Pitbulls: la mairesse sera tenue pour responsable

Le 20 septembre 2015, la petite Vanessa Biron était défigurée par un pitbull dans un parc de Brossard. L’année suivante, Mme Christiane Vadnais mourait dévorée par le pitbull d’un voisin.

Le 20 avril dernier, Gadeline Kanta était attaquée dans son jardin par un pitbull venu de la rue. Son maître s’est enfui avec son chien sans lui venir en aide. Le 22 juin dernier, à Aylmer, un autre pitbull a sauté au visage d’un enfant de deux ans dans sa poussette, sous les yeux horrifiés de sa mère. Le 4 août, une fillette de neuf ans d’Edmundston a subi d’importantes lacérations qui l’ont laissée partiellement paralysée. Le 9 août, à Trois-Rivières, une autre fillette, de 11 ans cette fois, a été sauvagement attaquée par un pitbull sans antécédents connus.

Dimanche dernier, un enfant de quatre ans a été transporté aux urgences. Quelques heures plus tard, le même chien arrachait le bras de son frère de sept ans.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le conseil municipal de Montréal, contrôlé par Projet Montréal, remplaçait un règlement adopté par Denis Coderre jugé difficile d’application et discriminatoire à l’égard des pitbulls.

Alors que l’ancien règlement interdisait l’adoption de pitbulls et obligeait les propriétaires actuels à faire porter une muselière à leur bête, celui de la mairesse Valérie Plante n’interdit à personne de posséder un chien de combat aussi longtemps que l’animal n’aura pas été jugé dangereux (morsures) ou potentiellement dangereux (manifestations d’agressivité) par les autorités. Même dans le cas d’un criminel, il sera toujours possible de se promener escorté d’un pitbull si le chien n’a jamais été rapporté pour avoir mordu quelqu’un.

À Montréal, les pitbulls ne représentent que 3 % des chiens inscrits, mais sont responsables de 37 % des morsures. Malgré l’évidence, le problème n’est pas le chien, disent la mairesse et le lobby des pitbulls, mais le maître. En conséquence, il faut sensibiliser celui-ci. Le même argument que celui qu’utilisent les défenseurs des armes à feu.

Et si l’animal blesse ou tue avant qu’il ait été jugé « potentiellement dangereux » ? Il restera toujours à la mairesse le loisir de répéter qu’elle est « émue » et « triste », comme dimanche dernier.

Aucune « race » de chiens n’existe dans la nature. Le pitbull et ses variantes sont entièrement le résultat du travail des hommes pour créer un chien de combat, instinctivement agressif. Sa morphologie tout entière est le résultat d’une sélection opérée par l’homme. Ses défenseurs ont tort de parler de « discrimination raciale » comme s’il s’agissait d’humains. L’existence même des différentes races de chiens est artificielle.

En conséquence, c’est aux humains que revient la responsabilité de modifier au besoin l’une de ces races, et entre-temps d’en contrôler le comportement pour qu’elle ne soit plus une menace.

Ce qui étonne dans la position de la mairesse Plante, c’est son entêtement à nier l’existence d’un problème de sécurité grave. L’obsession est idéologique, comme celle qui pousse la SPCA à refuser systématiquement de qualifier de pitbull un chien qui lui est confié après une agression. Un manque de jugement flagrant, inquiétant.

Dans le cas du ministre de la Sécurité publique, M. Martin Coiteux, c’est plutôt le manque de courage qui l’a amené à reculer lors de l’adoption du projet de loi 128. À cause de cette lâcheté devant le lobby pro-pitbull (qui inclut l’Ordre des vétérinaires), plusieurs municipalités ont modifié leur règlement au mépris de la sécurité publique.

Le nouveau règlement montréalais n’oblige plus les propriétaires à faire porter une muselière jugée inconfortable à leur p’tite bête. Qu’arrivera-t-il si le chien se libère de sa laisse ? La même chose qu’à cet enfant de deux ans attaqué dans sa poussette.

Il n’y a que les assureurs qui ont compris le danger et refusent d’assurer les propriétaires d’un chien de combat. L’effet pervers de cette décision logique, c’est qu’il ne sera jamais possible aux victimes d’être dédommagées par un propriétaire peu fortuné.

En plus de démontrer l’irresponsabilité des individus qui choisissent cette race de chien, le fait qu’ils ont pris cette décision en sachant qu’ils ne seraient pas assurés ajoute à l’absurdité du drame. Cela aussi aurait dû faire partie de la réflexion chez nos élus.

Reste donc une seule protection pour le public : la dénonciation devant toute manifestation d’agressivité. Dans un parc, dans la rue ou dans la cour du voisin. Les élus montréalais veulent miser sur la prévention ? Aidons-les en composant le 311. Sans hésiter et aussi souvent que nécessaire.

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