Un «Devoir» 100% «maison»

Je vous écris ces lignes, lecteurs et lectrices, après avoir parcouru une dernière fois les locaux du Devoir, où règne un silence abyssal. Pour protéger la santé de notre personnel et faire notre part dans la lutte contre la COVID-19, nous avons délocalisé la production du Devoir, même si nous sommes considérés comme un service essentiel. De notre point de vue, l’essentiel est que nos partenaires d’affaires appréciés chez Québecor puissent imprimer et distribuer le journal pour une clientèle avide de sources d’information fiables et vérifiées.

L’édition que vous tenez entre vos mains revêt donc un caractère historique. Pour la toute première fois de nos 110 ans d’existence, nous avons réussi à produire l’ensemble de nos contenus imprimés et numériques à distance. Nous sommes un média « 100 % maison », produit de A à Z en télétravail par un personnel en mission, déterminé comme moi à faire en sorte que la pandémie ne laisse aucune séquelle sur la qualité et la quantité des contenus livrés pour vous.

Vous n’avez pas idée des trésors d’imagination et du labeur collectif nécessaires à l’accomplissement de ce miracle. En quelques jours, la salle de rédaction a accéléré la mise au rancart prévue d’un logiciel de mise en page issu des temps analogiques pour le remplacer par la technologie d’Eidos, une entreprise italienne dont les programmeurs nous ont soutenus à distance, confinés à… Milan, le centre de l’hécatombe en Europe.

Il faut moins de dix doigts pour compter les membres de l’équipe des technologies de l’information (TI) du Devoir, mais leur force de frappe fut suffisante pour implanter en moins de dix jours le télétravail pour tous.

Je vous écris dans un silence abyssal trompeur, car Le Devoir est le croisement d’une ruche bourdonnante et d’une fourmilière infatigable. Chacun chez soi, nous refusons le chacun pour soi. Et d’une voix commune, tout le personnel vous démontre aujourd’hui que la voix distincte du Devoir ne sera pas réduite au silence.

 

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