Déroute américaine

Il tombe évidemment sous le sens que la fermeture de la frontière canado-américaine à la circulation non essentielle soit prolongée. Suivant un nouvel accord de principe dont ont convenu Ottawa et Washington cette semaine, elle le sera donc jusqu’au 21 août. À voir la confusion dans laquelle s’enfoncent les États-Unis face à la pandémie, on peut déjà scénariser que la rouvrir à la fin du mois d’août posera encore problème. Le sauve-qui-peut des ressortissants canadiens qui rentrent des États-Unis — leur nombre a augmenté de 50 % au fil de la crise — témoigne bien de cette confusion dans laquelle notre voisin malade n’arrive pas à mettre de l’ordre.

Les débats qui agitent les Américains sont aussi les nôtres, comme ils sont ceux d’une grande partie de la planète — confinement / déconfinement, masques, dépistage, distanciation physique, retour des enfants à l’école, hôpitaux qui débordent —, mais ils sont aux États-Unis aiguisés par des déchirements partisans qui n’empoisonnent que depuis trop longtemps la vie politique et par un président qui n’accepte pas qu’un virus puisse ainsi paralyser la plus puissante économie du monde — et compromettre sa réélection. Il n’entre pas dans la caboche de cet homme, tout à cet horrible travers qui consiste à jeter partout et tout le temps de l’huile sur le feu, qu’éteindre le virus et relancer l’activité économique sont deux objectifs complémentaires et non pas contradictoires.

Avec le résultat que, loin d’avoir disparu « comme par miracle » au printemps, ainsi que l’avait prédit M. Trump en février, l’infection progresse à l’heure actuelle dans 41 États. Elle est le plus virulente en Floride, au Texas, en Arizona et en Californie. De peur de vivre une nouvelle catastrophe, l’État de New York tente d’encadrer rigoureusement la circulation interétatique, si tant est que ce soit possible. Et si des gouverneurs, pressés de rouvrir les commerces, semblaient cette semaine prendre la mesure de la résurgence de la menace, ils le font en ordre dispersé, sinon en traînant les pieds. La pandémie est aggravée ici et là par des disputes sur la marche à suivre entre paliers de gouvernement, comme en Géorgie où le gouverneur républicain de l’État est à couteaux tirés avec la mairesse démocrate d’Atlanta.

Le contexte en devient un de politisation générale de la crise, où les bars et les masques sont autant des enjeux de santé publique que de guerres partisanes et culturelles.

Pour toute réaction à l’évidence que les États-Unis sont statistiquement les plus affectés au monde (140 000 morts à ce jour) et qu’ils ne s’en sortiront pas de sitôt, M. Trump a tour à tour tenté de discréditer le Dr Anthony Fauci, son très écouté et très inquiet expert ès pandémies ; et suggéré de ralentir le dépistage suivant la logique implacable voulant que moins il y aura de dépistage, moins il y aura de cas…

Plus grave est le fait que Donald Trump ait décidé mercredi de modifier unilatéralement la Loi nationale sur l’environnement, vieille de 50 ans, de manière à accélérer l’approbation des projets fédéraux d’infrastructure (autoroutes, centrales électriques, pipelines, etc.) en limitant les délais et les conditions d’examen public. Beaucoup y voient la mesure de déréglementation la plus lourde de conséquences jamais adoptée sous le gouvernement Trump, lui qui ne s’est pourtant pas gêné depuis trois ans et demi pour défaire les lois et règlements antipollution.

Il ne viendra évidemment jamais à l’esprit de ce climatonégationniste que cette décision représente pour l’avenir de l’humanité une erreur monumentale. À savoir qu’en l’occurrence, notre vulnérabilité croissante aux pandémies a des causes écologiques profondes et bien documentées, liées directement à la destruction de nos habitats par déforestation, urbanisation, industrialisation… Vrai qu’il n’est pas le seul, loin de là, à faire l’impasse sur cette nécessaire réflexion sur le rapport de l’humain à la nature — comme, par extension, on fait l’impasse sur la critique d’un pouvoir médical dominant qui, ayant les défauts de ses qualités, a tendance à réparer les dégâts plus qu’il ne prévient et responsabilise. Le problème de surconsommation dans nos sociétés en est aussi un de médicaments. Il est en effet « un peu prétentieux de dire qu’un vaccin est la solution à la crise actuelle », comme l’a si bien dit le biologiste et humoriste Boucar Diouf dans une entrevue au Devoir.

Étonnant quand même que la démission de M. Trump ne soit pas réclamée avec plus d’insistance. Drôle de démocratie, que l’américaine. Les électeurs qui l’endurent en jugeront dans les urnes en novembre, si tant est qu’ils aillent voter, dans le respect des institutions et de la fonction. Des urnes dont ce président si irrespectueux de l’État de droit pourrait pourtant décider, dans la défaite, de ne pas accepter les résultats.


 
33 commentaires
  • Réjean Martin - Abonné 18 juillet 2020 07 h 17

    pas près de voir

    non, nous ne sommes pas près de voir un président des États-Unis s'en prendre à notre mode de vie pour véritablement changer les choses...

  • Françoise Labelle - Abonnée 18 juillet 2020 08 h 05

    Tout va bien aller

    Les firmes privées TeleTracking et Palantir, appartenant à un pote à Trump Peter Thiele, vont remplacer la CDC dans la collecte des données sur la Covid. Parions que les cas de covid et les décès diminueront rapidement.
    Quand la jauge indique que vous approchez de la panne sèche, arrachez-là, le problème est réglé.

    La CDC avait prévu à chaque année 21 millions pour la mise à jour de son système de collecte des données. En vain, puisque Trump a coupé dans tous les organismes scientifiques (NIH, CDC. EPA, NOOA, etc.).
    «Coronavirus data is funneled away from CDC, sparking worries» Washington Post, 15 juin
    «Who took down the CDC’s coronavirus data? The agency itself.» Politico, 16 juin.

    Quant au gouverneur Kemp de Géorgie, en 2010, en tant que secrétaire d'État, il a purgé massivement les listes électorales de l'état. Toujours secrétaire d'état, il supervise malgré tout l'élection à laquelle il participe, face à la démocrate Stacey Abrams. Il finit enfin par démissionner, deux jours après avoir remporté l'élection avec 50,3 % des voix. Voilà comment gagner une élection dans une république bananière.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 juillet 2020 10 h 50

      Oui, ça va bien aller Mme Labelle. Pardieu qu’on aime se moquer d’un président d’un pays étranger où nous n’avons aucune influence puisque nous n’en sommes pas des citoyens et où on ne peut voter. Bien oui, on nous parle des 140 000 décès aux États-Unis en occultant le fait que si nous avions leur population, ce serait plus de 222 000 morts chez nous en proportion de la population, et ceci, tout en subissant un confinement assez drastique. En plus, nous avons seulement une densité de population de seulement 5 personnes au km² tandis qu’aux États-Unis, c’est plus de 34 personnes au km², soit presque 7 fois plus au pays du « Donald ». Et on reconduit le chef de la Santé publique pour un autre mandat.

      Bien oui, quelle république bananière ces USA avec ce président mal-aimé. Bien oui, très déroutant ces vérités qui dérangent quand le silence passe pour de la connaissance.

    • Yvon Pesant - Abonné 18 juillet 2020 12 h 09

      Monsieur Dionne,
      Si déjà je m'en offusquais maintenant il m'amuse de vous voir faire l'avocat du diable, c'est le cas de le dire, quand il est question de Donald Trump.

      Un Trump grotesque que le monde entier doit subir et qui fait des États-Unis d'Amérique un pays complètement discrédité sur la scène internationale à cause de la gigantesque grossièreté et de sa pensée et de ses manières de prouver son irrespect et son inculture en tout temps et en tout lieu.

      Il serait bien que les Amerloques et vous-même, monsieur Dionne, finissiez par en convenir.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 juillet 2020 12 h 58

      Cher M. Pesant, les faits parlent par eux-mêmes.

    • Yvon Pesant - Abonné 18 juillet 2020 16 h 10

      Effectivement, monsieur Dionne, les faits parlent par eux-mêmes. Donald Trump est un très grossier personnage que d'aucuns, beaucoup mieux placés que nous pour le savoir vraiment, qualifient de menteur et de tricheur compulsif. Je suis bien content de vous savoir en convenir.

      Quant aux données et statistiques de tous ordres que vous nous servez à même vos commentaires, force m'est de convenir de mon côté qu'elles comprennent leur part de vérité. Mais, croyez-le, elles vous servent à très mauvais escient pour défendre l'indéfendable, que ce soit environnementalement parlant ou, dans le cas qui nous occupe ici, politiquement parlant avec ce genre d'olibrius.

      Cela dit, madame Labelle, je trouve votre commentaire très à propos et vous en félicite.

    • Françoise Labelle - Abonnée 18 juillet 2020 17 h 22

      M.Dionne,
      j'apprends que vous êtes citoyen américain. C'est possible. Alors votez pour que le Canada et le Québec soient autre chose que des valets américains. Les emplois de valets, créés majoritairement depuis 2010 (Brookings Institution), sont très précaires.

      Vos chiffres sont parfois approximatifs. Décès par millions: US 431 Canada 234 Suède 556 (Worldometer)
      Dans votre esprit, le Québec est déjà séparé? Bonne nouvelle! Les causes de décès au Québec sont bien connus: la centralisation Barrette et le roulement du personnel. À lire « CHSLD: la recette pour résister au virus» La Presse, 29 juin.

      Le «Surgeon General» des USA a bien expliqué le cycle de la grande faucheuse: 1) les contaminations puis deux semaines plus tard 2) les hospitalisations puis 3) deux semaines plus tard, ceux qu'on n'a pas pu sauvés, les décès. Non c'est pas fini, c'est rien qu'un début... (Emmanuelle). Et ce n'est pas noir et blanc, il y a les séquelles pour les survivants.

      Aux autres commentateurs, merci. Je ne peux apprécier vos commentaires puisque je boycotte le F des GAFA. Ayant programmé longtemps, le F est plus pour Fatras, en ce qui me concerne.

    • Françoise Labelle - Abonnée 18 juillet 2020 17 h 33

      M.Dionne,
      en effet, «mal aimé», mais bien dressé.
      Je lis le livre de Mary Trump qui montre à quel point il a été mal aimé mais bien dressé par grand-pôpa Trump, comme un copain dresse ses chiens policiers: dominance et territoire.

      M.Pesant,
      merci. Je relis rarement les réactions. J'ai des opinions et je fais mes recherches avant de les «Envoyer». Tout le plaisir est dans la recherche.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 juillet 2020 23 h 08

      Chère Mme Labelle, il n'y a rien d'approximatif dans 5 654 (nombre de victimes au Québec selon le site Québec.ca du 17 juillet 2020 à 16 h) divisé par 8,5 millions (population du Québec - 2020) égale 665 décès par million de population.

      5 654 ÷ 8,5 = 665

      Est-ce qu'on peut-être plus clair que cela? Sinon, expliquez-nous SVP. Et vous pensez sincèrement que le système de santé privé est meilleur aux États-Unis? Curieux tout de même que ce sont tous les états dits démocrates qui ont été et sont les pires contre la COVID-19, New Jersey, New York, Connecticut, Massachusetts et Rhode Island obligent. Ce sont tous des états qui votent majoritairement démocrate avec des maires de ville, des gouverneurs, des représentants du Congrès et des sénateurs démocrates.

      https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/coronavirus-2019/situation-coronavirus-quebec/

    • Jérôme Guenette - Abonné 19 juillet 2020 00 h 41

      @ Cyril Dionne

      Comment arrivez-vous à 222 000 décès au Canada? Personnellement, j'arrive à 16 293, soit deux fois plus que le nombre de décès actuel au pays en faisant une règle de 3 en suivant le taux de décès aux USA.

      142 877 décès chez les Américains X 37 757 881 personnes vivant au Canada / 331 097 557, soit la population des USA = 16 293.

      Par contre, cette même règle appliquée pour 222 000 morts/37 757 881hab. au Canada donne 1 946 710 morts aux USA.

      Selon worldometers.info/coronavirus/#countries, il y a 432 morts/1 000 000 aux USA contre 234/1 000 000 au Canada. La crise là-bas bat son plein contrairement à ici.

      Vous défendiez les mathématiques et la science comme étant porteuses de vérité récemment dans un autre commentaire. Je ne pense pas que le président américain en fasse autant. Quand il proposer de faire moins de tests pour réduire le nombre de cas, il veux changer une procédure pour changer les résultats. Ça s'appelle tricher, mentir.

      Que ça soit Mme Labelle ou toute autre personne qui se moque de lui, ses défenseurs, supportant peu qu'on le raille, se braquent contre ses opposants et se rallient à lui sans trop réfléchir. Son fiel nourrit les attaques dont il est victime. Au bout du compte, ces attaque, les siennes et celles des autres, contribuent à renforcer sa base, et nourrissent le dangeureux dialogue de sourd qui a cours chez nos voisins.

      Quant à la densité de la population, vous oubliez de mentionner que près de 90% de la population canadienne habite à moins de 100km de la frontière américaine. Le 3,81 hab/km2 au Canada n'est pas un statistique valable dans le cas présent, même si la densité de population joue un rôle évident dans la crise présente, parce que cette statistique inclue le Nunavut et Toronto dans son calcul. Daytona Beach a plus en commun avec Toronto qu'avec Kuujuak. Il faut comparer ce qui est comparable.

      Hier sont morts 9 Canadiens et près de 900 Américains. Ils sont 8,8 fois plus nombreux que nous, pas 100.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 juillet 2020 11 h 03

      Cher M. Guenette, vous êtes prêt pour une petite leçon de mathématiques?

      Primo, je n'ai jamais parlé du Canada, un pays étranger pour moi. Je parle toujours du Québec. Comme dans mon autre calcul que j'ai fait pour Mme
      Labelle, on en vient à 665 morts par million de population au Québec à l’heure de ce commentaire. Donc, si on extrapole cette donnée et qu'on multiplie 665 par 333,5 (millions d'Américains sans inclure tous les illégaux qui se situent dans les 20 ou 30 millions), on arrive à la figure de 221 771 arrondis au millier près qui nous donne 222 000.

      665 x 333,5 = 221 775 ou 222 000

      Et je n'ai même pas parlé de l'île de Montréal et de son taux catastrophique. Seulement de la province de Québec.

      Pour la densité de population, on voit bien que vous n'êtes jamais allé aux États-Unis. Il y a du monde partout. Partout. Apres avoir passé beaucoup de temps en Californie, vous ne pouvez aller nulle sans une avalanche de gens. Oui, la densité de population tue dans le cas de notre coronavirus et la proportion du Québec comparée à celle des États-Unis demeure encore 1 pour 7 par km². Pardieu, des concentrations de population et des agglomérations comme celle de Montréal on en retrouve partout aux USA.

    • Jérôme Guenette - Abonné 19 juillet 2020 12 h 59

      @ Cyril Dionne

      Le taux catastrophique au Québec est expliqué par la sitation malheureuse des CHSLD. Le fait de tout mettre dans le même paquet ne donne pas l'heure juste. On verra dans quelques mois ce qui en sera des taux de décès. J'espère que nous auront fait mieux.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 juillet 2020 15 h 51

      Vous pensez qu'aux États-Unis ils n'ont pas des institutions comme les CHSLD au Québec? Pardieu, là-bas, c'est pire qu'au Québec. Et que dire de l'Ontario que je connais très bien? C'est la même situation, mais ils ne les appellent pas des CHSLD. Idem pour la Colombie-Britannique, l'Alberta et j'en passe? Oui, on verra dans quelques mois, surtout cet automne lorsqu'il y aura certainement une 2e vague. Il sera très difficile de réconfiner les gens au Québec et on devra peut-être utiliser la force pour y parvenir si la situation se détériore.

      Oui, comme disait un certain personnage politique québécois, on verra.

      P.S. En Suède, avec un parti politique d'extrême gauche au pouvoir, ils médicamentaient et ils médicamentent tout simplement les patients à la maison pour les laisser mourir chez eux afin que ceux-ci ne comptent pas ou apparaissent dans les statistiques. Ils ont pratiqué et ils pratiquent une certaine forme d'eugénisme et ce sont les médecins décident qui va à l'hôpital et qui va mourir chez lui.

    • Jérôme Guenette - Abonné 19 juillet 2020 22 h 37

      @ Cyril Dionne

      Non, je ne pense pas qu'aux USA ils ont un système de santé public comme ici. Il semble que des gens y soient opposés.

      J'ai cru comprendre au cours des conférences de presse que moins de personnes agées se retrouvent dans les "CHSLD" canadiens.Le Québec représente plus de 60% des décès au Canada, et moins de 25% de la population. Ils ne sont probablement pas arrivé au résultat tragique qui a été le nôtre dans leur CHSLD.

      Ici, on a placé des malades dans des CHSLD qui manquaient de personnel. À partir de là, les choses ont mal virées.
      Selon l'inspq, près de 70 % des décès du Québec ont eu lieu dans des CHSLD de la grande région de Montréal. Ce même site vous donne raison quant au ratio par million de décès au Québec et aux USA. Nous sommes mauvais 2e derrière le Royaume-Uni, qui a nié la virulence du virus.

      Selon worldometers.info/coronavirus, le taux de décès par million de l'état de New York est de 1674, (Québec 432) et ce n'est pas le pire. Andrew Cuomo a prévenu le reste des états en leur disant de se préparer, que leur tour s'en venait.

      En terminant, la définition d'eugénisme que j'ai trouvée est la suivante: "Ensemble des recherches (biologiques, génétiques) et des pratiques (morales, sociales) qui ont pour but de déterminer les conditions les plus favorables à la procréation de sujets sains et, par là même, d'améliorer la race humaine." Quand les médecins doivent décider qui va mourir chez eux ou à l'hôpital, ont est loin de chercher à "déterminer les conditions les plus favorables à la procréation de sujets sains et, par là même, d'améliorer la race humaine." On veut juste, tout comme chez nous, tenter de ne pas surcharger le sytème de santé.

      De ce que j'ai vu avec ma famille, ici non plus on ne se gène pas pour médicamenter les mourants

      Trump n'est pas un sale gauchiste suédois à ce que je sache, et il ne se cache pas pour essayer qu'on compte moins de morts. C'est quand même beau de le voir dire la vérité au sujet de ses mensonges.

  • Jean-Pierre Aubry - Abonné 18 juillet 2020 08 h 20

    De plus en plus dangeraux

    En mars 2018, une de mes lettres était publiée et sont titre était : TRUMP, UN APPRENTI SORCIER DANGEREUX ET IRRESPECTUEUX

    J'ajouerais maintenant que plus il recule dans les sondages et plus la date des élections approche, plus Trump sera dangereux et irrespectueux. Il va tenter le tout pour le tout.

    Jean-Pierre Aubry
    Économiste

    • Robert Laroche - Abonné 18 juillet 2020 12 h 05

      Et pourtant il faut être sans peur et sans reproche face à lui et à ... ses supporteurs.trices québécois!

    • Bernard Plante - Abonné 18 juillet 2020 12 h 40

      Trump maintiendra la stratégie de l'attaque tout azimut jusqu'au debut de l'automne. À la dernière minute, si la stratégie de l'attaque n'a pas fonctionné, on peut déjà prévoir qu'il utilisera la tactique ultime qui fonctionne à merveille: se montrer vulnérable. Par exemple en invoquant un problème de santé dont il serait affligé mais qui ne l'empêcherait pas d'exercer ses fonctions.

      En politique la vulnérabilité, ou le fait d'être victime du mauvais sort, fonctionne toujours au-delà de ce qui pourrait se produire en temps normal. Le cas de Jack Layton (la fameuse vague orange) illustrant la dynamique qui entre alors en jeu au sein de la population, celle-ci ayant tendance à prendre les victimes en pitié, et donc à voter pour elles. Avec la capacité de déformation de la réalité que l'on connaît de Trump il ne serait pas surprenant de voir une telle stratégie se déployer. C'est ce qui est le plus à craindre à mon avis.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 19 juillet 2020 11 h 05

      C'est ridicule. Il y a un camp qui en 2016 n'a pas supporté la défaite et a préféré aller jusqu'à l'impeachment, en alléguant en autres que c'est la collusion avec une puissance étrangère qui a permis l'élection de Trump. On riait de Trump, ici même, avec la question du vote postal. Et voilà que des milliers de votes dans la primaire démocrate n'ont pas été enregistrés en Californie.

      Pour comprendre un peu mieux les fausses allégations de collusion, j'ai écrit plusieurs fois au Devoir, directement aux journalistes et dans les commentaires, en indiquant souvent directement les liens pour le comité permanent pour la sécurité où les mensonges de Clapper (NSA) ou Schiff pouvaient être évidents, j'ai aussi proposé des références, par exemple Aaron Maté dans The Nation, avec son article «Rip Russiagate».

      Actuellement, on aurait pu suivre les requêtes judiciaires autour du général Fynn et constater qu'effectivement la thèse d'une chasse aux sorcières est valide.

      Il s'agit ici d'une très courte synthèse pour étayer l'argument que si vous reprenez exclusivement la rhétorique d'un camp, pendant des années, sans jamais apporter de correctifs, vous vous retrouvez avec une vision complètement tordue de la réalité.

      Un bon exemple, c'est que si vous voulez entendre parler de la démission fracassante de Bari Weiss du New York Time, c'est par un commentaire de Cyril Dionne que vous apprendrez la chose au Devoir, pas par un article. Mon problème c'est que Brousseau, Nicolas ou Pelletier y font très souvent référence.

      Il serait donc normal, si l'on suit l'AFP au Devoir, qui relaie ce qui est important au NYT, que l'on sache quand quelque chose arrive, même si ça concerne l'autre «camp». C'est la même chose avec les émeutes, «Black Lives Matter», et « Chop » à Seattle, Le Devoir n'a pas couvert les morts.  Les propos et les actions de Trump semblent alors déconnectés et quand on fait juste rappeler la chose, on se fait traiter d'émule de Trump. Pas fort.

  • Roger Gobeil - Inscrit 18 juillet 2020 08 h 29

    Fou

    Comment un peuple peut-il être assez fou pour avoir élu un président aussi fou?
    C'est fou pareil!

    • Bernard LEIFFET - Abonné 18 juillet 2020 11 h 25

      Un peuple fou? Même si je suis d'accord sur votre opinion, peut-être serait-il plus juste de poser la même la même question sur le monde entier, dont sur la fédération du Dominion qui a élu un PM qui volète et dont l'attitude fait la risée sur la planète! Pas de quoi se réjouir à voir ainsi des personnages qui, sans s'en rendre compte, rendent les citoyens abrutis par les scandales qu'ils provoquent, à un rthyme tout aussi fou, la pandémie étant devenue, de façon différente, un champ qu'ils tentent de soudoyer pour leur prope compte! Oui, le monde est fou!

    • Hélène Lecours - Abonnée 18 juillet 2020 11 h 56

      Monsieur Gobeil, je ne sais pas si on doit parler de "folie" ou d'ignorance crasse", une ignorance qui se génère elle-même par son refus d'apprendre, de laisser rentrer l'air, de réfléchir. C'est du moins l'impression que nous avons, vu de loin. L'impression d'un panier de crabes bien difficile à percer.

    • Joane Hurens - Abonné 18 juillet 2020 12 h 25

      Les Américains n’ont pas élu D Trump. Le Collège Electoral l’a choisi même s’il a perdu le vote populaire par près de 3 millions de voix.

      L’omniprésence de l’argent des grandes fortunes dans les campagnes présidentielles et de leurs lobbys pourrissent la politique américaine. Cette fragilisation de l’exercice démocratique guette toute société qui baisse les bras ou ferme les yeux sur le contrôle des élus par l’oligarchie “locale”.
      Des milliers d’Americains courageux se battent sans relâche pour éradiquer cette corruption systémique avec des victoires comme la reprise de la Chambre par les Démocrates. Il semble pourtant que seule une catastrophe de l’ampleur de la pandémie pourra provoquer un choc salutaire propre à remettre la démocratie americaine sur les rails. Mais à quel prix!

  • Benoit Samson - Abonné 18 juillet 2020 09 h 34

    Le garrot se resserre sur la démocratie américaine

    C’est ainsi qu’un des pires autocrates de l’histoire recommandait de procéder pour prendre le contrôle total sur un peuple et y régner en maître :
    « la meilleure façon de contrôler totalement un peuple est de lui enlever ses libertés un petit peu à la fois, ronger les droits des citoyens par des milliers de petites réductions presque imperceptibles. De cette manière, les citoyens ne réaliseront pas que leurs droits et libertés leur sont retirés jusqu’au moment où les changements effectués seront devenus irréversibles. »
    Pendant que tous concentrent leur attention sur la progression de la COVID-19 aux États-Unis, leur président qui, selon des sources crédibles a cessé de s’occuper de ce problème, a continué cette semaine à resserrer son garrot sur la démocratie américaine.
    Le 14 juillet, Trump a ordonné que les statistiques sur la progression de la COVID-19 aux États-Unis soient dorénavant transmises seulement à Washington et non- plus au CDC. Il pourra ainsi contrôler l’information disponible au public et peindre la réalité dans la couleur de son choix, sans être contredit par les faits.
    Le 14 juillet, à la suite d’une décision 5-4 de la onzième heure de la cours Suprême, une première exécution d’un prisonnier en 17 ans a été faite. Les derniers mots du condamné ont été ‘’vous tuez un innocent’’.
    Le 15 juillet, Trump modifiait unilatéralement une loi sur la protection de l’environnement vieille de 50 ans.
    Le 17 juillet, les citoyens de Portland ont vu arriver dans leurs rues des militaires sans insignes, fortement armés. Ils sont arrivés dans des véhicules également non identifiés et dans lesquels ils ont incarcérés des citoyens sans chef d’accusation connu. C’est à Washington qu'on les avait vu le mois dernier. Ces forces militaires parallèles à l’armée régulière évoquent le souvenir des Chemises brunes dont Adolf Hitler se servait pour intimider et battre les citoyens qui ne partageaient pas ses objectifs et pour soi-disant faire régner ‘’la loi et l’ordre.’’

    • Bernard Plante - Abonné 18 juillet 2020 12 h 14

      Bien vu M. Samson. Pendant que tout le monde regarde ailleurs, Trump en profite pour resserrer l'étau. Ces nouvelles mesures ajoutées aux nombreuses autres déjà prises depuis son arrivée au pouvoir risque de mener les États-Unis encore plus près de la dictature, et ce en accéléré. Rien de très réjouissant.

      Pire encore est le fait qu'ici même Trudeau déploie une stratégie similaire en ce qui a trait aux évaluations environnementales, tassées du chemin pour faire place aux projets d'une autre époque. Décidément la planète ne tourne pas dans le bon sens.

    • Benoit Samson - Abonné 18 juillet 2020 12 h 37

      Merci de votre commentaire monsieur Plante.,
      Dans cette instance il sera difficile d’accuser Trump d’hypocrisie. On connait ses intentions depuis longtemps. En février 2017, Steve Bannon, conseiller stratégique de Trump, traçait ainsi leur programme de chambardement majeur des États-Unis à odeur hitlérienne : « Notre but : la déconstruction de l’état administratif. » Il ajoutait à juste titre : « si vous pensez qu’ils vous redonneront votre pays sans se battre, vous êtes dans l’erreur… chaque jour, ce sera une bataille. ». Au lendemain du ralliement brutal des suprémacistes blancs américains à Charlottesville que Trump n’a pas dénoncé, David Duke, ancien chef du KKK, confirme que ces violences font partie de la lutte pour « reprendre notre pays ».
      Finalement pour tous ceux qui se réjouissent prématurément de la chute de Trump dans les récents sondages, il serait bon de se rappeler le témoignage télévisé au congrès le 27 février 2019, par l’ancien avocat de Trump, Michael Cohen, qui prédisait que la transition du pouvoir après un scrutin perdu ne serait pas pacifique. Trump lui-même clame en mars 2019 qu’il jouit du support de la police, de l’armée et des groupes criminels de motocyclistes (bikers) dont ‘’la violence contre ses adversaires pourrait se manifester si elle devenait nécessaire’’. Il est très probable que Trump refuserait d’accepter les résultats de l’élection de 2020 s’il devait la perdre, comme il avait prédit de le faire avant l’élection de 2016 s’il n’était pas vainqueur.