Un fantôme tenace

La tenue d’une commission parlementaire est de mise pour clarifier le rôle joué par Marc-Yvan Côté dans la campagne à la chefferie du PLQ de Philippe Couillard.

L'homme a commencé sa carrière d’organisateur politique au temps des enveloppes brunes, et il l’a poursuivie jusqu’à l’ère du numérique et des courriels encombrants.

La feuille de route de Marc-Yvan Côté est entachée par les scandales, petits et grands. En 2005, il avait avoué son implication dans le financement illégal du PLC lors de la commission Gomery. Banni à vie du PLC, cet organisateur « radioactif » n’aurait jamais dû obtenir une deuxième chance comme organisateur politique.

C’était sans compter sur la générosité de sa première famille d’adoption, le PLQ, grâce à laquelle il a pu poursuivre une prolifique carrière à l’intersection du développement des affaires et de l’organisation politique.

De 2000 à 2012, il aurait agi comme l’un des principaux responsables du financement illégal au PLQ, avec les résultats que l’on sait. L’UPAC a mis fin à sa prodigieuse carrière, l’an dernier, avec son arrestation pour complot, fraude envers le gouvernement, corruption de fonctionnaires et abus de confiance. Il est toujours en attente de son procès.

Marc-Yvan Côté est un vieux fantôme qui hante la maison libérale depuis plus de 20 ans. Cette fois, une enquête du Journal de Montréal, courriels à l’appui, laisse entendre qu’il a joué un rôle dans l’organisation de la campagne à la chefferie du PLQ de Philippe Couillard, en 2012 et 2013.

Le premier ministre se décharge de toute responsabilité. De un, il avait demandé « personnellement » à Marc-Yvan Côté de se tenir à l’écart de sa campagne. De deux, il avait transmis la directive à l’équipe de direction de sa campagne. De toute évidence, quelqu’un, quelque part dans son organisation, n’a pas pris l’avertissement au sérieux.

M. Côté a aidé les organisateurs à repérer des délégués favorables à la candidature de M. Couillard. Au lendemain de sa victoire, une militante libérale, Lise Grondin, a envoyé un courriel au vieux routier. « Même si tu étais dans l’ombre, félicitations d’être toujours là, et encore là », lui écrit-elle.

Il est possible que Philippe Couillard n’ait rien su de l’implication de Marc-Yvan Côté dans sa campagne. Possible que celui-ci ait joué un rôle indirect et lointain. Possible, mais hautement improbable compte tenu des antécédents de ce collecteur et de l’ascendant qu’il exerçait sur les troupes libérales dans l’est du Québec. L’hypothèse la plus plausible, c’est que les organisateurs de Philippe Couillard, en dignes héritiers spirituels de Marc-Yvan Côté, n’ont pas pu se passer de ses précieux conseils.

Voilà une situation délicate pour les libéraux. Au pire, Marc-Yvan Côté était mêlé directement à la campagne de Philippe Couillard, ce qui contredirait des déclarations antérieures de la formation. En effet, le PLQ soutient que Marc-Yvan Côté a cessé de s’impliquer dans le parti en 2011. Au mieux, M. Côté jouait encore et toujours un rôle officieux d’artisan de l’ombre, ce qui en dirait long sur l’absence de jugement éthique des organisateurs « officiels » de M. Couillard.

Le premier ministre ne voit pas l’utilité d’une commission parlementaire pour clarifier cette situation encombrante. Si sa conscience est nette, comme il l’affirme, il n’aurait rien à craindre d’un exercice au cours duquel les élus de l’opposition se ridiculiseraient avec un tissu d’insinuations et de fausses rumeurs.

Cette commission permettrait d’entendre la version des principaux intéressés : Marc-Yvan Côté et les organisateurs de la campagne de M. Couillard, dont la crédibilité est mise en cause dans cette affaire.

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7 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 1 avril 2017 08 h 13

    Ça sent le poisson pourri

    Dans ma jeunesse l'Union Nationale de Duplessis au pouvoir 20 ans sur 24 entre 1936 et 1960 était devenue le symbole de la corruption politique qui affligeait le Québec. Aujourd'hui c'est le PLQ au pouvoir presque sans interruption depuis 2003 : il n'y a pas que Marc-Yvan Côté, il y a Vaillancourt, Appelbaum et autres politiciens municipaux bien connus comme libéraux eux aussi.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 1 avril 2017 09 h 05

    Corrompus un jour corrompus toujours

    Corrompus à l'os comme le sont les libéraux, y a-t-il quelqu'un qui peut croire que le Docteur Couillard incorporé n'est pas au courant de l'implication de Marc Yvan Côté dans les activités du parti libéral.
    Demandez à: John James Charest, Mme Boulet, Mme Normandeau, M.Tomassi, M. Sam Hamad (Samer Hamad Allah), et tous les corrompus de la ligue libérale.

  • Jacques Deschesnes - Inscrit 1 avril 2017 10 h 35

    Le choix des mots

    Dans la conférence de presse que notre premier ministre a donné il précise que M-Y Coté n'est pas intervenu dans SA campagne. Rien ne dit que M.Coté n'est pas intervenu du tout en quelque part dans le processus.

  • Colette Pagé - Inscrite 1 avril 2017 13 h 43

    Radioactivité de MYC !

    Comment expliquer le fait qu'à l'instar du PLC que le PLQ n'est pas exclus MYC du parti politique manu militari ?

    Ce boutefeu reconnu pour ses talents d'organisateur continue à hanter le PM qui aurait été bien avisé de couper les liens comme ceux entretenus avec le sieur Porter ou son organisateur mëlé au scandale financier de SIQ.

    Pas chanceux le PM dans ses relations d'affaires !

  • Pierre Raymond - Abonné 1 avril 2017 23 h 12

    Question ?

    Et je ne peux m'empêcher de poser pour la seconde fois la question suivante :

    Comment expliquer qu'il y ait toujours de nouveaux venus, telle Dominique Anglade, qui n'hésite pas à se joindre et à porter l'étendard de ce parti si MALODORANT depuis si longtemps qu'est le PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC ?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 2 avril 2017 15 h 04

      On ne peut pas dire Mme Anglade casse la baraque,elle répete les phrases vides de son chef,elle peine a suivre la parade...