«Le Devoir» d’aujourd’hui

Nous avons emménagé au 1265 de la rue Berri avec enthousiasme et fébrilité. De nouveaux lieux et une organisation du travail repensée en fonction des besoins d’un média de 2017.

Le Devoir fut un précurseur au Québec, ayant été parmi les premiers quotidiens à créer un site Internet. Comme tous les médias du monde, Le Devoir doit toutefois se réinventer dans cet univers numérique tout en préservant jalousement son identité. Il reste un observateur privilégié d’un monde en mutation et un défenseur de l’avancement politique, culturel, social et économique de la société québécoise. Un média indépendant ancré dans ses valeurs profondes de rigueur et de qualité.

Le Devoir est plus qu’un journal. Son contenu se décline sur toutes ses plateformes numériques avec une touche spécifique pour chacune d’elles.

Ce qui séparait ou définissait traditionnellement les médias les uns des autres s’amenuise graduellement. L’écrit n’appartient plus seulement aux quotidiens, la vidéo et la diffusion en direct d’un événement ne sont plus l’apanage des télédiffuseurs, chacun s’appropriant des formats et des moyens de diffusion propres à l’autre.

Les citoyens ont aussi changé leur façon de s’informer. Plus d’une personne sur deux consulte désormais ses nouvelles par l’entremise de son téléphone. C’est pourquoi Le Devoir a lancé tout récemment son application mobile, afin d’atteindre tous les publics et de faire rayonner sa marque auprès du plus grand nombre.

Le journalisme et les entreprises de presse traversent une crise profonde depuis plusieurs années, ce qui nous force à nous adapter, à faire preuve de créativité et à participer à ce grand bouleversement.

Paradoxalement, nous vivons une ère palpitante. J’ose souvent affirmer — même si ce n’est pas très à la mode — que, si j’avais le choix d’amorcer ma carrière en journalisme aujourd’hui plutôt qu’il y a 30 ans, j’opterais sans hésitation pour maintenant. Nous avons accès comme jamais, pour qui veut s’informer, à une quantité phénoménale d’informations — pas toutes de qualité, j’en conviens.

D’un simple clic, nous pouvons lire des articles du Monde, du New York Times, de la BBC, et confronter les points de vue ou les reportages sur un même sujet.

Cela dit, les menaces et les dérives qui pèsent aujourd’hui sur le journalisme, et par le fait même sur la démocratie, n’en sont pas moins présentes. Des journalistes se font tuer ou emprisonner en exerçant leur métier, des policiers s’arrogent le droit de les surveiller et des médias s’éteignent parce que leur modèle d’affaires est brisé. À l’ère des algorithmes et de la post-vérité, il devient difficile de discerner le vrai du faux, et de plus en plus de citoyens doutent de la crédibilité des médias.

Dans cette mer agitée d’informations contradictoires, de faussetés et de demi-vérités, nous avons besoin plus que jamais de repères, de médias sérieux et rigoureux qui croient à l’essence même du journalisme et à son importance dans une société libre et démocratique. Phénomène intéressant : malgré les critiques acerbes envers les médias américains à la suite de l’élection présidentielle, le New York Times, le Washington Post, NPR et The Atlantic, entre autres médias, ont vu leurs dons et leurs abonnements bondir. Comme si on avait compris que la démocratie avait un prix et que le soutien financier des citoyens à un média de qualité était crucial. Il en va de même pour Le Devoir. Il a besoin de vous.

Luce Julien, rédactrice en chef

11 commentaires

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  • Pascal Barrette - Abonné 14 janvier 2017 15 h 32

    Longue vie et prospérité!

    Le Devoir, «longue vie et prospérité!», comme dirait le légendaire M. Spock. Comme pour lui, le monde a bien besoin de raison pour vaincre la déraison. À votre manière, Le Devoir, vous êtes aussi légendaire. Notamment par l'étymologie de ce qualificatif qui vient du latin: «legendarum», qui doit être lu.

    Pascal Barrette, Ottawa

    • Yves Côté - Abonné 15 janvier 2017 05 h 10

      Monsieur Barrette, vous croyez vraiment que les gens qui lisent Le Devoir se retrouveront autour d'une référence à un personnage romanesque du futur et "made in USA" ?
      Voyons-voyons, désolé de vous le dire, mais soyez un minimum sérieux SVP si vous voulez donner de la valeur à vos propos dans ce journal...

    • Jérôme Faivre - Inscrit 15 janvier 2017 12 h 15

      Tout à fait d'accord.
      Les Vulcains qui lisent le Devoir soutiennent l'Entreprise de la rue Berri et lui souhaite de continuer la Mission, en avançant vers l'inconnu au mépris du danger et des vents stellaires inamicaux..:-)
      Les Vulcains appuient la légendaire devise du Journal : «Le côté obscur de la Force, redouter tu dois»;

      Longue vie et prospérité au Devoir !

  • Nadia Alexan - Abonnée 15 janvier 2017 00 h 34

    Félicitations au Devoir et bon courage.

    Félicitations, Madame Luce Julien, pour votre journal exceptionnel, dont vous devriez être très fière. Vos lecteurs sont assurés que l'information contenue dans ce journal indépendant sera toujours rigoureuse et de qualité.
    Je suggère que vous organisez une journée, porte ouverte au Devoir, à votre nouvelle locale, pour la rencontre des journalistes avec les lecteurs. J'apprécie toujours votre rencontre annuelle avec les lecteurs à la Société des Arts Technologiques [SAT] qui se tient normalement en avril.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 15 janvier 2017 04 h 59

    … son nid !

    « Le Devoir est plus qu’un journal. Son contenu se décline sur toutes ses plateformes numériques avec une touche spécifique pour chacune d’elles. » (Luce Julien, Le Devoir)

    Bien sûr que certes, mais l’important demeure que, peu importent le comment-pourquoi et sens de sa « déclinaison », le « Le Devoir d’aujourd’hui » soit, en-corps et pour demain, en mesure de poursuivre, de diffuser et de traiter l’information avec diligence, intelligence et respect des différences et des sujets relevant de l’actualité, de la réflexion journalistique et de l’objectivité de ses auteurs, et ce, dans l’intérêt, ou selon, de son auditoire, de son lectorat et de son ouverture au monde !

    Bien sûr que certes, mais l’important demeure que, peu importent ses traditions, son histoire de ce jour et ses rêves de réalisation, le « Le Devoir d’aujourd’hui pour demain » soit en mesure d’être ce qu’il est et devient avec conviction et audace, de bouger et faire bouger tout autant de l’intérieur qu’à l’extérieur de …

    … son nid ! - 15 jan 2017 -

  • Yves Côté - Abonné 15 janvier 2017 05 h 07

    Oui mais...

    Oui, le Devoir a besoin de sous pour vivre.
    Mais mon journal, en nous faisant de plus en plus douter de la sincérité actuelle de ses fondements culturels québécois, prend-t-il vraiment le bon chemin pour nous convaincre de participer à une levée de fonds pour assurer sa pérennité ?
    Pour ma part, je commence sérieusement et tristement à en douter...
    Et ce n'est certainement pas une référence à M. Spock qui va me convaincre du sérieux de certains de ses commentateurs !

  • François Leduc - Abonné 15 janvier 2017 09 h 49

    L'identité du Devoir préservée ?

    "se réinventer ... tout en préservant son identité." Désolé, mais depuis l'arrivée de la nouvelle direction et les nombreux départs de journalistes de qualité nous ne sentons pas cette volonté de maintenir l'identité véritable du Devoir comme l'a voulu son fondateur i.e. un vrai quotidien "nationaliste", le seul au Québec, mais peut-être pas pour encore lontemps.

    Parce qu'en vous modernisant, vous ferez probablement des économies et gagnerez des adhérents, mais en abandonnant votre raison d'être, vous en perdrez d'autres et ouvrirez la porte à l'arrivée d'autres médias nationalistes.