Merci, M. Legault

Le premier ministre, François Legault, a remercié les journalistes québécois pour leur travail inestimable de couverture de la pandémie de COVID-19, rappelant au passage que les médias représentent un service essentiel en temps de crise.

Les journalistes ont l’habitude de ne pas faire partie de l’histoire dans l’exercice de leurs fonctions. Ils couvrent des réalités sociales face auxquelles ils peuvent garder un minimum de distance émotionnelle. Ils sont des témoins privilégiés du drame des autres dans la couverture des conflits, des catastrophes humanitaires et climatiques. Leur devoir consiste alors à porter la plume dans la plaie, comme le disait le grand reporter Albert Londres.

Cette fois, c’est différent. Nos journalistes sont devenus des correspondants de guerre domestiques. Tout en suivant l’évolution de la pandémie, ils doivent se protéger de la menace qui meuble et transforme leurs habitudes quotidiennes.

Voilà qui inspire le respect et l’admiration, non seulement pour les journalistes, mais pour tous les travailleurs qui passent leur vie à courir au-devant du danger au bénéfice de la collectivité. Nous réalisons, avec la lucidité de l’expérience nouvellement acquise, que les pompiers, les policiers, les médecins, les infirmières et autres paramédicaux évoluent à l’année dans ces conditions adverses que nous connaissons depuis deux semaines à peine.

Vue de l’extérieur, la pandémie semble sans effet au Devoir. Nos contenus sont plus riches qu’ils ne l’ont jamais été avec la production de près de 700 éléments d’information et le lancement d’une infolettre sur le coronavirus qui a déjà rejoint plus de 13 000 personnes. Nos plateformes numériques, comme celles des autres médias de qualité, connaissent une fréquentation record. Et pourtant, ce travail est accompli dans un climat d’inquiétude pour les membres du personnel qui doivent réorganiser leur vie professionnelle et personnelle tout en maintenant la cadence. Chapeau à toute la profession. On ne pourrait trouver mieux comme démonstration de l’utilité collective du Devoir et de tous les médias de qualité.

Les médias étaient déjà fragilisés par la concurrence des géants du commerce numérique, au point où les gouvernements du Québec et du Canada ont dû adopter un train de mesures de soutien fiscal qui totalisent, dans tout le pays, environ 1,2 milliard pour la période 2017 à 2025. La pandémie accélère maintenant le déclin des revenus publicitaires alors que les annonceurs mettent le holà sur leurs dépenses, en particulier dans le secteur culturel.

Au Devoir, nous réitérons l’importance de soutenir les médias locaux, par l’abonnement et l’achat de publicité. Mais nous élargissons la conversation. Comme le demande le premier ministre, nous invitons nos lecteurs à encourager tous les types de commerce locaux : libraires, épiciers, restaurants, etc. Il en va de la survie des petites et moyennes entreprises.

Des jours difficiles attendent les médias. La faucheuse est déjà passée chez Voir, Métro, dans certains hebdos régionaux. Ce n’est qu’un début. Il incombe aux médias de cultiver leurs relations avec leurs abonnés et leurs donateurs pour traverser cette période de turbulence, car leur salut ne peut plus dépendre de la publicité numérique, captée par Google, Facebook et consorts.

Mais cela ne suffira pas. Pour la durée de la pandémie, le gouvernement doit envisager un réinvestissement massif en publicité, en répartissant les sommes de manière équitable entre les médias locaux et nationaux. Ce n’est pas le moment de privilégier les médias qui ont la portée la plus large au détriment des titres plus nichés tels que Le Devoir. L’heure est à une répartition plus juste du dollar publicitaire québécois par les agences, ministères et sociétés d’État du Québec. L’heure est à la préservation d’un service essentiel.


 
7 commentaires
  • Pierre Fortin - Abonné 21 mars 2020 10 h 47

    Et Monsieur Lachance, l'auriez-vous oublié ?


    Monsieur Lachance, qui à plus de 70 ans et encore bien vert, est celui qui chaque matin avant sept heures me livre ma copie papier du Devoir. Si nos médias sont essentiels pour nous fournir une information précise en ces temps de quarantaine, alors Monsieur Lachance et tous les camelots doivent être salués bien bas pour le service qu'ils nous procurent au bout de la chaîne de distribution.

    Merci Monsieur Lachance.

  • François Beaulne - Abonné 21 mars 2020 11 h 35

    Excellent article

    Vous faites bien, M. Myles, de dire merci au PM Legault et de le féliciter pour la manière dont il gère la crise. D'ailleurs, sa maîtrise de la situation 'est en train de faire le tour du monde comme modèle de chef d'État à imiter.
    Le temps n'est pas à la politicaillerie partisane mais à la solidarité de la Nation Québécoise, comme le dit le PM.
    Il faut rendre à César ce qui lui revient!
    Par sa gestion posée, réfléchie et proactive de cette pandémie, François Legault propulse une image de solidarité et de dépassement du Québec sur la scène internationale. C'est tout à notre honneur.

  • Pascal Barrette - Abonné 21 mars 2020 14 h 07

    Oeuvre de rapprochement

    Merci Monsieur Myles. Les médias, dont Le Devoir et ma Coopérative nationale de l’information indépendante, faites un excellent travail. Vous êtes les Marcel Ouimet et les Robert Capa de la guerre virale actuelle. Sur la ligne de front, tout en mesurant les distances vous faites oeuvre de rapprochement.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 21 mars 2020 19 h 01

    4 ièm pouvoir

    J'aimerais lire des articles sur le 4ième pouvoir, dit-on.

    Merci aux médias. Oui, de la pub pour les encourager.

  • Yves Corbeil - Inscrit 22 mars 2020 10 h 49

    https://www.youtube.com/watch?v=cfJ8iBFbrOQ

    Quand tu écoute ce que ce docteur français qui est au centre de l'épicentre du début de cette pandémie, tu comprends que nos petites mesurettes sont totalement inéficaces.

    Tous les gens qui rentrent au pays à qui ont demande des se mettre en quanrantaine volontaire, ça ne fait pas sérieux. Ils devraient tous être tester sur place et confinés.

    La frontière devrait être fermé hermétiquement au tant que possible sa fasse et les camionneurs qui doivent continué à transporter les marchandise pour nourrir la population devraient avoir le fameux masque N95 pour LEURS protection et la protection de toute la population.

    Ça presse que les mesures adéquates soient prises. Et ici il ne s'agit pas de faire paniquer mais de prendre les dispositions adéquates pour stopper cette pandémie.