Tellement contre-productif!

On cherche ses mots pour qualifier certains changements apportés par le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) dans le cadre de la réforme de l’immigration annoncée la semaine dernière : absurdes, dépassés, injustes, contre-productifs…

Dans les heures qui ont suivi l’annonce de la réforme, toute l’attention avait porté sur le fameux test des valeurs qui se révèle, finalement, plutôt inoffensif. Il a fallu attendre la sortie médiatique du réputé chercheur en intelligence artificielle (IA) Yoshua Bengio pour saisir l’ampleur de la bêtise que le gouvernement Legault est sur le point de commettre en restreignant l’accès accéléré au certificat de sélection du Québec aux seuls travailleurs et étudiants étrangers de certains secteurs d’emploi, même pour ceux qui vivent déjà chez nous.

La version originale du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) a été imaginée par le gouvernement de Jean Charest devant le constat que trop d’étudiants étrangers choisissaient de partir à la fin de leurs études. Une sorte de gaspillage de ressources pour le Québec. On a donc voulu tenter d’en retenir un plus grand nombre en permettant à tout étudiant ayant terminé ses études avec succès de recevoir plus rapidement le certificat de sélection du Québec nécessaire à l’obtention du statut de résident permanent.

Aujourd’hui, Québec recule en limitant l’accès à ce programme aux seuls étudiants inscrits dans l’une ou l’autre des disciplines considérées comme étant prioritaires. Pourquoi ces disciplines et pas les autres ? Qui aurait pu prévoir, en 2010, que l’industrie du jeu vidéo embaucherait autant de jeunes en 2019 ? Que l’intelligence artificielle acquerrait le statut d’industrie de pointe à Montréal ?

Rappelons-nous qu’à la fin des années 1990, on annonçait un important surplus d’infirmières, une erreur reprise par le gouvernement Bouchard qui encouragea financièrement des milliers d’entre elles et des centaines de médecins à prendre une retraite prématurée.

Et qui aurait pu prévoir il y a dix ans que le métier de journaliste (pourtant inscrit sur la liste du ministère) à La Presse serait menacé par Facebook ?


 
 

Un gouvernement est en droit de fixer des cibles et des priorités en matière d’immigration économique. Encore faut-il qu’il les explique en évitant de confondre préjugés et principes économiques.

Il manque de cuisiniers ou de soudeurs, accordons des points aux demandeurs du statut de résident permanent qui, de chez eux, n’ont pas encore obtenu leur visa d’étudiant ou de travailleur temporaire. Mais épargnons ceux qui sont déjà ici, même s’ils étudient dans un domaine peu recherché. De toute façon, qui dit que des milliers de postes disponibles ne seront pas pourvus par des gens qui ont une formation initiale différente ? Que les détenteurs d’un bac en droit ou en sociologie ne voudront pas ajouter d’autres cordes à leur arc après avoir constaté que leur premier choix n’était pas le meilleur ? Que la majorité des étudiants en musique ou en théâtre originaires de pays étrangers ne créeront pas leur propre emploi au lieu de quitter le Québec pour l’Ontario ?

Ces professions comme des dizaines d’autres en sciences pures, en génie, en informatique ou en sciences humaines ne font pas partie de la liste établie par le ministère de l’Immigration pour être admissibles au PEQ. Une liste qui n’inclut que 7 doctorats (dont la chiropratique, cette profession approximative interdite dans tout établissement public du Québec) et 24 maîtrises.

Contrairement aux citoyens locaux, chaque étudiant étranger qui choisit le Québec pour poursuivre ses études en espérant y faire carrière assume la totalité des coûts de sa formation. Une fois sur place, il apprend le français (s’il ne le connaît pas déjà), il occupe souvent des emplois précaires pour payer son loyer et ses droits de scolarité, il apprend les coutumes et adopte les habitudes — bonnes et moins bonnes — de ses collègues devenus amis, trouve parfois un(e) conjoint(e). On ne peut pas trouver meilleur candidat à cette intégration tant recherchée par la CAQ.

C’est tellement choquant de savoir que des milliers de jeunes venus poursuivre leur formation au Québec après avoir été séduits par la publicité gouvernementale sont aujourd’hui abandonnés à leur sort.

Être choisi par des dizaines de milliers de jeunes de partout dans le monde comme destination pour poursuivre des études avec l’ambition de s’y établir pour la vie est une chance inouïe dont le Québec a longtemps rêvé par le passé. S’il vous plaît, M. Legault, ne la laissons pas passer.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

25 commentaires
  • Jean Duchesneau - Abonné 6 novembre 2019 00 h 55

    Point de bascule?

    À l'instar d'une bonne proportion d'indépendantistes, je trouvais que le nationalisme affiché par le gouvernement Legault faisait du bien après tant d'années libérales inféodées au multiculturalisme.

    Cette fin de semaine, mon fils m'avait décrit le désarroi de ses amis universitaires de provenance étrangère, mais je croyais qu'il s'agissait d'un malentendu qui allait vite se régler.

    J'ai vu et entendu le ministre Gélin-Barrette à quatre reprises aujourd'hui, et j'y ai vu un homme surmené incapable de soutenir une argumentation qui tient la route. Il est demeuré au fil de l'eau accroché à sa cassette sans y déroger d'un iata, même sous la charge d'une agressivité peu commune de lapart d'Anne-Marie Dusseault.

    J'ai supporté la CAQ avec sa loi 21 que je considère bénéfique pour la société québécoise. J'ai d'impotants bémols concernant les maternelles 4 ans alors que le réseau des garderies n'est pas complété; la détermination prend des allures d'entêtement.

    Avec cette vision purement comptable et utilitariste de l'éducation, d'un programme qui aurait pu être bonnifié pour les fins visées, on a plutôt choisi d'en détourner l'esprit et la lettre; de l'entêtement on passe à l'insensibilité.

    C'est le point de bascule en ce qui me concerne; déjà l'usure du povoir se fait sentir.

    Pour paraphraser notre Premier-ministre je dirais: "Faites en moins, mais faites le bien!"

    • Marc Pelletier - Abonné 6 novembre 2019 12 h 14

      Ce que l'on oublie trop souvent sur de tels sujets c'est de faire le lien avec l'ÉDUCATION et la CULTURE ! Nous n'avons pas encore fait le plein sur ces deux item au Québec, raison de plus de s'ouvrir à la culture des autres.

      Pour être passé moi-même par le collège classique et l'université, j'en retiens encore aujourd'hui que j'y ai surtout acquis une capacité de m'ouvrir l'esprit, à réfléchir et à apprendre : ceci m'a servi tout au long de ma vie active et aussi dans la société. Dans ma profession, j'en ai appris bien plus dans la pratique que sur les bancs d'écoles, mais ceux-ci n'en sont pas moins nécessaires pour donner l'envie de pousser plus à fond les connaissances acquises.

      Les étudiants qui sortent de nos CÉGEP et de nos Universités sont une richesse pour notre société, même s'il faut convenir qu'il y a parfois des exceptions à la règle.

      Je vois ce matin que le gouvernement a modifié sa décision annoncée la veille, ce que permettra à tous les étudiants actuels venant de pays étrangers de pouvoir s'établir au Québec à la fin de leur études. Bravo !

      Pour le futur, je souhaites que la liste des professions reconnues par le gouvernement comme étant les besoins actuels pour le marché du travail soit revue, en consultant le plus de spécialistes possible. Cette vision élargie permettra d'imaginer quels seront nos besoins de professionnels qui ne manqueront pas d'évoluer au fil des ans.

  • Gaetan Fortin - Abonné 6 novembre 2019 01 h 10

    De grâce! Ressaisissez-vous!

    Monsieur Legault, vous ne pouvez-vous permettre une erreur aussi grossière. D'aucune façon on pourrait justifier une telle maladresse vis a vis ceux avec qui nous avions convenu d'une règle de collaboration.
    La pire chose qui puisse nous arriver dans notre coin de pays c'est bien d'être comparé à la brusquerie vulgaire de notre voisin du
    Sud!

    • Cyril Dionne - Abonné 6 novembre 2019 11 h 45

      Cher M. Fortin,

      Ils l'ont fait en mettant une clause grand-père pour ceux qui sont déjà ici et dans le système. Ils l’avaient deja en tête avant de lancer cette missive hier. C’est cela, l’art de négocier. Mais ceci n’inclut pas une passe gratuite pour le CSQ.

      Ceci dit, maintenant, nous vivons à l'ère où ce n'est pas ce qu'on peut faire pour un pays d'accueil comme le nôtre, mais bien ce qu'il peut faire pour des parfaits inconnus. Nous sommes vraiment une nation de porteurs d'eau. Désolé, mais lorsque vous êtes un visiteur avec visa d’étudiant temporaire, vous n’avez pas de droits de citoyenneté. L’immigration n’est pas un droit, mais bien un privilège qui peut être révoqué en tout temps. C’est très étonnant de voir ces étudiants étrangers déménager avec leur famille et ceci doit cesser tout simplement. Entre temps, nous avons des itinérants dans la rue et l’hiver arrive et tout le monde s’en fout. Plus facile de verser des larmes pour des parfaits inconnus qui ont utilisé le système du PEQ, vous savez, le chemin éducationnel de Roxham pour les intimes, pour obtenir un passe-droit en ce qui concerne la citoyenneté.

      Misère.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 6 novembre 2019 05 h 58

    L’évaluation basée sur du sable mouvant

    Le système Arrima découle d’une approche néolibérale dans la mesure où il consiste à transformer les candidats à l’immigration en marchandise. En d’autres mots, elle consiste à dresser la liste du capital humain dont nous avons besoin comme on dresse sa liste d’épicerie.

    Le problème fondamental de cette approche, c’est qu’elle se bute à l’imprévisibilité du futur dans un monde évoluant de plus en plus rapidement. De plus, les délais à dresser cette liste des besoins du marché n'est jamais pris en considération dans la vision néolibérale de la CAQ.

    Les délais à l’immigration, qui se calculent en années au fédéral, font en sorte que les compétences utiles que possède le requérant pourraient ne plus être celles recherchées lorsqu’il est finalement accepté au pays.

    Fondamentalement, il est utopique de vouloir arrimer une politique migratoire sur une cible aussi fuyante que sont les besoins du marché.

    Plus pertinente, une politique migratoire humaniste consacre la suprématie de l’être humain.

    En effet, ce dont le Québec a besoin, ce sont des citoyens capables d’affronter l’avenir, de s’y adapter et de réussir leur vie dans un monde en évolution. Or ce monde sera de plus en plus imprévisible.

    Les compétences valorisées par notre politique migratoire devraient être les mêmes que celles inculquées par notre système éducatif à nos propres enfants. En d’autres, mots, ce qu’il faut rechercher dans le candidat à l’immigration ce sont ses compétences transversales, c’est-à dire les compétences qui, une fois acquises, pourraient être appliquées dans n’importe quel autre domaine.

    Or on en juge par son vécu (notamment sa débrouillardise) et non par des qualifications statiques.

    De manière à ce que rien ne distingue l’aptitude à réussir du citoyen né au Québec de celui qui est venu s’y installer plus tard dans son existence.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 6 novembre 2019 09 h 44

      « Les compétences valorisées par notre politique migratoire devraient être les mêmes que celles inculquées par notre système éducatif à nos propres enfants. »

      En effet... à condition que l'école ne soit pas elle-même de plus en plus asservie à la logique néo-libérale. D'un autre côté, si nous estimons raisonnable de contingenter l'accès à des programmes d'étude pour les citoyens québécois, que nous nous inerdisions d'être exagérément restrictif pour les candidats à l'immigration en raison de ce statut ne nous oblige pas non plus à être moins sélectifs par crainte d'exercer une discrimination ciblée.

  • Claude Bariteau - Abonné 6 novembre 2019 07 h 07

    Vous avez raison.

    Le programme PEQ, créé en 2010 en est un de retention au Québec de diplômés d'étudiants étrangers, qui permet une pssage rapide dans les règles d'admission à l'immigration.

    La décision du gouvernement Legault, pilotée par le ministre Jolin-Barrette, est de donner la priorité dans la sélection à des personnes ayant déjà un emploi, ce qui ralentit ce que le PEQ voulait accélérer de sorte que plusieurs étudiants et étudiantes devront prendre une autre voie ou retourner dans leur pays d'origine.

    Il y a un contrat implicite et la décision de la CAQ le renie pour donner priorité à des gens en attente.

    Pourquoi ne pas avoir augmenté les ressources pour répondre aux dites priorités tout en conservant intact le PEQ ?

    J'avoue ne pas comprendre que, sur la base d'un alignement des ressources sur ce que le gouvernement considèr une priorité, il modifie un contrat plutôt qu'augmenter les ressources pour traiter les cas en cause et limiter l'accès au PEQ aux demandeurs qui ont sollicité d'y accéder pour étudier au Québec.

    • Claude Bariteau - Abonné 6 novembre 2019 08 h 18

      Le ministre a compris. Il y aura une clause grand-père.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 novembre 2019 11 h 30

      M. Bariteau, le PEQ doit refléter les besoins de la société qui accueille ces étudiants et non pas le contraire. Que plusieurs étudiants et étudiantes devront prendre une autre voie, eh bien, c’est NON parce que c’est nous qui les subventionnent. Ils devraient tout simplement retourner dans leur pays d'origine.

      La cerise sur le sundae, c’est de dire qu’ils obtiendront un diplôme qui sera immédiatement reconnu par un employeur d’ici. Oui, mais, il faudrait que celui-ci découle d’un domaine qui a justement des emplois. Ceux qui vociféraient leur haine contre le gouvernement n’étaient pas ceux qu’on retrouve dans les hautes sphères technologiques, scientifiques ou autres, mais bien en sciences sociales. Combien d’étudiants en philosophie, en sciences politiques, en sociologie, en psychologie, en histoire et j’en passe a-t-on besoin? Il y a-t-il pénurie en la demeure? Bien non, ces domaines devraient être contingentés comme le sont les sciences pures et appliquées. Les « de souche ne trouvent même pas d’emploi dans ces domaines qui justifient des études supérieures de plus de 4 ans. En plus, l’annonce d’hier ne faisait aucun écho à ceux dont les expertises sont en demandes au Québec. Aucune personne qui étudie en sciences infirmières n’est venue pleurer hier à l’Assemblée nationale. Aucune.

      Enfin, est-ce que Yoshua Bengio serait aujourd’hui un chercheur imminent dans l’apprentissage profond en intelligence artificielle si ses parents seraient demeurés en France? Posez la question c’est y répondre. Et combien de postulants en intelligence artificielle étaient hier à l’Assemblée nationale pleurnichant sur une situation qu’ils ont causé eux-mêmes? Encore une fois, posez la question, c’est y répondre.

      Ceci dit, soyons franc, le PEQ est une façon d’aboutir au CSQ et de contourner tout le processus d’immigration. Enfin, l’immigration demeure un privilège qui peut être révoqué en tout temps et non pas un droit. Dire le contraire, c’est mentir.

    • Claude Bariteau - Abonné 6 novembre 2019 17 h 58

      Personne ne parle d'un droit, mais du respect d'un contrat. C'est très différent et c'est ce que fera le ministre.

      Cel dit, les étudiants et les étudiantes sont venus au Québec parce que les universités et les cegeps ont fait du recrutement international en faisant la promotion du PEQ. Il ne faut pas minimiser ce point.

  • Raynald Rouette - Abonné 6 novembre 2019 07 h 11

    Le PEQ, un bar ouvert ou pas?


    J'aimerais savoir, apprendre et comprendre calmement...

    SVP une grande respiration semble nécessaire. Il y a beaucoup d'émotivité et d'agressivité (inappropriée) dans l'air, (journalistes, interviewers) voir RDI et LCN...

    Qui dit vrai? Qui a recu un avis d'expulsion et pour quel motif? Combien sont-ils, sont-elles?

    Qu'est-ce qui est demandé exactement aux étudiants étudiantes qui ne rencontrerait pas les besoins du marché du travail du Québec selon le gouvernement actuel? C'est étudiants étudiantes seraient-ils, t-elles susceptibles de faire éventuellement partie des chômeurs instruits? Sont-ils, sont-elles volontaires ou non, pour une réorientation de carrière, pourquoi?

    Qui paient pour ce programme? Uniquement les étudiants étudiantes? Qui d'autres, s'il y à lieu? Dans quelles proportions?

    Quel est le taux de rétention pour le Québec de ces étudiants étudiantes depuis 2010, année après année?

    Je veux de vraies informations, des statistiques, je veux comprendre avant de donner mon avis et de soutenir ou non le gouvernement du Québec actuel. J'apprécierais beaucoup, que les médias sous toutes les formes fassent un travail subjectivement honnête dans les circonstances. Pierre Bourgault apprécierait aussi je crois...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 6 novembre 2019 10 h 25

      Demander des réponses objectives à une question rhétorique....

    • Raynald Rouette - Abonné 6 novembre 2019 10 h 31


      Recul ou pas, je veux savoir. Pour faire le point sur les raisons et motifs qui ont provoqués cette autre crise à travers les médias au Québec. Je veux pouvoir me faire mon idée avec toute l'information possible et sous tous les angles de la question ou du problème.Tout n'est pas toujours blanc ou noir.

      Il n'y a pas si longtemps nous pouvions débattre calmement et sereinement peu importe le sujet. Cette époque semble révolue, que s'est-il donc passé? Il est de plus en plus difficile de vivre en paix socialement au Québec...

    • Cyril Dionne - Abonné 6 novembre 2019 12 h 01

      D'accord avec vous M. Rouette. Les pleureurs d'hier à l'Assemblée nationale étaient tous des étudiants dans des domaines où personne ne se trouve un travail parce qu’ils n’existent tout simplement pas. En plus, il y a des milliers de jeunes québécois qui ont fait les mêmes études et sont sur le chômage ou dans des emplois qui ne sont pas dans leur champ d'études tout en travaillant, souvent au salaire minimum. En plus, les départements de sciences molles sont saturés d’étudiants parce que les exigences à ces programmes sont minimes ou non-existantes.

      Le PEQ est un moyen original de contourner les contraintes de l'immigration en bonne et due forme. C'est un chemin de Roxham éducationnel. Avec celui-ci, vous avez besoin de seulement d’un visa d’étudiant temporaire pour accéder au CSQ.