Étudiants étrangers: refaire ses devoirs

Après avoir laissé son ministre Simon Jolin-Barrette se montrer implacable, François Legault a finalement compris toute l’insensibilité, et surtout la froide amoralité, qu’il y avait de priver les étudiants étrangers de l’admission accélérée à titre d’immigrants qui leur avait été promise par le truchement du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). L’État québécois rompait ainsi avec l’engagement tacite qu’il avait pris envers eux. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’idées même si, pour un gouvernement, la manoeuvre peut s’avérer douloureuse.

En vertu d’une forme de droit acquis, les étudiants étrangers déjà présents sur le territoire québécois auront le droit de recourir, une fois leur diplôme en poche, à la procédure rapide du PEQ même s’ils n’étudient pas dans l’une des 218 disciplines répertoriées dans une liste produite mardi par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) et le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) avec le concours de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT). Pour ceux qui débarquent après le 1er novembre, les nouvelles restrictions s’appliquent. Bon an, mal an, environ 5000 étudiants étrangers se prévalent du PEQ.

Au-delà de cet aménagement, c’est l’ensemble de la décision sur le PEQ que le ministre doit revoir. Le gouvernement n’a pas fait la démonstration que le PEQ présentait des failles. Cette voie privilégiée permet de recruter des immigrants bien formés, bien intégrés, parlant français et occupant un emploi.

En fait, le gouvernement caquiste subit les conséquences d’une faute originelle commise par la Coalition avenir Québec en campagne électorale : celle d’avoir promis d’abaisser les seuils d’immigration de 50 000 à 40 000 admissions, tout en s’engageant à instaurer un nouveau système de sélection des immigrants dénommé Arrima.

Ainsi, l’an prochain, le Québec accueillera un maximum de 15 000 travailleurs qualifiés sur le total de 25 000 immigrants qu’il sélectionne. Or le PEQ, si rien n’est fait, peut fournir 10 000 des 15 000 travailleurs qualifiés prévus, si on tient compte des travailleurs étrangers temporaires qui peuvent accéder à cette voie rapide. Ce qui complique aussi les choses, c’est qu’il existe un « inventaire » de 46 000 détenteurs d’un certificat de sélection du Québec (CSQ) qui attendent d’Ottawa leur statut de résident permanent. Le système est complètement engorgé, ce qui empêche le déploiement du système Arrima. La réduction des seuils d’immigration aggrave cet engorgement tandis que la rareté de main-d’oeuvre affecte plusieurs régions.

Dans ce contexte, le mieux aurait été de maintenir, à tout le moins, les anciens seuils afin de se débarrasser plus rapidement des inventaires et de mettre en oeuvre Arrima. Pour des raisons strictement politiques, le gouvernement Legault s’en tient à une promesse dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne convient pas aux circonstances. Tout ce que le ministre Jolin-Barrette a trouvé, c’est de réduire le nombre d’étudiants étrangers qui immigrent et s’établissent surtout dans les grands centres, puisque les grandes universités s’y trouvent, pour que le MIFI puisse sélectionner quelques milliers de travailleurs qualifiés destinés aux entreprises en région.

Le milieu de l’enseignement supérieur a décrié la décision du gouvernement, la possibilité de se prévaloir du PEQ étant un incitatif efficace pour attirer les étudiants étrangers. Avec l’exclusion de nombre de disciplines du PEQ, moins de 15 % des étudiants étrangers inscrits à la maîtrise le seraient dans un programme qui donne droit à l’admission rapide.

Pour un gouvernement qui se dit sensible aux arguments économiques, il semble faire peu de cas des retombées que génère au Québec l’accueil de 70 000 étudiants étrangers. Surtout, il semble peu conscient que les universités, ici comme ailleurs — société du savoir oblige —, comptent sur l’apport des meilleurs talents étrangers pour assurer leur rayonnement et leur qualité. Plus que jamais, le savoir s’internationalise. Pour les cégeps en région également, malgré l’appréciation négative du premier ministre, la venue d’étudiants étrangers repousse leur déclin.

Depuis l’annonce controversée, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, est resté passif. Il est bien possible qu’il ne pourra le rester longtemps. Et compte tenu du rôle que les universités et des cégeps jouent dans la capacité d’innovation du Québec, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, devrait aussi se manifester.

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28 commentaires
  • Raynald Rouette - Abonné 7 novembre 2019 06 h 29

    Le PEQ, un succès ou pas?


    J'aimerais savoir et avoir l'heure juste. Tout n'est pas tout noir ou tout blanc...

    Par exemple, qu'est-il advenu des étudiants étudiantes qui ont participer à ce programme depuis 2010? Avons-nous des données fiables à ce sujet? Combien sont venus au Québec pour y demeurer et combien sont répartis et pour quels motifs?

    Aussi, j'exprime le souhait que tous les échanges sur le sujet se fassent dans le calme et le respect. Il fut un temps pas si lointain au Québec, ou les débats et échanges d'opinions étaient possibles et se faisait dans le respect et un ton modéré et neutre. L'agressivité que nos avons pu observer à RDI et LCN de la part des journalistes interviewers était totalement déplacée. Une tendance lourde...

    Au final, le PEQ étant un volet parmis d'autres, en matière d'immigration le Québec est-il un bar ouvert ou pas? Des ajustements sont-ils possibles ou pas? Et si ont faisait le tour de la question et non pas à la pièce?

    • Louise Collette - Abonnée 7 novembre 2019 08 h 31

      Très bien.
      Et parlant d'agressivité, ne pas oublier celle du Téléjournal de 18 h...assez fréquente.

    • Jean Duchesneau - Abonné 7 novembre 2019 09 h 10

      Monsieur Rouette,

      Le PEQ est un succès pour plusieurs raisons:
      1. Par définition, l'université (et le collégial associé aux études supérieures), se veut le lieu du développement et d'apprentissage du savoir universel. L'attrait d'un pays, d'une institution d'enseigmenent, d'un programme d'études, pour les professeurs et les étudiants étrangers est un indice fondamental du rayonnement du pays, de l'institution, du programme. Entre autres facteurs, le PEQ est un puissant incitatif pour les étudiants étrangers à venir étudier chez nous, et cela donne énormément de prestige à notre niveau d'éducation. D'ailleurs, la ville de Montréal s'est classée au premier rang mondial des villes les plus favorables aux études. Ces dernières années, la France ayant perdu énormément d'attrait pour les étudiants étrangers, le président Macron a décidé d'augmenter de 375000 à 500000 le nombre d'étudiants étrangers; pour le rayonnement de la France insiste-t-il;

      2. Nombre de programmes d'études, telle l'Océanographie de l'UQAR à Rimouski (qui diplôme jus'au doctorat) ont acquis un prestige international ne peuvent survivre qu'avec la clientèle étudiante locale. En plus de la nécessaire ouverture à l'universel évoquée au point 1, l'inscription d'étudiants étrangers est nécessaire à la survie même du programme; le PEQ est un incitatif important pour accueillir des étudiants dans des programmes aussi spécialisés, mais situés en région;

      3. Des 70000 étudiants étrangers, environ 5000 d'entre eux comptent sur le PEQ pour s'établir chez nous, par choix, par amour du Québec. Que voulez-vous de mieux comme qualité de personnes: connaissance du français, niveau d'éducation, motivation, intégration via l'institution d'éducation. Il s'agit de 5 000 immigrants 45 000 dont les 40 000 autresposent souvent bien plus de problèmes d'intégration, en particulier s'ils ne connaissent pas la langue et les us et coutumes.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 novembre 2019 10 h 05

      @ Jean Duchesneau

      M. Rouette pose les bonnes questions. Où sont les données pour appuyer les ouï-dire que le PEQ est un succès? Elles sont où?

      1. Le développement et l'apprentissage du savoir universel. Le rayonnement du pays, de l'institution et du programme. Wow, c’est beau tout cela. Mais la vraie raison que Montréal s'est classée au premier rang mondial des villes les plus favorables aux études, c’est surtout le coût, les innombrables bourses d’études données aux étudiants étrangers, la qualité de ses institutions et une porte d’entrée pour les USA. Les étudiants français, quitte leur pays à cause du faible coût pour leur études au Québec et la médiocrité de leurs institutions postsecondaires publiques et gratuites. En passant, rayonner ne paie pas pour le système de santé et le filet social.

      2. On a toujours pensé qu’on a créé des institutions postsecondaires de qualité pour desservir notre population et non des étrangers. Si certains programmes ou bien cégeps sont vides, eh bien, on pourrait commencer à penser à les fermer au lieu d’éduquer les étudiants étrangers. Non seulement cela ne rend service à personne, sauf pour les étrangers et les enseignants évidemment qui veulent garder leur emploi, mais les contribuables se font flouer. Ils subventionnent des parfaits étrangers.

      3. Encore une fois, l’amour semble être présent chez nos étudiants étrangers. Ils viennent supposément par amour pour le Québec. Wow! Question percutante; est-ce qu’ils viennent surtout pour contourner le système d’immigration en utilisant le chemin de Roxham éducationnel notamment appelé le PEQ tout en recevant une éducation de qualité à nos frais?

      Arrêtons de se conter des histoires. Les étudiants étrangers viennent ici parce qu’ils trouvent leur compte et des avantages et non pas pour l’amour du Québec. Enfin, un jour, j’aimerais que quelqu’un m’explique les avantages de l’immigration sans faire référence à la diversité? Ils sont où ces avantages? Ils sont où?

    • Gabriel Rompré - Abonné 7 novembre 2019 10 h 51

      J'ajouterais que le fait de savoir si les étudiants restent ou non au Québec après leur passage dans nos universités n'est qu'un indicateur au mieux imparfait. Nous vivons dans une petite économie qui est ouverte sur le monde et dans ce cas-là, les relations humaines développées au cours des études peuvent se muer en relation d'affaires à plus long terme.

      Par exemple, un étudiant indien peut retourner à Delhi après son séjour au Québec, mais des années plus tard, à la tête d'une entreprise, il peut sélectionner Montréal plutôt que Toronto comme tête de pont en Amérique pour brasser des affaires. C'est dans notre intérêt, bien sûr.

      Après, je comprend votre désir d'un débat serein, mais pour avoir accompagné ma conjointe dans les aléas du parcours migratoire, je sais à quel point il s'agit d'un contexte anxiogène et très exigeant sur un plan émotionnel. C'est difficile de ne pas souligner la froideur du gouvernement dans le dossier.

      Finalement, vous demander des preuves de l'efficacité du programme. Ce serait effectivement très intéressant de demander à des économistes et des sociologues de suivre les effets de la mesure (ce le serait pour tous les programmes gouvernementaux pour être honnête), toutefois, dans le contexte actuel, le "gros bon sens" dont se prévaut la CAQ semble plutôt pencher en faveur des étudiants et travailleurs temporaires. Comme il a maintes fois été soulignés, ce sont des populations bien intégrées et très souvent francisées. Je crois que le poids de la démonstration est plutôt du côté du gouvernement, non? En contexte de plein emploi, les arguments avancés semblent plutôt minces.

    • Jacques Patenaude - Abonné 7 novembre 2019 11 h 10

      @Cyril Dionne
      Sans l'apport des immigrants la population déclinera rapidement au Québec. Si vous êtes nationaliste vous devez sûrement savoir qu'un déclin démographique est un problème majeur pour le rapport de force du Québec face au Canada. C'est déjà un point. La pénurie de main d'oeuvre cause aux entreprises des problèmes de développement sérieux qu'un apport des nouveaux travailleurs peut aider à combler. Le déclin démographique suppose aussi une diminution de la perception d’impôts et de taxe, les immigrants dépenses et paient des impôts aussi. On peut toujours croire que la solution est d'engager des robots mais ceux-ci ne paient d'impots ni de taxes. Aussi un pays qui se repli sur lui même risque de décliner rapidement. De nouvelles personnes amènent de nouvelles idées pensons par exemple à Joshua Bengio entre autre. On peut toujours fermer les programmes qui n'ont pas de clientèle suffisantes mais on risque ainsi de fermer les entreprises qui ont besoin de ces travailleurs et par effets entraînements des régions au complet. Non les contribuables ne "subventionnent des parfaits étrangers." Ils subventionnent leurs avenir à eux. Bien sur que le immigrants ne viennent pas pour nos beaux yeux. mais nous aussi y trouvons notre compte.

    • Jean Duchesneau - Abonné 7 novembre 2019 11 h 14

      M. Dionne, vous dites: "En passant, rayonner ne paie pas pour le système de santé et le filet social."

      Qu'on aime, qu'on aime pas, la force d'une nation repose sur la force de son économie et de sa culture au sens large du terme (arts, sciences naturelles et sciences sociales), afin de tirer son épingle du jeu à l'échelle internationale. Qu'on aime, qu'on aime pas, nous évoluons dans un marché mondialisé où notre niveau de vie dépend de notre compétitivité.

      Je suis consultant en R&D industrielle et je rencontre de ces personnes immigrées dans des entreprises autant québécoises que d'origine étrangère. Je rencontre aussi des étudiants de provenance étrangère. De questionner l'apport de ces personnes relève d'une vision très étroite. Les petites nations tels les pays scandinaves sont très accueillants pour les étudiants étrangers... eux comprennent qu'on ne peut pas se refermer sur soi-même.

    • Jean Duchesneau - Abonné 7 novembre 2019 13 h 18

      Votre commentaire est très pertinent M. Rompré.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 novembre 2019 14 h 01

      M. Patenaude, je partage votre point de vue.En y ajoutant que plusieurs programmes collégiaux professionnels, dans les regions, existent à cause des inscriptions en provenance de l'étranger. Car, la démographie nous l'enseigne: la population des régions vieillit et bon nombre des jeunes s'en vont.Le ministère des Affaires municipales a d'ailleurs un dossier sur de nombreuses municipalités, en régions,, dites dévitalisées.

      Comme le dit l'éditorialiste: à un moment donné donné, le ministre de l'Éducation devra sortir de l'ombre. D'ailleurs, je suis de ceux qui pensent que Legaut a fait une erreur en confiant le dossier de 'Éducation pré-collégiale et celui de l'Enseignement supérieur au même ministre.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 novembre 2019 15 h 41

      Cher M. Duchesneau,

      On est tous contents d'apprendre que vous êtes un consultant en R&D industrielle et que vous rencontrez des personnes immigrées. « Ben » oui, les pays scandinaves sont très accueillants pour les étudiants étrangers et c'est peut-être pour cela qu'en fait d'apport technologique, il n'y pas grand chose qui se passe là-bas. Ils font du surplace en copiant les autres.

      Vous dites que la force d'une nation repose sur la force de son économie et de sa culture au sens large du terme. OK. Mais quand est-il d'Haïti? Là-bas, la culture est pourtant florissante entre les millions de manifestations et les désordres civils. Oui, notre niveau de vie dépend de notre compétitivité par le passage obligatoire de l’innovation. C'est ce que je m'acharne à répéter partout.

      Cher M. Patenaude,

      Est-ce que vous saviez que la population du Québec augmente selon les taux d’immigration? Est que vous saviez aussi qu’avec l’augmentation de la population, nos services sociaux déclinent aussi proportionnellement avec cet accroissement? En Occident, ce sont les plus petits pays qui tirent le mieux leur épingle du jeu en ce qui concerne la parité socioéconomique de leur citoyen.

      De quelle pénurie de main d’œuvre parlez-vous? Celle des industries tertiaires (l’économie de service) qui sont tributaires à l’exploitation des ressources naturelles (industries primaires) et où on retrouve 90% des postes à combler au salaire minimum? Bien oui, la pénurie de main d'oeuvre cause aux entreprises de la 2e révolution industrielle des problèmes de développement sérieux qu'un apport des nouveaux travailleurs peut aider à combler. Petite nouvelle, nous entamons la 4e révolution industrielle de l’automation, de la robotique intelligente et de l’intelligence artificielle. Tous ces travailleurs pourraient être remplacés dans un futur proche.

      Enfin, est-ce que Joshua Bengio serait devenu une sommité en recherche sur l’intelligence artificielle si ses parents étaient demeurés en Fr

    • Jean Duchesneau - Abonné 7 novembre 2019 16 h 38

      @Cyril Dionne,

      À l'évidence, votre chapelet de préjugés et d'incohérences démontrent que vous êtes déconnectés de la réalité!

    • Jacques Patenaude - Abonné 7 novembre 2019 21 h 01

      @Cyryl Dionne
      "Est que vous saviez aussi qu’avec l’augmentation de la population, nos services sociaux déclinent aussi proportionnellement avec cet accroissement? " Pouvez-vous m'expliquer ce phénomène dont je n'ai jamais entendu parler?

      "En Occident, ce sont les plus petits pays qui tirent le mieux leur épingle du jeu en ce qui concerne la parité socioéconomique de leur citoyen"
      Pouvez-vous me donner des exemples?

      "les pays scandinaves sont très accueillants pour les étudiants étrangers et c'est peut-être pour cela qu'en fait d'apport technologique, il n'y pas grand chose qui se passe là-bas. Ils font du surplace en copiant les autres."
      Les pays scandinaves sont-ils des pays arriérés qui nous vendent des bidules sans intérêts à l'effigie de Mickey Mouse ou du Cirque du soleil?

      "Petite nouvelle, nous entamons la 4e révolution industrielle de l’automation, de la robotique intelligente et de l’intelligence artificielle. Tous ces travailleurs pourraient être remplacés dans un futur proche."
      on a prédit la même chose à chacune des "révolutions industrielles" précédente dont la troisième celle de la robotisation mais on est quand même en pénurie de main d'oeuvre à ce qu'on nous dit peut-être est-ce un mensonge?.

      "Enfin, est-ce que Joshua Bengio serait devenu une sommité en recherche sur l’intelligence artificielle si ses parents étaient demeurés en Fr"
      Est-ce que si ses parents étaient demeurés en France nous serions devenu un centre névralgique dans ce domaine de la 4 ième $révolution industrielle" dont vous semblez espérer tant pour régler nos problèmes de main d'oeuvre?

    • Cyril Dionne - Abonné 7 novembre 2019 21 h 52

      @Duchesneau

      Bon. La vieille rengaine d'Adil Charkaoui. Lorsqu'on n'est pas d'accord et qu'on est à court d'argument, certainement les autres sont racistes. Enfin, il semble que vous n'avez aucune idée ce qu'est la 4e révolution industrielle. Les faits sont toujours tonitruants. Misère.

  • Jean Lacoursière - Abonné 7 novembre 2019 07 h 47

    Robert Dutrisac écrit :

    « Cette voie privilégiée [le PEQ] permet de recruter des immigrants bien formés, bien intégrés, parlant français et occupant un emploi. »

    Un étudiant étranger non-francophone venant étudier à McGill est-il admissible au PEQ ? Si oui, pas sûr qu'il parle français à la fin de ses études.

    • Gabriel Rompré - Abonné 7 novembre 2019 10 h 54

      Vous avez raison, il y a deux universités anglophones à Montréal et les étudiants qui y ont suivi leur formation peuvent y demander le PEQ. Cependant, un test de connaissance du français approuvé par le MIFI est également exigé.

      http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/immigr

    • Jean Lacoursière - Abonné 7 novembre 2019 13 h 07

      Merci M. Rompré.

  • Claude Bariteau - Abonné 7 novembre 2019 08 h 34

    Je reprends vos chiffres. 46 000 détenteurs d'un CSQ en attente d'un statut de résident permanent d'Ottawa et 15% (sur quel nombre global) des étudiants étrangers entrent dans les catégories d'emploi (218 sur plus de 500 selon le conseil du patronat) privilégiées pour accéder au PEQ.

    Il y a un problème d'accès à un statut de résident permanent (SRP) et le choix du Québec, serait apparemment de diminuer l'accès au CSQ en provenance du PEQ pour accélérer le processus canadien.

    De plus, s'agissant du PEQ, seulement 5 000 étudiants se prévalant du PEQ demeurent au Québec. Mais vous avancez que le PEQ pourrait en fournir entre 10 000 et 15 000 par année.

    L'approche du Québec pour accélérer le processus aurait pu être tout autre. Pourquoi avoir privilégié des contraintes d'accès au PEQ ?

    La réponse semble être de contraindre l’accès à des catégories d'emploi dans des filières d'enseignement qui produisent un surnombre de diplômés pour le marché québécois et de couper les coûts de formation (avantages, personnel et espace occupée) dans ces filières, en majorité en sciences humaines. Comme vous le signalez, une autre approche serait à imaginer. Laquelle ?

    Les grandes universités américaines privilégient l’accès aux étudiants étrangers qui assurent, leur formation terminée, le rayonnement des États-Unis. La France entend faire de même. Pays, le Québec pourrait choisir cette voie. Province avec des coûts d’accès peu élevés aux études supérieures, il est devenu une courroie de formation accessible à peu de frais sans effets de rayonnement.

    En privilégiant une limite d’accès au PEQ, la CAQ s’affiche un gouvernement de gestionnaires qui entendent fournir des cerveaux et une main-d’œuvre aux entreprises, le rayonnement du Québec n’étant pas sa tasse de thé. J’ai vécu autre chose en milieu universitaire entre 1970 et 2000. Après, ce milieu est devenu un centre de formation à rabais pour entreprises et le Québec une province sans rayonnement.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 novembre 2019 09 h 06

      Inquiétant: le fait que Legault ait enlevé le dossier de la langue à une autre ministre pour le donner à Jolin-Barrette, dont la crédibilité est maintenant questionnée.

    • Jean Duchesneau - Abonné 7 novembre 2019 13 h 48

      "Province avec des coûts d’accès peu élevés aux études supérieures, il est devenu une courroie de formation accessible à peu de frais sans effets de rayonnement." Claude Bariteau

      Je m'attendrais à plus de nuances de votre part Monsieur Bariteau. Le rayonnement de la culture au sens large (arts, sciences humaines, sciences de la nature, technologie) d'un état (pays ou province) n'est pas régulé par un interrupteur "on/off"; le rayonnement peut varier en distance et en intensité selon le domaine. Le rayonnement de nos universités en sociologie peut être modeste à l'international, alors que celui de locéanographie peut faire école en milieu nordique.

    • Claude Bariteau - Abonné 7 novembre 2019 17 h 01

      J'aurais du écrire  « sans effets d'un rayonnement recherché », ce qui concorde d'avantage avec mes comparaisons ce que j'ai noté et l'écho que j'ai fait aux incidences recherchées aux États-Unis et en France, car c'st ce que j'avais en tête.

      Vous avez raison, M. Duchesneau de me le rappeler.

  • Jacques Patenaude - Abonné 7 novembre 2019 09 h 16

    L'autre gouvernement est aussi responsable des problèmes

    "Ce qui complique aussi les choses, c’est qu’il existe un « inventaire » de 46 000 détenteurs d’un certificat de sélection du Québec (CSQ) qui attendent d’Ottawa leur statut de résident permanent."

    Bien d'accord avec le tollé que suscite ce projet de loi. Le gouvernement n'a d'autres choix que de reculer et refaire ses devoir mais il ne faut pas oublier qu'une partie du problème relève du fédéral ce qu'on oublie trop facilement dans le débat sur l'immigration. L'hypocrisie du gouvernement fédéral qui joue la carte de l'angélisme sur la question de l'immigration tout en multipliant discrètement les obstacles bureaucratiques à leur intégration s'en tire trop bien. Le bloc aurait là un très beau dossier à défendre me semble-t-il.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 novembre 2019 10 h 42

      Le fédéral laisse encore entrer, quotidiennement, une soixantaine de demandeurs d'asile par le chemin Roxhan, Or, ça prend, maintenant, 2 ans, avant que ces gens-là sachent si on les accepte comme réfugiés ou s'Ils doivent s'en retourner chez eux.Pendant ce termps-là, c'est le Québec qui paie: frais de santé, aide sociale, frais d'éducation. J'ai connu une jeune famille; père bac. en informatique. Après presque 2 ans, ici, à "fouairer" et à apprendre le français: famille refusée pcq incapable de prouver leur éligibilité à la notion de réfugiée.

      J'accompagne, ici, actuellement une famille arrivée en mai 2018; ils attendent encore d'être convoqués par la Cour de l'Immigration.

      Oui, le fédéral se traîne les pieds!

    • Gabriel Rompré - Abonné 7 novembre 2019 11 h 01

      Effectivement, pour avoir accompagné ma conjointe dans le processus de migration, les délais sont extrêmement longs, les exigences sont souvent très floues, les traductions françaises sont terribles et le niveau de service est pathétique. Come on, en 2019, il faut encore remplir des formulaires sur du papier et les envoyer par la poste à Mississauga. Il suffit de visiter quelques forums pour comprendre à quel point le processus est stressant.

      Effectivement, le Bloc pourrait contribuer à avoir l'air plus pluraliste s'il se battait pour un meilleur service au migrants au niveau fédéral.

  • Daphnee Geoffrion - Inscrite 7 novembre 2019 09 h 34

    Faire rayonner le Qc à l'étranger.
    Je me demande d'où vient cette obsession de notre image à "l'étranger". Je ne pense pas que personne dans le monde présentement s'en fait avec les politiques du Québec. La meilleure façon de rayonner dans le monde est d"avoir une économie forte et des programmes sociaux efficaces et généreux pour les citoyens du Qc. Pas de lancer de la poudre aux yeux avec des programmes universitaires inefficaces. J'ai lu les articles, quelqu'un peut il aujourd'hui démontrer l'efficacité de ce programme, avec des chiffres? On sait qu'il rempli rapidement les coffres des universités..mais sinon?
    Les recteurs, comme bien d'autre dans différent dossier présentement au Qc, protègent tout simplement le système le plus facile pour atteindre leur objectif et toucher leur généreux salaire.
    La Caq à une ligne directrice claire. C'est un choix de prioriser toujours l'avantage québécois francophone.
    Je pense que le ministre à bien fait d'accepter une clause de droit acquis maintenant passons à autre chose.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 novembre 2019 11 h 09

      Madame,

      Il y a quasi unanimité, dans la société, contre cette politique aveugle d’un ministre arrogant, en ce qui concerne les droits acquis. Ce ministre a 3 prises contre lui.https://www.journaldequebec.com/2019/11/06/3-prise-pour-jolin-barrette

      Dommage! Ce qui m’inquiète : le fait que ce soit lui qui porte le dossier de la langue pcq sa crédibilité est très hypothéquée.

      Quand tu occupes un tel poste, tu dois consulter avant de faire de telles gaffes : celle de cette semaine et celle des 18 000. Sans parler de son ridicule test de valeurs pour seulement les réfugiés économiques.

      Oui, d’accord pour établir des politiques qui encadrent, qui favorisent la francisation des immigrants, qui visent à accepter des immigrants correspondants à nos besoins. Mais, allons-y progressivement. Jolin-Barrette va avoir du mal à demeurer ministre de l’Immigration : je le regrette pcq, à venir jusqu’à date, je l’appuyais.Mais, il manque de tact!

    • Cyril Dionne - Abonné 7 novembre 2019 16 h 52

      Avant de monter sur vos grands chevaux M. Grandchamp, vous devriez savoir que l'unanimité dont vous parlez est à géométrie variable et découle des médias à tendance de gauche ou multiculturalistes personnifiée par certains locuteurs dans ce journal. On serait curieux de savoir où se situe la population québécoise sur ce sujet. Vous risquez d'être désagréablement surpris dans toute cette histoire.

      En passant, elles sont fantastiques ces commissions scolaires anglophones à Montréal. La corruption qui sévit partout à Montréal incluant la police, n’épargne pas l’éducation non plus. Les mafieux peuvent dormir tranquilles dans cette ville dysfonctionnelle.