Attaques de Rizqy: les corps étrangers

Candidate déclarée, ou presque, à la direction du Parti libéral du Québec, Marwah Rizqy a présenté ses excuses à certains de ses collègues qu’elle admet avoir heurtés avec des propos « inutilement durs ».

Dans une entrevue à QUB radio, la députée de Saint-Laurent avait défendu la position du gouvernement Couillard en matière de signes religieux, stigmatisant ses adversaires qui préconisent l’adoption du compromis Bouchard-Taylor. Avocate fiscaliste avant de faire le saut en politique, elle a aussi réitéré sa dénonciation des coupes qu’a effectuées le précédent gouvernement libéral et, au premier chef, le ministre des Finances, Carlos Leitão, pour atteindre l’équilibre des finances publiques.

Cette dernière critique, qui avait fait l’objet d’une lettre coulée à la presse avant le caucus libéral du début de février, ne manquait pas de sévérité. L’élue exigeait de son parti qu’il présente ses excuses. Certains peuvent douter de l’efficacité politique de cette forme d’autoflagellation, mais l’intervention de Marwah Rizqy, qui a fait grincer les dents de ses collègues, se situait au niveau des idées.

Il en est autrement des salves qu’elle a envoyées à l’ex-vice-première ministre Dominique Anglade et, dans le même élan, à un autre transfuge de la Coalition avenir Québec, Gaétan Barrette, et à l’ancien député de l’Action démocratique du Québec et actuel leader parlementaire de l’opposition officielle, Sébastien Proulx.

« J’ai un profond malaise avec les gens qui marchandent leurs valeurs », a déclaré Marwah Rizqy. Elle accuse sa possible rivale dans la course à la chefferie, et ceux de la CAQ et de l’ADQ qui ont rallié le Parti libéral, d’avoir parlé pendant quatre ans « de la même façon que nous », d’avoir défendu « les libertés individuelles », un principe contenu dans l’article un de la constitution du PLQ, pour ensuite changer de position en raison des sondages favorables au compromis Bouchard-Taylor.

La députée est au diapason de Philippe Couillard qui, au moment de sa démission, exhortait les libéraux à ne jamais marchander leurs valeurs pour quelques votes.

Délaissant le terrain des idées, Marwah Rizqy se retrouve sur celui des valeurs, toisant de haut des collègues qu’elle perçoit, prématurément, comme des adversaires. Dans un parti, qui plus est dans un caucus, si on peut défendre des idées différentes, on doit au minimum partager les mêmes valeurs. À moins que l’élue se soit donné pour mission de débarrasser le PLQ de corps étrangers.

Avec ces attaques fratricides, Marwah Rizqy montre plutôt que la candidate passe avant le parti ou sa cohésion.

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