Que cesse l’acharnement

Le témoignage de l’ex-procureure générale Jody Wilson-Raybould n’a pas permis de lever le voile sur une question fondamentale concernant l’affaire SNC-Lavalin : pourquoi diable la directrice des poursuites pénales, Kathleen Roussel, a-t-elle refusé d’entamer des négociations avec ce fleuron mondial de l’ingénierie en vue d’un accord de réparation comme le lui permettait une nouvelle disposition du Code criminel ?

Mercredi, l’ex-procureure générale a refusé de dévoiler les motifs du Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) sous prétexte que l’affaire est devant les tribunaux. En effet, en octobre dernier, SNC-Lavalin a demandé une révision judiciaire de la décision devant la Cour fédérale.

Si le grand public ne connaît pas les raisons de ce refus, la firme d’ingénierie non plus. Dans sa requête, SNC-Lavalin indique que la lettre du SPPC qui confirme sa décision ne donne aucune raison expliquant qu’il n’est pas « approprié » de négocier un accord de réparation avec la firme qui est accusée de corruption relativement à ses activités en Libye.

La nouvelle disposition du Code criminel permet à une firme accusée au criminel d’éviter un procès si elle reconnaît ses fautes, prend toutes les mesures nécessaires pour que la situation ne puisse se reproduire et s’acquitte d’amendes substantielles. Il en va de l’intérêt public, puisqu’on protège ainsi des employés, des actionnaires et des fournisseurs qui n’ont rien à voir avec les actes répréhensibles commis par d’anciens dirigeants qui, eux, font face à la justice.

Si on ne peut les excuser, les faits reprochés à SNC-Lavalin n’ont rien d’exceptionnel : toutes les grandes multinationales en infrastructures ont versé des bakchichs à des potentats pour obtenir des contrats. Que ce soient les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou l’Allemagne, tous ces pays ont conclu des accords de réparation avec leurs grandes firmes qui ont trempé dans des magouilles.

Au Canada anglais, on semble vouloir en finir avec SNC-Lavalin, oubliant sans doute que la multinationale compte 9000 employés au pays, dont une majorité à l’extérieur du Québec. Or le gouvernement Trudeau a raison de considérer qu’il est dans l’intérêt public d’éviter à la firme un long procès au terme duquel elle risque de perdre, pendant dix ans, la possibilité d’obtenir des contrats fédéraux.

Heureusement, SNC-Lavalin est protégée pour l’heure contre une prise de contrôle grâce à la minorité de blocage que détient la Caisse de dépôt et placement du Québec. Qu’on cesse toutefois de s’acharner contre elle comme le font avec légèreté Andrew Scheer et Jagmeet Singh.
 



Une version précédente de ce texte, qui indiquait que «la nouvelle disposition du Code criminel prend toutes les mesures nécessaires pour que la situation puisse se reproduire», a été modifiée. 

 

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58 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 1 mars 2019 01 h 12

    La fin ne justifie pas les moyens!

    Le fait que toutes les grandes multinationales versent des «backshish» pour obtenir des contrats n'excuse pas les actes répréhensibles commis par les anciens dirigeants qui eux doivent faire face à la justice et doivent être pénalisés en conséquence. Comment peut-on donner des leçons à la Chine en expliquant que notre gouvernement ne peut pas s'ingérer dans l'arrestation de madame Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei?
    Selon madame Christia Freeland, ministre des Affaires étrangères « Tourner les coins ronds » pour éviter d’arrêter une haute dirigeante chinoise à la demande des États-Unis n’était tout simplement pas envisageable, même pour esquiver une situation politique délicate.»
    La séparation entre la justice et le gouvernement est le pilier de «de tout ce qui fait la grandeur du pays, l’un des fondements de notre démocratie », selon la ministre. Deux poids, deux mesures?

    • René Cormier - Abonné 1 mars 2019 08 h 29

      Vous êtes dans la confusion. Les dirigeants de SNC, qui sont des personnes physiques et non des personnes morales (création de la loi), sont poursuivis tout comme Mme Wanzhou. Il n'y a pas eu d'intervention politique pour faire cesser les poursuites. Les dirigeants font face à la Justice. Huawei n'est pas accusée au Canada, au contraire on semble l'inviter à faire affaire. Il y a séparation de l'État et de l'appareil judiciaire. Votre comparaison est irréfléchie.
      Les propriétaires de SNC sont les actionnaires et non les dirigeants. Les actionnaires ne sont l'objet d'aucune accusation et ne sont pas accusés d'actes répréhensibles. Allez-vous proposer de fermer le journal losqu'un employé journaliste va dans la fausse nouvelle ou est accusé de corruption? Allez-vous fermer une ville lorsqu'un maire est accusé de corruption? Allez-vous fermer Hydro Québec si les dirigeants sont accusés de corruption et pénaliser l'État et les citoyens qui en sont propriétaires? Votre empathie pour les travailleurs de cette société publique n'a d'équivalence que votre ignorance du système dans lequel nous vivons au Québec et au Canada.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 mars 2019 09 h 19

      Ah! Ben. Je suis d'accord avec vous Mme Alexan. Personne n'est au-dessus des lois mêmes si celles-ci ont été transformées afin de reproduire ce type de comportement inacceptable. CNC-Lavelin est une firme d'ingénierie d'où l'expertise ne sera pas perdue suite à un procès en bonne et due forme comme ce serait certainement le cas pour madame et monsieur tout le monde.

      Qu'est-ce qu'il y a de si fantastique dans une firme qui construit des prisons pour des dictateurs afin que ceux-ci peuvent torturer à leur guise, les gens opposés à leur régime de terreur?

    • Serge Pelletier - Abonné 1 mars 2019 09 h 59

      Madame Alexan, ce cas illustre à parfait que le politique ne peut pas influer sur la décision de la couronne de poursuive ou pas un contrevenant quelconque. Selon ce cas d'espèce, même le P.M. en personne, les plus hauts responsables de la bureaucratie canadienne, les ministres les plus influents d'un cabinet... Personne, en fait, ne peut influer sur les décisions juridiquement prises.

      Le Justintin d'Ottawa doit en être bien fière, ce cas démontre aux gouvernements étrangers - en premier chef celui de la Chine continentale, que malheureusement même en voulant intervenir avec vigueur pour arrêter, ou amoindrire, les procédures juduiciaires, celles-ci suit son court...

      En fait, c'est même à se demander si la Madame Wilson-Raybould n'est pas en mission spéciale et commandée. Mission qui sert à "redorer" l'image du Canada auprès des instances internationnales et le "score" de pays où la corruption politicienne et des instances gouvernementales est impossible.

      Les ambassades de tous les pays doivent suivre avec le plus grand intérêt ce vaudeville de claquage de portes - avec traduction simultanée - et en faire parvenir rapidement copies conformes par valise diplomatique à leurs patrons... Le tout avec une petite note: "vous voyez-bien boss, que même si je n'arrête pas de vouloir corrompre, c'est de ma faute, y veulent pas pantoute..."

      Cela personne ne semble y réfléchir... Que non, au contraire, c'est l'inflation des propos loufoques, des conséquences des ci et des ça, des pauvres petits travailleurs (tous ingénieurs en passant), d'une "corporate bum" en déclin, des mauvais anglais qui nous haissent... et mettons-en il y a de la place en masse dans le chaudron de l'indignation...

      Quant à l'exclusion des contrats gouvernementaux, un minitre peut en tout temps par décision (arrêt ministérei et/ou discrétionnaire) faire en sorte que le contrat soit accordé malgré une pénalité "temps"...

    • Nadia Alexan - Abonnée 1 mars 2019 10 h 17

      À René Cormier: Vous n'avez pas compris mon commentaire. Je n'ai jamais dit qu'il faut punir les travailleurs d'une société quelconque. Je dis simplement que les dirigeants qui sont responsables des actes répréhensibles doivent être punis. D'habitude, les dirigeants s'en sortent des pires pétrins avec impunité. À titre d'exemple, le cas d'une fraude historique de 22,5 millions pour la construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) s'impose. Ce sont les Québécois qui payent la note pour une telle corruption.
      Selon l'enquête menée par la commission Charbonneau, le Dr Arthur Porter, qui était directeur général du CUSM à l'époque, a tenté par plusieurs moyens de faire en sorte que le consortium dirigé par SNC-Lavalin remporte le contrat. Il faut mettre fin à l'impunité, au chantage et à l'arrogance des grandes sociétés.

    • Serge Pelletier - Abonné 1 mars 2019 11 h 08

      Erreur M. Cormier... Ils se sont tellement trainer les pieds... que la majorité n'a subit aucun procès. Quand à la patronne chinoise... il s'agit d'un cas "d'arrêt et de demeurer sur le sol canadien" en attendant que les tribunaux canadiens décident si oui ou non la demande USA d'expulsion (remise aux USA pour répondre d'accusations d'espionnage qui sont faits sur et par l'entreprise qu'elle dirige) est valible... La patente juridique, elle va prendre du temps en titi...

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 mars 2019 16 h 01

      Mme Alexan,

      Les tribunaux, les prisons, la police et l’armée font partie des pouvoirs répressifs de l’État.

      Dans un État colonial, le Droit sert à des fins coloniales.

      La dépossession des Métis du Manitoba s’est faite légalement. L’État canadien a exigé la présentation de titres de propriété. Puisque les Métis et leurs ancêtres occupaient leurs terres depuis des millénaires, ils étaient incapables de présenter de tels documents. On les expulsé conformément aux lois racistes du pays et on a confié leurs terres à des colons européens.

      Laisser une machine étatique coloniale opérer sans jamais rendre de compte, et ce dans l’ombre d’une interface ministérielle impuissante, c’est favoriser la pérennité du pouvoir colonial canadien contre le peuple francoQuébécois.

      Robert Dutrisac s’attaque à un tabou du fédéralisme canadien : les grands mandarins hostiles au Québec doivent s’expliquer publiquement.

    • Nadia Alexan - Abonnée 1 mars 2019 19 h 01

      À monsieur Jean-Pierre Martel: Les multinationales sont devenues plus puissantes que nos gouvernements. Elles doivent subir les conséquences de leur comportement éhonté en dehors de la loi.
      Tout ce que nous avons aux seines des pays civilisés est la primauté de la loi. Personne ne doit être en dessus de la loi. L'indépendance de la justice du pouvoir est un des piliers d'un pays civilisé. Les grandes sociétés ne doivent pas s'échapper aux conséquences de leurs actes répréhensibles.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 mars 2019 02 h 51

    La leçon

    Ce qui est regrettable dans cette affaire, c’est que toute l’élite médiatique du Canada anglais, tous les partis d’opposition et la très grande majorité de la population angloCanadienne jouissent du plaisir sadique de risquer la faillite d’un des fleurons de l’économie québécoise.

    Il serait temps de penser quitter cet État pétrolier avec lequel nous avons de moins en moins d’affinités.

    Si, contrairement à mes vœux, SNC-Lavalin devait disparaitre, j’espère que ses milliers d’ex-employés s’en souviendront le jour où ils auront à se prononcer sur l’indépendance du Québec.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 mars 2019 03 h 37

    Le fond du problème

    L’éditorial de M. Dutrisac pose la question fondamentale du rapport entre la machine raciste de l’État canadien et son interface ministérielle.

    Jusqu’ici, on a fait le procès de cette interface ministérielle.

    À mon avis, lorsque le Canada adopte une loi, il est normal que le chef de l’État cherche à savoir ce qui bloque et empêche cette loi s’être utilisée. Surtout quand c’est précisément le cas SNC-Lavalin que le législateur avait en tête lors de l’adoption de cette loi.

    Au tribunal de l’opinion publique, ce procès se limitera à savoir à partir de quand les pressions légitimes des élus deviennent indues.

    Mais quant est-il des motifs qui justifient le refus obstiné de la machine de l’Etat canadien de permettre à SNC-Lavalin de se prévaloir d’un accord de poursuite suspendue ?

    C’est cette question fondamentale que pose l’éditorialiste du Devoir.

    Il faut comprendre que la machine de l’État canadien est composée à 92% d’unilingues anglophones. Or ces gens partagent avec la majorité anglophone du pays les mêmes préjugés et la même hostilité à l’égard du Québec.

    Le refus obstiné de donner au Québec sa juste part des contrats fédéraux (notamment les contrats militaires) et le refus de permettre à SNC-Lavalin de se prévaloir de ce qu’on permettrait sans hésitation à n’importe quelle minière de Bay Street, sont deux exemples d’un biais de la machine de l’État canadien contre le Québec.

    Un biais que la cible québécoise cessera de financer le jour de son indépendance. Pas avant.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mars 2019 08 h 58

      M. Dutrisac demande « pourquoi diable la directrice des poursuites pénales, Kathleen Roussel, a (…) refusé d’entamer des négociations (...) en vue d’un accord de réparation comme » le permet le nouveau Code criminel ?

      M. Dutrisac poursuit en ouvrant la porte, comme cherche à le faire SNC-Lavalin, à « une révision judiciaire de la décision devant la Cour fédérale (… parce) que la lettre du SPPC ne donne aucune raison expliquant qu’il n’est pas « approprié » de négocier un accord de réparation.

      Si ce n’est pas approprié, c’est que les principaux points qui enclenchent une négociation font défaut, soit l’acceptation de la demanderesse de ses responsabilités et son engagement à réparer les effets des malversations sous sa responsabilité.

      Mme Roussel y a fait écho et SNC-Lavalin entend la confondre. Dans l’état actuel du dossier, il est probable, avec un nouveau procureur, que la directrice se retrouvera dans l’eau chaude et, possiblement, démissionnera.

      Ce dossier concerne le respect des institutions et les règles de droit. En faire une affaire politique, c’est contourner les institutions et les règles pour des motifs politiques.

      M. David du Devoir a été clair sur ce point lors de sa présence à Radio-Canada après la journée de mercredi. Or, ici, M. Dutrisac reprend les vues des PM Trudeau et Legault sur le fleuron SNC-Lavalin et les emplois payants et en fait une rivalité entre le Canada et le Québec. M. Martel, vous lui donnez raison.

      À date rien ne permet de blanchir SNC-Lavalin. Je note par contre que tout est orchestré pour cibler la Procureure, demain la Directrice, faire valoir les interventions du Bureau du PM et accorder une faveur à SNC-Lavalin si le juge invite à une reprise des négociations.

      Dans le cas contraire, pour lequel SNC-Lavalin est aussi préparé, cette entreprise cherchera à minimiser ses pertes, ce qu’elle a fait en refusant sa responsabilité et en attribuant à des individus véreux les malversations réalisées sous son toit.

    • Raynald Goudreau - Abonné 1 mars 2019 10 h 35

      M.Baribeau , pour avoir acces a l'entente la Cie doit reconnaitre sa responsabilite , vous dites "les principaux points qui enclenchent une negociations font defaut , soit l'acceptation de la demanderesse de ses responsabllites et son engagement a reparer etc..."
      Dans ce meme journal ce matin le journaliste du Devoir rapporte les mots de M . Fitzgibbon , Ministre du Gouvernement Quebecois : " SNC a admis ses torts , a change le Conseil d 'Administration et cree un comite d'ethique a l'interieur "
      Etes vous en mesure de m'eclairer la-dessus ?
      Par la meme occasion , sans mettre en doute la neutralite de la DPP, ne peut-on pas reconnaitre que les medias du Roc se paient une partie de plaisir qui , peut-etre , influence disons , l'atmosphere ? Dans le cas contraire , permettez -moi de vous conseiller les memes lunettes roses que vous proposez dans un autre article aujourd'hui .

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mars 2019 15 h 20

      Admettre ses torts, changer le CA et créer un comité d'éthique interne ne dit pas que SNC-Lavalin a répondu aux conditions de la loi, soit de reconnaître sa responsabilité en signant un document à cet effet pour que la directrice des poursuites pénales enclenche le processus de remédiation.

      Je ne promène pas avec des lunettes roses. Je regarde plutôt ce qui se passe sous l'angle de la loi et non sur celui des pirouettes politiques du Bureau du PM, de certains médias, des partis politiques et des attaques sur l'ex-Procureure et la Directrice des poursuites pénales pour semer le doute sur la dimension juridique de ce dossier.

      La question n'est pas de savoir si le Bureau du PM a dépassé la ligne rouge après la décision de Mme Wilson-Raybould, mais celle de savoir pourquoi il a poursuivi après que la Procureure ait pris sa décision, ce qui est une tentative d'entrave envers la Procureure Wilson-Raybould, qui précède son affectation à un autre ministère et l'arrivée d'un nouveau Procureur aussi Ministre de la Justice.

      Le Bureau du PM parle d'un remaniement qui s'imposait sans préciser qu'il s'imposait d'affecter Mme Wilson-Raybould aux Anciens combattants. Le système politique canadien octroie ces pouvoirs au PM et celui-ci n'a de compte à rendre à personne. C'est ce qui fait que tout peut devenir politique pour mettre au pas les récalcitrants au sein d'un parti, y compris la Procureure, car elle fut nommée par lui, ce qui lui permet de la démettre selon ses états d'âme.

    • Gilberte Raby - Abonnée 1 mars 2019 18 h 14

      Pourquoi absoudre le grand ( ou gros) SNC alors que toutes les petites et moyennes compagnies ont dû cesser leurs activités après la commission Carbonneau? ....
      Notre système de justice serait-t-il à 2 vitesse? Les gros et riches auraient le droit de voler en toute impunité puisque les petits paient déjà.
      Monsieur Dutrisac semble d'accord avec cette politique. Et vous?

      Et, s'il vous-plaît, cesser de répéter la niaiserie du Premier Ministre concernant les pertes d'emplois ... Le travail à faire sera toujours fait et certainement mieux exécuté avec des employeurs honnêtes et compétants. Certainement à moindre coût.
      À moins qu'on ait décidé de ne plus contruire ni entretenir les routes, les ponts et les barrages.
      Tous les employés sont payés par nous et non par SNC.

    • Serge Lamarche - Abonné 1 mars 2019 18 h 47

      Sans connaitre tous les détails, il me semble incohérent que la compagnie ne réponde pas aux conditions de la loi.
      JWR peut bien se plaindre de s'être fait achaler mais de là à dire que c'était trop au point de constituer des attaques, c'est exagéré. Elle était carrément contre l'opinion de son gouvernement. Qu'a-t-elle fait d'autre de positif dans son poste de ministre qui lui vaudrait de la garder? Elle se fout des anciens combattants aussi?

    • André Labelle - Abonné 1 mars 2019 19 h 56

      @M. Bariteau
      Vous parlez comme si vous aviez accès à toutes les informations qu'on dit, de la part de plusieurs, être inconnues. Avez-vous des sources priviolégiées d'information ou faites-vous comme tout un chacun ne retenir que les informations partielles qui vous conviennent ?
      Si la situation était aussi claire que vous l'affirmez et qu'ainsi TOUTES les décisions s'expliqueraient, il serait surprenant que toutes ces discussions contradictoires qui foissonnent maintenant seraient aussi prolifiques et on tournerait rapidement la page.
      Évidemment que dans un parlement on peut, à la limite, affirmer que tout est politique. N'est-ce pas là l'exemple même d'un truisme. Ainsi le fait de retrouver chez une même personne les responsabilités de ministre de la Justice et de procureur général démontre que notre système s'accomode très bien du fait que le politique influence la justice. Sinon, les deux responsabilités seraient dévolues à deux personnes différentes. On a voulu que le politique aie à l'oeil la justice et c'est exactement ce qui s'est passé. Je trouve qu'on joue un peu à la vierge offensée.
      Je pense qu'on a caché les raisons qui ont motivé la décision envers SNC. Mais je ne sais toujours pas pourquoi.

      «Il y a souvent plus de stupidité que de courage dans une constance apparente.»
      [Jean-Jacques Rousseau]

    • Claude Bariteau - Abonné 2 mars 2019 10 h 12

      M. Labelle, je ne suis pas plus informer que vous. La différence est que je lis différemment les informations. Savez-vous que la directrice a pris une décision initiale envers SNC-Lavalin à l'effet qu'elle ne pouvait pas activer une négociation menant à un accord, qu'elle a communiqué sa décision initiale à SNC-Lavalin le 4 septembre, qu'elle a reçu l'accord de la Procureure dans les suites, que SNC-Lavalin a fourni d'autres informations et que la directrice l'a avisé le 9 octobre que les informations fournies ne répondaient pas aux attentes de la loi.

      Tout est là. La suite, ce sont des pressions sur la Procureure pour rouvrir un dossier pour lequel SNC-Lavalin n'a pas fourni les informations demandées, notamment l'acceptation de la responsabilité de l'entreprise dans les malversations en Lybie et les dédommagements en conséquences.

      Le pourquoi est dans le refus de SNC-Lavalin de se conformer aux règles du Code criminel et son recours à des pressions politiques pour rouvrir une porte que SNC-Lavalin a fermé. On oublie ces points et je ne sais pas pourquoi comme je ne saisis pas où SNC-Lavalin s'en va. Il poursuit la directrice et pourrait, en cas d'échec, se laver les mains en confiant ses activités à l'entreprise britannique que SNC-Lavalin a acquise.

      Tout ça laisse entrevoir que SNC-Lavalin serait au-dessus des lois parce que c'est une multinationale. Je ne sais pas. On verra. Mais ce que je lis dans les médias est clair. SNC-Lavalin n'a ps répondu aux exigences de la loi pour ouvrir une négociation memant à un accord. cette firme recourt à des conseillers chevronnés et ceux-ci ont du faire un calcul d'opportunité pour éviter les coûts associés à un accord avec la direction des prousuites judiciaires, voire ceux à un jugement de la cour dont on sait qu'il peut être contesté, ce qui étire la sauce.

    • Serge Lamarche - Abonné 2 mars 2019 13 h 28

      M. Bariteau, ça reste encore une question d'interprétation. Même les juges de la cour suprême ne sont pas d'accord la plupart du temps et il faut faire le compte de la majorité des juges pour avoir un semblant de décision.

  • Serge Pelletier - Abonné 1 mars 2019 05 h 47

    Bof!

    La compagnie du nom de SNC-Lavalin est une "corparate bum" comme il y en a tellement d'autres. Ses grosses larmes de crocodiles font plus rire que s'attendrir sur son possible sort si elle est exclue des projets fédéraux pendant 10 ans.
    Moi, je me souviens de l'outrecuidance de cette entreprise - et de TOUS TOUS les employés incluant l'ingénieur stagiaire au PDG. Outrecuidance allant jusqu'à nous cracher en pleine face qu'elle était si "bonne", si "puissante", si "grosse", si "parfaite", si ",,," qu'elle n'avait aucun besoin des contrats des gouvernements québécois ou fédéraux pour rayonner de par le monde... Bien entendu, le tout dit similtanément à ses bonnes pratiques de "coporates bums", et en siphonnant de toutes les manières possibles et impossibles les deniers publiques... Sans omettre, bien entendu, la piètre qualité de la majorité de ses prestations d'ingénieries, qui est directement l'inverse des rémunérations halicitantes de la gang en haut de la pyramide... Mais SHUT!!! Il ne pas le dire, ce n'est pas bien à côté du piano devant la visite...
    Quant aux niaiseires de lavages de linges sales des politiciens... Cela est comme un vaudeville où les portes claquent de toutes parts... Avec en prime "je vais me venger, de sa vengeance, de ma vengeance"...

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 1 mars 2019 10 h 59

      Je suis d'accord avec Claude Bariteau: SNC-Lavallin a le repentir plutôt discret. Après avoir trempé dans des malversations tant ici qu'à l'étranger, il faudrait passer l'éponge pour protéger ses "actionnaires" qu'on confond un peu vite avec l'intérêt public et le bien commun. Or, il y a d'autres firmes d'ingénierie au Québec et des ingénieurs compétents également. Erfin, pour suivre le raisonnement tordu de certains, il faudrait également songer à passer l'éponge sur les crimes d'organisations criminelles parce qu'elles créent de l'emploi. Bien sûr, j'exagère! N'empêche...

  • Mario Gallant - Abonné 1 mars 2019 06 h 07

    SNC

    Si SNC avait son siège social à Toronto et était possédé par des intérêts ontariens, il n'y aurait aucun problème avec l'accord de réparation.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 1 mars 2019 08 h 30

      Oui, le gouvernement Trudeau a mal géré l’affaire. Mais, pourquoi en haut lieu, a-t-on refusé la porte de sortie dans cette affaire? Et si l’entreprise délinquante s’était appelée Allied Shipbuilders Ltd., de Colombie britannique, la dame qui occupait le poste de solliciteur général aurait-elle adopté la même attitude?

      Je déplore le comportement et le discours de Andrew Scheer et des députés conservateurs du Québec, dans cette affaire. Les a-t-on entendus parler des emplois en jeu là-dedans? Ce sont les mêmes qui, bientôt, vont vouloir nous convaincre qu’il faut accepter les tuyaux d’Énergie Est?

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mars 2019 10 h 34

      Pour qu'il y ait négociation d'un accord de de réparation, le premier critère est la reconnaissance par l'entreprise demanderesse de sa responsabilité, ce que n'a pas donné SNC-Lavalin.

      Ne cherchez pas les puces ailleurs. Elles sont concentrées chez SNC-Lavalin qui, en apparence, semble avoir agi comme auprès de gouvernements avec lesquels elle a agi en corrompant des décideurs, c'est-à-dire en cherchant des appuis politiques pour poursuivre ses activités.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 1 mars 2019 11 h 33

      Il me semble que Madame Wilson-Raybould aurait pu donner, au premier ministre, les raisons de son refus?