Gabegies et nausées

Le gouvernement libéral à Québec a finalement accepté mercredi d’ordonner des enquêtes au sujet de ce qu’on pourrait appeler l’affaire Bartlett à la Société immobilière du Québec (SIQ) : ces incroyables braderies d’immeubles de l’État, il y a quelque huit ans. Braderies qui auraient en bout de course engraissé des comptes de paradis fiscaux du « bénévole » libéral William Bartlett ainsi que ceux des collecteurs de fonds du PLQ Franco Fava et Charles Rondeau. L’opposition officielle croit même que la caisse du PLQ en aurait en bout de course profité. Ce cas extrême de gabegie, impossible sans le souverain manque d’attention de celle qu’on croyait gardienne de la « sacoche » collective, Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du trésor de l’époque, a provoqué une profonde nausée au Québec depuis la diffusion du reportage de l’émission Enquête d’ICI Radio-Canada, du début du mois.

Le proverbial « il ne faut pas nuire au travail de l’UPAC », qu’ânonnaient les membres du gouvernement Couillard pour refuser l’intervention de la vérificatrice générale, a finalement été abandonné mercredi. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a annoncé que la VG Guylaine Leclerc épluchera les transactions de la SIQ effectuées entre 2003 et 2012. Mme Leclerc connaît bien le dossier : c’est elle qui avait enquêté, il y a quelques années, pour la firme Accuracy, sur la vente controversée des immeubles. D’ailleurs, on aurait pu penser que, sachant ce qui est arrivé à la SIQ, Mme Leclerc aurait décidé d’elle-même, dès son arrivée en poste, de s’attaquer à la SIQ. Elle a cette latitude. D’ailleurs, que contient le rapport Leclerc d’Accuracy pour que la Société québécoise des infrastructures (SQI, qui a remplacé la SIQ) et le gouvernement refusent de le rendre public ? Il doit être dévoilé afin que l’on puisse en comparer son contenu avec ce que Mme Leclerc exposera comme VG.

Il est rassurant que le gouvernement Couillard ait accepté la motion des oppositions accordant ce mandat (qui devrait s’étendre au-delà de 2012). Il faut aussi se réjouir d’un autre mandat, accordé à la firme Raymond Chabot Grant Thornton, d’examiner l’ensemble des quelque 960 baux de location signés par l’État du Québec, partout sur son territoire. Le gouvernement n’avait plus vraiment le choix là aussi. Les nouveaux faits exposés notamment par la CAQ quant aux baux signés avec Georges Gantcheff, un des présumés acteurs de l’affaire Bartlett, puent le favoritisme, provoquent aussi de sérieux haut-le-coeur. « Comment peut-on avoir donné autant d’argent à un seul homme dans toutes sortes de contrats aberrants ? » a lancé le caquiste Éric Caire mercredi en chambre. Espérons seulement que les deux nouvelles enquêtes, ainsi que celle de l’UPAC, déboucheront sur des conclusions… antinauséeuses.

14 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 17 novembre 2016 03 h 58

    Ce n'est pas grave....

    ...il s'agit simplement de nos argents. Les vôtres, ceux des autres et les miens. Nous sommes les financiers, les bailleurs de fonds de toutes ces «allégations» comme dirait monsieur Fournier, le ministre.
    «Cou donc«, me demande mon copain de taverne, «de quoi la caisse électorale, lire aussi le coffre-fort, du PLQ est-elle construite, bâtie, garnie, composée? De l'argent propre ou....?» ma réponse: j'ai hoché la tête.
    Et dire qu'il existe de ces gens qui ne comprenent pas le cynisme ambiant, le désabusement et surtout qui refusent de reconnaître les raisons qui nous y convient.
    Gaston Bourdages,
    Auteur.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 novembre 2016 06 h 12

    Conclusions

    Les conclusions, toutes les conclusions de toutes les enquêtes vont arriver après les élections. Au moins, une se fera en public.
    Ce gouvernement enterre des chats dans le jardin.

    PL

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 novembre 2016 06 h 14

    Antinauséeuses

    Souhaitons qu'il y ait encore du coulage médiatique.

    PL

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 novembre 2016 06 h 58

    Depuis 15 ans

    le Québec est la pire république bananiere du monde,superbe mafia .Réélisons donc ces motards bien-aimés avec enthousiasme.

    • Pierre Schneider - Abonné 17 novembre 2016 08 h 53

      Il y a beau avoir corruption et collusions depuis que le Parti libéral contrôle la province à sa guise depuis 2003, on ne peut dire que le Québec est le pire endroit au monde.

      Cessez de nous auto-flageller, de grâce. Et allez voir ce qui se passe, notamment en Amérique du Sud et en Afrique avant de nous condamner. Vous y constaterez que le crime n'a pas de frontières.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 17 novembre 2016 10 h 29

      On n'a pas besoin de se comparer, m. Schneider, pour voir et savoir ce que le Québec est devenu...Quand on ouvre les yeux et les oreilles, quand on se sert de son bon jugement, quand, même des partisans-membres du PLQ lèvent le nez sur leur parti, c'est que la "vérité choque et désabuse".

      Ce n'est pas de l'auto-flagellation...c'est une "tasse" de cynisme et une "dose" de clairvoyance.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 novembre 2016 22 h 18

      Je vis la moitié de l.année en Amérique du sud depuis 11 ans mais nous on vit dans le Primer Mundo,alord=s pas d'excuses pour ce PLQ mafieux SVP.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 novembre 2016 06 h 37

      «allez voir ce qui se passe, notamment en Amérique du Sud et en Afrique avant de nous condamner»
      Quand on est obligé de se comparer aux pires pour se remonter le moral, c'est que ça n'est ni édifiant ni engageant. (Au moins... y a pas de scorpions)

      PL

  • François Dugal - Inscrit 17 novembre 2016 08 h 05

    Enquêtes et encore des enquêtes

    Des enquêtes, d'autres enquêtes et encore des enquêtes : pourquoi diantre tant de déploiements d'énergie, de temps et de sur-temps; cela finira-t-il un jour?