Nouveau départ

Le gouvernement Couillard n’est pas le premier à vivre une crise. Celle à laquelle il a été confronté ces derniers jours, vécue sous les feux des caméras, a exposé les faiblesses de l’équipe libérale qui tiennent à l’inexpérience et à l’incompétence de ministres. Le départ d’Yves Bolduc apaisera les choses… du moins temporairement.

Le soulagement de Philippe Couillard était visible alors qu’était assermenté vendredi François Blais au poste de ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Cet ancien universitaire en congé de l’Université Laval offre les garanties d’un retour à la normale. Il a toutes les qualités pour ce poste, à commencer par la crédibilité et le respect de ses pairs du monde de l’éducation. Il devrait ne plus y avoir de vagues comme savait en déclencher Yves Bolduc par ses déclarations malheureuses et inopportunes.

Ce miniremaniement, qui ne touche que François Blais et Sam Hamad (ce dernier héritant des anciennes responsabilités du premier), ne règle pas tous les problèmes. Les maillons faibles de ce gouvernement demeurent, mais les Charbonneau, Poëti, Weil, Heurtel savent maintenant que la tolérance de leur patron a atteint ses limites. Un remaniement plus vaste aurait été inapproprié en plein milieu d’une session, à la veille du budget. Mais ils savent qu’ils ont devant eux trois ou quatre mois pour se reprendre, à défaut de quoi, un remaniement les attendra à la fin de la session.

La page étant tournée sur le dérapage Bolduc, le premier ministre s’attend à ce que son gouvernement affiche une image de cohésion et de cohérence, ses ministres véhiculant le même message et se tournant tous vers l’atteinte des objectifs que sont l’équilibre des finances publiques et la relance de l’économie.

Cette insistance du premier ministre est normale. La solidarité ministérielle est un principe de base de notre système parlementaire. Cela ne doit toutefois pas faire oublier aux ministres que s’ils doivent gérer leurs ministères avec en tête les objectifs et priorités du gouvernement, ils ont aussi à assurer la mission fondamentale de leur ministère. Cela peut être source de conflits parfois, tout particulièrement lorsque les réductions budgétaires s’additionnant sans fin en viennent à mettre en péril la réalisation du mandat ministériel. Il faut alors aux ministres une capacité de résistance aux directives, qui sont souvent des diktats, venant du Conseil du trésor.

L’arrivée de François Blais à l’Éducation est à cet égard rassurante. Il est le huitième titulaire de ce ministère en dix ans. Michelle Courchesne y détient le record de durée, soit trois ans. Il a besoin d’un ministre qui adhère fortement aux valeurs du ministère et qui ait la confiance des milieux scolaire et académique, ce que n’a jamais eu Yves Bolduc. On lui fait bon accueil en réservant toutefois son jugement.

Le nouveau ministre ne donne pas l’impression d’être un batailleur à la manière d’un François Legault qui, ministre de l’Éducation dans le gouvernement de Lucien Bouchard, avait fait retraiter en 2001 son premier ministre qui voulait imposer des compressions de 400 millions au milieu de l’éducation. On ne s’attend pas à ce François Blais, aussitôt arrivé, affronte ouvertement son gouvernement, mais qu’il marque un nouveau départ. Car la fronde publique contre Yves Bolduc traduisait un sentiment de ras-le-bol du milieu de l’éducation et le désir d’être entendu et respecté.


 
7 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 28 février 2015 07 h 38

    Niveau départ?

    Les ministres Moreau, Fournier et Hamad restent : est-ce vraiment un nouveau départ ?

  • Gilles Théberge - Abonné 28 février 2015 09 h 18

    Il manque une chose

    D'abord à votre titre, un point d'interrogation. Ou d'exclamation. Mais moi j'opterai pour le point d'interrogation.

    Puis dans la liste des ministres, disons sous observation, il y a un nid de poule que vous avez oublié. Celui de la suave Thériault dont j'attends avec impatience la prochaine dictée hebdomadaire que nous livrera tantôt l'équipe de "A la semaine prochaine"

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 1 mars 2015 09 h 12

      J'opterai sur quant à merci pour le "point d'ironie".

      Mieux encore que le point d'interrogation ou le point d'exclamation est le point d'ironie (il a la forme d'un grand nez, certains dirons d'une pique, souligné d'un point).

      Le point d'ironie fut créé dans la première partie du XIXe siècle et fut utilisé surtout en typographie. Il est aujourd'hui tombé en désuétude. Comme son nom l'indique, il signifie la raillerie, l'ironie voire même l'hypocrisie et le besoin d'interpréter ce qui est dit au second degré.

      Il est dommage aujourd'hui que ce point ne se retrouve pas sur nos claviers d'ordinateurs, on ne e retrouve pas non plus dans la table des caractères Ascii.

  • Lucien Cimon - Abonné 28 février 2015 10 h 04

    Avec une telle liste d'incompétents au cabinet, il faut s'interroger sur la compétence de leur chef, P. Couillard dont les médias, n'ont de cesse de nous dire qu'il est très intelligent et cultivé. On aimerait bien, pour les croire, qu'il finisse par nous en donner lui-même quelques preuves. Ses pirouettes linguistiques servant à cacher l'incurie ne suffiront pas longtemps à faire croire qu'il est un grand premier ministre.

  • André Le Belge - Inscrit 28 février 2015 12 h 45

    François Blais à l'éducation

    Si celui qui a renié ses principes de justice sociale agit d'une façon analogue au ministère de l'éducation, nous seons servi à la sauce néo-liérale...

  • Jean-François - Abonné 28 février 2015 19 h 36

    Fond de shop...

    Un nouveau départ encore basé sur les "restants" de l'ère Charest; pas trop nouveau tout ça!