Tous pour le registre des armes à feu

À moins d’une semaine de l’échéance prévue dans la Loi sur l’immatriculation des armes à feu, environ 20 % des armes d’épaule seulement ont été dûment inscrites au registre québécois, soit quelque 350 000 fusils ou carabines sur les 1,6 million en circulation.

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, qui compte 125 000 membres, s’est gardée de préconiser la désobéissance civile. Elle a plutôt réclamé des assouplissements aux modalités d’immatriculation. Or, de son côté, le groupe Tous contre un registre québécois des armes à feu et son porte-parole Guy Morin en ont appelé à un boycottage de l’immatriculation, invitant les propriétaires à attendre à la dernière minute avant d’enregistrer leurs armes, voire à refuser de se conformer à la loi dans l’espoir que les inscriptions seront tellement peu nombreuses qu’on n’aura d’autre choix que de conclure à l’échec du registre. Dans la foulée, une douzaine de petites municipalités en région ont adopté des résolutions pour exiger son abandon.

À la faveur d’un vote libre autorisé par leur parti, sept députés caquistes ont voté contre la loi. Mais ce n’est pas une raison pour que la ministre de la Sécurité civile, Geneviève Guilbault, encourage, par son ambiguïté, des opposants qui prônent la désobéissance civile.

L’appui que vient d’accorder le National Rifle Association (NRA) aux militants pro-armes québécois devrait achever de les discréditer. Les arguments qu’ils avancent sont faibles, voire spécieux, du genre : n’importe quel individu dont l’arme est dûment immatriculée peut soudainement devenir fou et tirer sur une foule. Ou encore : le registre est inefficace, voire inutile. Ce n’est pas l’avis des corps policiers ou des directions de santé publique.

Certes, le registre ne règle pas tout. Comme le révélait Le Devoir, une personne qui demande un permis de possession d’armes auprès des autorités fédérales doit déclarer si elle souffre ou a souffert de troubles mentaux, mais aucune vérification n’est faite. Cette lacune milite non pas pour l’abolition du registre, mais pour une amélioration des contrôles, comme le réclame dans une lettre ouverte Boufeldja Benabdallah, du Centre culturel islamique de Québec, qui cite l’exemple d’Alexandre Bissonnette.

Dans cette variation sur le thème du Rat de ville et du Rat des champs, le gouvernement Legault ne peut céder à un groupe de pression extrémiste : il doit faire respecter cette loi qui correspond aux voeux d’une majorité de Québécois.

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