La clé, travailler en français

On peut se réjouir que le gouvernement Couillard, qui veut pallier le vieillissement de la main-d’oeuvre par l’immigration, ait débloqué des fonds pour encourager les nouveaux arrivants à s’inscrire à des cours de français à temps complet. Mais seul l’avenir nous dira si davantage d’immigrants qui ne parlent pas le français accepteront de suivre ces cours, ce que 40 % d’entre eux se dispensent de faire, que ce soit à temps complet ou partiel.

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), Kathleen Weil, a annoncé l’ajout d’une somme de 93,5 millions en cinq ans (13,5 millions cette année et 20 millions pour chacune des quatre années suivantes). Cette somme servira à hausser l’allocation hebdomadaire de 110 $ à 140 $ consentie aux immigrants qui participent à des cours de français à temps complet. Surtout, l’ajout corrigera une aberration en accordant l’allocation aux nouveaux arrivants qui suivent des cours dispensés par les commissions scolaires plutôt que des cours agréés par le MIDI.

Dans la même optique, on augmente de 2 millions le soutien à la francisation en milieu de travail : c’est la moitié de la somme qu’on avait supprimée l’an dernier.

Si on se fie aux dernières données de l’Office québécois de la langue française tirées du recensement de 2011, l’immigration contribue à éroder la place du français et à renforcer celle de l’anglais. Ainsi, parmi les immigrants allophones qui font un transfert linguistique vers le français ou l’anglais, 47 % choisissent l’anglais. Près de 30 % des immigrants allophones utilisent l’anglais le plus souvent au travail et, dans une même proportion, c’est la première langue officielle canadienne qu’ils parlent. Ces statistiques témoignent de la vitalité de la langue anglaise au Québec.

La Coalition avenir Québec propose qu’on impose à tous les nouveaux arrivants qui ne connaissent pas le français l’obligation de suivre un cours de français.

Or, mieux vaudrait s’assurer que le français soit leur langue de travail. Pour y arriver, les entreprises de moins de 49 employés (et, pour des raisons pratiques, de plus 11 employés) devraient être soumises à des exigences linguistiques, dans l’esprit de la loi 101.

Mais, en matière de langue, le gouvernement Couillard répugne à recourir à toute forme de coercition. L’anglais demeurera la langue de travail dans bien des entreprises, sur l’île de Montréal, en particulier. Son pouvoir d’attraction auprès des immigrants, qui ne sont aucunement à blâmer pour la situation, continuera de s’exercer.

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