Seuils d’immigration: le chant des sirènes

Lors de la commission parlementaire qui se penchait cette semaine sur la planification de l’immigration pour les trois prochaines années, les milieux d’affaires — le Conseil du patronat du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en tête — y sont allés d’un vibrant plaidoyer en faveur d’une hausse à 60 000 du nombre d’immigrants admis par an et au plus vite, tandis que le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, prévoit une augmentation du seuil actuel de 40 000 à un maximum de 52 500 en 2022. Espérons que le gouvernement Legault ne cède pas au chant des sirènes patronales.

Il est vrai que le Québec connaît une croissance économique vigoureuse. Le taux de chômage a chuté à 5,1 %, soit un point de pourcentage de moins que l’Ontario, du jamais vu de mémoire d’homme. Cette croissance se conjugue aux départs à la retraite de nombre de baby-boomers. Dans ces circonstances, les employeurs font face à des difficultés de recrutement de travailleurs spécialisés, mais aussi de travailleurs peu qualifiés, en région tout particulièrement.

En revanche, même si le taux de chômage chez les immigrants récemment arrivés a baissé, l’écart de quelque 8 points de pourcentage avec le taux pour l’ensemble de la population est resté le même, un écart qui est beaucoup plus important qu’en Ontario par exemple. Des chercheurs — Gilles Grenier et Serge Nadeau de l’Université d’Ottawa — ont d’ailleurs démontré que l’écart entre les taux de chômage des immigrants à Montréal et Toronto s’explique par le fait que, parmi les nouveaux arrivants, la connaissance du français est moins répandue à Montréal que celle de l’anglais à Toronto. L’exigence de la connaissance du français dans la sélection des immigrants est « non seulement culturellement, mais aussi économiquement justifiée », concluent-ils.

En commission parlementaire, le président la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, est même allé plus loin en avançant qu’on devrait hausser le seuil à 78 000 immigrants par an afin que le Québec conserve son poids démographique au sein de la fédération. Le Canada a augmenté de façon inconsidérée ses seuils d’immigration ces dernières années, ce qui, selon plusieurs chercheurs, ne contribue pas à augmenter la richesse par habitant, bien au contraire. On peut considérer qu’il s’agit d’un exercice de construction d’un État postnational (nation building). C’est une voie que le Québec ne peut certainement pas emprunter.

Augmenter de façon générale le nombre d’immigrants reçus ne contribuera pas à diminuer les pénuries de main-d’oeuvre et ne ferait qu’augmenter le chômage chez les immigrants récents, a rappelé l’économiste Pierre Fortin, puisque plus il y a de personnes actives, plus il y a de dépenses en biens et services, ce qui se traduit par une demande accrue de main-d’oeuvre.

Pour contrer les pénuries de main-d’oeuvre, d’autres moyens que le recours aveugle à l’immigration s’imposent, notamment l’investissement dans la machinerie et l’automatisation, des changements dans les méthodes de production, la formation et l’apport des travailleurs âgés qu’il faut encourager à repousser leur départ à la retraite. Le patronat estime que le contexte économique est favorable à l’immigration massive : il commande surtout aux entreprises d’augmenter leur productivité.

En outre, les employeurs veulent plus de travailleurs de l’étranger, mais nombre d’entre eux exercent de la discrimination à l’embauche envers les immigrants qui sont déjà au Québec, surtout s’ils font partie de minorités visibles.

L’immigration n’est pas la solution miracle : elle peut faire partie de l’équation dans la mesure où les compétences des nouveaux arrivants, du moins les travailleurs qualifiés que le Québec sélectionne, correspondent précisément aux besoins en main-d’oeuvre. C’est dans cette avenue que le gouvernement Legault s’est engagé avec l’implantation d’Arrima, un système d’invitations qui est calqué sur le programme fédéral Entrée express.

L’intégration ne se résume pas à l’emploi, elle est un processus social où le ministère, les organismes communautaires, les municipalités et les établissements d’enseignement ont un important rôle à jouer, a-t-on souligné avec justesse. L’immigration a d’ailleurs une dimension humanitaire plus qu’économique. Dans cette optique, le Québec doit continuer de fournir sa part d’efforts pour l’accueil des réfugiés.

Il n’y a pas de seuil d’immigration optimal. C’est la réussite de l’intégration qui compte, une intégration qui passe par une meilleure sélection et une francisation efficace, ce qui a fait défaut sous les libéraux. Le gouvernement Legault aura raison de choisir la modération, et surtout de miser sur des mesures pour soutenir activement l’intégration des immigrants.

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51 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 16 août 2019 02 h 10

    Le communautarisme conduit à la fragmentation de la société.

    Vous avez raison, monsieur Dutrisac. Il faut favoriser d'abord l'intégration des immigrants. L'intégration ne passe pas par le communautarisme et la ghettoïsation qui fragmente la société au lieu de l'unifier. C'est par une vision commune que l'on puisse réussir une cohésion sociale.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 16 août 2019 08 h 09

      J’abonde dans le même sens que vous Mme Alexan concernant l’éditorial de M. Dutrisac. En effet, comme il le dit, c’est d’abord la réussite de l’intégration des immigrants qui compte, pas leur nombre, et il semble que le gouvernement du Québec, du moins pour l’instant, serait sensible à cet objectif.

    • Jacques Patenaude - Abonné 16 août 2019 10 h 16

      Je suis d'accord que l'intégration des immigrants constitue un objectif fondamental dans tout processus d,accueil de l'immigration. Cependant il ne faut pas réduire accueil de l’immigration aux seuls questions économiques. Les immigrants apportent beaucoup plus à une société que leur main d’œuvre. Mme Alexan vous en êtes d'ailleurs un bon exemple. L'objectif de la régionalisation de l'immigration contenu dans la loi va bien au-delà de la question économique. La dévitalisation des régions, le vieillissement démographique sont autant de raisons pour favoriser plus d’accueil de réfugiés et d'immigrants dit économiques en région. L'apport aux enjeux sociaux tel que le déséquilibre entre la démographie montréalaise et celle des régions milite pour qu'on en accueil davantage d'autant plus que la francisation dans un milieu où le français est nettement dominant est plus facile tout comme le développement ce que Mme.Alexan appelle une vision commune.. Il me semble avantageux d'augmenter les seuils d'immigration au-delà de ce que le gouvernement envisage tout en y mettant les moyens requis pour favoriser leur intégration. On devrait d'ailleurs baser ce fameux chiffre non pas sur les seuls justifications de besoin de main d’œuvre mais sur les moyens mis en place pour réussir cette intégration. Et le gouvernent a actuellement largement les moyens financiers d'accélérer le pas.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 août 2019 10 h 21

      Quant au représentant de l'ONU , venu faire des reproches au Québec, il devrait voir à ce que des pays comme l'Arabie saoudite, le Japon, et d'autres accueillent des immigrants; surtout des réfugiés.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 août 2019 11 h 02

      En complément à mon message qui disait que, il n'y a pas si longtemps (2015), le Conseil du Patronat préconisait la fermeture des municipalités, en régions, dites *dévitalisées*. Il s'était ravisé, par après.Voir:
      https://journalmobiles.com/societe/la-grogne-monte-contre-le-cpq-qui-veut-fermer-les-regions-devitalisees

    • Pierre Robineault - Abonné 16 août 2019 17 h 54

      Mais bon sang!, quelqu'un peuut-t-il me dire combien d'immigrants chacune des autres provinces se sont déclarées rêtes à recevoir?!

  • Michel Lebel - Abonné 16 août 2019 06 h 29

    Pas fort!

    Bref, faisons confiance au gouvernement Legault en ce domaine! Vraiment pas fort comme éditorial! Le Devoir serait-il devenu caquiste?!

    M.L.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 août 2019 06 h 57

      @ M. Lebel

      Monsieur. Expliquez-nous le motif de votre désaccord svp. Pas fort, fort, en effet ce que vous nous dites.

      Quant au Conseil du Patronat, il n'y a pas si longtemps, il suggérait, tout simplemwnt, de fermer tout simplenent de nombreuses municipalités, en régions, dites dévitalisées.Il s'était ravisé par après.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 août 2019 07 h 02

      A lire les 2 volumes suivants sur le sujet de l'immigration massive ".Disparaître ? " de Jacques Houle. "Le remède imaginaire de Benoit Dubreuil et Guillaume Marois."

    • Nicole-Patricia Roy - Abonnée 16 août 2019 07 h 45

      Le Devoir n'est pas devenu caquiste mais affirme son nationalisme comme il l'a toujours fait depuis sa fondation. La conclusion est que l'intégration est la clé pour une immigration réussie. Seriez-vous contre ce moyen? Cela va-t-il à l'encontre de la sacro sainte Charte canadienne des droits et libertés que vous défendez toujours bec et ongles?

    • Clermont Domingue - Abonné 16 août 2019 08 h 12

      Pas fort! A mon avis,le gouvernement et monsieur Dutrisac ont pafaitement raison. De 1976 à 1997, j'ai travaillé à l'intégration des immigrants. Les problèmes sont les mêmes aujourd'hui. S V P avancez vos solutions.

    • Michel Lebel - Abonné 16 août 2019 09 h 15


      @ Pierre Granchamp,

      Il est bien évident qu'il faut de bonnes politiques d'intégration des immigrants. Mais je ne crois pas du tout au nombre fixé par le bas par le gouvernenemt caquiste. Tout cela sent l'improvisation et d'ailleurs n'est pas justifié publiquement. La question de l'immigration est devenue une affaire idéologique qui baigne dans le nationalisme étroit, défendue par un avocat de province qui a de fortes oeillères.

      M.L.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 août 2019 10 h 42

      @ M. Lebel

      Je le répète: je ne suis pas caquiste.La question de l'immigration m'intéresse grandement; d'autant plus que j'ai accompagné, bénévolement un grand nombre d'immigrants, surtout réfugiés, en vue de leur intégration, pendant une douzaine d'années.

      Je connais une famille de demandeurs d'asile arrivée ici, il y a 15 mois: ils ne savent pas encore s'Ils devront être acceptés ou s'en aller chez eux. Ces gens vivent uns situation intenable, incapables de faire des plans. Je connais une famille qui a dû s'en retourner chez elle.

      Non, aux politiques gnan gnan de Trudeau à fleurs bleues. Ce n'est pas du "nationalisme étroit" que de mieux encadrer, mieux coordonner. Voir à accueillir des gens qui vont, dans la mesure du possible, demeurer au Québec, au lieu de s'en servir s'en aller dans le ROC. "avocat de province avec oeillères": affirmation gratuite, sans fondement. Il promeut ce que son parti nous avait dit, en octobre dernier.

      "Les oeillères", quant à moi: les politiques trudeauistes et les politiques libérales à Québec.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 août 2019 11 h 43

      Ce "bref" est un peu court. L'édito explique en détails comment l'immigration n'est pas la seule solution miracle aux problèmes de main-d’œuvre et pourquoi tout en donnant des pistes. Il n'appuie pas tout ce que fait le gouvernement caquiste - il ne fait que modestement le féliciter de ne pas immédiatement succomber au discours qui présente l'immigration comme une telle solution miracle, ce qu'elle n'est pas, et ne pas y recourir aveuglément et immédiatement. Le voir comme une solution miracle participe aussi de l'aveuglement idéologique et ne résiste pas à l'analyse froide des faits, nationalisme ou pas.

      L'édito propose aussi une meilleure intégration des immigrants déjà ici - ce dont il faut s'occuper. Et l'édito a bien raison de tancer les employeurs qui réclament plus d'immigration tout en faisant de la discrimination à l'embauche...

      Ce qui ne veut pas dire que l'on pourrait avoir des politiques d'intégration bien mieux ficelées, et voilà ce que devrait plutôt être la priorité. Savoir comment intégrer et le faire avant d'augmenter massivement l'immigration semble plus sage.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 août 2019 16 h 13

      Correction 1ère phrase dernier paragraphe "Ce qui ne veut pas dire que l'on pourrait ne pourrait pas avoir des politiques d'intégration bien mieux ficelées."

    • Marc Therrien - Abonné 16 août 2019 17 h 47

      M. Grandchamp,

      Vous pourriez aussi suggérer la lecture des chroniques de Mathieu Bock-Côté dans le JDM, lui qui aime en référer aux 2 ouvrages que vous mentionnez quand il lui prend une immigrationnite aigue.

      Marc Therrien

    • Jacques Patenaude - Abonné 16 août 2019 20 h 35

      @ Lebel
      Oui La question de l'immigration baigne dans l’idéologie, le problème c'est qu'elle verse des deux côtés vers des idéologies réductrices. C'est le piège dans lequel nous sommes de plus en plus empêtré malheureusement. Le représentant de l'ONU a dit des choses fort pertinentes mais je crois qu'il aurait été utile pour lui de ne pas se faire briefé par un seul côté.

  • Sylvain Rivest - Abonné 16 août 2019 07 h 14

    Le patronat est nostalgique de l’époque de l’esclavage

    A mon avis, sans intégration, nous mène à une hausse de la pauvreté et de la criminalité, l’exemple est flagrant dans le ROC. S’il n’y a aucun lien entre les individus il n’y a plus de société. La culture et la langue sont les premiers atouts qui cimentent un peuple et non un simple drapeau. Regardons le Canada s’effondrer dans sont individualisme post national, ou même Montréal qui a subit ce laisser faire trop longtemps. Car si rien n’est fait, dans ce pays qui a misé sur le multiculturalisme, j’ai bien peur qu’on soit obligé, une jour, de bâtir un mur pour s’en protéger.

  • denis jeffrey - Abonné 16 août 2019 07 h 21

    Du tri sac aveugle au problème de l’emploi au Québec

    Ce journaliste, pris dans ses ornières idéologiques, ne voit pas le problème de l’emploi au Québec. Ses solutions technologiques ne pourraient régler que quelques situations d’usine. Il souffre d’un manque de vision

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 août 2019 09 h 44

      Je ne suis pas caquiste. Cependant, je suis d'accord avec la façon de voir en immigration.: pour le moment, en recevoir un peu moins, mais mieux cibler et mieux encadrer selon nos besoins; par après, augmenter. D'accord, aussi, avec le test de français.

      Non aux chemins Rohan gnan gnan fédéral qui nous coûtent une fortune, créent beaucoup de désillusions pcq un bon nombre doivent retourner chez eux.

      Je pense que c'est le Conseil du Patronat qui manque de vision: vision à court terme.

    • Marc Davignon - Abonné 16 août 2019 09 h 51

      Hum!!!!!!!!

      Hum!!!!!!!!

      Problème idéologique, vous dites.

      Comment interpréter : <il manque de monde pour les emploies les plus mal payés avec les conditions les plus difficiles, que personne ne veut>.

      Or, la demande du <patronat> : d'avoir un bassin de personne suffisamment ignare des conditions ambiantes pour les faire travail <pas cher>. Pourquoi le principe de l'offre et de la demande ne fonctionne pas dans le cas présent ? Nous sommes devant un cas flagrant d'offre et de demande : peu d'employé, beaucoup de postes (selon le patronat)! Et pourtant, les salaires n'augmentent pas, enfin, très peu! La solution, faire venir du monde qui ignore leur vraie valeur. Car, les travailleurs d'ici, la savent un peu trop au goût des <gens d'affaires>.

    • Clermont Domingue - Abonné 16 août 2019 09 h 55

      Et si on retardait l'âge de la retraite de quelques années?

    • Gilles Théberge - Abonné 16 août 2019 10 h 48

      Osez donc lire l'étude intitulée « Le remède imaginaire de Benoit Dubreuil et Guillaume Marois »... il est aussi en format PDF http://banq.pretnumerique.ca/resources/4ecd2256d80

      Ça vous éviterais d'écrire n'importe quoi. N'est-ce pas...?

    • Marc Pelletier - Abonné 16 août 2019 14 h 53

      M. Davigon,

      Vous dites : " Et pourtant, les salaires n'augmentent pas ou si peu ".

      C'est le gouvernement qui augmente ou pas le salaire minimum : il ne faut pas tout mettre sur le dos des employeurs !

  • Cyril Dionne - Abonné 16 août 2019 07 h 46

    Le Québec doit se mettre au diapason des nouvelles méthodes de production

    Le chant des sirènes de la récession commence à devenir plus audible. Alors, pour cette période de « croissance économique » au Québec, des mots bannis du vocabulaire de ceux qui pratiquent le messianisme écologique, elle tire à sa fin. Mais je suis d’accord avec M. Dutrisac et de son analyse de la situation.

    Bien sûr que le Conseil du patronat du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain réclament une augmentation de l’immigration. Celle-ci a pour effet de faire baisser les salaires et placer les employeurs dans une situation où ils ont l’avantage. C’est toujours bon pour eux lorsque la demande surpasse l’offre. De toute façon, l’immigration ne réglera pas leurs problèmes immédiats. L’immigration, c’est seulement bon pour les immigrants mais pas pour la société d’acceuil parce que c’est elle qui en fait les frais à court, moyen et long terme.

    Avec un taux de chômage de 5,1%, il y a encore beaucoup de gens et de nouveaux immigrants qui sont sans travail. Imaginez un instant que toutes les chambres de commerce et les employeurs pourraient résoudre leur problème en augmentant les salaires perçus combinés avec des avantages sociaux qui avantageraient ceux qui sont sur l’aide sociale à vouloir travailler. Présentement, avec les avantages sociaux donnés gratuitement aux gens sur l’aide sociale, il n’est pas avantageux pour eux devenir un travailleur pauvre sans aucun filet social et monétaire généreux.

    Mais c’est le passage à une automatisation et à une robotisation des méthodes de production qui fait défaut. Présentement, le Québec accuse un retard technologique marqué sur ses méthodes de production. Il est encore à l’ère de la 2e révolution industrielle alors que le reste de la planète entame la 4e de l’intelligence artificielle et de la robotique intelligente.

    Comme disait l’autre, ce n’est pas le gros poisson qui mange le plus petit; c’est le plus rapide qui mange le plus lent.