Le drapeau des patriotes appartient à tous les Québécois

Ainsi, le premier ministre Philippe Couillard refuse que soit hissé le drapeau des patriotes sur le mât du parlement pour la Journée nationale des patriotes, lundi, une fête marquée par un jour férié.

À l’Assemblée nationale jeudi, Philippe Couillard a justifié son refus par « l’appropriation unilatérale de ce symbole par le mouvement indépendantiste ». Il s’agit d’ailleurs, à ses yeux, d’une récupération indue de la rébellion de 1837 à laquelle les indépendantistes accordent « une vertu séparatiste », alors que les patriotes, selon lui, se sont battus pour l’instauration d’un gouvernement responsable.

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, a pris un malin plaisir à citer un texte d’opinion, signé par Philippe Couillard en 2012 dans Le Devoir, dans lequel le candidat à la direction du Parti libéral du Québec fait remonter aux patriotes les sources de « l’idée libérale » incarnée par sa formation politique. Le drapeau des patriotes illustre, écrivait-il, un « embryon d’interculturalisme » avec le tricolore vert pour l’Irlande, blanc pour la France et rouge pour l’Angleterre.

Les historiens renvoient dos à dos fédéralistes et souverainistes quand ils tentent d’associer le mouvement patriote à leur programme politique. D’abord, parce qu’on verse ainsi dans l’anachronisme. Ensuite, parce que les positions du Parti patriote ont évolué dans le temps : au début, il s’agissait de réclamer des droits politiques pour le Bas-Canada au sein de l’Empire britannique. Et après une rébellion désorganisée et matée brutalement, Robert Nelson, exilé aux États-Unis, signait en 1838 une déclaration d’indépendance. Mais le soulèvement qui a suivi fut prestement écrasé. Quant à Louis-Joseph Papineau, il rêvait plutôt d’un État républicain annexé aux États-Unis. Ce n’est pas dans les détails, qui étaient nécessairement de leur temps, mais pour les principes et les valeurs démocratiques défendus par les patriotes que le Québec, en tant que nation politique, peut se revendiquer de ce mouvement historique. Et cela vaut pour tous les Québécois, fédéralistes, souverainistes ou altermondialistes.

La position du chef libéral est contradictoire : s’il est vrai que les indépendantistes se sont approprié illégitimement ce symbole libéral, raison de plus pour qu’un gouvernement fédéraliste et libéral cherche à le récupérer.

Le premier ministre ne devrait pas renier le drapeau des patriotes : il appartient à tous les Québécois.

32 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 20 mai 2017 03 h 35

    «Tranches napolitaines»(!)

    Fraise, vanille, pistache! (ou toutes autres combinaisons au choix). Il est convenu, reconnu que le «drapeau des Patriotes» appartient à tous, mais est-ce que «tous» (le «tous» se voulant inclusif (!)) savent, connaissent son histoire et surtout sa signification?! Misère. «Il» n'a pas à être hissé sur le mât de l'Assemblée nationale tout comme le «velum» d'EII n'avait pas à être mis en berne lors... , mais ça c'est une autre histoire. La crise identitaire de certains Québécois en perpétuelle récupération commence a me pomper.

    JHS Baril

  • Robert Beauchamp - Abonné 20 mai 2017 05 h 04

    180 degrés

    Couillard n'en pas à son 1er virage à 180 degrés ou à une contradiction près. N'a-t-il pas fait hisser l'Union Jack pas plus tard que jeudi dernier lors du passage d'un Haut-Commissaire de Grande-Bretagne?

  • Michel Lebel - Abonné 20 mai 2017 07 h 26

    À tous les Québécois?

    Le drapeau des Patriotes appartiendrait à tous les Québécois? Ce n'est pas perception de choses et de l'état de l'opinion publique. C'est plutôt, il me semble, un drapeau divisif ou, à tout le moins, méconnu par un grand nombre de citoyens. À ne pas hisser au Parlement de Québec.

    M.L.

    • Roxane Bertrand - Abonnée 20 mai 2017 14 h 32

      Dans ce cas, il s'agirait d'un jour férié "divisif" qu'on devrait retirer!?! A ne pas célébrer au Quebec?!? Et mettre un drapeau avec une photo de la reine....ça diviserait? On n'a qu'à mettre les deux!

      Le Quebec peut hisser le drapeau du Canada à la fête du Canada et ne peut pas hisser le drapeau des patriotes à la fêtes des patriotes.

      Soyons fier de notre passé et hissons-le au parlement...il n'y a pas de honte ou de chicane. Après tout, c'est déjà un jour férié... et on est payé pour fêter.

    • Colette Pagé - Abonnée 20 mai 2017 19 h 16

      Permettons à Monsieur Lebel d'oublier la fête des Patriotes qui se sont battus pour conserver notre langue et instaurer la démocratie en terre québécoise et qu'il célébre avec enthousiasme la Fête de la Reine.

    • Michel Blondin - Abonné 21 mai 2017 09 h 04

      @Lebel,

      Dites-le aux 12 familles dont l’un des leurs a été pendu. Ils sont devenus des centaines familles aujourd’hui avec des noms comme les Lebel ;
      Dites-le aux 60 personnes déportées sans leur famille qui sont par centaines à déplorer les éloignements de leurs chers amours ;

      Dites-le aux 515 arrestations de personnes lors de la proclamation de la loi martiale en décembre 1837 ont subi les traumas du colonisateur;

      Dites-le aux 753 personnes arrêtées lors de la loi martiale du 4 novembre 1838. Arrestations souvent arbitraires comme celle de 1970;

      Des pans entiers de village du Québec de 1100 villages le long du fleuve qui ne veulent pas s’en souvenir par la souffrance trop grande de ces souvenirs.

      1837 n’est que la pointe de l’iceberg.
      Chantez les mérites de Haldiman et de Colborne avec ce Couillard.

      Les Couillard se tiennent en selle que par les Anglos et quelques esprits colonisés français. Ce drapeau est un symbole de liberté chèrement payé et honoré par les amoureux de la culture francophile.

      Il sera hissé encore plus haut. Ce n’est qu’une question de temps.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 21 mai 2017 11 h 11

      Très bien dit M. Blondin.

    • Louise Collette - Abonnée 22 mai 2017 09 h 50

      Mais oui mais, vous vous attendiez à quoi de Monsieur Lebel ?... il est juste égal à lui-même, il a de la suite dans les idées disons.

    • Louise Collette - Abonnée 22 mai 2017 09 h 51

      Une rébellion avait lieu simultanément dans le Haut-Canada, mais ça c'est sûrement acceptable...

    • Claude Bariteau - Abonné 22 mai 2017 12 h 10

      Monsieur Lebel néglige 11 points.

      1 : le refus de Londres du « gouvernement responsable » pour la colonie du Bas-Canada, dont Papineau fut avisé.

      2 : la mise en forme de 92 résolutions prônant l’élection des membres du Conseil législatif, l’adoption des lois par l’Assemblée législative et le Conseil législatif composé d’élus, l’obligation des membres du Conseil exécutif de rendre des comptes aux élus et l’abandon des prérogatives du gouverneur sur les politiques internes de la colonie.

      3 : l’adoption en février 1834 de ces résolutions et l’appui obtenu lors des élections de novembre 1834 avec l’entrée à l’Assemblée législative de 77 députés favorables contre 11 opposés.

      4 : le rejet par Londres de ces résolutions, la mise en tutelle de l’Assemblée législative et un décret du gouverneur pour empêcher la tenue d’assemblées en appui aux idées des parlementaires déclarés en grève face à l’attitude coloniale de la Grande-Bretagne et de ses alliés locaux.

      5 : la mise en place hors-parlement de diverses associations chez les opposants, dont certaines paramilitaires, pour s'opposer aux 92 résolutions et l'appui venant de dirigeants de l’armée en 1836 et 1837.

      6. La mise à prix des têtes des chefs patriotes pour propos séditieux.

      7 : la charge de membres du Doric Club en 1837 contre une manifestation à Montréal des « Fils de la liberté », un groupe d’appui aux parlementaires en grève.

      8 : le recours à la loi martiale pour réaliser les objectifs de Londres, soit l’éradication des idées démocratiques des Patriotes pour instituer l’union des Haut et Bas Canada et, ce faisant, empêcher que le peuple du Bas-Canada s’autogouverne.

      9 : l’octroi du « gouvernement responsable » au Canada-Uni en 1848, qui conduisit à la création du Dominion of Canada en 1867.

      10 : l'imposition subséquente des règles britanniques définissant l'exercice de la démocratie dans une monarchie.

      11. l'enfermement du peuple québécois dans une gestion locale ainis encarcanée.

  • Richard Olivier - Abonné 20 mai 2017 07 h 33

    OUI à nous tous

    En plus...
    Nous ne sommes pas des immigrants mais bien des colonisateurs, défricheurs, ce qui fait de nous...UN PEUPLE... fondateur.

    Même si les libéraux nous RENIENT comme Nation, Peuple en plus de nous avoir IMPOSÉS la constitution des anglais de leur canada.

    Bonne Fête des Patriotes...

    • Louise Collette - Abonnée 22 mai 2017 09 h 48

      Tout à fait Monsieur Olivier et bonne fête des Patriotes à vous également.

  • Gilles Delisle - Abonné 20 mai 2017 08 h 18

    Attitude mesquine et pitoyable du PLQ.........

    .......qui pour plaire à sa clientèle, est incapable de représenter dignement le peuple québécois. Quel autre pays méprise ainsi son histoire nationale?

    • Tristan Roy - Abonné 20 mai 2017 15 h 25

      Attitude mesquine et pitoyable? Tiens c'est en pensant au PQ que ces qualificatifs me venaient à l'esprit, devant se piège grossièrement partisan uniquement tendu dans le but d'embarasser le gouvernement qu'est cette demande de faire flotter le drapeau des patriotes sur l'Assemblée Nationale.

    • Gilles Delisle - Abonné 21 mai 2017 07 h 26

      M. Roy,
      Je vous souhaite de suivre un bon cours d'histoire et peut-être même, un cours d'histoire politique de ce pays! En attendant, je vous souhaite une "Bonne Fête du Canada" et un bon 150e qui sera fêté coast to coast, et qui devrait vous ravir.

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 21 mai 2017 22 h 48

      À Tristan Roy.

      Ce n'est pas de la pertinence des symboles sur les drapeaux dont il est question ici, mais de la pertinence de faire flotter ou non le drapeau qui rappelle un événement.

      Le drapeau des gais et lesbiennes a déjà flotté sur le parlement de Québec. La question n'était pas..hein pourquoi c'est les couleurs de l'arc-en-ciel sur le drapeau!!! Mais bien ce drapeau qui est hissé signifie quoi.

    • Louise Collette - Abonnée 22 mai 2017 10 h 02

      Monsieur Delisle
      Pas certaine que Monsieur Roy veuille suivre un cours d'histoire, ce serait probablement trop dérangeant de connaître les faits.
      Regarder la vérité en face ce n'est pas toujours agréable quand ça ne correspond pas à nos idées.