À quoi joue la CSDM?

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) vient de transformer 200 jeunes et leurs familles en victimes collatérales du débat sur le financement public des écoles privées. Comment la principale commission scolaire du Québec peut-elle descendre aussi bas ?

Sous prétexte de vertueux principes d’équité et d’inclusion, la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, a annoncé son intention de mettre fin à une entente historique avec les Petits Chanteurs du Mont-Royal dès la rentrée d’automne.

Ceux-ci fréquentent l’école primaire de la CSDM Notre-Dame-des-Neiges, et ils passent directement au Collège Notre-Dame, une institution privée, pour leur secondaire. La scolarisation des apprentis choristes est assumée en large partie par Québec : il en coûte aux parents 1225 $ par enfant sur une base annuelle. Cette entente atypique a permis à des générations de jeunes, peu importe leur statut socioéconomique, d’apprendre les rudiments du chant et de la musique, et de le faire à proximité de l’oratoire Saint-Joseph, où se produisent régulièrement les choristes. C’est un arrangement pratique pour les parents et les chanteurs.

Mme Harel Bourdon y voit une iniquité qui profite à l’école privée, la bête noire de la CSDM et des syndicats d’enseignants. Sa décision a suscité la consternation et l’indignation du conseil d’administration de la Maîtrise des Petits Chanteurs du Mont-Royal, et pour cause. Sans débat, sans consultation et d’une manière opaque, la CSDM coupe la voix des Petits Chanteurs pour marquer son point idéologique.

Le débat sur le financement public des écoles privées ne peut se faire sur des bases aussi viciées. Ce n’est pas en prenant des parents et des enfants en otages que la CSDM y insufflera une contribution significative.

Les tenants de la gauche prennent par ailleurs de curieux raccourcis en s’imaginant qu’il suffira de couper les subventions au privé (550 millions par année) pour rehausser la qualité du réseau public. Ramener de force les enfants que l’on dit « les plus forts » dans le réseau public n’améliorera pas par magie la qualité du projet éducatif, du personnel enseignant, des bâtiments scolaires et des variables sociodémographiques des quartiers. Cette recherche du plus bas dénominateur commun est un faible succédané à une nécessaire réflexion sur les moyens à prendre pour rehausser l’attractivité du réseau public.

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