Nouvelles places en CPE: à l’aube du bouleversement

Il peut apparaître contradictoire qu’au moment où le gouvernement Legault s’apprête à déployer son réseau de maternelles 4 ans, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, annonce la création de 2500 places dans les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées, tout en réactivant des projets portant sur 11 000 places, qui avaient été autorisées mais qui n’avaient pu voir le jour. On peut toutefois y déceler la volonté du gouvernement caquiste de miser tant sur la maternelle 4 ans que sur les CPE.

Cette relance du développement du réseau des CPE est en soi une bonne nouvelle après les années libérales pendant lesquelles le gouvernement Couillard a lancé des appels de projets pour ensuite leur mettre des bâtons dans les roues avec l’imposition de conditions impossibles à remplir, notamment la règle voulant que les promoteurs, de simples organisations à but non lucratif, assument la moitié du coût des immobilisations après leur avoir interdit de faire des surplus. Le but était de multiplier les garderies commerciales non subventionnées directement — mais subventionnées tout de même par le truchement de crédits d’impôt —, un objectif que le gouvernement libéral a allègrement atteint.

Le déploiement du réseau universel et facultatif de la maternelle 4 ans ne se fera pas au détriment des CPE. C’est du moins ce qu’il faut comprendre de l’analyse d’impact réglementaire produite par le ministère de la Famille pour le projet de loi 5. Selon cette analyse, le nouveau réseau n’enlèvera des enfants et des revenus qu’aux services de garde en milieu familial et aux garderies commerciales. Dans les deux cas, l’impact sera majeur : jusqu’à 27 % de leur clientèle, dans l’hypothèse où 80 % des enfants de 4 ans fréquentent la maternelle. De leur côté, les CPE accueilleraient des bambins de 0-3 ans en provenance des deux autres types de services de garde, ce qui compenserait le départ des enfants de 4 ans.

Difficile de dire s’il s’agit d’une analyse réaliste ou de l’expression d’un souhait. Quoi qu’il en soit, elle illustre l’orientation du gouvernement Legault, qui favorise les CPE pour les 0-3 ans tandis qu’il met sur pied son réseau de maternelle 4 ans. Les difficultés qui risquent de toucher l’implantation de ce réseau ne disparaîtront pas pour autant, sa faisabilité semble toujours aléatoire, mais au moins, contrairement aux libéraux, le gouvernement caquiste semble viser à offrir des services éducatifs de qualité à tous les enfants en bas âge.

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1 commentaire
  • Pierre Bernier - Abonné 21 février 2019 09 h 41

    Lecture systémique.

    Votre lecture de l'évolution des choses s'impose.

    La prochaine étape (dans ~ 10 ans) sera sans doute l'école obligatoire à 3 ans, comme on l'instaure en France à compter de septembre 2019.