Encore un p’tit effort!

Plus qu’une simple mise à jour de l’état des finances publiques de mi-année, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a présenté mardi un minibudget contenant des augmentations de taxes pour les entreprises et les particuliers. On pourra s’en plaindre, mais il y a aussi des limites à comprimer les services publics.

La série de compressions annoncée ces derniers mois par le gouvernement Couillard continue de susciter la grogne comme la manifestation du week-end dernier en faisait foi.

Que l’on qualifie l’exercice de mesures d’austérité ou simplement de ralentissement de la croissance des dépenses, on a raison de s’inquiéter des répercussions de ces décisions politiques sur la qualité des services, et même sur la croissance de l’économie.

En revanche, la simple logique nous force à conclure que si on ne réduit pas les dépenses maintenant, le seul choix qui reste est d’augmenter les revenus ou de laisser la dette croître indéfiniment, ce que personne ne souhaite.

Le minibudget présenté mardi fait le choix d’ajouter 600 millions de nouveaux revenus à la colonne des recettes de l’État : 338 millions assumés par les entreprises du secteur financier, et 262 millions par les particuliers.

Les automobilistes seront mis à contribution par leur prime d’assurance privée qui augmentera en moyenne de 20 $ par année, et l’immatriculation de leur voiture s’il s’agit d’une grosse cylindrée (entre 3,23 $ de plus par année pour une cylindrée de 4 litres — à ne pas confondre avec une 4 cylindres — et 262 $ pour les monstres de 7 litres).

Mais ceux qui seront sans doute les plus fâchés, ce sont les membres d’un ordre professionnel ou d’un syndicat qui devront désormais se contenter d’un crédit d’impôt de 10 % au lieu de 20 % du montant de leur cotisation annuelle, soit l’équivalent de la norme en vigueur dans les autres provinces, précise le document ministériel en guise de justification.

Ces mesures s’ajoutent évidemment à celles qui ont déjà été annoncées par le même gouvernement… et par celui qui l’a précédé. On pense aux frais de garde, à la fin de la gratuité pour la reproduction assistée, à l’augmentation des tarifs d’électricité, à l’ajout d’un nouveau palier d’impôt pour les mieux nantis et à l’augmentation des taxes scolaires et municipales pour les propriétaires, pour ne nommer que les plus évidentes.

Au total, depuis trois ans, ce sont des centaines de dollars supplémentaires par année que doivent assumer les contribuables du Québec pour soutenir la croissance des dépenses de l’État. Malgré cela, la dette continue d’augmenter au rythme de 2 à 5 milliards par année à cause des déficits et des emprunts liés au programme d’infrastructures.

Heureusement que les taux d’intérêt se maintiennent à un niveau plancher historique parce que sinon, ce n’est plus au scalpel qu’il faudrait s’y prendre comme c’est encore le cas cette fois-ci.

Le gouvernement Couillard n’a pas le choix : il doit réussir l’exercice entrepris au lendemain des élections même s’il trahit plusieurs promesses électorales. Il doit réussir, et le plus tôt sera le mieux, parce que les Québécois sont exaspérés d’entendre parler de compressions et de hausses de tarifs autant que d’en subir les conséquences dans leur vie quotidienne.

Heureusement, la mise à jour de cette semaine laisse entrevoir qu’il y aura une fin à cette étape difficile de notre vie collective. Reste à savoir ce qui nous attend après, car ce n’est pas la première fois qu’on nous fait le coup de la lumière au bout du tunnel.

28 commentaires
  • Jacques Baril - Inscrit 3 décembre 2014 04 h 47

    J'ai vu le loup, le renard, le lièvre(!)

    Luc, tu as fait du bon boulot. Salutations amicales.

  • Patrick Boulanger - Abonné 3 décembre 2014 04 h 48

    Le Devoir me déçoit aujourd'hui!

    « Le gouvernement Couillard n’a pas le choix : il doit réussir l’exercice entrepris au lendemain des élections même s’il trahit plusieurs promesses électorales. Il doit réussir, et le plus tôt sera le mieux [...] » (M. Sansfaçon)?

    Décevant votre chronique M. Sansfaçon! Tout comme vous je suis d'accord avec le déficit zéro, mais la façon dont le gouvernement Couillard s'y prend pour y arriver ne mérite pas à mon avis de lui donner un appui comme vous le faites aujourd'hui (même si vous nuancez votre propos). Oui, le journal Le Devoir me déçoit aujourd'hui!

    • Louka Paradis - Inscrit 3 décembre 2014 08 h 32

      En effet, vraiment décevant. Je pensais que Le Devoir défendait la démocratie, la transparence et l'équité envers les citoyens, en particulier la classe moyenne que ce gouvernement presse comme un citron. Déception majeure.

    • Yves Corbeil - Inscrit 3 décembre 2014 11 h 59

      Oui déception, l'économie ça fonctionne avec des emplois payants et l'argent dans les poches des citoyens consommateurs de biens et services.

      Ce qui est gaspillé en magouillage de toute sortes ''budgets de projets défonçés'', revenue cacher à l'abri des impôts dans les paradis fiscaux, inexpertises des dirigeants pour négoçier des ententes justes et au prix des marchés, c'est par là que passe nos taxes et impôts, crime arrêtez de vous fermer les yeux.

      Quand bien même tu monterais le chauffage si tu garde les fenêtres ouvertes, ta facture d'électricité va continué à monter sans fin. Ça prends pas la tête à Papineau pour comprendre ça.

    • Patrick Boulanger - Abonné 3 décembre 2014 12 h 37

      @ M. Paradis

      M. Paradis, je suis content que vous vous intéressez à l'équité entre les citoyens. Toutefois, je dois vous dire que je trouve souvent vos commentaires incohérents. Par exemple, les coupes dans l'aide sociale du gouvernement Marois vous les avez défendu sur le site du Devoir.

  • Robert Henri - Inscrit 3 décembre 2014 06 h 29

    Ce gouvernement sème la vent.

    J'ai hâte de voir s'il recoltera la tempête que j'espère.

  • Sylvain Rivest - Inscrit 3 décembre 2014 06 h 37

    vous avez voté pour ça, c'est ça être canadien!

    Ce n'est pas au docteur Couard ou à ses acolytes de décider nos choix de société.
    Eux, ils ne sont que de passage, nous, c'est notre pays. Ils se sont fait élire sous de fausses représentations, quoi que, pour plusieurs d'entre nous on se doutaient bien de leur duplicité, car leur but est de détruire toutes chances de fuites de notre peuple hors du Canada.

    Espérons qu'ils feront assez mal cette fois-ci, une fois de plus, pour que ceux qui entretiennent l'espoir dans le fédéralisme réalisent ce que ces d'être canadien.

  • Jean-Claude Landry - Inscrit 3 décembre 2014 07 h 38

    Cacher la vérité !

    Mentir, c'est cacher la vérité et nous enseignons à nos enfants à ne pas mentir. Pourtant le gouvernement actuel excelle à cacher la vérité et jouer sur les mots pour arracher à la classe moyenne le peu d'argent