour le public.Gérer une école privée, avec un nombre limité d'élèves et une clientèle homogène, c'est très particulier. De plus, la clientèle du privé et celle du public ont des caractéristiques distinctes:

      "Au Québec, on constate que « 90 % des élèves qui fréquentent une école privée sont dans un établissement favorisé », 10 % dans des écoles « moyennes » et aucun (0 %) dans une école défavorisée. Par contre, ce n’est que 6 % des élèves des écoles publiques qui ont la chance de fréquenter une école favorisée, tandis que 73 % se retrouvent dans des écoles « moyennes » et 21 % dans des écoles défavorisées"
      https://www.ledevoir.com/opinion/idees/485676/une-profonde-reforme-s-impose-en-education

  • Pierre Grandchamp - Abonné 7 août 2020 06 h 58

    Mode de gestion des écoles comme en santé

    Le fait d’avoir fait disparaitre les commissaires scolaires élus est loin d’aider dans ces circonstances. Il n’y a plus de personnes obligées de rendre des comptes sur la place publique. Le Centre de services scolaire est dirigé comme les CISSS ou CIUSSS en santé : ce sont des boîtes sclérosées où seul le DG a le droit d’aller sur la place publique. On a remis la gestion des écoles entre les mains des cadres, comme en santé. Vous connaissez le nom du DG de votre CISSS ou de votre CIUSSS? De votre CSS(Centre des services scolaire) ?

    Le président de ma commission scolaire était mon *maire*. Mon commissaire d'écoles était mon *conseiller municipal*: une personne à qui se référer.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 août 2020 08 h 52

      M. Grandchamp, c'est terminé pour les commissions scolaires. Fini, complété et achevé. Et ce ne sont pas les commissions scolaires qui enseignent aux élèves.

      Commissions scolaires, produit du colonialisme anglo-saxon, Lord Durham oblige,

      RIP - REP

      1856 – 2020

      Amen.

      Ceci dit, après avoir pris note du plan ontarien pour la rentrée des élèves en septembre, un système que je connais très bien, eh bien, il sera impossible à appliquer. Impossible est devenu non seulement anglais, mais aussi français en temps de pandémie avec des enfants et des adolescents.

      Une fois qu’on fait le tri des vœux pieux et de la pensée magique, on fera tout sauf enseigner pour les enseignants et apprendre pour les élèves. C’est peut-être pour cela que le ministère de l’éducation de l’Ontario a annulé ses tests formels standardisés de fin d’année pour les 3e, 6e et 9e années qui mesurent entres autres, les apprentissages reçus durant l’année scolaire. Ils savent fort bien que la pédagogie ne sera peut-être pas au rendez-vous en 2020-2021.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 août 2020 16 h 25

      Des employés du réseau sur le Conseil d’administration

      Je questionne cette politique. Ces dernières années, nous avons eu trois médecins à la tête du Ministère de la Santé. L’avant-dernière ministre, et très sympathique Mme McCan, était gestionnaire en Santé; on vient de la remplacer par un comptable et homme d’affaires ne venant pas du réseau. Comment il se fait que la question du manque de 10 000 préposés n’a pas été réglée avant mars 2020 ? Il y a un médecin ministre délégué à la Santé. Sur les CA des CISSS s'y trouvent des gens super qualifiés du domaine de la santé et des services sociaux...pis ça nous a donné un des pires bilans au dossier de la pandémie.Le problème: ces gens-là ne sont pas élus démocratiquement et ne peuvent pas intervenir sur la place publique.

      Or, c'est le même mode de gestion au scolaire, chez les francophones.Pas rassurant! On le voit actuellement: c'est le vide sur la place publique en ce qui concerne le scolaire! S'Il y avait des commissaires d'écoles, ils aurait sûrement présenté leurs pré.occupations et transmis les doléances de leurs commettants.

      Je déplore fortement ce recul démocratique de la disparition du commissaire d’écoles élu. Je préfèrait de beaucoup cette formule où une personne a l’audace de mettre son nom sur la place publique, durant la période de mise en nomination, pour proposer ses services en acceptant d’être soumise à une élection, si nécessaire. Peu m’importe qu’elle soit élue par acclamation ou non!

  • Gilbert Talbot - Abonné 7 août 2020 07 h 47

    Et si une deuxième vague déferle cet automne?

    Le ton de votre texte est naïvement positif madame Chouinard. Votre optimisme de circonstance malheureusement ne tient pas compte de la réalité de la situation actuelle. En fait, vous mettez l'accent sur la beauté de la socialisation des élèves en donnant comme modèle les camps de jour de l'été. Une école c'est pas pareil, madame Chouinard: d'abord c'est un lieu fermé où les jeunes devront porter un masque. Dîtes- moi franchement: avez-vous porté un masque pendant cinq heures tous les jours? Difficile de bién respirer, de se faire bién entendre, ça pique et ça gratte, parfois même ça donne des boutons. Deuxièmement: le but de l'école, ce n'est pas de jouer, même si le jeu peut être un des outils pédagogiques. Non, le but de l'école c'est d'apprendre à lire, à écrire, à compter et à raconter. Ça ne peut pas se faire en portant un masque. Comme un des commentateurs ici l'a remarqué, dans la situation actuelle, l'école à la maison, sans masque, l'école virtuelle, sont de meilleurs options, surtout Si une deuxième vague déferle cet automne.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 août 2020 09 h 50

      M. Talbot,

      C’est bien sûr que l’école virtuelle peut être une solution. D’ailleurs, il y a des familles qui choisissaient l’école à la maison. Cependant, si en avril-mai-juin, les écoles privées ont pu s’occuper de leurs élèves par l’école à la maison et/ou l’école virtuelle, c’était moins évident au public…surtout en milieux défavorisés.

      IL y a, aussi, un autre défi. Si les écoles ouvrent normalement, les profs devront s’occuper en surplus des élèves dont les parents auront choisi de garder leurs enfants à la maison, par crainte de contamination par leurs enfants.

      Décision pas facile pour le ministre de l'Éducation!

    • Jean Richard - Abonné 7 août 2020 12 h 02

      « C’est bien sûr que l’école virtuelle peut être une solution. D’ailleurs, il y a des familles qui choisissaient l’école à la maison. »

      L'école virtuelle, peut-être, mais pour être efficace, elle devra être repensée, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain comme on a tenté de le faire en mars dernier. J'ai connu des enfants qui en très peu de temps sont devenus des zoombies, s'étant mis à détester cette approche de l'école où zoom tente de recréer l'âme de la classe sans jamais y parvenir.

      Autre aspect dont on oublie de parler : l'environnement familial inadéquat. Imaginez par exemple une famille aux revenus très modestes, habitant sur le pas toujours chic Plateau-Mont-Royal, une famille avec un couple et trois gamins d'âge scolaire. Les trois gamins tentent de participer à l'école zoom et les parents aux revenus modestes ont dû se mettre au télétravail. Jusque là, tout semble aller bien jusqu'à ce qu'on jette un coup d'œil sur le matériel (et même le logiciel). Quand il faut manger, se loger, s'habiller à Spéculoville, il ne reste plus grand chose à la fin de mois. Il faut donc restreindre ses ambitions : un seul ordinateur pour la famille et un accès internet à faible débit, le haut débit faisant passer le budget dans le rouge, car les fournisseurs d'accès internet sont un peu beaucoup voraces.

      Alors voilà, on se retrouve avec un ordinateur pour cinq personnes, des visioconférences en mode images saccadées, ce mode de transmission bouffant de la bande passante plus qu'on en offre dans le forfait économique, forfait compte-gouttes devrait-on dire. C'est la galère. Si l'école conventionnelle parvient à minimiser lles inégalités sociales et économiques chez les élèves, l'école virtuelle fait malheureusement le contraire.

      L'accès à un ordinateur (ou même une tablette) décent, l'accès à internet grand débit, ce n'est pas pour tous. Si on devait refermer les écoles avec une deuxième vague, on sait où se trouveraient les foyers d'éclosion du décrochage.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 août 2020 12 h 20

      M. Richard, j'apprécie votre point de vue. En y ajoutant le fait que au moins le quart des familles sont monoparentales:https://www.clinique-psychologues-montreal.ca/problematique.php?prob_id=35

      Ajoutons les élèves EHDAA(handicapés, difficultés d'adaptation et/ou d'apprentissage).Et comment enseigner à distance à des élèves de pré maternelle?

  • Benoit Samson - Abonné 7 août 2020 08 h 07

    Résultats importants du laboratoire vivant du Kansas

    L’ordonnance de la Gouverneure du Kansas au début de l’été de porter le masque dans tous les endroits publics intérieurs et extérieurs a été déboutée en cours. Les juges du Kansas ont décidé que cette décision appartenait aux villes et que la Gouverneure ne pouvait l’imposer à tout l’État.
    Certaines villes ont néanmoins choisi de respecter son ordonnance. D’autres non.
    Deux mois plus, tard la preuve est faite que les villes qui ont forcé le port du masque dans tous les endroits publics intérieurs et extérieurs ont réussi à réduire les cas d’infection de façon très significative en comparaison des autres villes dans lesquelles la contagion fait toujours rage.
    La preuve est faite pour ceux qui en doutaient encore : le port du masque prévient la contagion à la COVID-19 de façon significative.
    Il serait irresponsable d'ignorer les résultats de cette expérience. Nos gestionnaires devront faire porter des masques aux élèves comme on le fera en Ontario. Les enfants s’adapteront rapidement au travail avec un masque comme nos médecins, infirmiers et infirmières le font régulièrement dans les salles d’opération et les urgences.
    Il serait irresponsable d’ignorer les résultats de cette expérience fortuite déclenchée par des juges qui ont eu tort de toute évidence de contrer les efforts de leur Gouverneure pour contrôler la propagation de la COVID-19 au Kansas.

    • Jacques Patenaude - Abonné 7 août 2020 13 h 20

      J'aime bien votre conclusion. Un groupe de parents viens de décider de faire appel aux tribunaux. dites-moi quelle compétence ont les juges pour trancher la question?

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 7 août 2020 09 h 19

    Contre le port du masque chez les jeunes

    Je suis absolument contre toute forme de restriction chez les enfants d'âge primaire et secondaire, pas de distantiation obligatoire et ni port du masque.
    Que cette folie cesse, les enfants doivent reprendre une vie normal, ils sont nos batisseurs de demain, ceux qui vont assurer notre avenir et notre qualité de vie quand nous le pourrons plus, ils sont ce que nous avons de plus précieux à tout les niveaux.
    Que les gens à risques sortent de leur nombril et cessent d'ignorer les conséquences sur nos enfants.
    Les adultes ok, je suis pour, les moins de 18 ans, non.

    Et que ces maudits parents qui craignent le virus plus que les conséquences de ces pertubations sur leur enfant s'achètent un livre sur la santé mental globale, les risques sont bien plus grand de développer un trouble en plein développement
    C'est pas moi qui le dit mais la fédération des pédiatres.

    • Benoit Samson - Abonné 7 août 2020 11 h 09

      Madame Geoffrion, je fais partie des ‘’maudits parents’’ qui craignent les ravages du virus chez les adultes, les grands parents et aussi les enfants dont certains en sont morts et d’autres restés handicapés.
      Vous avez raison de mentionner qu’il serait préférable que les enfants n’aient pas à se couvrir le visage à l’école. Cependant cela ne relève pas de la ''folie'' de devoir s’adapter aux circonstances et apprendre des leçons récentes de la science. Albert Einstein définissait ainsi la folie: ''Insanity: doing the same thing over and over again and expecting different results.'' ( poser les mêmes gestes à répétition en espérant des résultats différents). Continuer à ignorer le fait que les masques préviennent la transmission du virus ne résultera pas en des résultats différents. L’infection se propagera. Les écoles refermeront et des individus en perdront leurs vies. Tout cela est évitable.
      Il serait irresponsable de ne pas prendre les précautions les plus élémentaires pour protéger les enfants et leurs familles en leur faisant porter un masque dans les écoles jusqu’à ce qu’un traitement ou vaccin efficaces deviennent disponibles. C’est ce que la science dicte en aout 2020 malgré certains désavantages que vous mentionnez.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 7 août 2020 12 h 36

      Justement ne pas refaire la même erreur, on a isolé des enfants qui attrapent et transmettent peu le virus.
      Des profs masqués qui gardent leur 2m de distance aurait été suffisant mais on ne le savais pas à ce moment, alors bravo pour la prévention.

      Maintenant 5 mois plus tard on sait que les enfants ont peu d'impact sur la transmission et on sait qu'il y a eu des dommages collateraux immenses chez les jeunes, les services de pédo psy, orthophoniste, orthopédagogue sont bondés, les pédiatres ont alertés la santé publique: anxiété, depression, retard scolaire, pas de vaccination ect...

      Alors dites moi pourquoi leur imposer le masque?
      La science est plutôt claire, les enfants ont un système immunitaire fort et le virus s'y attache peu.

      Moi je pense plutôt qu'Einstein se retournerait dans sa tombe si il savait que pour protéger des gens en fin de vie on déséquilibre la scolarité et on joue avec la santé mental de deux générations d'enfants.

      C'est un non sens social et économique à court, moyen et long terme.

    • Benoit Samson - Abonné 7 août 2020 15 h 05

      Facebook et Twitter ont loqué le compte du président des USA, Trump, pour avoir fait l'énoncé erroné que vous faites :
      ''La science est plutôt claire, les enfants ont un système immunitaire fort et le virus s'y attache peu.''
      Le Devoir a été plus généreux à votre égard que Facebood et Twitter l'on été avec Trump.

    • Marc Therrien - Abonné 7 août 2020 18 h 37

      M. Samson,

      Il se peut que madame Geoffrion soit plutôt du côté de Nietzsche qui pensait que « la folie est quelque chose de rare chez l'individu ; elle est la règle pour les groupes, les partis, les peuples, les époques ». Et suivant Démosthène qui a dit que « C'est de la folie que d'entreprendre quelque chose au-dessus de ses forces », la folie humaine, bien camouflée par l’apparat de la Raison, consiste à croire que l’on peut vaincre la mort et à prendre tous les moyens pour y arriver.

      Marc Therrien

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 7 août 2020 18 h 37

      Trump, Facebook et twitter, quel crédibilité...

    • Cyril Dionne - Abonné 7 août 2020 21 h 57

      Non Mme Geoffrion, c’est justement à cause que les enfants n’ont pas un système immunitaire très développé à leur âge que celui-ci ne réagit pas en présence d’un pathogène comme la particule du coronavirus. C’est pour cela que la plupart ne sont pas malades. Chez les adultes, c’est tout le contraire. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’est plus présent dans leur organisme et que celui-ci ne pourrait pas réapparaître a posteriori.

      Pour le port du masque dans les écoles, je suis cependant de votre avis. Je ne vois pas comment un enfant de 9 ans pourrait le porter toute la journée sans que celui-ci devienne infecté s’il se trouve en face de quelqu’un qui est contaminé. Dans une salle de classe, si quelqu’un a un rhume, tous y passeront à moins d’avoir les antigènes au préalable.

      En Ontario, ils doivent aussi le porter sur l’autobus, donc en tout temps. Les enfants vont jouer avec cela et plusieurs vont se « tanner » et l’enlever tout simplement. Et les enseignants deviendront la police du masque sans pouvoir enseigner.

      Le problème dans tout cela, c’est que les enfants retournent à la maison et peuvent infectés des gens à risque à leur insu. De cette façon, ce virus sera toujours présent avec nous. Et on continuera à en parler pour des années à venir.

      P.S. En Ontario, toutes les sessions d’éducation physique se tiendront à l’extérieur.

    • Benoit Samson - Abonné 7 août 2020 23 h 38

      Monsieur Dionne je partage aussi les doutes que vous mentionnez sur la capacité des enfants de garder la discipline du port du masque.
      Il se peut que l'on réalise très vite que cette option n'est pas applicable pour les raisons que vous menionnez.
      D'un autre coté., les enfants pourraient nous surprendre et s'adapter à cette demande plus vite que l'on pense. Considérant les enjeux importants de la propagtion de la contagion il me semble approprié de voir comment ils se comporteront, espérant une belle surprise de leur part.
      Je vous donnerai tout le drédit sur cette tribune d'avoir fait la bonne prédiction s'il s'avère que le projet du masque chez eux est inapplicable. Ce sera facile car il semble que nous souhaitions tous le meileur résultat possible avec le retour en classe des jeunes.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 août 2020 07 h 00

      M. Samson, j'ai enseigné plus de 25 ans surtout au primaire. Les enfants ne vont pas surprendre personne et la plupart ne s'adapteront pas à cette demande. Pire encore, ceux qui ont des problèmes de comportement ou sont en crise pour quelque soit les raisons, vous allez voir un petit masque s'enlever dans un temps record. J'ai assisté à plusieurs reprises avec un enfant en crise qui courait partout et frappait tout le monde avant qu'on arrive à le calmer. C'est cela, la réalité scolaire dont on ne parle pas.

      En passant, j'ai le programme de l'Ontario et je me demandais si celui-ci n'était pas une oeuvre de fiction. L'école est une microsociété. Est-ce que vous connaissez des sociétés où tout le monde est parfait et tous observent les lois et les directives en même temps sans aucun récalcitrant? Moi pas.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 8 août 2020 10 h 27

      Peut-être parce que j'ai 43 ans, 2 enfants d'âges scolaires dans une ruelle verte grouillante d'enfant et de parent, je suis témoin chaque jour des conséquences sur les enfants et par la bande, les parents et les familles.

      Dans les 5 derniers mois j'ai vu des enfants que je connais très bien, de bonne famille, aimé, bien nourri, dépérir mentalement, imaginez les autres.
      Ca ne peut plus continuer, l'école est sûrement le deuxième aspect de la vie d'un enfant après sa famille.
      Et au niveau déséquilibre du milieu scolaire l'élastique est tiré au max, un retour à la normal le plus rapidement possible est la seule chose qui peut diminuer les conséquences néfastes du confinement.

      Je lis qu'une femme poursuit le gourvernement car sa fille se fait garder par sa grand mère en immuno déficiente et elle exige d'avoir la classe en direct sur zoom. Ces cas ne peuvent pas influencer l'approche, comme tout le monde cette dame dois trouver une solution comme tout les parents l'ont fait depuis le confinement et cet enfant doit aller à l'école.

      Alors pour que je sois pour de continuer de perturber leur monde scolaire d'une façon ou d'une autre, masque et distance entre les enfants, je veux voir des preuves scientifiques bétons que les mesures aura un impact réel, pas juste de la poudre aux yeux pour faire diminuer l'anxiété générale. Je préfère augmenter les mesures chez les adultes et laisser jeunes étudier en paix.

      Car comme dit M.Dionne, impossible que les enfants utilisent le masque de façon efficace, pareil pour la distance, que de stress et de gestion pour le personnel et les élèves pour pas grand chose au final, alors à quoi bon l'imposer?
      Le lavage de main, les classes extérieures, le purel, le nettoyage des surfaces...il y a des mesures moin contraignante pour un enfant qui serait tout autant efficace et encore...rien n'est parfait.

      De toute façon si vous êtes à risque, la seule solution est de porter un masque en tout temps, garder 2 m de distance, évitez les lieux publi

    • Benoit Samson - Abonné 8 août 2020 11 h 10

      Je reconnais votre compétence et prend note. Merci de faire cet ajout. Et peut être me ramener à la réalité.
      Que ferons nous quand les écoles refermeront dans 3 semaines ?
      Pas facile.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 8 août 2020 12 h 56

      Merci M.Samson, croisons les doigts pour que la deuxième vague n'arrive pas;)

    • Pierre Grandchamp - Abonné 8 août 2020 13 h 39

      Mme Geoffrion et M. Samsom, je suis vos échanges courtois, avec beaucoup d’intérêts. Je comprends les questions légitimes de Mme Geoffrion et celles de M. Samsom.

      J’ai regardé les plans de retours à l’école dans les autres provinces : ça varie de l’une à l’autre.

      Je comprends L’ÉNORME défi de la Santé publique qui doit prendre des décisions TRÈS difficiles. Je comprends les interrogations du parent Geoffrion; comme je comprends les interrogations des enseignants(es), via notamment Sylvain Mallette, président de la FAQ.
      J’ai des proches dans l’enseignement à la maternelle et au primaire. J’ai des petits-enfants au primaire et au secondaire. J’ai une proche qui travaille en Santé et qui travaille en CHSLD; elle a travaillé *dans le jus* soit en zone rouge. J’ai des connaissances qui enseignent au secondaire.

      Vrai que l’enseignement à distance peut amener des jeunes à devenir *zoombies*!Et que ce ne sont pas toutes les familles où l’enseignement à distance est aisé…et possible.
      Vrai que la Santé publique prend parfois des décisions équivoques. Par exemple : pas de masque en mars; masques en juillet. A un
      moment donné : ouverture des bars; mais pas des églises.

      Mais, en conclusion, j’aurais tendance à suivre la logique de M. Samson; mais je comprends très bien la maman.