Corriger le tir dans les services de garde subventionnés

Après avoir compromis les projets de centres de la petite enfance (CPE) afin d’encourager la création anarchique de places dans des garderies commerciales, le gouvernement Couillard change son fusil d’épaule. Maintenant que le mal est fait, on stabilise le patient, en quelque sorte.

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a annoncé la création de 5800 places en garderie subventionnée d’ici 2021, dont 85 % le seront dans des CPE. Du total, 3800 places seront offertes plus rapidement que prévu.

Au début du mandat libéral, une précédente titulaire, Francine Charbonneau, avait mis la hache dans le plan du gouvernement de Marois, qui avait attribué 15 000 nouvelles places subventionnées. Avec une inconscience dont on savait qu’elle n’était pas feinte, la ministre néophyte a accompli les basses oeuvres du gouvernement libéral. Elle a décrété notamment que les CPE, dont les installations étaient payées en totalité par le gouvernement, devraient désormais avancer la moitié de leur coût. Nombre de projets sont tombés à l’eau : c’était le résultat recherché.

On vient d’alléger cette exigence : l’apport passe de 50 % à 25 %. Dans les milieux défavorisés, l’État assumera même la totalité de la note. Surtout, les comités consultatifs, chargés de déterminer les besoins dans chacune des régions, tiendront désormais compte des nouvelles places non subventionnées. Finie la prolifération des garderies commerciales, peut-on espérer.

Depuis leur arrivée au pouvoir, les libéraux ont permis la création de 19 000 places dans ces garderies contre un peu plus de 11 000 dans les services de garde subventionnés.

Pourtant, ce modèle est une source d’inspiration au Canada. Mardi, c’était au tour du gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, de vanter le programme québécois, un moyen, selon lui, d’augmenter de façon importante la participation des femmes au marché du travail. Si le reste du Canada imitait le Québec, c’est 300 000 Canadiennes de plus qui occuperaient un emploi. Et on ne parle même pas des avantages pour les enfants, particulièrement ceux qui fréquentent les CPE.

Paradoxalement, le gouvernement Couillard s’est bêtement évertué à imiter le reste du Canada en misant sur les garderies non subventionnées. Par aveuglement idéologique, il a favorisé l’essor de garderies commerciales de moindre qualité et affaibli le programme québécois. Sans même tenir compte de ses bienfaits, notamment sur le strict plan économique. Or Stephen Poloz vient rappeler qu’il a erré.

3 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 14 mars 2018 09 h 50

    Super édito, bravo !

    Les élections sont encore loin. Un magicien peut-il faire disparaître les libéraux?

  • Gilles Théberge - Abonné 14 mars 2018 13 h 40

    Dans sept mois on va pouvoir se débarrasser de ce gouvernement toxique.

    Mais ça va prendre des années à tenter de réparer les dégâts quîils ont fait.

    Misère...

    • Gilles Gagné - Abonné 14 mars 2018 18 h 46

      Ces réparations devront attendre même que la hache pourrait revenir quand on voit que les sondages nous disent que le PLQ serait remplacé par la CAQ, ce faisant on remplacerait des députés-es libéraux par des caquistes alors que le chef caquiste colérait contre les libéraux qui leur volait son programme. On voudrait du changement mais je ne vois pas lequel, s'apprête-t'on à voter CAQ à tout prix? Misère de misère :-(