PL-ADQ

Au moment de la fusion de l’Action démocratique et de la Coalition avenir Québec en 2012, le chef sortant, Gérard Deltell, garantissait que l’« ADN de l’ADQ » ferait partie de « l’ossature » même de la CAQ.

Très rapidement, on a senti que M. Deltell ne retrouvait plus, dans la nouvelle formation, les gènes en question. À ses yeux, depuis l’élection de 2014, la CAQ renouait trop avec le code génétique d’origine, nationaliste. Cela a précipité le départ de ce Canadien d’abord vers la scène fédérale.

Car il faut se souvenir que l’ADQ était née, avec Allaire et Dumont, dans les années 1990, de la cuisse d’un PLQ résolu, après les éreintantes années Meech-Charlottetown, à rompre avec le nationalisme. À partir de 1995, l’ADQ mit son nationalisme en arrière et se mua en un parti de centre droit. Cet aspect était dominant lorsqu’elle forma l’opposition officielle en 2007-2008 ; mais fut radicalisé par la suite sous l’éphémère ère Deltell.

Avec la présentation mardi des deux candidats aux élections partielles dans la région de Québec, Véronyque Tremblay et Sébastien Proulx, on peut affirmer qu’une bonne partie de l’ADN de l’ADQ se retrouve au PLQ de Philippe Couillard. Mme Tremblay a confié avoir voté en 2014 non pas pour le candidat libéral dans Chauveau, mais pour M. Deltell. Elle a aussi soutenu (non sans aplomb) qu’elle maintenait toutes les critiques formulées ces derniers mois, en sa qualité de chroniqueuse au Journal de Québec, contre le gouvernement Couillard : opposition à la création d’un registre des armes à feu, opposition aux éoliennes, etc.

Quant à Sébastien Proulx, rappelons que pour l’ADQ, il a été candidat (à plusieurs reprises), directeur général du parti, député et leader parlementaire. Depuis 2014, il avait franchi le Rubicon pour travailler comme stratège dans les officines du gouvernement Couillard ; tout comme d’autres anciens adéquistes : Charles Robert (porte-parole de l’aile parlementaire et ancien adéquiste militant). La députation libérale actuelle compte d’ailleurs deux anciens députés adéquistes de la cohorte de 2007: Pierre-Michel Auger et Richard Merlini. En 2014, l’ancien député adéquiste de Jean Lesage Jean-François Gosselin avait tenté de retrouver son siège, mais sous la bannière libérale. En point de presse mardi, Philippe Couillard a soutenu que « plus rien » de l’ADQ ne subsistait dans la CAQ actuelle. L’ADQ, c’était « les questions de l’équité entre les générations, le contrôle de la dette et l’équilibre des finances publiques. Et [cela] nous rejoint totalement ». Une mutation a clairement eu lieu. Comment la CAQ fera-t-elle face à cette chimère ?

8 commentaires
  • Jacquelin Beaulieu - Abonné 29 avril 2015 06 h 32

    Du pareil au même .....

    La droite est réunie sous la même bannière .... Très révélateur que Legault dans un but de survivance préconnise une réforme de scutin a la proportionnelle ce que toute sa vie de politicien , il n'a jamais pensé ..... Mais la peur serait-elle mauvaise conseillère ?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 29 avril 2015 10 h 14

      «Legault préconnise une réforme de scutin a la proportionnelle » Il le préconnisera jusqu'à ce qu'il soit au pouvoir. Le lendemain, il n'en parlera plus; comme tous les autres.

      PL

    • Raymond Labelle - Abonné 29 avril 2015 11 h 25

      Pour tout parti au pouvoir, le meilleur mode de scrutin est celui qui lui a permis d'y accéder. Lequel mode de scrutin avait peut-être été défavorable à ce parti dans un passé où il n'avait pas assez d'appuis pour accéder au pouvoir.

      Mais comme c'est le parti au pouvoir qui doit initier la réforme...

      Retournons à la case 1. "Pour tout parti au pouvoir (...)

      Et ainsi de suite ad infinitum.

  • Gilbert Turp - Abonné 29 avril 2015 08 h 25

    On peut donc parler dosrmais et à juste titre du parti nÉo-libéral du Québec.

  • Gilles Théberge - Abonné 29 avril 2015 11 h 52

    L'avenir...

    j'ai personnellemenT le sentiment que l'avenir de la CAQ est plus sombre que lumineux.

    Depuis des mois on discute de l'avenir du PQ et plusieurs ont déjà annoncé son décès imminent. Pourtant, je suis d'avis, je le dis objectivement, que c'est plutôt l'enterrement prochain de la CAQ qui se prépare.

    Départs, mutations, transfert, tous signes annonciateurs d'un déclin certain. De là comprendre que clairement François Legault s'est mis lui aussi à songer à la retraite. Il sait qu'il ne deviendra jamais premier ministre du Québec.

  • Robert Beauchamp - Abonné 29 avril 2015 12 h 26

    La torpille

    François Legault le spécialiste de la torpille. Il s'applique à torpiller ses anciens collègues, de la même façon qu'il a torpillé Bernard Landry qui par dégoût s'était senti forcé de démissionner. Il a fait preuve de mollesse chronique en Commission parlementaire à l'analyse des résultats catastrophiques de la Caisse de Dépôts. Il est à la remorque du parti libéral et n'a de cesse de prôner les vertus associées aux partis d'extrême droite au détriment du bien commun, en autant qu'il sente le sens du vent. Avec lui on ne saura même jamais si sa girouette indiquera le sens réel du vent.
    Robert Beauchamp

  • Colette Pagé - Inscrite 29 avril 2015 16 h 24

    La CAQ sous respirateur artificiel !

    Ni pour ni contre, bien au contraire. C'est l'expression qui à mon avis peut le mieux décrire la position de François Legault en regard du fédéralisme et de l'indépendance. Par contre, en refusant de prendre position il s'est aliéné un grand nombre d'électeurs.

    Partant delà, il est raisonnable de penser que comme l'avenir semble peu prometteur un grand nombre de députés de la CAQ pourrait joindre les rangs du PLQ. Quant au chef de la CAQ, vu que le message ne passe pas, son retour en politique pourrait être de courte durée.