Racisme au hockey: sport malade

De tous les sports professionnels, le hockey reste le plus blanc, et il ne s’agit pas d’une allusion à la couleur de la glace. Son rendez-vous avec la diversité se fait encore attendre pour des raisons inexpliquées.

Cette réalité expliquerait-elle la facilité avec laquelle des spectateurs et des joueurs tombent dans les invectives racistes, comme en témoigne le cas désolant de Jonathan Diaby ? Conclure par l’affirmative serait trop simpliste. Il y a encore bien des milieux au sein desquels les membres des minorités sont peu ou pas représentés sans qu’il y ait de manifestations de racisme semblables à celles qui ont secoué la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) samedi dernier à Saint-Jérôme.

Le racisme s’exprime librement lorsqu’il n’y a personne, ni institutions ni figures d’autorité, pour dénoncer et sanctionner les comportements infâmes. C’est précisément le contexte dans lequel s’est déroulé l’incident de Saint-Jérôme. Jonathan Diaby, un Noir, s’est fait notamment traiter de babouin, au point où il a dû quitter le match. Dans les gradins, des membres de sa famille ont été pris à partie.

Ce racisme imbécile est trop facilement toléré dans les arénas, à plus forte raison dans la LNAH, qui offre une version abrutissante du hockey. À preuve, les arbitres n’ont rien fait. Au lieu de calmer la foule et d’expulser les fautifs, un agent de sécurité a suggéré à Diaby de donner aux fans ce qu’ils voulaient et de se battre. La LNAH a pris la mesure du problème, même s’il a fallu un scandale pour qu’elle passe à l’action. Des messages de tolérance zéro seront diffusés avant les matchs, la sécurité sera renforcée et les parties seront interrompues le temps d’expulser des fautifs. De telles mesures devraient être étendues au hockey mineur, un monde qui n’est pas exempt de racisme. Parlez-en aux joueurs et aux parents autochtones.

Le premier ministre, François Legault, a invité les spectateurs à intervenir lorsqu’ils sont témoins de propos ou de comportements racistes. C’est faire peser sur eux un fardeau qui n’est pas le leur et, indirectement, cela revient à déresponsabiliser les organisations sportives. Celles-ci sont privées, dira-t-on.

Le Code criminel perd-il de son autorité aux portes d’un aréna ? Nous ne le croyons pas. À l’exception des sports de combat, le hockey est le seul sport qui tolère et encourage les bagarres, soit dit en passant. Méfaits publics, harcèlement, voies de fait : sur la glace ou dans les gradins, il est temps de mettre fin à ces traditions archaïques qui dégradent et dénaturent le hockey.

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16 commentaires
  • Raynald Rouette - Abonné 2 mars 2019 07 h 03

    Il y a éducation et éducation...


    Nous sommes en 2019 et beaucoup trop de gens, n’ont n’y l’un n’y l’autre.

    Dans une autre époque, était dispensé au primaire un cours appelé « Bienséance » c’est-à-dire « Conduite sociale en accord avec les usages ».

    Ce cours devrait être donné en priorité au primaire, en remplacement du très contreversé cours sur les cultures religieuses...

  • Cyril Dionne - Abonné 2 mars 2019 07 h 49

    Parlez-en aux joueurs et aux parents francophones en Ontario

    Ce qui est dans le cas de ce jeune joueur d'hockey est inadmissible dans toute société civilisée. Ce n'est pas seulement le hockey, mais tous les sports où on y retrouve ce type de comportement inacceptable de la part des autres athlètes et des spectateurs. Le Québec va s'autoflageller devant une telle situation alors que dans le ROC, les anglophones ne lèveront aucun sourcil lorsqu'il agit de racisme francophobe. Il faut y avoir vécu pour comprendre. Parlez-en aux joueurs et parents francophones.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 2 mars 2019 09 h 35

    Pour plus de précision

    Jonathan Diaby est un mulâtre, non un Noir, sa mère étant Blanche et son père Noir.

    Le Petit Larousse illustré 2018 à l'entrée « mulâtre » (p. 763): « Né d'un Noir et d'une Blanche, ou d'une Noire et d'un Blanc. »

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1155328/jonathan-ismael-diaby-racisme-marquis-jonquiere-petroliers-saint-jerome

    • François Beaulé - Abonné 2 mars 2019 13 h 30

      Même chose pour le président Barack Obama qui s'identifie lui-même aux Noirs. Comme si les gènes de la « race » noire étaient plus déterminants que ceux de la « race » blanche ! Ou bien nous sommes en présence d'un mélange de sexisme et de paternalisme qui font croire que le fils d'un Noir est noir même si la mère est blanche. Voilà une énigme que devraient résoudre les partisans de la political correctness !

  • Arnaud Hétu - Abonné 2 mars 2019 10 h 23

    Présenter le hockey comme un sport raciste: simple, facile et... idéologique

    Les publications du Devoir inspirées par une lecture racialiste de l'idéologie diversitaire sont maintenant chose courante. On ne doit pas s'en réjouir. Cette tendance qu'ont les médias à réintroduire le concept de « race » et de « couleur de peau » pour appréhender les phénomènes sociaux marque un grave recul sur le plan de la réflexion et de la conscience historique. Le texte de Brian Myles en est un exemple probant.
    On n'a qu'à se souvenir du récent cas de racisme anti-Québécois perpétué à l'échelle du Canada anglais contre Maxime Comptois (pourtant « blanc »), le capitaine de l'équipe canadienne de hockey junior. Mais l'auteur semble oublier que le dernier match des étoiles de la LNH a justement été présenté sous l'office de la « diversity »: des femmes ont été invitées à participer à certaines épreuves techniques. Plus encore: on a eu droit à une scène ahurissante où Ron MacLean, le co-animateur de Coach's Corner avec Don Cherry, soulignait les mérites de la diversité dans la ligue nationale. Le même Ron MacLean reconnnu par ailleurs pour avoir professé des commentaires racistes à l'endroit des « French Canadian referees » pendant les séries éliminatoires il y a quelques années. Et pourtant, personne n'en a appelé au « racisme systémique » dans le hockey: ces geste regrettables et lâches, comme ceux qui ont visé Jonathan Diaby cette semaine, étaient condamnés en eux-mêmes, sans pour autant exiger l'expiation de tout un sport. Or, c'est bien de cela qu'il semble être question ici, puisque Brian Myles en profite du même coup pour faire un lien direct et rapide avec les bagarres. L'équation est facile et n'exige aucune réflexion: hockey = violence = racisme. Cette dernière nous ferait presque oublier que l'on observe du racisme dans tous les sports (soccer, baseball, tennis, etc.), partout dans le monde et peu importe la composition ethnique des athlètes. En cela, il est pericieux et non moins lâche de conclure que le hockey est un sport malade.

  • Jean-Yves Bigras - Abonné 2 mars 2019 10 h 50

    Les autorités et le racisme

    “Le racisme s’exprime librement lorsqu’il n’y a personne, ni institution ni figures d’autorité, pour dénoncer et sanctionner les comportements infâmes.”
    Le gouvernement actuel s’apprête à légiférer pour restreindre les libertés religieuses d’un minorité précise, d’une communauté ciblée, faisant du Québec le seul état d’Amérique où une telle loi serait promulguée.
    Son empressement à légiférer sur la baisse des seuils d’immigration, la maladresse pour ne pas dire la grossièreté avec laquelle il le fait, comme s’il s’agissait là d’un problème urgent, tous ces facteurs viennent appuyer vos dires et dans une certaine mesure expliquer le sans gêne des racistes qui n’hésitent plus à s’exprimer ouvertement assurés qu’ils ont l’assentiment d’une majorité.

    • André Joyal - Abonné 2 mars 2019 15 h 01

      Alors comment expliquez- vous le racisme dont les francos sont victimes à travers le ROC? Parlez-en à M Cyril Dionne!

    • Diane Charest - Abonnée 2 mars 2019 21 h 27

      Franchement