Pour la liberté d’expression, pour rester vivants

Que de mots en ce mercredi noir, que de photos, que de dessins, que de soutien. Mais tout en creux, le vide. Que reste-t-il au juste de la liberté d’expression dans nos pays qui s’en sont fait un repère de civilisation ?

Parler, s’exprimer au risque de la censure a accompagné les développements de la presse moderne, parallèlement aux tentatives menées par les pouvoirs, étatiques et autres, pour restreindre le foisonnement de la prise de parole par le truchement des arts, du cinéma, de la littérature. Le champ de bataille était clair, les protagonistes identifiés, il était possible de se battre pour la liberté.

La censure des pouvoirs a évolué, empruntant depuis plusieurs années déjà les formes de la mise en demeure. Celle-ci est devenue familière dans les salles de rédaction, qui savent y faire face. C’est souvent coûteux, parfois compliqué, mais le champ de bataille est clair, les protagonistes identifiés, il est possible de se battre pour la liberté.

Parfois, les attaques se faisaient physiques : bombes, tirs, vandalisme. La France a tout un passé à cet égard et ces dernières années, ce fut au tour de Charlie Hebdo et de Libération d’être touchés. Des menaces autrefois politiques qui portaient maintenant un nouveau nom : l’extrémisme islamiste, dont on avait vu les débuts lors de la fatwa lancée contre Salman Rushdie il y a 25 ans. Il y eut donc incendie pour l’un, tireur solitaire et peu cohérent pour l’autre mais fort d’appuis venus de partout, ni Charlie ni Libé n’allaient se laisser faire. Le champ de bataille était moins défini, le visage des protagonistes devenait flou, mais en continuant de publier, la bataille pour la liberté était toujours gagnée.

Aujourd’hui, c’est d’assassinats ciblés dont il s’agit. Des inconnus venus non pas pour faire peur mais pour tuer, en nombre. Où sont tout à coup les frontières du champ de bataille ? En sommes-nous tous devenus des protagonistes ? Et qu’est-ce donc que la liberté ? Mourir pour ses idées ne fait tellement plus partie de nos sociétés.

À la fin de 2014, quand Reporters sans frontières a publié son bilan annuel des journalistes tués dans le monde à cause de leurs activités, pas un pays occidental ne se retrouvait dans la liste. Même absence en 2013, et l’année d’avant, et les autres encore. Les pays où une presse libre amène le risque d’en mourir sont depuis si longtemps si loin que les journalistes qui là-bas ont appris à faire face au danger nous apparaissent moins des collègues que des héros pris aux pièges de guerres ou de dictatures.

Et voilà que pour vrai, pas que pour le symbole, tombent la France, terre de la satire, Charlie Hebdo, Charb, Cabu, Wolinski, des connus, pour quelques-uns du milieu des amis. C’est l’horreur, et nous sommes tous Charlie.

Mais après, qu’oserons-nous encore ? En ce jour d’attentat, des médias refusent déjà de publier des caricatures de Mahomet et l’on pressent que les gouvernements, si prompts sur le coup des événements à saluer la liberté de presse, n’auront encore qu’une réponse sécuritaire à opposer à l’extrémisme religieux. La logique même d’enfermement que combat Charlie Hebdo reste à l’oeuvre.

Il faut s’obliger, et il y a urgence, à garder les fenêtres ouvertes, que les idées circulent, que chacun trouve son ton, mais que les débats se fassent, que les opinions se confrontent et provoquent, surtout en matière religieuse, lieu des nouveaux tabous. Combler le vide de l’attaque contre Charlie Hebdo par les images et les mots, et les blagues, et que l’écho de nos voix et de nos rires nous garde, les garde, vivants.

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En signe de solidarité

En mémoire des victimes de l’attentat de mercredi à Paris et afin de démontrer leur appui aux principes fondamentaux de la liberté d’expression, les quotidiens francophones du Québec ont décidé, de concert pour une très rare fois, de publier une caricature de Mahomet du journal satirique Charlie Hebdo. S’attaquer à quelqu’un simplement pour ses idées et ses opinions est une entrave inacceptable à la démocratie. Ces médias sont : Le Devoir, Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec, 24 Heures, La Presse, Le Soleil, Le Quotidien, Le Droit, La Tribune, La Voix de l’Est, Le Nouvelliste et Métro.
45 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 8 janvier 2015 04 h 46

    À Madame Boileau que je salue et remercie...

    ...je veux aussi confier que plusieurs de mes commentaires n'ont pas eu cette liberté d'être exprimés parce qu'ils ne répondaient pas à votre «censure». Je ne suis pas «Le Devoir» et ne puis, d'aucune façon, prétendre posséder les justes et appropriées compétences. Oui, chez-vous, j'ai été censuré et le serai possiblement encore non pas que je le souhaite. Mon égo, lorsque la situation se vit, grimace....de douleurs. «Pôvre» de moi ! Je change de propos. «Charlie Hebdo», c'est douze fois ce que j'ai fait en 1989, c'est trois fois... deux fois...je m'abstiens d'y accoler des noms, le Québec porte aussi sa propre histoire...d'injustifiable. La violence au Charlie Hebdo s'explique. Comme toutes violences, jamais dans l'histoire, elles n'ont été, ne sont et ne seront, pour l'éternité, justifiables. Je garde à l'esprit que l'Homme est aussi capable du pire...que La Bête...incluant celle qui l'habite.
    Mes respects,
    Gaston Bourdages,
    «Pousseux de crayon sur la page blanche»
    Saint-Mathieu de Rioux, Qc.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 8 janvier 2015 07 h 22

    Au nom de la liberté ?

    Au nom de la liberté avons-nous le droit de tout dire et de tout faire ? N'est-il pas vrai que ce journal-ci, bien qu'il prône la liberté d'expression, sente aussi le besoin de filtrer et de censurer certains des commentaires qui lui sont soumis ? Maintenant les politiciens nous demandent de ne pas faire d'amalgame avec la religion de l'Islam et les écrits du prophète Mahomet...Et pourtant, à lire certains sourates et versets de ces écrits, on se rend vite compte que le message véhiculé n'est pas très chrétien, mais tout-à-fait en opposition...Alors pensez ce que vous voulez mais quant à moi cette religion n'est pas une religion prônant un message d'amour...Les écrits du Coran sont anti-humanisme à la base...Ils ne font la promotion ni de la liberté, ni de l'égalité, ni de la fraternité...Au contraire...Mettez-vous au co(u)rant...

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 janvier 2015 14 h 00

      Relisez la Bible. Bien des versets sont fortement discutables.

      « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. » Matthieu 10, 34

    • François Ricard - Inscrit 8 janvier 2015 17 h 49

      M. Auclair
      Et c'est pourquoi, depuis bien des années, le christianisme a dit qu'il ne fallait surtout pas faire une lecture littérale de ces versets. Que la version littérale était à proscrire.
      De même le judaisme, il y a bien bien longtemps, en ce qui a trait à la loi du tallion.
      Le judaisme et le christianisme ont évolué.
      L'islam devra faire de même.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 8 janvier 2015 18 h 18

      @ Jésus a-t-il pris les armes pour faire passer son message ? Non... Mahomet Oui... Toute la différence est là...Quant aux Églises chrétiennes qui ont utilisés les armes pour imposer le Christianisme au cours de leurs périodes obscurantistes, elle étaient dans l'erreur et ne suivaient pas le message d'amour d'un certain Jésus...Les djiadistes qui utilisent les armes pour propager le message islamiste ne font que suivre leur modèle Mahomet qui a levé des armés pour imposer sa foi...Certains versets du coran prônent le djihadisme contre les mécréants...Toute la différence est ecore là...L'amour est la grande force qui fait la vie...La haine est celle qui la détruit...C'est pourtant facile à comprendre...Dieu n'est pas catholique, ni musulman, ni chrétien, ni juif, ni boudhiste...Dieu est Amour et l'Amour est cosmique...

    • Pascal Martineau - Inscrit 8 janvier 2015 18 h 42

      "Si un homme frappe du bâton son esclave, homme ou femme, et que l'esclave meure sous sa main, le maître sera puni. Mais s'il survit un jour ou deux, le maître ne sera point puni; car c'est son argent." (Exode 20:20-21)

    • Cyril Dionne - Abonné 8 janvier 2015 21 h 26

      M. Simard, ceux qui prônent des divinités monothéistes disent tous qu'ils ont la seule Vérité. Alors, comment savoir quelle est la bonne religion à suivre ? En passant, si en physique quantique un électron peut être à deux endroits différents en même temps, pourquoi la vérité religieuse devrait être une et non pas multiple ? Lorsque notre étoile, le Soleil s'éteindra dans environs 4 milliards d'années et que nous disparaîtrons bien avant, est-ce que votre dieu existera-t-il encore ?

      J'attends avec impatience vos réponses et celles-ci ne doivent pas être de nature ésotérique ou holistique, mais bien campées dans une science naturelle vérifiable et incontournable. Supposément, dieu ne joue pas aux dés (Albert Einstein).

    • Jean-Marc Simard - Abonné 9 janvier 2015 10 h 31

      Monsieur Dionne, je vais répondre selon ma compréhension des choses...La mécanique quantique nous apprend que tout est lié, autant dans l'infiniment petit que dans l'infiniment grand...Le lien organise les choses, et ce de façon intelligente...J'appelle amour un lien qui crée des propriétés nouvelles...Des particules appelées quartz se lie ensemble, trois pas trois, pour former la base atomique, appelé proton et neutron...Des protons et des neutrons se lient ensembles avec des électrons pour former des atomes dont la nature du lien donne l'identité de l'atome...Des atomes se lient ensemble pour donner des molécules dont l'eau (H2O)...Des molécules se lient ensemble pour donner des mégamolécules dont les acides aminés, et ainsi de suite jusqu'à l'orgqanisme vivant en passant par la cellule...Créer c'est lié des éléments pour apporter du nouveau...Les métallurgistes savent très bien utilisés cette faculté pour créer de nouveaux métaux...

      Je reprends tout dans l'univers est lié et en mouvement de création de nouvelles propriétés...La mouvance de l'univers est dynamique de même que celle de la vie, en respectant certaines constances cosmique finement ajustée (fine tuning)...Il y a un ordre dans l'univers qui suppose l'existence d'une intelligence suprême...

      Quant au hasard il n'organise rien...Le hasard n'est qu'un bassin de possibilités dans lequel se vautrent à l'infini les forces créatrices...Le hasard n'est pas un agent de création...Mais il explique la grande diversité des individualités et des objets créés...Il explique aussi que tout en soi est unique, les êtres vivants comme les objets célestes...Il explique aussi la grande liberté créatrice de la nature, et notre capacité à faire des choix libres et déterminés...

      à suivre...

    • Jean-Marc Simard - Abonné 9 janvier 2015 10 h 49

      Suite au commentaire précédent

      Que vous fassiez n'importe quoi, construire une maison, fabriquer un objet, inventer une nouvelle technique, etc..., la réussite de votre entreprise est toujours conditionnée à la confection d'un bon plan...Si vous vous fiez au hasard ou si vous lancez les dés espérant réussir votre entreprise vous risquez de manquer votre coup...Alors pourquoi la nature ne serait-elle pas soumise elle aussi à un plan...Or pour faire un bon plan il faut une intelligence derrière, et plus la réflexion est intelligente, plus le plan est harmonieux...Voilà ce qu'est Dieu pour moi,
      soit la grande Intelligence derrière tout ce qui existe...

      Quant aux religions, elles ne sont qu'un véhicule pouvant nous permettre de prendre conscience de nous relier à cette grande Intelligence... Selon les grand mystiques Dieu est Amour...Je pense qu'ils ont raison...Alors si Dieu est amour, pourquoi le mal ? Je dirais comme le grand mystique Bulgare Omraam Mikhaël Aïvanhov, que le bien et le mal sont les deux mamelles de l'évolution, les deux grandes forces en opposition qui enclenchent la mise en mouvement des particules et de tout ce qui existe, dont la vie et la conscience...La vie est elle-même un mouvement, et la mort l'arrêt de ce mouvement...Si le mal n'existait pas comment saurions-nous ce qu'est le bien, et la moralité qui le soutient...

      Maintenant y-a-t-il coincidence entre le fait que les préceptes du Coran soient en complète contradiction avec ceux des Évangiles (et je n'ai pas dit la Bible) Je crois que le monde religieux actuel est engagé dans un combat qui mettra en mouvement une nouvelle conscience humaine plus près de celle du divin, soit une conscience plus amoureuse de la vie et de son évolution vers la plus-vie...


      Je crois en avoir assez dit...À vous de faire vos propres réflexions...

    • Nicolas Blackburn - Inscrit 9 janvier 2015 12 h 23

      @M. Simard,

      La nature n'a pas besoin d'un plan car elle a l'éternité devant elle. De même si j'avais l'éternité devant moi, je pourrais mener mon entreprise au gré du hasard et tôt ou tard je finirais par tomber sur une combinaison gagnante.

      Le concept d'amour vs haine n'est utile qu'à l'homme et n'a pas de sens au niveau des particules élémentaires: elles créent et brisent des liens sans discrimination à l'égard de savoir si l'un est meilleur que l'autre. Autrement dit, il n'y a pas de meilleur choix possible pour une particule entre briser un lien ou créer un lien avec une autre particule. On voit bien que ça n'a rien à voir avec l'amour et la haine, puisqu'il y a bien évidemment, et je suis d'accord avec vous sur ce point, un meilleur choix à faire entre l'amour et la haine chez les humains.

      Nous les humains, nous sommes tellement centrés sur nous-mêmes, qu'on a souvent besoin d'attribuer des caractéristiques humaines aux choses pour pouvoir les comprendre: rendre le temps fini, comparer des concept physiques à des émotions. Mais en y réfléchissant la tête libre de toutes contraintes, on voit bien qu'il n'y a pas besoin de dieux ni d'humains pour expliquer et faire fonctionner tout cet univers. Cela ne le rend pas moins beau, au contraire !

    • Jean-Marc Simard - Abonné 9 janvier 2015 14 h 50

      Monsieur Blackburn, est-ce le hasard qui guide votre vie ou les choix que vous faites ? Si vous gagnez à la loto, est-ce parce que vous avez acheté un billet ? Votre maison a-t-elle été construite selon un plan défini ou bien de façon hasardeuse ? Est-ce que seul l'humain serait intelligent sur cette terre ? La nature ne démontre-t-elle pas elle-même qu'elle fonctionne selon une certaine intelligence ? Les animaux ne sont-ils pas dotés d'une certaine intelligence? L'organisation de l'univers ne démontre-t-il pas qu'il fonctionne de façon ordonnée non de façon cahotique ? Certains comme vous veulent tellement éliminer le fait divin et l'intelligence derrière la création du Cosmos qu'ils sont prêts à croire à n'importe laquelle baliverne, comme le fait que le hasard soit la cause de tout... En pensant ainsi vous démontrer que vous ne savez pas ce qu'est le hasard...Une chose est sûr vous ne pourrez éliminer de l'humain ce besoin fondamental de rechercher un sens à sa vie, et à celle de l'univers en se posant la question du pourquoi...À cette question la science n'a pas de réponse...Elle qui ne cherche qu'à comprendre le comment des choses...Les religions proposent une réponse, même si celle-ci est incomplète...L'animal ne croit pas au divin...Il n'a pas non plus le sens du bien et du mal, quoique certains animaux intelligents comme l'éléphant ont la conscience de la mort...Au contraire, l'humain se cherche un dieu et détient le sens du bien et du mal... Et ce fait persiste depuis que sapiens est apparu sur terre...Vous ne pouvez rien faire contre ça...SI vous croyez que le hasard a tout orchestré, c'est votre choix...Non le mien...Mais je ne crois pas que ce soit le bon choix...Je ne prétend pas détenir la vérité...Au contraire, je la cherche et,opérant ainsi, je trouve un sens à ma vie et j'ouvre ma conscience à l'inconnu...Ce n'est pas le hasard qui contribuera à ma quête...Libre à vous de penser ce que vous voulez...Votre choix ne sera jamais le mien...

    • Cyril Dionne - Abonné 9 janvier 2015 18 h 28

      @ M. Simard

      Loin de moi de me moquer des croyances des autres, mais vous n'avez répondu à aucune des questions que je vous ai posées. Vous ne m'avez pas du tout convaincu que la religion chrétienne et ses évangiles sont supérieurs à celui du coran à moins que vous parliez de la violence sauvage et sanguinaire que nous voyons opérer sous nos yeux de la part de nos djihadistes favoris. Vous, comme M. Blackburn vous a fait remarquer, humanisez l'atome, les particules, les ondes électromagnétiques (lumière) et les ondes vibratoires (théorie des cordes).

      Si vous connaissez le concept de l'entropie qui stipule la conservation de l'énergie et préconise une constante cosmique qui devrait être zéro, alors, pas beaucoup de place pour les êtres magiques et fantastiques. Stephen Hawking mentionnait aussi que si l'univers n'a pas de commencement ou de fin, quelle est la place d'un dieu dans ce système ? Intéressante aussi est la théorie de Cantor qui définie l'infini par l'infini. Et ces atomes dont vous êtes si fiers, l'origine de ceux-ci se trouvent à des années lumière du notre système solaire. Notre étoile ne produit que l'hydrogène et l'hélium et aucun atome de carbone essentiel pour le type de vie que nous connaissons.

      En physique quantique, selon le principe d'Heisenberg, le simple fait d'observer un processus en change la réalité de son contenu. Pour ce qui est de la fin de notre étoile le Soleil, où sera votre dieu et nous-mêmes à la fin de la nuit des temps ?

      Pourquoi ne pas dire qu'on ne sait pas tout simplement ? Le manque d'humilité est notre principal défaut comme être vivant à base de carbone.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 janvier 2015 06 h 55

      M. Simard, poussez votre logique un peu plus loin. Vous parlez d'un plan et de la grandeur de celui qui établit ce plan. Et pour contrer, vous opposez le hasard. Mais lorsque vous regardez tout ce qui existe, la multitude de ce qui est et des versions différentes de ceci, ne serait-il pas possible de conclure que «Il n'y a pas de hasard parce que tout est essayé et ne survit que ce qui est viable». Et si tout est essayé, il n'y a pas de Plan et donc pas de Planificateur.

      Je comprends bien que tout regarder aujourd'hui est impressionnant, mais si on regarde ce qu'il y avait au début; ce n'était que soupe informe qui s'est combiné avec le temps, 43 milliard d'années pour être exact. La Nature n’est pas que les petits oiseaux et les jolies fleurs, c’est aussi le cosmos et tout ce qui s’y trouve. La Nature est aussi toutes ces planètes où on ne trouve ni petits oiseaux et ni fleurs, ni humains pour les admirer.

      Donner des pouvoirs surnaturels à un Être (extérieur en plus à tout ce qui existe) n’est pas nécessaire. Et ce qui n’est pas nécessaire dans la Nature n’est pas viable.

      Le processus qui a permis à l’homme d’exister est une combinaison d’un processus évolutif et d’une chance remarquable que les dinosaures soient disparus; ce qui a ouvert une niche où les mammifères ont pu sortir de leurs petits trous. Faudrait-il pour autant remercier la comète qui les a frappé ?

      Une chose pourtant : D’après ce que nous savons (à date), nous sommes les seuls qui sont capable de s’en rendre compte, d’en être conscient et de s’en émerveiller. Ceci ne demande-t’il pas un peu de respect pour nos semblables ? Tout tend vers la «multitude»; alors, ce qui et ceux qui veulent retourner à l'Unique vont à contrecourant.

      N'arrêtez pas votre réflexion à mi-chemin à cause de croyances. Vous diminuez ce que vous voulez trouver. Il n'y a rien de plus extraordinaire qu'un être qui peut se rendre compte, et celui-ci c'est nous, les humains.

      Bonne journée.

      P

    • Gaétan Fortin - Inscrit 10 janvier 2015 16 h 29

      @Ciril Dionne

      «Et s'il vous plaît, lâchez-nous avec les Croisades» - écrivez-vous.
      Et pourtant n'a-t-on pas cité, encore et encore, ici des extraits
      pour le moins choquants, du Coran. Mais aussi de l'Évangile, dont
      là on nous dit qu'il sont caducs

  • Cyril Dionne - Abonné 8 janvier 2015 07 h 34

    Oui à la liberté d'expression

    Il n'y a pas d'excuses possibles pour nos djihadistes, islamistes et terroristes de tout acabit qui ont perpétré ces actes barbares contre ceux qui sont dans les tranchées à défendre la liberté d'expression. J'aimerais bien dire que je suis aussi "Charlie" (ce qui n'empêche pas de le dire en solidarité), mais je ne crois pas avoir leur courage d'affronter la tempête islamique en se tenant toujours debout devant ces malades psychopathes d'une autre époque pour défendre notre droit de parole qui semble être si fragile.

    La liberté d’expression est primordiale dans toute civilisation démocratique et un droit fondamental de l’être humain. Si nous lui tournons le dos, immanquablement nous retournons à une rétrogradation des civilisations où les dictats des rois, des oligarchies, des dictateurs deviennent une loi divine qui ne peut être transgressée sans une répression personnalisée et particulière. Nous, en Occident, basons essentiellement notre humanité sur trois principes tels qu’énumérés lors de la Révolution française : liberté, égalité, fraternité. Quand nous critiquons la religion musulmane, nous ne critiquons pas les êtres humains qui la composent, mais l’idée ou le concept qui semble être néfaste pour tous ceux qui aspirent à la liberté.

    Le Moyen-Orient n’a pas eu son siècle des Lumières, ses philosophes comme Voltaire, Diderot, Jefferson, Hume, Spinoza et autres comme eux qui ont réinventé notre façon de vivre ensemble en toute communion dans un État de droit.

    Ce qu’il faut dénoncer haut et fort, est l’utilisation de la violence des intégristes islamiques qui briment notre droit à la libre expression garanti par nos constitutions occidentales. Et qu’est-il arrivé à vivre et laisser vivre?

    Et je crains toujours ceux qui sont prêts à tuer pour leurs croyances personnelles et religieuses plutôt que ceux qui sont prêts à mourir pour la liberté des autres.

    • Louise Martin - Abonné 8 janvier 2015 12 h 18

      L'Islam n'a pas toujours été rétrograde. Averroes et d'autres penseurs des premiers siècles de l'Islam, surtout en Andalousie ont défendu une philosophie des Lumières. Puis vinrent les n, lsouveaux califes, les guerres saintes, les Croisades. La chrétienté a eu son lot de persécutions et de violence. Faites des recherches.
      Louise Martin
      Inscrite

    • Cyril Dionne - Abonné 8 janvier 2015 17 h 19

      Désolé Mme Martin. L'islam n'est qu'une de ces religions monothéistes organisées, comme le christianisme et le judaïsme qui sont basés sur le principe de la politisation de la spiritualité. Toutes ces religions partagent plus ou moins le même livre, puisque les fables, les superstitions et les allégories religieuses s’y entassent et se dupliquent, que ce soit dans la Bible, le Coran ou la Torah. Mahomet était un guerrier et un chef militaire qui n’hésita pas à commander le génocide et le nettoyage ethnique des populations qui n’acceptaient pas sa vision du monde. On retrouve l’équivalent dans l’Ancien Testament de la Bible et la Torah avec ses mille et un prophètes.

      Contrairement aux religions polythéistes comme l'hindouisme et le bouddhisme (le bouddhisme est une philosophie) et n'en déplaise à plusieurs, les religions monothéismes semblent être le fléau moderne du vivre ensemble des nations. Incompatible avec l'état démocratique comme l'est la rectitude politique qui rime avec le néolibéralisme.

      Et s'il vous plaît, lâchez-nous avec les Croisades. Mes ancêtres n'ont à voir avec cela et nous sommes en 2015. Au moins, avec le christianisme et le judaïsme, on peut critiquer ces religions sans craindre pour notre vie et celle des autres. Ces dernières sont ouvertes à la critique contrairement à l'islam.

  • Damien Tremblay - Inscrit 8 janvier 2015 07 h 39

    Quand les menaces à la liberté d'expression viennent de l'intérieur


    EXTRÊMEMENT pertinent Mme Boileau de soulever en de si tristes circonstances ces menaces à la liberté d'expression et d'opinion. Libertés continuellement et plus ou moins subtilement grugées par les puissances oligarchiques qui tirent les ficèles des marionnettes du pouvoir.

    On peut se demander jusqu'à quel point nous vivons encore dans une démocratie, au Canada, alors que de puissants groupes d'intérêts mercantiles ont pris d'assaut les collines parlementaires pour y perpétrer des crimes de lèse Majesté en soudoyant les élus de nos parlements.

    Des commissions du genre Charbonneau ne font que nous montrer un portrait peu reluisant de la tête émergée d’un iceberg de corruption dont la partie immergée est infiniment plus importante que celle que l’on nous présente en surface.

    Ceci dit, soyez assurée que nous avons une pensée solidaire avec les victimes collatérales du massacre haineux de Charlie Hebdo : conjoints, conjointes, pères, mères et amis qui vivent sûrement des heures tristes et angoissées.

    Ne succombons pas à la peur et combattons l’idéologie délirante de ces fous de Dieu originaires de camps de concentration à ciel ouvert.

    • François Ricard - Inscrit 8 janvier 2015 17 h 57

      Nous avons ici la liberté d,expression que le commerce et la finance veulent bien nous donner.
      Je mets au défi quiconque de mettre sur pied un journal dont la page éditoriale serait indépendantiste comme La Presse est fédéraliste.
      Impossible.
      Le Jour l'a tenté. Avec des journalistes chevronnés et de fort calibre. Le Jour a vite fermé.
      Personne n'achetait de publicité dans ses pages. Ni les gouvernements ( fédéral, provincial, municipal) ni les entreprises, surtout la grosse entreprise.
      Sans publicité, un journal ne peut exister. Surtout un journal prônant l'indépendance.

  • Jean Lapierre - Inscrit 8 janvier 2015 08 h 26

    La liberté de quoi?

    Liberté d'expression, liberté d'opinion, liberté tout court, je veux bien, mais y a-t-il une limite? Se pourrait-il qu'en se gardant une petite gêne certains humoristes-caricaturistes pourraient contribuer à calmer le jeu? Car ne nous leurrons pas, les extrémistes n'en ont aucune petite gêne: ils s'octroient la "liberté"de tuer sans aucune limite. Alors il faudra peut-être se poser la question: qu'y a-t-il derrière tout ça? Peut-on essayer de comprendre, à la lumière de l'histoire des religions, pourquoi les humains peuvent être parfois si inhumains? Nous sommes atterrés par les événements d'hier. Il faut voir aussi comment ça se passe à tous les jours là où les massacres de dizaines et de centaines de personnes sont monnaie courante. Peut-être que finalement c'est Brigitte Bardot qui a raison: les animaux sont bien gentils.

    • Karine Tremblay - Inscrite 8 janvier 2015 12 h 54

      «les extrémistes [religieux…] s'octroient la "liberté" de tuer» (J.Lapierre)

      FAUX…! Pas tous, seulement des extrémistes musulmans tuent de la sorte au nom de l’islam, au nom du prophète Mahomet, ou au nom de la «grandeur Allah»…

      Ce sont des détraqués islamistes qui lancent des fatwas meurtrières contre ceux qui osent se moquer ou critiquer l’islam intolérant,
      …et des psychopathes islamistes qui tuent des caricaturistes, des journalistes, des innocents, etc.