Où était Nicolas?

Pour mettre en relief la bourde politique dont Nicolas Sarkozy a été ces jours-ci l’architecte, il suffira d’être terre à terre. Mais encore ? De suivre tout bêtement la chronologie des événements qui viennent de diviser l’UMP dont il est le… président ! Cela fait des semaines que tous les citoyens de la République française savent que le premier tour d’une élection partielle dans le département du Doubs se tenait dimanche dernier. Au terme de celle-ci, les candidats du Front national (FN) et du Parti socialiste (PS) ont accédé à la finale. Le concurrent de l’UMP ayant été éliminé, à Paris comme à Espalion ou à Beaucaire, tout un chacun attendait que la direction de cette formation dévoile sa consigne en vue du deuxième tour.

Aucun écho n’ayant été entendu dans la soirée de dimanche, une absence qui en dit long sur le professionnalisme de Sarko et sa bande, on s’attendait (bis) à ce que le grand sachem de l’UMP s’exprime sur un sujet tout de même important, en ces lendemains de « Je suis Charlie », dans la journée de lundi. Nenni ! En fin de journée, aucun signe de ce dernier n’ayant été donné, Juppé s’est prononcé publiquement contre le Front national. Principal adversaire de Sarkozy en vue de la présidentielle de 2017, Juppé a réitéré ce qu’il fallait dire, soit que le FN étant notamment un parti raciste il y avait lieu de voter pour le PS.

Et voilà que mardi matin l’hebdomadaire Marianne annonce que Sarkozy, le patron de l’UMP, s’est envolé dans la matinée de lundi pour Abou Dhabi afin d’y livrer une conférence bien « payante ». Que Sarkozy récolte des espèces sonnantes dans un royaume où le racisme anti-femme, et pas seulement la misogynie, a été érigé en système en dit long sur la fibre éthique de l’homme. Que le chef du parti aille en cet endroit alors que les militants s’impatientent en dit long sur l’idée qu’il se fait de la collégialité que commande sa fonction. L’idée qu’il se fait ? Maigre !

Toujours est-il que mardi soir, les caciques de l’UMP planchent enfin sur le sujet. Sarkozy propose que le choix du deuxième tour se fasse entre le PS ou l’abstention, d’autres députés suggèrent que le mot d’ordre soit tout simplement ni PS ni FN. Ces derniers l’ont emporté. Ce faisant, ils ont mis en lumière les divisions de plus en plus marquées qui distinguent l’UMP.

De cet épisode, on retiendra que seul Juppé et les gaullistes « classiques », soit ceux qui privilégient encore et toujours une alliance avec le centre, ont claironné ce qui devait l’être : le vernis républicain que le FN essaye de se donner est un leurre, ce parti demeurant un parti raciste ainsi qu’en témoignent les mots de Jean-Marie Le Pen sur l’inégalité des races. L’UMP jongle avec le danger.

5 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 6 février 2015 11 h 24

    Quel est le problème du FN

    Que Sarkosy se casse les dents ne m'émeut pas particulièrement. J'espère que le bon sens prévaudra et que in fine l'UMP choisira monsieur Juppé. Monsieur Juppé est nons seulement un «Politique» d'envergure, mais il a le sens de l'État. En plus il considère les québécois comme faisant partie de la famille.

    Sarkosy est dans mon esprit ce qu'ici on appelle un «faiseux», égocentrique, affairiste de bas étage. Et en plus il nous hait comme il l'a exprimé lors de son passage en 2008.

    Mais en ce qui a trait au FN, il a un gros problème. Il a été fondé par un individu dinosauresque qui est devenu une exception biologique. C'est hélas un fossile vivant. Et tant qu'il sera vivant il fera des ravages.

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 février 2015 12 h 45

      Mais la force du FN, c'est le ressentiment des petites gens d'origine franco-française face aux changements des structures sociale et économique. C'est très porteur.

    • Gaston Bourdages - Abonné 6 février 2015 15 h 35

      @messieurs Truffaut et Théberge. Mon «néophytisme» en matière de politique étrangère gagne profondément à vous lire. Quel enrichissement pour mes grisonnants 71 printemps, en plein automne de leur propre histoire de vie ! Messieurs, je vous suis reconnaissant. Quant à monsieur Sarkosy qui, selon monsieur Théberge, «nous hait», je soupçonne que son fédéralisme canadien se veut teinté (le mot est-il faible?) d'un certain «Power....»
      Mes respects messieurs,
      Gaston Bourdages,
      Auteur-conférencier
      http://unpublic.gastonbourdages.com

  • André Mutin - Inscrit 6 février 2015 14 h 02

    Juppé est non seulement un «Politique» d'envergure

    mais également un escroc confirmé et condamné. De ce fait il a toutes les chances d'être un jour président.

    Chirac, un autre escroc confirmé, a été élu et réélu président. Condamné après son règne de 12 ans.

    Si Sarkosy peut faire la preuve qu'il est également un escroc il aura toutes ses chances au prochain tirage.

  • Martine Chiquette - Abonnée 6 février 2015 16 h 46

    La fibre éthique

    « … Que Sarkozy récolte des espèces sonnantes dans un royaume où le racisme anti-femme, et pas seulement la misogynie, a été érigé en système en dit long sur la fibre éthique de l’homme. »
    Ce monsieur a en effet très peu de fibre éthique! Un pays a les politiciens qu'il mérite!